Planète F : magazine web

Depuis plus d’un an, je travaille en secret. Un secret bien gardé avec une amie extraordinaire Sarah Poulin-Chartrand.

Nous lançons un nouveau magazine web sur la famille. On souhaite offrir de l’information différente… Parce que la famille est un sujet social, politique, de santé et d’environnement. Pas seulement de la gestion de bricolage et d’horaires de siestes! (merci Sarah pour la phrase punch!)

Mais pour arriver à lancer ce magazine reposant sur un modèle d’affaires différent, nous faisons appel à vous, chers lecteurs. La campagne Kickstarter bat son plein. Votre appui est important. Un appui financier soit. Mais vous pouvez aussi PARTAGER! Faites connaître notre projet au plus grand nombre de personnes possibles, dépassez les frontières du Québec!

Nous voulons offrir un journalisme fouillé, qui porte sur la réflexion… et INDÉPENDANT!

Si vous croyez à ce projet, si vous croyez que l’information aux parents reste trop dans les bricolages, les recettes et les tests de produits dont nous avons pas besoin, aidez-nous!

Prenez le temps de visionner le vidéo Kickstarter, de lire la description de notre projet. Nous sommes convaincues que vous voudrez embarquer avec nous… DONNEZ, PARTAGEZ!

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Allaiter, c’est glamour – VRAIMENT?

Je viens de voir la nouvelle campagne de publicité de la Direction de la santé publique de l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal à propos de l’allaitement.

Une belle campagne de publicité, léchée, avec une belle femme, Mahée Paiement, qui allaite en talons hauts et en bustier, dans un décor digne d’Hollywood. Allaiter, c’est glamour, c’est le slogan de la campagne.

À première vue, on s’entend qu’allaiter, c’est pas particulièrement confortable dans une telle posture… Elle a plus l’air d’une mannequin voulant faire de la pub que d’une maman qui allaite son enfant… Je trouve que ça donne encore l’image que c’est facile d’allaiter, que c’est possible en tout temps, partout. Et dire que c’est glamour c’est réduire l’importance de l’allaitement à l’image… Pourtant, allaiter ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas naturel pour toutes les femmes et tous les bébés. C’est un apprentissage pour l’un et pour l’autre…

Mais mon dégoût pour cette campagne de publicité est encore plus profond.

Je trouve cette pub RIDICULE! Plutôt que de gaspiller du temps et de l’argent les centaines de milliers de dollars dans cette campagne, le gouvernement aurait pu mettre en place des dû donner de l’argent pour de ressources sur le terrain de support et de conseil pour les mamans qui SOUHAITENT allaiter. Le manque de ressources est criant sur le terrain et beaucoup de mamans (dont moi) arrêtent d’allaiter à cause de ce manque de ressources. C’est inacceptable de la part du gouvernement.

** On m’a « suggéré » d’enlever toute référence à l’argent. On me dit que Mahée Paiement a fait cette campagne bénévolement.**

Avec l’argent dépensé dans cette campagne, le gouvernement aurait pu mettre en place des cliniques d’allaitement, payer des conseillères en lactation dans les CLSC… Ce n’est pas d’une image que la « cause » de l’allaitement a besoin, c’est de services pour encourager les femmes à continuer d’allaiter après le retour à la maison et bien les informer quand elles éprouvent des problèmes.

