Vous cherchez un médecin de famille à Montréal?

J’ai concocté pour vous un article pour vous en trouver un… pas toujours facile soit, mais toujours possible avec beaucoup de débrouillardise, de la persévérance et un peu de chance.

Alors que je faisais la recherche pour cet article, j’ai constaté pourquoi les Montréalais (et tous les autres Québécois) pouvaient être confus quand vient le temps de chercher un médecin de famille. En fait, c’est qu’il y a deux voies pour deux clientèles différentes.

La voie dite « officielle » par le guichet d’accès. On appelle à son CLSC en disant qu’on se cherche un médecin de famille. On remplit un formulaire pour évaluer notre état de santé. Une infirmière nous rappelle pour nous dire où est notre priorité. Ainsi, si vous avez une maladie chronique (diabète, cholestérol, asthme, problèmes de santé mentale, etc.), vous risquez d’être assigné à un médecin de famille plus rapidement.

Or, si vous êtes en santé, sans antécédants médicaux, ce n’est vraiment pas la place pour trouver votre médecin… vous êtes mieux de chasser l’ouverture de nouvelles cliniques ou encore de demander à votre entourage si leur médecin prend de nouveaux patients.

J’ai remarqué aussi que tous les intervenants s’accordent pour dire qu’il manque de médecins de famille. Par contre, les discours diffèrent sur le pourquoi… Du côté du ministère, on dit que les médecins doivent se regrouper en GMF, ce qui augmenterait le nombre de médecins de famille disponibles. Par contre, les médecins déplorent les difficultés et les critères très pointus pour être accrédités comme GMF. Les médecins mentionnennt également que les médecins omnipraticiens pourraient faire plus d’heures en cabinet s’ils ne devaient pas s’accomplir d’un minimum de tâches hospitalières pour obtenir la pleine rémunération.

Bref, au-delà de la démarche pour trouver un médecin de famille, il y a tout un système… avec plusieurs organisations qui ne parlent pas le même langage. Pas étonnant alors qu’il soit difficile de le comprendre pour trouver les services adéquats!

Comment trouver un médecin de famille à Montréal?, un article pour Openfile Montréal.

Pour réussir l’allaitement…

… faut-il avoir des moyens financiers?

C’est une question qui me trotte dans la tête depuis que les défis d’adaptation de l’allaitement sont derrière nous.

Après avoir dû fréquenter l’urgence de Sainte-Justine avec un bébé de deux semaines qui ne prenait pas assez de poids, le pédiatre nous a conseillé de voir une conseillère en lactation.

J’ai sur le coup demandé si c’était possible d’en voir une à l’hôpital… on m’a dit que c’était un service payant… 60$ de l’heure! Pourtant, ce service est gratuit pour les femmes qui accouchent à Sainte-Justine. L’allaitement est encouragé par le gouvernement, le CLSC et la majorité des professionnels de la santé, mais quand viennent les défis, pour nous aider, il faut payer…

Dans certains CLSC, dont Villeray, il est possible de rencontrer une conseillère en lactation gratuitement. Mais à Montréal-Nord, un des quartiers les plus défavorisés de Montréal, aucune ressource d’aide en allaitement n’est disponible sans frais. Même les infirmières de la clinique du nourrisson ne sont pas d’une très grande aide.

Pourtant, l’allaitement devrait être encore plus encouragé dans les quartiers défavorisés considérant que les familles n’auraient pas à débourser pour des préparations lactées commerciales pour nourrir leur bébé.

En plus, la conseillère en lactation que nous avons consultée nous a recommandé d’aller voir un ostéopathe car peut-être que la mâchoire de bébé n’est pas bien alignée. Une autre dépense qui n’est pas à la portée de tous.

Comme Sophie ne prenait pas bien le sein, la montée de lait n’a pas été productive qu’elle aurait dû. On nous a recommandé ainsi des produits naturels pour augmenter la production, une autre dépense, sans compter la location du tire-lait électrique. Et si les produits naturels ne fonctionnent pas, il y a un médicament… à 30$. Et si les seins deviennent crevassés ou douloureux, il existe une crème miracle… elle aussi à 30$.

