Planète F : magazine web

Depuis plus d’un an, je travaille en secret. Un secret bien gardé avec une amie extraordinaire Sarah Poulin-Chartrand.

Nous lançons un nouveau magazine web sur la famille. On souhaite offrir de l’information différente… Parce que la famille est un sujet social, politique, de santé et d’environnement. Pas seulement de la gestion de bricolage et d’horaires de siestes! (merci Sarah pour la phrase punch!)

Mais pour arriver à lancer ce magazine reposant sur un modèle d’affaires différent, nous faisons appel à vous, chers lecteurs. La campagne Kickstarter bat son plein. Votre appui est important. Un appui financier soit. Mais vous pouvez aussi PARTAGER! Faites connaître notre projet au plus grand nombre de personnes possibles, dépassez les frontières du Québec!

Nous voulons offrir un journalisme fouillé, qui porte sur la réflexion… et INDÉPENDANT!

Si vous croyez à ce projet, si vous croyez que l’information aux parents reste trop dans les bricolages, les recettes et les tests de produits dont nous avons pas besoin, aidez-nous!

Prenez le temps de visionner le vidéo Kickstarter, de lire la description de notre projet. Nous sommes convaincues que vous voudrez embarquer avec nous… DONNEZ, PARTAGEZ!

Suivez-nous aussi sur notre page Facebook et sur Twitter!

MERCI!

Publicités

Cher TC Media

J’ai eu la chance d’apprendre mon travail de journaliste chez-vous, dans vos hebdos de l’est de Montréal. Il y a de ça, déjà, presque dix ans. J’ai appris à couvrir des conseils d’arrondissements, à côtoyer la jungle politique, à couvrir des événements de toutes sortes; à comprendre « la game » finalement.

J’ai appris à me faire des contacts sur le terrain. J’ai appris l’importance de chérir ces contacts. J’ai appris à les cultiver et à les faire fructifier. J’ai appris à travailler ailleurs que dans une salle de rédaction : dans mon auto, dans un terrain vague, dans le stationnement de l’hôtel de ville, derrière un immeuble en flammes. J’ai appris à être alerte lorsque je me promène sur le territoire couvert, d’avoir toujours les antennes ouvertes, au cas où.

Et voilà que toi, tu décides que c’est fini. Tu ne permettras plus à tes journalistes d’apprendre ces choses essentielles pour faire de l’information de qualité. Tu décides que la « contribution citoyenne » fait pareil, que des communiqués remâchés et des chroniques seront suffisantes pour informer les citoyens des quartiers de Montréal. Tu décides que la démocratie locale n’a plus besoin d’information objective et rigoureuse. Pourtant, Montréal a grand besoin de cette démocratie, précisément à ce moment crucial où elle doit se reconstruire sur des bases solides.

Tu décides que 12 journalistes pour couvrir l’ensemble de l’île de Montréal et tes 22 journaux locaux, ça sera suffisant. C’est vraiment prendre tes journalistes pour des remplisseurs de trous… et tes lecteurs pour des cons.

Je suis profondément déçue de toi TC Media. Un fleuron de l’économie québécoise, une entreprise de presse qui rayonne partout au Canada… et qui laisse tomber ce qu’elle devrait chérir le plus : son contenu. Tu l’as montré récemment avec le contrat indigne que tu t’apprêtais à présenter à tes collaborateurs pigistes, maintenant tu le montres encore plus clairement que le contenu n’est pas ta priorité.

Je te souhaite une chose TC Media… Que d’autres journaux hyperlocaux viennent s’installer dans les quartiers où tu es présent. Plusieurs journalistes croient au rôle des médias dans la démocratie. Ces journalistes inspirants démarrent de nouvelles plateformes, de nouvelles façons de faire du journalisme. Et un jour, les annonceurs réaliseront que ton modèle est dépassé. Que remâcher des communiqués ne mène pas à du contenu de qualité…

Le contenu pour une entreprise de presse, c’est ce qui la fait vivre… Si tu coupes dans ton contenu, TC Media, tu coupes sur ta durée de vie en tant qu’entreprise de presse… Et tu seras quoi? Une entreprise marketing qui offre des publireportages et des communiqués entre des publicités de concessionnaires automobiles… Un gros Publisac finalement… tu sais, celui que tant de gens s’empressent de jeter au recyclage ou refusent même d’avoir à leur porte!?!

