Départ imminent

Je suis les conseils de notre grand Premier ministre à la lettre…

Je serai dans le Nord, autant que possible dans les deux prochains mois!

Le départ pour Kuujjuaq est imminent, quelques jours à peine avant de m’envoler vers le Nunavik. J’en rêve depuis des mois!

J’y rencontrerai des gens de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, mais aussi des professionnels de la santé… et je prendrai le temps d’y vivre, de regarder autour de moi, de respirer le Nord. Dix jours, c’est court pour prétendre tout faire ça… Mais je crois que ce sera quand même possible.

Bien sûr, je ne souhaite pas rester seulement à Kuujjuaq… L’aventure me mènera aussi dans un autre village… non déterminé à quelques jours de mon départ. Je garde les opportunités ouvertes aux aventures de dernière minute.

Je tenterai d’écrire mes impressions chaque soir, pour vous amener avec moi dans ma réflexion et mon travail sur le terrain.

Alors, suivez-moi, on part pour le Nunavik le lundi 11 juin 2012!

La santé des Inuit

Plusieurs facteurs influencent la santé des Inuit vivant dans le nord du Canada…

L’alimentation en est un très important. Les taux de diabète grimpent dangereusement au-dessus de la moyenne canadienne, la sécurité alimentaire est grandement compromise, notamment chez les jeunes familles, et la nourriture disponible n’est pas toujours de très grande qualité. Mais le gouvernement fédéral refuse toujours de parler de problèmes alimentaires…

Le logement entre aussi dans les facteurs influençant la santé des Inuit… Pourquoi? Parce que les maisons sont désuètes, inadéquates devenant surpeuplées, remplies de bactéries et de moisissures. Au départ, lorsqu’on a construit ces maisons, les Blancs n’ont pas pensé à l’aspect collectif de la culture inuite. Lorsqu’ils étaient nomades, les familles élargies vivaient ensemble. Cette façon de vivre reste toujours ancrée dans la culture. Or, on a construit des bungalows à 2 ou 3 chambres… alors que les familles moyennes comptent plus de 10 personnes! Les problèmes respiratoires y sont communs, notamment chez les jeunes enfants. Les cas de tuberculose explosent. Certains villages du Nunavik sont même isolés, les visiteurs sont « découragés » de s’y rendre pour éviter la propagation dans les autres communautés.

AJOUT 1er juin: Hier, le gouvernement régional Kativik adressait d’ailleurs certains problèmes financiers reliés au logement social au Nunavik. 

Lorsque vous avez faim et que votre chez-vous n’est plus sécuritaire pour votre santé et celles de vos enfants, comment voulez-vous que les enfants aillent à l’école? Comment voulez-vous que les adultes travaillent? La santé est la base de la prise en charge locale du peuple inuit. Or, le dernier budget fédéral annonce de très mauvaises nouvelles.

L’Organisation nationale de la santé autochtone est une organisation sans but lucratif vouée à l’amélioration de la santé physique, mentale, émotionnelle, sociale et spirituelle de toutes les personnes, familles et communautés inuites, métisses et des Premières nations. Elle vise le partage des connaissances pour aider une prise en charge des peuples autochtones du Canada. C’est la seule organisation au Canada contrôlée par les Autochtones… et le gouvernement fédéral a tellement réduit son financement lors du dernier budget qu’elle se doit de fermer les portes le 30 juin prochain. 

Et les coupes en santé autochtone ne s’arrêtent pas là! Inuit Tapiriit Kanatami, est la voix des Inuit au Canada. Cette organisation représente 55 000 Inuit répartis dans 53 communautés du nord du Canada. Elle aussi a vu son budget coupé de 1.5 million de dollars par année pour les deux prochaines années, une réduction de 40% de son budget en santé à cause des coupures annoncées à Santé Canada. Ces coupures affecteront notamment des programmes d’aide en santé mentale; un dossier tellement crucial pour les communautés inuites.