J’ai eu des problèmes d’allaitement dont j’ai parlé dans une multitude de billets sur ce blogue. Ma fille a perdu jusqu’à 18 % de poids de naissance après douze jours de vie. L’infirmière du CLSC venait à la maison pour peser le bébé aux deux jours. Quand elle voyait que ma fille perdait beaucoup de poids, elle m’a fait une menace de signaler à la DPJ parce que c’était de la maltraitance de ne pas vouloir de soins pour ma fille. Je le savais que j’avais juste besoin d’aide pour l’allaitement… mais elle disait que si je n’allais pas à Ste-Justine, elle serait obligée d’appeler à la DPJ. Et la même chose est arrivée à Ste-Justine. Ça faisait huit heures qu’on était à l’hôpital, ils avaient fait tous les tests possibles pour trouver une maladie à ma fille… Elle était rendue à 2500 grammes… Je pleurais en disant de m’aider avec l’allaitement que c’était ça le problème… Plutôt que de m’aider, le médecin m’a dit que si je ne promettais pas de revenir en clinique de jour le lendemain matin, il devrait hospitaliser ma fille et faire un signalement à la DPJ… et le lendemain matin, quand je me suis pointée à la clinique de jour, la pédiatre m’a dit que j’avais un problème d’allaitement et que si je voulais de l’aide, je devais payer 60 $ de l’heure pour une consultante en lactation. Elle ne m’a pas recommandé à la clinique d’allaitement de l‘hôpital Général Juif, elle ne m’a pas dirigée vers des ressources communautaires ou des cliniques d’allaitement. Ma marraine d’allaitement ne savait pas quoi me dire parce qu’elle ne savait pas qu’un bébé pouvait ne pas avoir de succion… Tout ce que j’aurais eu besoin, c’est de quelqu’un qui me dise de faire des exercices pour l’aider à téter… qu’en lui donnant un biberon, ça serait probablement mieux. Mais personne ne me l’a dit, même la consultante en lactation que j’ai payée 120 $ pour avoir un diagnostic. Alors vous comprendrez que quand je vois le gouvernement gaspiller de l’argent pour une campagne de publicité aussi ridicule, ça m’enrage au plus haut point.

Mon expérience conclut aussi que la réussite de l’allaitement passe par l’accès à des ressources rapidement après l’accouchement… Je suis certaine que si j’avais eu de meilleures ressources au lieu de me faire menacer de signalement à la DPJ, j’aurais réussi à allaiter plus longtemps…

Sur le site Moi aussi j’allaite, on dit « À Montréal, 4 CLSC, 1 maison de naissance et 1 centre hospitalier sont reconnus Amis des bébés »… JUSTE 4 CLSC!! Il y en a 38 à Montréal… et il y a plus de 15 hôpitaux. Mais pour être Amis des bébés, il faut faire partie des statistiques… il faut entre autres que moins de 10 % des bébés aient reçu une fois ou plus de la préparation lactée. Même des centres de néonatalogie ne sont pas Amis des bébés. Donc pour être Amis des bébés, on ne peut pas être Amis des mamans. Amis des bébés devraient être un sceau pour un établissement qui garanti de l’aide pour les mamans à donner le meilleur pour leur bébé, d’offrir des ressources gratuites pour l’allaitement, même en externe… Ça ne devrait pas être une affaire des statistiques…

Le suivi pendant la grossesse, à l’accouchement, mais aussi dans les jours qui suivent l’accouchement est crucial pour encourager l’allaitement… et c’est là que les ressources manquent. Sur le site de cette campagne de pub, on réfère aux organismes communautaires, aux cliniques d’allaitement… mais ces organismes n’arrivent pas à offrir tout le service dont les mères auraient besoin pour une seule raison : $$$$$. Mais on dépense pour une belle séance photo, une belle mannequin, un beau site web, une belle campagne… c’est ben beau, mais ça n’aide pas les femmes, ni les organismes à aider les femmes…

Les infirmières des CLSC qui visitent les mamans à domiciles devraient être formées en allaitement, devraient même être des consultantes en allaitement. Certaines le sont, mais l’évidence démontre que d’autres ne le sont pas. Plutôt que de faire cette campagne, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre à former les infirmières pour mieux donner des conseils aux nouvelles mamans, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre pour avoir les consultantes en lactation dans tous les hôpitaux où il y a une maternité, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre pour offrir des haltes-allaitement avec des consultantes en lactation dans tous les CLSC du Québec… mais le gouvernement a préféré faire une belle campagne de pub avec une belle mannequin.

Et une maman qui aura vécu un super bel allaitement sera la meilleure personne pour convaincre ses amies d’essayer… Plus on va aider les mamans qui veulent allaiter à vivre le plus bel allaitement, plus on aura d’expériences positives d’allaitement, plus d’autres femmes qui n’avaient pas pensé allaiter se tourneront vers l’allaitement… Si on veut encourager les femmes à allaiter leur bébé, il faut tout simplement leur donner les moyens de réussir.