Ce n’est surtout pas du journalisme.

Allaiter, c’est glamour – VRAIMENT?

Je viens de voir la nouvelle campagne de publicité de la Direction de la santé publique de l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal à propos de l’allaitement.

Une belle campagne de publicité, léchée, avec une belle femme, Mahée Paiement, qui allaite en talons hauts et en bustier, dans un décor digne d’Hollywood. Allaiter, c’est glamour, c’est le slogan de la campagne.

À première vue, on s’entend qu’allaiter, c’est pas particulièrement confortable dans une telle posture… Elle a plus l’air d’une mannequin voulant faire de la pub que d’une maman qui allaite son enfant… Je trouve que ça donne encore l’image que c’est facile d’allaiter, que c’est possible en tout temps, partout. Et dire que c’est glamour c’est réduire l’importance de l’allaitement à l’image… Pourtant, allaiter ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas naturel pour toutes les femmes et tous les bébés. C’est un apprentissage pour l’un et pour l’autre…

Mais mon dégoût pour cette campagne de publicité est encore plus profond.

Je trouve cette pub RIDICULE! Plutôt que de gaspiller du temps et de l’argent les centaines de milliers de dollars dans cette campagne, le gouvernement aurait pu mettre en place des dû donner de l’argent pour de ressources sur le terrain de support et de conseil pour les mamans qui SOUHAITENT allaiter. Le manque de ressources est criant sur le terrain et beaucoup de mamans (dont moi) arrêtent d’allaiter à cause de ce manque de ressources. C’est inacceptable de la part du gouvernement.

** On m’a « suggéré » d’enlever toute référence à l’argent. On me dit que Mahée Paiement a fait cette campagne bénévolement.**

Avec l’argent dépensé dans cette campagne, le gouvernement aurait pu mettre en place des cliniques d’allaitement, payer des conseillères en lactation dans les CLSC… Ce n’est pas d’une image que la « cause » de l’allaitement a besoin, c’est de services pour encourager les femmes à continuer d’allaiter après le retour à la maison et bien les informer quand elles éprouvent des problèmes.

J’ai eu des problèmes d’allaitement dont j’ai parlé dans une multitude de billets sur ce blogue. Ma fille a perdu jusqu’à 18 % de poids de naissance après douze jours de vie. L’infirmière du CLSC venait à la maison pour peser le bébé aux deux jours. Quand elle voyait que ma fille perdait beaucoup de poids, elle m’a fait une menace de signaler à la DPJ parce que c’était de la maltraitance de ne pas vouloir de soins pour ma fille. Je le savais que j’avais juste besoin d’aide pour l’allaitement… mais elle disait que si je n’allais pas à Ste-Justine, elle serait obligée d’appeler à la DPJ. Et la même chose est arrivée à Ste-Justine. Ça faisait huit heures qu’on était à l’hôpital, ils avaient fait tous les tests possibles pour trouver une maladie à ma fille… Elle était rendue à 2500 grammes… Je pleurais en disant de m’aider avec l’allaitement que c’était ça le problème… Plutôt que de m’aider, le médecin m’a dit que si je ne promettais pas de revenir en clinique de jour le lendemain matin, il devrait hospitaliser ma fille et faire un signalement à la DPJ… et le lendemain matin, quand je me suis pointée à la clinique de jour, la pédiatre m’a dit que j’avais un problème d’allaitement et que si je voulais de l’aide, je devais payer 60 $ de l’heure pour une consultante en lactation. Elle ne m’a pas recommandé à la clinique d’allaitement de l‘hôpital Général Juif, elle ne m’a pas dirigée vers des ressources communautaires ou des cliniques d’allaitement. Ma marraine d’allaitement ne savait pas quoi me dire parce qu’elle ne savait pas qu’un bébé pouvait ne pas avoir de succion… Tout ce que j’aurais eu besoin, c’est de quelqu’un qui me dise de faire des exercices pour l’aider à téter… qu’en lui donnant un biberon, ça serait probablement mieux. Mais personne ne me l’a dit, même la consultante en lactation que j’ai payée 120 $ pour avoir un diagnostic. Alors vous comprendrez que quand je vois le gouvernement gaspiller de l’argent pour une campagne de publicité aussi ridicule, ça m’enrage au plus haut point.