Les communautés inuites ont déjà un énorme rattrapage avant d’atteindre le seuil de santé des autres Canadiens. Le taux de mortalité infantile est trois fois plus élevé qu’ailleurs au pays. Le taux de suicide y est 11 fois plus élevé. Le taux de tuberculose est 174 fois plus élevé. L’espérance de vie est de 15 ans plus bas qu’ailleurs au pays. D’autres organismes offrant des services aux communautés inuites se verront dans une situation précaire à cause de ces coupures importantes dans les services fédéraux…

Le Canada devra expliquer ces coupures en 2013 lorsqu’il sera l’hôte du Conseil de l’Arctique, un forum intergouvernemental incluant tous les pays de l’Arctique.

Le cercle vicieux de l’alimentation du Nord

Le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Olivier Schutter, était au Canada pour présenter son rapport sur l’état de la faim dans notre grand pays d’abondance.

Or, le rapport n’est pas si rose. Insécurité alimentaire, malnutrition, iniquité, inaccessibilité… les mots sont durs et le gouvernement fédéral a de la difficulté à les avaler.

Pourtant, lors de la conférence de l’Année polaire internationale, plusieurs conférences parlaient de l’insécurité alimentaire, notamment dans les communautés du Nord. Parce qu’il y a un réel problème! Et c’est un couteau à double tranchant.

D’un côté, des mouvements antichasse aux phoques dénoncent la cruauté envers les animaux. D’un autre, des Inuit tentent de subvenir aux besoins alimentaires de leur famille et de leur communauté. Et il y a un troisième tranchant : il y a tellement de contaminants dans le gras des phoques que des chercheurs du Groenland (dont un médecin que j’ai personnellement rencontré) mentionnent qu’il faut peut-être revoir les habitudes alimentaires des Groenlandais qui mangent du phoque quotidiennement.

Ensuite, il y a l’insécurité alimentaire due au manque de revenu. Saviez-vous que les côtelettes de porc se vendent 27 $ le kilo à Iqaluit? À Montréal, on paye environ 11 $ le kilo. Sans compter que les denrées périssables sont plus ou moins disponibles de façon continue, selon la météo. Alors, on retrouve quoi dans les marchés du Nord du Canada? Des produits transformés, remplis de sel, de gras trans et autres cochonneries qu’on tente d’éliminer dans notre alimentation.

Après tout ça, on se demande pourquoi la santé des Inuit se détériore! Parce que l’alimentation, c’est la base de la santé. Une bonne alimentation permet une meilleure santé. Et si les communautés du Nord n’arrivent pas à obtenir des denrées de qualité, à coût abordable, leur santé n’est pas près de s’améliorer.

Il y a certaines initiatives très intéressantes comme le comptoir alimentaire communautaire. Cet organisme présent dans quelques communautés permet de payer des chasseurs et des pêcheurs pour rapporter la nourriture locale, fraîche et de bonne qualité à la communauté. C’est basé sur les principes ancestraux de partages de richesses.

Et il y a les organismes de soupes populaires qui tentent d’offrir des repas chauds à ceux qui n’ont pas les moyens de nourrir leur famille. Selon un sondage fait à Iqualuit, 53 % des gens sondés ont dû envoyer leurs enfants manger chez une autre personne parce qu’ils n’avaient pas assez à manger. Mais ces programmes vivent sur des subventions… fédérales… Le même gouvernement qui nie le problème d’insécurité alimentaire. Vraiment, un cercle vicieux s’est installé au Nord, depuis déjà trop longtemps.

Note: J’ai mentionné des sondages et initiatives au Nunavut seulement car il y avait une présentation à la conférence sur l’Année internationale sur le sujet. Il est possible que d’autres communautés du Nord du Canada, notamment au Nunavik aient les mêmes chiffres/services.

L’Année polaire internationale

La semaine dernière, du 22 au 27 avril 2012, j’ai assisté à la Conférence de l’Année internationale polaire.

Une conférence réunissant des milliers de scientifiques de différents domaines pour partager leurs connaissannces de l’Arctique et l’Antarctique.

J’y allais principalement pour mon projet de reportage sur le recrutement des professionnels de la santé des communautés du Nord, mais j’y étais également pour l’Agence Science-Presse. J’ai couvert quatre conférences sur des sujets complètements différents, mais tous reliés aux régions polaires.

J’ai pu écouter les propos de Gro Harlem Brundtland, ex-première ministre de la Norvège et leader international du développement durable, sur la mobilisation des connaissances scientifiques pour une action politique.