Je croirai vraiment en la volonté du gouvernement à encourager l’allaitement le jour où on déploiera sur le terrain des ressources pour aider les mamans, pour les soutenir dans leurs choix, pour les encourager à persévérer si elles souhaitent allaiter, et ce partout au Québec, dans tous les CLSC et les hôpitaux. C’est une question de cohérence entre les bottines et les babines…

2011 en revue

Je n’ai pas beaucoup écrit dans les derniers mois de 2011. C’est que la conciliation travail-famille s’est montrée plus difficile que je ne l’avais cru. En fait, j’ai voulu me prouver que j’étais encore capable, que je n’avais pas « perdu la main »… dans le fond, j’avais peur. Peur de ne pas être capable de garder mes contrats, peur de ne plus être capable de travailler à la pige comme je le fais depuis cinq ans, peur de me retrouver « out »… Alors, j’ai tout pris… tous les contrats. Je me suis étourdie dans les contrats pour me prouver à moi-même que j’étais encore capable. Quand on revient d’un congé de maternité, personne ne te dit que les choses ne seront plus jamais pareilles. Personne ne te dit que la conciliation travail-famille se vit sous le ton de modération du rythme de croisière professionnelle. Alors, en octobre, j’ai frappé un mur. J’ai dû accepter de ralentir alors que je venais à peine de mettre le pied sur la pédale d’accélération professionnelle.

En discutant avec plusieurs professionnels de la santé, tous me disait « Si tu savais combien de nouvelles mamans qui retournent au travail se trouvent dans la même situation… » Il paraît que c’est courant. Parce qu’on pense qu’on est prête à reprendre du service « comme avant ».
Bref, à toutes les mamans en congé de maternité, j’ai un conseil pour vous. Le retour au travail doit se faire progressivement et sans pression (surtout pas venant de vous-même, c’est la pire!). Autant l’adaptation de bébé à la garderie est une adaptation qui prend des semaines, autant l’adaptation du retour de maman au travail en est une qui doit aussi prendre des semaines. Et ça, c’est une notion du concept « conciliation travail-famille » qu’on entend peu. On parle d’un retour progressif pour les arrêts de maladie, on parle d’un retour progressif après un burn-out, on parle de conciliation travail-famille comme d’horaire flexible… mais pas de retour progressif pour ménager la maman qui doit retourner au travail et qui doit s’adapter à une nouvelle vie. C’est un pensez-y bien pour les entreprises qui se pensent à l’écoute de leurs travailleurs!

***
Malgré un automne plus difficile que je ne l’avais espéré… j’ai quand même travaillé!

D’ailleurs, la programmation des conférences Les Belles Soirées à l’Université de Montréal débute dans les prochaines semaines. Il y a un peu de moi dans cette programmation puisque, cet automne, j’ai eu la chance d’y travailler comme recherchiste. Un travail un peu dans l’ombre mais très intéressant. Je vous invite donc à aller y faire un tour! Au menu: gaz de schiste, le futur de la science, les mythes alimentaires, les prochaines élections américaines, les risques d’internet, le Saint-Laurent, Michel Chartrand, le patrimoine conté du Québec, et une conférence qui me touche particulièrement… Les 50 ans des Jardins Métis, une histoire de famille fabuleuse qui vient de ma région natale.

Je suis également devenue cet automne rédactrice en chef (à la pige) d’Opérations Forestières, un magazine de l’industrie forestière, publié quatre fois par année. Un défi très intéressant puisque l’industrie forestière est à la croisée des chemins. L’innovation et la créativité sont au rendez-vous pour remettre cette industrie sur les rails. Je vous ferai d’ailleurs part de mes éditoriaux de temps à autre.

J’ai également écrit quelques articles pour Perspective infirmière, le magazine de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Ce mandat me permet de toucher à des sujets de santé dans une optique plus spécialisée.

J’ai également travaillé sur le magazine des diplômés de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. Celui-ci devrait être en ligne sous peu. Je vous informerai dès sa publication.

Finalement, j’ai travaillé très fort sur un projet qui se trouve encore sur la glace… Un reportage d’enquête qui verra le jour (espérons-le) dans les prochains mois, étant encore en attente de financement.

L’automne 2011 aura été rempli de beaucoup de mandats professionnels intéressants, ponctué de quelques rhumes et autres microbes gracieuseté de la garderie, agrémenté de beaucoup d’amour d’une poulette qui grandit à vue d’oeil, sans oublier le support d’un mari compréhensif.

Toutes mes excuses de vous avoir négligé ces derniers mois, je tenterai d’être plus assidue en 2012. Bonne année à tous!

Cafés maman-bébé: concept rentable?