Mon expérience conclut aussi que la réussite de l’allaitement passe par l’accès à des ressources rapidement après l’accouchement… Je suis certaine que si j’avais eu de meilleures ressources au lieu de me faire menacer de signalement à la DPJ, j’aurais réussi à allaiter plus longtemps…

Sur le site Moi aussi j’allaite, on dit « À Montréal, 4 CLSC, 1 maison de naissance et 1 centre hospitalier sont reconnus Amis des bébés »… JUSTE 4 CLSC!! Il y en a 38 à Montréal… et il y a plus de 15 hôpitaux. Mais pour être Amis des bébés, il faut faire partie des statistiques… il faut entre autres que moins de 10 % des bébés aient reçu une fois ou plus de la préparation lactée. Même des centres de néonatalogie ne sont pas Amis des bébés. Donc pour être Amis des bébés, on ne peut pas être Amis des mamans. Amis des bébés devraient être un sceau pour un établissement qui garanti de l’aide pour les mamans à donner le meilleur pour leur bébé, d’offrir des ressources gratuites pour l’allaitement, même en externe… Ça ne devrait pas être une affaire des statistiques…

Le suivi pendant la grossesse, à l’accouchement, mais aussi dans les jours qui suivent l’accouchement est crucial pour encourager l’allaitement… et c’est là que les ressources manquent. Sur le site de cette campagne de pub, on réfère aux organismes communautaires, aux cliniques d’allaitement… mais ces organismes n’arrivent pas à offrir tout le service dont les mères auraient besoin pour une seule raison : $$$$$. Mais on dépense pour une belle séance photo, une belle mannequin, un beau site web, une belle campagne… c’est ben beau, mais ça n’aide pas les femmes, ni les organismes à aider les femmes…

Les infirmières des CLSC qui visitent les mamans à domiciles devraient être formées en allaitement, devraient même être des consultantes en allaitement. Certaines le sont, mais l’évidence démontre que d’autres ne le sont pas. Plutôt que de faire cette campagne, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre à former les infirmières pour mieux donner des conseils aux nouvelles mamans, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre pour avoir les consultantes en lactation dans tous les hôpitaux où il y a une maternité, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre pour offrir des haltes-allaitement avec des consultantes en lactation dans tous les CLSC du Québec… mais le gouvernement a préféré faire une belle campagne de pub avec une belle mannequin.

Et une maman qui aura vécu un super bel allaitement sera la meilleure personne pour convaincre ses amies d’essayer… Plus on va aider les mamans qui veulent allaiter à vivre le plus bel allaitement, plus on aura d’expériences positives d’allaitement, plus d’autres femmes qui n’avaient pas pensé allaiter se tourneront vers l’allaitement… Si on veut encourager les femmes à allaiter leur bébé, il faut tout simplement leur donner les moyens de réussir.

Je croirai vraiment en la volonté du gouvernement à encourager l’allaitement le jour où on déploiera sur le terrain des ressources pour aider les mamans, pour les soutenir dans leurs choix, pour les encourager à persévérer si elles souhaitent allaiter, et ce partout au Québec, dans tous les CLSC et les hôpitaux. C’est une question de cohérence entre les bottines et les babines…

Débat linguistique Québec-Groenland

Alors que le PQ annonce des mesures pour resserrer la loi 101 en pleine campagne électorale, le Groenland s’interroge sur la place du groenlandais dans leur société. Et le parallèle est assez intéressant…

Le groenlandais de l’ouest ou Kalaallisut est une langue qui se rapproche de l’inuktitut, la langue parlée par les Inuit du Canada. Par contre, le groenlandais est désormais écrit avec l’alphabet romain plutôt que syllabique (symboles par syllabe). Il existe également le groenlandais de l’est, parlé par moins de 1000 personnes maintenant, mais considéré comme une langue séparée du groenlandais de l’ouest.