J’ai aussi pu assister à une table ronde sur le manque de sensibilisation du grand public aux enjeux que vivent les régions polaires et ses populations.

J’ai également pu voir deux représentants de compagnies pétrolières se démener devant une salle remplie de scientifiques, de représentants Inuit et de groupes environnementaux sur l’exploration pétrolière et gazière au large des côtes de l’Arctique.

Finalement, j’ai écouté des spécialistes faire un constat troublant de la santé des populations vivant dans l’Arctique.

***

Il y a eu quatre Années polaires internationales depuis 1882. Créée au départ pour partager les connaissances des scientifiques du monde en climatologie et en géophysique, l’Année polaire internationale a élargi ses champs de recherche avec les années.

On doit à l’Année internationale polaire de 1882-1883 une meilleure compréhension du climat de l’Arctique et de l’Antarctique. Douze pays y ont participé.

En 1932-1933, on y étudie les notions d’anomalies magnétiques pour mieux comprendre les pôles. Les scientifiques en apprennent ainsi davantage sur les aurores boréales et sur le courant-jet.

En 1956-1957, avec la Deuxième Guerre mondiale terminée, on a pu appliqué de nouvelles technologies à la science, comme l’utilisation du radar.

En 2007-2009, pour la quatrième Année polaire internationale, on a pu étudier le rôle moteur des pôles dans la régulation du climat et l’impact des changements climatiques sur ces régions. Elle avait aussi pour mission de sensibiliser le grand public à ce qui se passe dans ces régions fragilisées par les changements climatiques.

Et pour la première fois depuis 1882, l’Année polaire internationale incluait des recherches sur la santé des communautées vivants dans l’Arctique. Une réalité, occultée, mais pourtant brutale et essentielle pour comprendre les conséquences globales des changements climatiques sur les régions polaires.

Pour connaître le programme canadien de l’Année polaire internationale 2007-2009

Pour en savoir plus sur la Conférence de l’Année polaire internationale 2012 à Montréal

L’autisme causé par les vaccins: une fraude

J’ai planché très fort sur un article l’automne dernier. Il vient tout juste d’être publié dans l’Actualité pharmaceutique, magazine destiné aux pharmaciens… en fait il fait la Une!

Quand j’étais enceinte, j’ai pris un cours d’aqua-bédaine dans un centre sportif public. Premier cours, on remet des échantillons de toutes sortes (couches, biberons, savon, suces, lingettes… name it!) que les entreprises ont soigneusement préparé pour les futures mamans qui deviendront de grandes consommatrices. Et avec tout ça, il y avait de la documentation… dont un article sur le lien entre l’autisme et la vaccination contre la rougeole. Mon instinct de journaliste scientifique a mordu… pour apprendre, quelques mois plus tard, que la seule recherche scientifique, publié dans le réputé journal médical britannique The Lancet, prouvant un lien entre l’autisme et les vaccins était une fraude MO-NU-MEN-TA-LE!

Ma soeur, pharmacienne, s’inquiétait aussi de la chute du taux de vaccination… Et c’est en revenant de mon congé de maternité que je me suis empressée de proposer cet article à l’Actualité pharmaceutique.

Et voilà, quelques mois plus tard, le fruit de mon travail. Un long travail de recherche pour compiler beaucoup de données et pour éviter les écueils de la subjectivité.

Mon reportage de l’Actualité pharmaceutique : Le scandale du Dr Wakefield rappelle l’histoire, les faits reprochés et des réactions d’experts du Québec. Bonne lecture!

Vous cherchez un médecin de famille à Montréal?

J’ai concocté pour vous un article pour vous en trouver un… pas toujours facile soit, mais toujours possible avec beaucoup de débrouillardise, de la persévérance et un peu de chance.

Alors que je faisais la recherche pour cet article, j’ai constaté pourquoi les Montréalais (et tous les autres Québécois) pouvaient être confus quand vient le temps de chercher un médecin de famille. En fait, c’est qu’il y a deux voies pour deux clientèles différentes.