Dans la dernière année, ces petits hâves de paix ont été mon salut. Quand tu en as raz-le-bol d’être à la maison avec un bébé qui ne semble pas vouloir collaborer, les cafés amis des bébés sont très pratiques.

Les trois premiers mois, j’allais dans les cafés ordinaires avec la poussette. Bébé dormait paisiblement. Or, quand la bête commence à vouloir explorer son environnement, ça prend un peu plus d’espace adapté. Et c’est ce que les cafés maman-bébé m’ont donné, en plus d’en endroit pour trouver des activités et des trucs pour jouer avec mon bébé.

Dans la dernière année (et lorsque j’étais enceinte), j’ai vu deux cafés maman-bébé fermer et un changer de vocation. C’est pourquoi j’ai voulu comprendre pourquoi… La clé est dans la diversité des revenus, et même la recherche de subventions pour aide aux nouvelles mamans. Par contre, entre rentabilité et aide aux nouvelles mamans, le coeur des ces entrepreneures balance… Est-ce possible d’arriver à la rentabilité quand on a une mission de relation d’aide? C’est un autre débat mais qui mériterait une thèse de doctorat en économie!

Grâce à cet article, j’ai rencontré des mamans passionnées et passionnantes. Merci Amélie de Lilithéo, ton énergie et ta rationnalité sont inspirantes. Merci Sandra et Stéphanie de Parenthèses Montréal, j’aurais tellement aimé connaître votre café quelques mois auparavant! Votre confiance en votre droit de maman entrepreneure m’a particulièrement touché. Vous êtes dynamiques et contagieuses! Je suis ressortie de l’entrevue gonflée à bloc. Merci aussi aux entrevues téléphoniques: Naomi de Maman bébé café, April de La Tasse Gamine, Marie-Maude de Melons et Clémentines et Elise Tessier de Femmessor.

J’espère que vous aimerez cet article sur Openfile sur les cafés maman-bébé à Montréal. Non seulement c’était une assignation, mais ça aussi été un plaisir de parler à toutes ces mamans!

Quand j’y pense, une personne a contribué largement à la sauvegarde de ma santé mentale pendant mon congé de maternité… mon amie Marie-Pier, et son petit Elliot, né deux jours après ma fille. L’hiver aurait été rudement plus froid sans toi! Merci d’avoir écouté, merci d’avoir été là, merci d’avoir été toi…

Une autre étape…

Ce matin, j’ai pleuré au réveil de ma fille…

J’ai réalisé à quel point je l’aime. À quel point cet amour est incommensurable, inqualifiable, indescriptible… inconditionnel.

Elle me regardait tout sourire, les yeux pétillants d’étoiles, babillant, gazouillant… racontant probablement ses rêves de la nuit.

C’est comme si je réalise à quel point elle fait de ma vie une joie. Chaque sourire, chaque « maman », chaque câlin, c’est véritablement un changement de vie, un bébé, mais c’est pour le mieux. Et ça va toujours, chaque jour, de mieux en mieux.

Aujourd’hui, c’est une autre étape… Elle débute la garderie. À 10 mois et demi, elle est arrivée tout sourire dans son local. Elle n’a pas pleuré, elle est directement allée jouer avec tous les nouveaux jouets disponibles dans le local. Je suis sortie, voyant qu’elle n’avais pas besoin de moi.

Je suis restée dans le corridor quelques minutes. J’étais heureuse qu’elle soit heureuse. J’étais heureuse qu’elle ne pleure pas. Lorsque la directrice m’a dit: « C’est normal d’avoir le coeur gros la première journée. » J’ai eu le moton… mais je l’ai ravalé en me disant que bébé est en sécurité et qu’elle s’adaptera à cette nouvelle routine.

Mais c’est à l’heure du dîner où la réalité m’a rattrapée… Je dînais seule pour la première fois depuis le 17 octobre 2010, la vieille de la naissance de bébé… Et je me disais que c’était beaucoup trop tranquille dans la maison sans elle.

Je pense que je m’ennuie d’elle plus qu’elle peut s’ennuyer de moi!

Stoppez l’hémorragie!

Il faut que ça arrête… les propos complètement abrutissants concernant l’allaitement. Encore tout à l’heure, sur Twitter, La Ligue de la Leche publiait un article sur les 10 erreurs que font les mamans qui allaitent.