Alors mes chers amis, est-ce qu’il faut avoir des moyens financiers pour réussir l’allaitement (qui soit dit en passant devrait être SI NATUREL)? Si on se retrouve devant des embûches, il est certain que les solutions et l’aide ne sont pas gratuites… et c’est ce qui est déplorable car on ajoute à la culpabilité des parents un fardeau financier qui ne peut être absorbé par toutes les familles sur le coup. À ce rythme, le coût de l’allaitement est plus cher que celui des préparations lactées commerciales.

Finalement, Sophie prend du poids. Elle a même repris son poids de naissance après un mois d’inquiétude et de doute. Et tout ce qu’il fallait, une téterelle, un petit bout de silicone à 8$ qui imite la texture d’une biberon. L’allaitement est sauvé, in extremis, grâce à la téterelle et le médicament pour la lactation. Je dois avouer que j’étais sur le point de tout lâcher au moment où Charles a eu la brillante idée d’aller acheter la téterelle… À bout de ressources et surtout à bout de force, je n’arrivais pas à voir comment j’allais pouvoir continuer.

Je comprends pertinemment toutes ces femmes qui font le choix avant l’accouchement ou qui se découragent dans les premiers jours/semaines et n’allaitent pas.

D’ailleurs, je continue de donner de la préparation lactée à Sophie le temps que la production de lait s’ajuste à ses besoins. Shame on me diraient les ayatollahs… et bien moi, je vis très bien avec ça. En plus de m’assurer qu’elle obtient un minimum de lait à chaque boire, lui donner le biberon me permet à moi d’avoir une pause de temps en temps et laisser son papa créer un lien d’attachement avec bébé. C’est trop cruel de vivre dans la culpabilité de ne pas pouvoir nourrir son enfant de la façon la plus naturelle du monde… C’est peut-être naturel, mais il y a des défis dont on parle très peu dans les cours prénataux et dont les ayatollahs devraient prendre en considération avant de juger…

D’ailleurs, un article sur le site Maman pour la vie vise à dédramatiser le biberon. Je vous invite à lire les commentaires dégradants, remplis de préjugés et de jugements de valeur de la part de femmes qui encouragent la culpabilité des mères qui décident de cesser l’allaitement pour une raison ou une autre.

Bref, l’allaitement c’est une affaire personnelle comme un accouchement. Chaque femme le vit différemment, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le faire. Personne ne devrait juger la façon de nourrir son bébé. Il faut savoir être à l’aise avec ses choix, les assumer et ne rien regretter. De toute façon, le plus important n’est-il pas que bébé boive à sa faim afin de prendre constamment du poids? La fin justifie grandement les moyens dans ce cas-ci.

Et si certaines personnes vous posent des questions auxquelles vous connaissez ce qu’elles veulent entendre comme réponse… MENTEZ!

Personne n’ira vérifier chez-vous si vous donnez de la préparation lactée pour vous laisser souffler un peu ou si vous commencez les céréales à quatre mois…

Les décisions de l’alimentation de bébé ne regardent que les parents, tout comme le reste de son éducation d’ailleurs ou comme l’utilisation de lingettes humides jetables ou de couche en coton…

Alors encore une fois… rien ne sert de juger ni de passer des commentaires sous-entendus… Mêlez-vous de vos affaires 🙂

Une heure trente pour 5 min

Une expérience vécue hier… J’étais pleine de bonnes intentions… Je suis contente et surtout fière d’être de retour au Québec pour, entre autre, notre système de santé. J’y crois et j’apprécie peut-être plus ce système pour avoir compris le système de santé américain.

J’étais donc pleine de bonnes intentions d’aller à mon CLSC pour mes prises de sang. J’aurais pu aller dans le privé mais je me disais que le CLSC est juste à côté de la maison, que ce devrait être la façon de faire…

Bref, me voilà au centre de prélèvement à l’ouverture, 7h30. Premier constat: on ne mentionne nul part (sauf sur la porte) que les portes ouvrent à 7h et que tu peux venir chercher ton numéro à partir de cette heure… À 7h20, il y avait déjà 81 personnes devant moi… Moi qui pensait qu’une prise de sang c’était une affaire de quelques minutes, j’ai changé rapidement d’idée.