La voie dite « officielle » par le guichet d’accès. On appelle à son CLSC en disant qu’on se cherche un médecin de famille. On remplit un formulaire pour évaluer notre état de santé. Une infirmière nous rappelle pour nous dire où est notre priorité. Ainsi, si vous avez une maladie chronique (diabète, cholestérol, asthme, problèmes de santé mentale, etc.), vous risquez d’être assigné à un médecin de famille plus rapidement.

Or, si vous êtes en santé, sans antécédants médicaux, ce n’est vraiment pas la place pour trouver votre médecin… vous êtes mieux de chasser l’ouverture de nouvelles cliniques ou encore de demander à votre entourage si leur médecin prend de nouveaux patients.

J’ai remarqué aussi que tous les intervenants s’accordent pour dire qu’il manque de médecins de famille. Par contre, les discours diffèrent sur le pourquoi… Du côté du ministère, on dit que les médecins doivent se regrouper en GMF, ce qui augmenterait le nombre de médecins de famille disponibles. Par contre, les médecins déplorent les difficultés et les critères très pointus pour être accrédités comme GMF. Les médecins mentionnennt également que les médecins omnipraticiens pourraient faire plus d’heures en cabinet s’ils ne devaient pas s’accomplir d’un minimum de tâches hospitalières pour obtenir la pleine rémunération.

Bref, au-delà de la démarche pour trouver un médecin de famille, il y a tout un système… avec plusieurs organisations qui ne parlent pas le même langage. Pas étonnant alors qu’il soit difficile de le comprendre pour trouver les services adéquats!

Comment trouver un médecin de famille à Montréal?, un article pour Openfile Montréal.

« Madame, vous êtes une bonne maman »

J’arrive de la clinique d’allaitement de l’hôpital général juif. Cette clinique est LA référence en allaitement au Québec, où les cas plus difficiles d’allaitement sont référés par les professionnels de la santé.

J’ai eu la chance d’être référée par une infirmière du CLSC de Villeray, pas celle de mon quartier… mais ce fut une des meilleures choses qui me soient arrivées depuis le début de l’allaitement.

Ce matin, Louise, l’infirmière me disait « Madame, vous êtes une bonne maman. Vous savez deviner les besoins de votre bébé. Vous avez les capacités à bien vous occuper d’elle. »

Ça semble banal mais pourtant chaque maman qui a un bébé à la maison devrait avoir le droit de se faire dire une telle chose. Pas seulement par des professionnels de la santé, mais aussi par les proches. Vous avez une nouvelle maman autour de vous, rassurez-la. On a beau dire ce qu’on voudra, le moral d’une nouvelle maman joue aux montagnes russes…

Personnellement, me faire dire une telle chose me redonne chaque fois confiance. S’occuper d’un bébé n’est pas une mince tâche au quotidien et chaque petit encouragement aide à surmonter les journées plus difficiles.

Nous sommes dans une société où on parle des nouvelles mamans comme des femmes fortes qui vont à l’aquaforme, au cinéma, en plus des nombreuses causeries et activités maman-bébé. On commence déjà à parler de superwomen. On me demande déjà quand j’ai l’intention de reprendre le travail…

Par contre, il faut se rendre à l’évidence, ce n’est pas toujours facile d’inclure ces activités au quotidien avec un bébé de trois mois, encore moins recommencer à travailler (chapeau à celles qui le font). Entre les boires, le ménage, le repos bien mérité, il faut se garder un peu de temps pour soi aussi…

C’est bien qu’il y ait des ressources pour aider les mamans à briser leur isolement. Mais on peut-tu aussi décider de s’habiller en mou, rester à la maison, écouter des films et dormir l’après-midi sans se sentir coupable?!?

Dans la vie d’une nouvelle maman, il y a des bonnes et des moins bonnes journées…

Pour réussir l’allaitement…

… faut-il avoir des moyens financiers?

C’est une question qui me trotte dans la tête depuis que les défis d’adaptation de l’allaitement sont derrière nous.

Après avoir dû fréquenter l’urgence de Sainte-Justine avec un bébé de deux semaines qui ne prenait pas assez de poids, le pédiatre nous a conseillé de voir une conseillère en lactation.