Depuis 2009, le groenlandais est la langue officielle de ce territoire danois qui possède toutefois un statut d’autonomie vis-à-vis du Danemark. Ainsi, les jeunes qui habitent le Groenland doivent être éduqués d’abord en groenlandais.

C’est que le gouvernement craignait la disparition du groenlandais, qui était de moins en moins parlé par les jeunes notamment puisque l’éducation postsecondaire se fait encore en danois. D’ailleurs, toute une génération, celle qui est dans la trentaine aujourd’hui, ne parle pas nécessairement groenlandais. Certains le baragouinent, d’autres ne le parlent plus du tout.

Or, plusieurs personnes, rencontrées lors de mon récent séjour, craignent que ce resserrement ait un effet encore plus dévastateur. Non seulement cette loi oblige les entreprises étrangères qui font des affaires au Groenland d’avoir tous leurs documents en groenlandais (ce qui peut être très coûteux), elle exige également que les jeunes apprennent d’abord en groenlandais. Un médecin me partageait sa méfiance de cette loi et les conséquences sur ces jeunes. Il disait que si les jeunes Groenlandais souhaitent accéder aux études postsecondaires, ils doivent parler danois ou anglais. Ne pas encourager l’apprentissage de ces langues dès le plus jeune âge, c’est fermer des portes à la jeunesse, disait-il. Certains articles de cette loi linguistique a pris racine… dans la loi 101 du Québec!

D’autres préfèreraient apprendre l’anglais comme deuxième langue plutôt que le danois. D’ailleurs, la popularité des programmes d’échanges étudiants à l’étranger est très grande au Groenland. Pour apprendre l’anglais, nombreux se rendent notamment aux États-Unis pour une période d’un an. J’ai fait ce genre d’échange étudiant à la fin de mon secondaire, et j’y ai d’ailleurs rencontré une Groenlandaise que j’ai revue la semaine dernière après 13 ans! Elle aussi mentionnait que l’anglais devenait de plus en plus important à apprendre, en plus du danois (puisque beaucoup de choses se passent en danois dans l’administration publique, même si le groenlandais est la langue officielle).

D’ailleurs, la langue courante parlée est plutôt le dan-landais. Parce que le groenlandais est bourré de mots danois. Les jeunes sont souvent bilingues avant même d’entrer à l’école parce qu’ils ont un parent Danois et l’autre Groenlandais ou encore parce qu’ils ont été à la garderie groenlandaise. C’est assez musical à entendre, car les deux langues n’ont pas du tout les mêmes tonalités!

Alors qu’en Europe, il est courant de voir des jeunes parler quatre, cinq, même six langues, au Groenland, les jeunes parlent une langue informelle formée de deux langues importantes… Pendant ce temps, au Québec, les jeunes peinent à baragouiner l’anglais après neuf ans d’enseignement.

Documentaire « Martha qui vient du froid »

Il s’est fait de nombreux documentaires sur le Nord. J’en ai écouté quelques-uns jusqu’à maintenant, et j’ai été particulièrement touché par « Martha qui vient du froid », un documentaire de l’ONF, de Marquise Lepage, qui porte sur le déplacement de certaines familles inuites d’Inukjuak sur la côte de la Baie James vers une terre inhospitalière pour tout humain : l’île d’Ellesmere. Ce déplacement organisé par le gouvernement visait à occuper l’extrême Arctique canadien pour assurer la souveraineté de ce territoire.

Troublant à quel point ces gens ont été mal informés sur ce déplacement, troublant à quel point le déplacement était risqué pour ces familles. On leur promettait une vie meilleure, beaucoup de gibiers… rien de tout ça ne s’est avéré. Que de la glace et la noirceur pendant près de six mois. Il ne faut pas en vouloir aux Inuit d’être méfiants face à « Blancs qui viennent du Sud » qu’ils appellent Qallunaat. Ils se sont fait avoir plus souvent qu’à leur tour, tout comme la grande majorité des Autochtones au Canada.