Personnellement, depuis le début de ma grossesse, je dois manger rapidement au lever sinon je risque des conséquences plutôt inconfortables comme des nausées, des chaleurs, la vision d’étoiles et surtout éventuellement l’évanouissement… En voyant que je devrai attendre à jeun plus d’une heure, je vais voir la préposée pour savoir s’il y avait une procédure spéciale pour les femmes enceintes. Elle me dit que non, qu’au pire, si je ne me sentais pas bien, il y avait une civière où je pourrais m’étendre en attendant mon tour. Aucune compassion, ni même un sourire…

Dans cette salle d’attente, il y a principalement des personnes âgées… certaines sont très malades, portant un masque pour éviter de contaminer les autres. Je suis en santé et je me bats pour le rester avec un système immunitaire affaibli par la grossesse… ça m’inquiète moi de rester dans une salle où d’autres personnes sont malades, crachent, toussent… Je garde mes mains près de moi, touche à rien en espérant que les microbes viendront pas me visiter.

Après une heure trente d’attente, on appelle mon numéro… et une femme se glisse juste devant moi sans s’excuser… C’est que c’est une employée du CSSS. Elle a priorité sur tout ce beau monde qui attend comme des dindons dans un enclos… Avec sa petite carte d’employée, elle s’enregistre et passe ses prises en sang en moins de deux… Affamée et affaiblie, ma patience commençait à fondre comme neige au soleil.

Je retourne m’asseoir avec les autres dindons, espérant passer rapidement parce que les chaleurs et les étoiles venaient de faire leur apparition. Après 20 minutes d’attente de plus, j’ai dû me rendre à l’évidence que c’était le temps pour la civière. Je retourne voir la préposée, tout aussi accueillante qu’un bloc de glace. Je lui demande où est la civière… Elle me dit « De l’autre côté de cette porte à gauche ».

Je passe la porte… Les trois infirmières qui font les prélèvements sont là! Je m’allonge sur la civière, on me regarde… Une seule infirmière s’approche pour me demander si j’allais bien… « Euh pas vraiment, j’ai faim et je vois des étoiles! » En deux temps trois mouvements, ma prise de sang était terminée. L’infirmière me donne un jus d’orange et j’ai pu manger ma banane avant de retourner à la maison…

Cette expérience très désagréable me fait réfléchir… Ma première réaction à chaud: « La prochaine fois, tu peux être sûr que je vais aller dans le privé! »

Mais d’autres questions viennent ensuite… Pourquoi ne pas organiser des cliniques de prises de sang pour les femmes enceintes une heure par semaine question d’éviter de les mettre en contact avec des personnes très malades? À la limite, faire les prises de sang sur rendez-vous pour ce groupe de la population.

Pourquoi le CLSC n’offre pas de cliniques de prélèvements dans les centres d’hébergement? Ce serait beaucoup plus efficaces, les personnes âgées et malades n’auraient pas à se déplacer et ça éviterait d’engorger le centre de prélèvement du CLSC. Au total, j’ai vu un minimum de 120 personnes attendre pour une prise de sang ce matin du 12 avril au CLSC de Montréal-Nord, dont une majorité ayant une difficulté à se déplacer. Si on ciblait des clientèles chaque – lundi: personnes malades, mardi:personnes âgées, mercredi: femmes enceintes, jeudi et vendredi: autres populations, me semble que ce serait plus efficace…

Malgré tout le respect et l’admiration que j’ai pour un système de santé universel, cette expérience me fait réfléchir sur l’efficacité de celui-ci. Mais chaque fois qu’on veut changer les méthodes de travail, il y a toujours des cabochons qui sont réfractaires au changement… Et ces cabochons nuisent à l’efficacité d’un système qui se meurt.

Mise à jour 23 avril 2010: J’ai eu une discussion avec mon médecin hier… Il a vraiment trouvé toute cette histoire ridicule, alors qu’il croyait que le CLSC acceptait de passer les femmes enceintes en priorité. Il a mentionné que le CLSC devrait avoir un téléphone qui va sonner pour remettre les pendules à l’heure! J’espère aussi que ce sera fait… pas pour moi mais pour toutes les femmes enceintes du quartier.