J’ai sur le coup demandé si c’était possible d’en voir une à l’hôpital… on m’a dit que c’était un service payant… 60$ de l’heure! Pourtant, ce service est gratuit pour les femmes qui accouchent à Sainte-Justine. L’allaitement est encouragé par le gouvernement, le CLSC et la majorité des professionnels de la santé, mais quand viennent les défis, pour nous aider, il faut payer…

Dans certains CLSC, dont Villeray, il est possible de rencontrer une conseillère en lactation gratuitement. Mais à Montréal-Nord, un des quartiers les plus défavorisés de Montréal, aucune ressource d’aide en allaitement n’est disponible sans frais. Même les infirmières de la clinique du nourrisson ne sont pas d’une très grande aide.

Pourtant, l’allaitement devrait être encore plus encouragé dans les quartiers défavorisés considérant que les familles n’auraient pas à débourser pour des préparations lactées commerciales pour nourrir leur bébé.

En plus, la conseillère en lactation que nous avons consultée nous a recommandé d’aller voir un ostéopathe car peut-être que la mâchoire de bébé n’est pas bien alignée. Une autre dépense qui n’est pas à la portée de tous.

Comme Sophie ne prenait pas bien le sein, la montée de lait n’a pas été productive qu’elle aurait dû. On nous a recommandé ainsi des produits naturels pour augmenter la production, une autre dépense, sans compter la location du tire-lait électrique. Et si les produits naturels ne fonctionnent pas, il y a un médicament… à 30$. Et si les seins deviennent crevassés ou douloureux, il existe une crème miracle… elle aussi à 30$.

Alors mes chers amis, est-ce qu’il faut avoir des moyens financiers pour réussir l’allaitement (qui soit dit en passant devrait être SI NATUREL)? Si on se retrouve devant des embûches, il est certain que les solutions et l’aide ne sont pas gratuites… et c’est ce qui est déplorable car on ajoute à la culpabilité des parents un fardeau financier qui ne peut être absorbé par toutes les familles sur le coup. À ce rythme, le coût de l’allaitement est plus cher que celui des préparations lactées commerciales.

Finalement, Sophie prend du poids. Elle a même repris son poids de naissance après un mois d’inquiétude et de doute. Et tout ce qu’il fallait, une téterelle, un petit bout de silicone à 8$ qui imite la texture d’une biberon. L’allaitement est sauvé, in extremis, grâce à la téterelle et le médicament pour la lactation. Je dois avouer que j’étais sur le point de tout lâcher au moment où Charles a eu la brillante idée d’aller acheter la téterelle… À bout de ressources et surtout à bout de force, je n’arrivais pas à voir comment j’allais pouvoir continuer.

Je comprends pertinemment toutes ces femmes qui font le choix avant l’accouchement ou qui se découragent dans les premiers jours/semaines et n’allaitent pas.

D’ailleurs, je continue de donner de la préparation lactée à Sophie le temps que la production de lait s’ajuste à ses besoins. Shame on me diraient les ayatollahs… et bien moi, je vis très bien avec ça. En plus de m’assurer qu’elle obtient un minimum de lait à chaque boire, lui donner le biberon me permet à moi d’avoir une pause de temps en temps et laisser son papa créer un lien d’attachement avec bébé. C’est trop cruel de vivre dans la culpabilité de ne pas pouvoir nourrir son enfant de la façon la plus naturelle du monde… C’est peut-être naturel, mais il y a des défis dont on parle très peu dans les cours prénataux et dont les ayatollahs devraient prendre en considération avant de juger…

D’ailleurs, un article sur le site Maman pour la vie vise à dédramatiser le biberon. Je vous invite à lire les commentaires dégradants, remplis de préjugés et de jugements de valeur de la part de femmes qui encouragent la culpabilité des mères qui décident de cesser l’allaitement pour une raison ou une autre.

Bref, l’allaitement c’est une affaire personnelle comme un accouchement. Chaque femme le vit différemment, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le faire. Personne ne devrait juger la façon de nourrir son bébé. Il faut savoir être à l’aise avec ses choix, les assumer et ne rien regretter. De toute façon, le plus important n’est-il pas que bébé boive à sa faim afin de prendre constamment du poids? La fin justifie grandement les moyens dans ce cas-ci.

Et si certaines personnes vous posent des questions auxquelles vous connaissez ce qu’elles veulent entendre comme réponse… MENTEZ!