Ça m’enrage ces niaiseries-là! Comme si la réussite de l’allaitement, c’était une recette. « Suis-là et tu réussiras ». C’est pas comme ça que ça fonctionne! Chaque bébé est une personne différente qui réagit à tout de façon différente. Arrêtons de dire des âneries générales qui n’aident pas les nouvelles mamans!

Et on en retrouve partout de ces stupidités. Il suffit de taper dans Google « réussir allaitement » pour en avoir un char!

Je pourrais continuer longtemps mais je vous laisse le plaisir de perdre votre temps si vous voulez constater les conneries qui s’écrivent sur les recettes toutes faites de la réussite de l’allaitement.

Même sur le site de la Ligue de la Leche, une référence importante sur l’allaitement (que personnellement j’ai balancé rapidement parce que trop culpabilisante), on y voit une belle publication spéciale intitulée : L’allaitement, c’est tout naturel

Non mais, vous vivez dans quel monde?!? L’allaitement c’est naturel quand ça va bien… mais pour une grande proportion de femmes, c’est l’enfer! C’est de là que vient toute la culpabilité des femmes qui essaient d’allaiter. Ces organisations et celles qui gravitent autour disent vouloir aider les jeunes mamans… Hé bien c’est pas en leur disant que c’est naturel que ça va les aider!

C’est en réagissant sur Twitter à ce sujet que je me suis replongée dans mes billets écrits alors que l’allaitement était un fardeau (et je l’admets aujourd’hui, il l’a toujours été). Il m’a fallu quelques lignes pour ressentir toute la tristesse et la culpabilité que j’ai ressenti au cours de ces quatre mois si difficiles. Faut croire que les blessures ne sont pas tout à fait guéries, même après cinq mois de bonheur avec bébé.

Je réalise que ces difficultés d’allaitement ont fait de moi quelqu’un de beaucoup plus critique face à ce discours « grano-naturo-la-vie-est-simple ». Je réalise aussi que j’ai des petites crottes sur le coeur quant aux prétendues « professionnelles » de l’allaitement…

Peut-être que le prochain bébé me permettra de renouer avec la possibilité d’allaiter… et peut-être pas. La prochaine fois, je n’aurai aucune attente, comme ça il n’y aura pas de déception!

**** fin de la montée de lait psychologique ****

La jalousie d’une lionne

Je viens de franchir une autre étape en tant que nouvelle maman… je viens de trouver une garderie.

La semaine dernière, j’ai signé tous les papiers pour que bébé ait sa place dans un beau CPE où elle pourra grandir et s’épanouir, socialiser et créer sa personnalité.

J’en suis très heureuse… car plusieurs de mes amies nouvelles mamans n’ont pas cette chance. Bébé rentrera à la garderie à la fin de l’été, à 10 mois. Alors que certaines mamans retournent travailler, elles cherchent toujours désespéremment une place pour leur bambin. Oui je suis chanceuse…

Récemment, lors du Gala des Grands Prix du journalisme indépendant, organisé par l’AJIQ (dont je fais partie), quelqu’un m’a dit: « Mais tu réalises le monde qui s’ouvre à toi maintenant que tu as une garderie! » Oui mon monde à moi, celui que j’ai laissé pour m’occuper de bébé depuis maintenant 8 mois. Ce monde-là m’attend toujours… C’est valorisant, excitant…

Mais en même temps, j’ai une jalousie qui gronde. Celle d’une maman lionne qui ne veut pas laisser son petit hors du nid. Celle qui voudrait toujours être là. Celle qui a peur que quelqu’un d’autre la remplace…

Parce que ça doit arriver… d’un coup que ma fille préfère son éducatrice à sa maman?!? En plus, je risque de manquer des étapes importantes: son premier mot, sa première dent, ses premiers pas…

C’est une jalousie mal placée, un peu décousue, je sais… Mais elle est là. Enfouie au fond de moi, derrière la rationalité et la logique. Parfois, cette jalousie réussit à se frayer un chemin. Alors là… la lionne s’inquiète. Elle fait les cents pas comme si elle était dans une cage… Les pensées deviennent de plus en plus vives. Ça y est, ma fille ne m’aimera plus si je l’envoie à la garderie! Mais ensuite, je calme la lionne avec des pensées raisonables, équilibrées et pleines de bon sens…

C’est fou comme devenir maman nous rapproche de la primauté bestiale!