D’ailleurs, la souveraineté de l’Arctique est encore un sujet très sensible pour les communautés du nord du Canada. Les déplacements restent encore des moments difficiles, des histoires de famille qu’on oublie trop souvent, alors qu’on parle de militarisation de l’Arctique ou du passage du nord-ouest. Dans le magazine Above & Beyond de mai-juin, journal du Canada Arctique, on y retrouvait un article très intéressant sur le point de vue inuit de la souveraineté de l’Arctique. Un point de vue qu’on devrait écouter, c’est quand même eux qui occupent le territoire!

Le plus troublant… c’est qu’aucun livre d’histoire dans les écoles du Québec ne fait une simple mention de cette histoire, ni de l’histoire de ce peuple fascinant, de cette culture riche et de l’importance de leur présence dans le Nord.

Une inspirante jeune fille

Une jeune Inuk du Nunavik était à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable à Rio de Janero, qui se termine aujourd’hui.

Elle a interpellé le Premier ministre Jean Charest sur le Plan Nord. « Vous êtes ici pour parler au monde comme si vous étiez la voix du Nunavik. Pourquoi les leaders du Nunavik ne sont pas avec vous dans cette campagne? Pourquoi avez-vous choisi de promouvoir le Plan Nord sans qu’ils soient présents? »

Dix jours, c’est trop peu pour prétendre comprendre la volonté d’un peuple… Mais depuis que je travaille sur ce reportage à propos des professionnels de la santé au Nunavik et au Groenland, j’ai discuté avec plusieurs Inuit dans les derniers mois et tous ceux à qui j’ai parlé demandent de l’argent dans les infrastructures, demandent d’être entendu par le gouvernement provincial sur la volonté de la population à exploiter leur territoire de subsistance. Ils craignent que ce développement ait un impact sur la faune, déjà fragilisée par les changements climatiques.

Cette jeune fille a pris la parole… une voix qui mérite d’être entendue, dont nous avons le devoir de mettre de l’avant.

Lisez son appel mentionné par le NunatsiaqOnline… et surtout les commentaires qui suivent… j’en ai encore la chair de poule tellement c’est inspirant!

La méfiance nordique

Jour 1 de mon périple à Kuujjuaq.

Depuis quelques mois que je prépare ce voyage. La recherche pour mon reportage sur le recrutement des professionnels de la santé dans les communautés du nord (Nunavik et Groenland) se poursuit ici, sur le terrain pour les dix prochains jours.

Plus la journée du départ arrivait, plus je sentais une certaine méfiance de la part des intervenants que je souhaite interviewer.

Maintenant sur place, j’attends toujours des confirmations pour visiter l’hôpital de Kuujjuaq et rencontrer gens de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik.

Dans les derniers mois, il y a eu plusieurs reportages sur des situations vécues au Nunavik, notamment ceux d’André Noël et de Pascale Breton dans La Presse.

Il y a eu vives critiques à la suite de ces articles et d’autres publiés récemment… Des articles qui dépeignent la réalité, une réalité difficile à accepter pour certains. Difficile de parler de problèmes aussi sérieux, difficile de parler de problèmes aussi tristes. Mais si personne en parle, les médias sont critiqués. Lorsqu’ils en parlent, ils sont aussi critiqués… Damn if you do, damn if you don’t.

Et ces critiques semblent encourager une méfiance envers les médias concernant les enjeux sociaux du nord. Et je réalise que c’est une difficulté supplémentaire pour entrer en contact avec les intervenants officiels et les gens en général…

Malheureusement, cette méfiance risque de ne pas aider les gens du nord… car s’il devient de plus en plus difficile pour les journalistes de parler à des gens sur le terrain, il y aura moins de couverture des enjeux du Nunavik – et on s’entend que les enjeux de la population de ce grand territoire convoité mériteraient à être plus présents dans les médias nationaux…

Image
Kuujjuaq – 11 juin 2012
Image
Kuujjuaq – 12 juin 2012