Personne n’ira vérifier chez-vous si vous donnez de la préparation lactée pour vous laisser souffler un peu ou si vous commencez les céréales à quatre mois…

Les décisions de l’alimentation de bébé ne regardent que les parents, tout comme le reste de son éducation d’ailleurs ou comme l’utilisation de lingettes humides jetables ou de couche en coton…

Alors encore une fois… rien ne sert de juger ni de passer des commentaires sous-entendus… Mêlez-vous de vos affaires 🙂

Aberration du système de santé

Être enceinte signifie de se retrouver dans le système de santé plus souvent qu’à son tour… Et ce ne sont pas toujours des expériences agréables!

J’ai parlé dans un billet précédent de mon expérience au centre de prélèvement du CLSC.

Et encore une fois, je suis au coeur d’une aberration de notre merveilleux système de santé!

Dès le début de la grossesse, il peut être difficile de se trouver un médecin qui va suivre la grossesse. Il manque d’obstétriciens au Québec, les médecins de famille sont débordés et le babyboom n’aide pas la situation. Ainsi, il peut être frustrant pour certaines femmes de se trouver un médecin de confiance… Oubliez les sages-femmes, la liste d’attente est si longue qu’il faut attendre parfois jusqu’à 20 ou 25 semaines de grossesse avant d’espérer avoir un suivi dans une maison des naissances.

La majorité des femmes n’auront donc même pas le choix d’accoucher à un hôpital plutôt qu’un autre… C’est le premier médecin qui a des disponibilités qui va faire l’affaire, on a pas le choix. J’aurais peut-être pu magasiner mais je craignais de ne pas pouvoir trouver un autre médecin. Ainsi, j’accoucherai à l’hôpital Sacré-Coeur, reconnu pour son département de traumatologie… pas pour sa maternité! En fait, la maternité est l’une des ailes les plus désuètes de l’hôpital selon certaines personnes… Et c’est là l’aberration… Je le sais pas, on ne peut pas visiter!

Autant on dit aux femmes enceintes de s’informer de l’hôpital et de ses procédures pendant les cours prénataux, autant certains hôpitaux, dont Sacré-Coeur, n’acceptent aucune visite de femmes enceintes avant qu’elles aient atteints 36 semaines de grossesse… À 36 semaines de grossesse, le bébé est considéré comme à terme et pourrait donc voir le jour en avance (même si je sais que c’est assez rare, surtout pour un premier bébé).

Pire! À l’hôpital Lakeshore, dans l’ouest de l’île, les femmes enceintes qui désirent visiter la maternité doivent payer 20$.

Ce double discours entre la première ligne et les services hospitaliers n’est pas le seul évidemment. Mais c’est tout de même assez frustrant d’attendre 20 minutes au téléphone pour prendre rendez-vous pour visiter un hôpital pour se faire finalement dire que l’horaire de septembre n’est pas encore disponible et qu’il faudra rappeler en août!

Cette histoire me rappelle aussi un article paru dans La Presse la semaine dernière concernant les échographies. Plusieurs patients n’arrivent pas à avoir des échographies alors que leur état de santé requiert un diagnostic. Certains peuvent attendre jusqu’à un an! On entendait sur toutes les tribunes que les femmes enceintes étaient en priorité… vraiment?

À mon premier rendez-vous chez le médecin, il me donne une prescription pour prendre rendez-vous pour l’échographie de 20 semaines. J’étais alors à 11 semaines. Ce que j’ignorais c’est qu’il fallait vraiment que je prenne rendez-vous  immédiatement pour être certaine d’avoir mon échographie à 20 semaines. Il faut donc appeler au minimum 2 mois à l’avance pour avoir une échographie foetale alors que dans le privé, un appel suffit pour avoir un rendez-vous la semaine suivante.

Il y a définitivement quelque chose qui cloche avec notre merveilleux système de santé universel si bien pensé… Et ce qui cloche, entre autres, ce sont les règles de la bureaucratie qui ralentissent le travail des professionnels. Ça prend un ménage et vite! Avec le vieillissement de la population et maintenant la procréation assistée remboursée par la RAMQ, va falloir être efficace dans le système de santé. Les soins aux femmes enceintes et aux personnes âgées devraient être une priorité!

