Documentaire « Martha qui vient du froid »

Il s’est fait de nombreux documentaires sur le Nord. J’en ai écouté quelques-uns jusqu’à maintenant, et j’ai été particulièrement touché par « Martha qui vient du froid », un documentaire de l’ONF, de Marquise Lepage, qui porte sur le déplacement de certaines familles inuites d’Inukjuak sur la côte de la Baie James vers une terre inhospitalière pour tout humain : l’île d’Ellesmere. Ce déplacement organisé par le gouvernement visait à occuper l’extrême Arctique canadien pour assurer la souveraineté de ce territoire.

Troublant à quel point ces gens ont été mal informés sur ce déplacement, troublant à quel point le déplacement était risqué pour ces familles. On leur promettait une vie meilleure, beaucoup de gibiers… rien de tout ça ne s’est avéré. Que de la glace et la noirceur pendant près de six mois. Il ne faut pas en vouloir aux Inuit d’être méfiants face à « Blancs qui viennent du Sud » qu’ils appellent Qallunaat. Ils se sont fait avoir plus souvent qu’à leur tour, tout comme la grande majorité des Autochtones au Canada.

D’ailleurs, la souveraineté de l’Arctique est encore un sujet très sensible pour les communautés du nord du Canada. Les déplacements restent encore des moments difficiles, des histoires de famille qu’on oublie trop souvent, alors qu’on parle de militarisation de l’Arctique ou du passage du nord-ouest. Dans le magazine Above & Beyond de mai-juin, journal du Canada Arctique, on y retrouvait un article très intéressant sur le point de vue inuit de la souveraineté de l’Arctique. Un point de vue qu’on devrait écouter, c’est quand même eux qui occupent le territoire!

Le plus troublant… c’est qu’aucun livre d’histoire dans les écoles du Québec ne fait une simple mention de cette histoire, ni de l’histoire de ce peuple fascinant, de cette culture riche et de l’importance de leur présence dans le Nord.

L’Année polaire internationale

La semaine dernière, du 22 au 27 avril 2012, j’ai assisté à la Conférence de l’Année internationale polaire.

Une conférence réunissant des milliers de scientifiques de différents domaines pour partager leurs connaissannces de l’Arctique et l’Antarctique.

J’y allais principalement pour mon projet de reportage sur le recrutement des professionnels de la santé des communautés du Nord, mais j’y étais également pour l’Agence Science-Presse. J’ai couvert quatre conférences sur des sujets complètements différents, mais tous reliés aux régions polaires.

J’ai pu écouter les propos de Gro Harlem Brundtland, ex-première ministre de la Norvège et leader international du développement durable, sur la mobilisation des connaissances scientifiques pour une action politique.

J’ai aussi pu assister à une table ronde sur le manque de sensibilisation du grand public aux enjeux que vivent les régions polaires et ses populations.

J’ai également pu voir deux représentants de compagnies pétrolières se démener devant une salle remplie de scientifiques, de représentants Inuit et de groupes environnementaux sur l’exploration pétrolière et gazière au large des côtes de l’Arctique.

Finalement, j’ai écouté des spécialistes faire un constat troublant de la santé des populations vivant dans l’Arctique.

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Il y a eu quatre Années polaires internationales depuis 1882. Créée au départ pour partager les connaissances des scientifiques du monde en climatologie et en géophysique, l’Année polaire internationale a élargi ses champs de recherche avec les années.

On doit à l’Année internationale polaire de 1882-1883 une meilleure compréhension du climat de l’Arctique et de l’Antarctique. Douze pays y ont participé.

En 1932-1933, on y étudie les notions d’anomalies magnétiques pour mieux comprendre les pôles. Les scientifiques en apprennent ainsi davantage sur les aurores boréales et sur le courant-jet.

En 1956-1957, avec la Deuxième Guerre mondiale terminée, on a pu appliqué de nouvelles technologies à la science, comme l’utilisation du radar.

En 2007-2009, pour la quatrième Année polaire internationale, on a pu étudier le rôle moteur des pôles dans la régulation du climat et l’impact des changements climatiques sur ces régions. Elle avait aussi pour mission de sensibiliser le grand public à ce qui se passe dans ces régions fragilisées par les changements climatiques.

Et pour la première fois depuis 1882, l’Année polaire internationale incluait des recherches sur la santé des communautées vivants dans l’Arctique. Une réalité, occultée, mais pourtant brutale et essentielle pour comprendre les conséquences globales des changements climatiques sur les régions polaires.

Pour connaître le programme canadien de l’Année polaire internationale 2007-2009

Pour en savoir plus sur la Conférence de l’Année polaire internationale 2012 à Montréal