Bilan de santé

Ce matin, on parle du budget… Partout, on ne parle que de ça. Des taxes qui vont augmenter, de la catastrophe dans les services publics… On trouve effrayant que les tarifs augmentent de la sorte…

Vraiment?

Après un an aux États-Unis, après m’être frotté de trop près sur le système de santé américain, réaliser que 45% des dépenses du budget annoncées hier seront réalisées en santé, ça me rend fière d’être Québécoise.

Parce que quand je vais chez le médecin pour un bilan de santé annuel, je ne reçois pas une facture de 225$ par la poste…

Parce que quand je me cherche un médecin, j’ai pas besoin de magasiner pour savoir si le médecin en question fait partie du réseau de mes assurances ou non, si le service rendu vaut ce que je devrais payer en franchise (jusqu’à 2000$ de franchise par année par personne selon les assurances).

Parce que quand j’achète des médicaments, je n’ai pas à payer des frais de 30 à 50 $ pour une prescription de médicaments originaux comparativement aux médicaments génériques pour remplir les poches des compagnies pharmaceutiques.

Mais tout ça a un coût… et on a voulu une société où les riches aident pour les pauvres. Regardez autour de vous, dans le métro, sur la rue et dites-vous que certains de vos voisins de trottoir ont pas mangé ce matin parce qu’ils n’ont pas d’argent.

Aimeriez-vous mieux que ces gens qui arrivent à peine à joindre les deux bouts fassent faillite parce que le petit dernier s’est cassé le bras? Ce sont des cas du genre qu’on voit régulièrement aux États-Unis.

Aimeriez-vous mieux un système utilisateur-payeur qui fait que votre bilan annuel chez le médecin vous coûte 225$ mais que de nombreux Québécois ne voudraient pas dépenser autant (ou n’en seraient tout simplement pas capables) et tombent malades, coûtant encore plus cher à l’état?

Il y aurait d’autres solutions que d’augmenter la taxe de vente ou le tarif d’électricité  d’Hydro-Québec (qui en passant est 5 fois moins cher qu’en Californie).

On pourrait insérer un ticket modérateur pour chaque visite chez le médecin, pour éviter que les Québécois prennent les soins de santé comme un buffet chinois, et s’en servent des assiettes pleines, en gaspiller la moitié parce que de toute façon c’est pas grave – ÇA COÛTE RIEN! Hé bien, mes amis, les soins de santé ont un coût. Et ça coûte pas mal plus cher qu’on peut l’imaginer.

Combien diriez-vous qu’un suivi de grossesse coûte en hôpital aux États-Unis? Combien seriez-vous prêt à payer pour avoir un service A1 dans un hôpital privé? Il en coûte entre 12 000 et 15 000$ US pour accoucher dans un hôpital américain, et ça quand tout va bien, sans médication ni chirurgie. La majorité des assurances payeront entre 85% et 90% de ce montant, sans compter le fameux déductible… Bref, pour une grossesse aux États-Unis, il vous en coûterait de vos poches entre 2500$ et 4000$. Avez-vous les moyens d’avoir des enfants?

On pourrait aussi envoyer une facture chaque fois que vous demandez un service public. Vous n’auriez pas besoin de payer cette facture, mais juste pour vous rappeler que les services, même publics, ont un coût.

On pourrait aussi couper dans les chefs… Les services publics ont presque plus de chefs que d’indiens. Plutôt qu’avoir des cadres intermédiaires et des cadres superviseurs, des cadres pour gérer et des cadres pour diriger, on pourrait embaucher plus d’indiens…

Mais ces solutions feraient friser bien des organisations et des citoyens inquiets… Dans le fond, faudrait juste se poser une question si simple… Qui devrait payer pour les soins de santé?

Quelques cents sur des produits de consommation pourraient sauver la vie d’un baby-boomer qui attend son pontage. Dans un autre pays, ce baby-boomer devra payer jusqu’à 150 000$ pour son intervention chirurgicale. Et si c’était vous, ou votre père, ou votre oncle? Trouveriez-vous que payer 5 cents de plus sur votre nouvelle paire de jeans est exagéré?