Documentaire « Martha qui vient du froid »

Il s’est fait de nombreux documentaires sur le Nord. J’en ai écouté quelques-uns jusqu’à maintenant, et j’ai été particulièrement touché par « Martha qui vient du froid », un documentaire de l’ONF, de Marquise Lepage, qui porte sur le déplacement de certaines familles inuites d’Inukjuak sur la côte de la Baie James vers une terre inhospitalière pour tout humain : l’île d’Ellesmere. Ce déplacement organisé par le gouvernement visait à occuper l’extrême Arctique canadien pour assurer la souveraineté de ce territoire.

Troublant à quel point ces gens ont été mal informés sur ce déplacement, troublant à quel point le déplacement était risqué pour ces familles. On leur promettait une vie meilleure, beaucoup de gibiers… rien de tout ça ne s’est avéré. Que de la glace et la noirceur pendant près de six mois. Il ne faut pas en vouloir aux Inuit d’être méfiants face à « Blancs qui viennent du Sud » qu’ils appellent Qallunaat. Ils se sont fait avoir plus souvent qu’à leur tour, tout comme la grande majorité des Autochtones au Canada.

D’ailleurs, la souveraineté de l’Arctique est encore un sujet très sensible pour les communautés du nord du Canada. Les déplacements restent encore des moments difficiles, des histoires de famille qu’on oublie trop souvent, alors qu’on parle de militarisation de l’Arctique ou du passage du nord-ouest. Dans le magazine Above & Beyond de mai-juin, journal du Canada Arctique, on y retrouvait un article très intéressant sur le point de vue inuit de la souveraineté de l’Arctique. Un point de vue qu’on devrait écouter, c’est quand même eux qui occupent le territoire!

Le plus troublant… c’est qu’aucun livre d’histoire dans les écoles du Québec ne fait une simple mention de cette histoire, ni de l’histoire de ce peuple fascinant, de cette culture riche et de l’importance de leur présence dans le Nord.

Population canine du Nord

On les entend parfois hurler à la lune, certains soirs. Ils se répondent, se parlent et font partie intégrante de la vie du village…

Les chiens du Nord sont magnifiques! La plupart des gens en possèdent un, même plusieurs. Ces chiens sont dociles et fidèles, et surtout très utiles pour les déplacements en hiver. Les chiens de traîneaux entraînés ne vivent pas dans le village, mais plutôt dans des chenils en plein air en dehors du village.

Les chiens ont une signification particulière au Nunavik… C’est qu’ils ont longtemps été essentiels à la survie des habitants du Nunavik, car ils étaient le seul moyen de transport des chasseurs. Dans les années 1950-60, des autorités provinciales ont tué de nombreux chiens de traîneaux, une tragédie qui a laissé des traumatismes très profonds chez les Inuit et une méfiance vers les autorités « du Sud » qui perdure encore aujourd’hui. Imaginez : la seule façon de nourrir votre famille est anéantie par des gens venus d’ailleurs…

Après de nombreuses années de demandes de compensation et d’excuses, la Société Makivik (qui gère la Convention de la Baie-James et du Nord québécois) obtient l’appui du gouvernement du Québec pour qu’un comité indépendant, présidé par le juge à la retraite Jean-Jacques Croteau, se penche sur la question de l’abattage des chiens de traîneauxEn 2010, il dépose son rapport très critique à l’endroit du gouvernement québécois, accusant celui-ci d’avoir abattu des chiens sans connaître l’importance de ceux-ci pour les communautés. Selon ce même rapport, la Gendarmerie Royale du Canada n’avait pas procédé à l’abattage systématique des chiens, par contre, elle est responsable par omission d’avoir fait quelque chose pour arrêter le massacre fait par des autorités provinciales.

En août 2011, le gouvernement du Québec signe une entente avec la Société Makivik reconnaissant les effets de l’abattage des chiens de traîneaux inuit (appelés Qimmiit) sur la société inuite et son mode de vie. Cette entente engage aussi le gouvernement du Québec à verser trois millions de dollars en compensation à la Société Makivik pour « soutenir les Inuits dans la protection et la promotion de leurs traditions et de leur culture. »

Dans à peine deux mois, ce sera le premier anniversaire de cette entente…

Félicitations pour votre bébé!

Quand le téléphone sonne et que je ne connais pas le numéro, je roule les yeux… C’est sûrement encore un de ces télémarketing: « Félicitations pour votre bébé. On a des produits d’assurances à vous offrir… »

C’est qu’il semble que le gouvernement donne la liste des nouveaux parents à des « fondations » qui ensuite vendent ces listes à des entreprises. Depuis le 18 octobre, on s’est fait offrir des produits d’assurances, des régimes d’épargnes-études, sans compter les appels qu’on a refusé de prendre dans les derniers 10 jours parce qu’on ne connaissait pas le numéro.

C’est vraiment inacceptable que le gouvernement divulgue les coordonnées des nouveaux parents à une tierce partie… Surtout lorsque le dit numéro de téléphone se retrouve sur la liste du gouvernement fédéral pour éviter le télémarketing.

J’ai discuté avec un de ces télémarketeur. Je lui ai demandé où il avait eu notre numéro. Il m’a répondu qu’une fondation (dont je n’ai pas retenu le nom) fournissait tous les numéros de téléphone des nouveaux parents au Québec; et que la fondation recevait cette liste de la part du gouvernement.

Ensuite, je lui ai dit qu’il fallait un certain culot pour déranger des nouveaux parents de la sorte sachant très bien que c’est peut-être pas le meilleur moment pour nous offrir des régimes épargnes-études… Un peu confus, il disait qu’il vallait mieux commencer tôt pour épargner pour les études de notre enfant…

Heille l’imbécile! Même si j’attends 6 mois, ça me mettra pas dans la rue! C’est quoi le rush d’appeler alors que notre bébé a à peine 10 jours! Et si je souhaite avoir des produits d’assurances ou un compte épargne-étude, je vais m’informer et appeler quand j’en aurai besoin.

DON’T CALL US, WE’LL CALL YOU!

p.s. j’aimerais bien que La Facture se penche sur la légalité de transmettre des coordonnées « confidentielles » à un tier… Y avait-il une case à cocher sur la déclaration de naissance qu’on aurait pas vu?

La construction: un milieu pourri?

Bon avec tous les scandales qui vomissent dans les journaux chaque jour concernant le milieu de la construction… Moi j’ai juste une question… Est-ce que ça vous surprend?

J’ai travaillé quelques mois dans cette industrie, comme recherchiste. Mon travail: appeler les donneurs d’ouvrage (villes, municipalités et autres secteurs publics ayant publiés des appels d’offre) pour leur soutirer l’information des entrepreneurs qui sont venus chercher les documents de soumission, ceux qui ont déposés une soumission et finalement à qui le contrat a été accordé.

Ce n’est pas tous les donneurs d’ouvrage qui étaient « réceptifs » à donner cette information… Je ne comprenais d’ailleurs pas pourquoi à ce moment-là… Mais j’ai compris assez vite!

Je me souviens aussi d’avoir constaté certaines appels d’offre très précises d’une société d’état très importante au Québec (qui a eu des problèmes de financement scolaire dernièrement), tellement précises que seulement quelques joueurs au Québec pourraient soumissionner.

J’ai fait ça neuf mois… et pendant neuf mois, c’était toujours les mêmes: DJL, Simard-Beaudry, Louisbourg, Sintra, Catania, pour nommer que les plus gros… Des noms que j’ai vu et revu dans les contrats accordés partout au Québec. Après quelques mois, je ne me posais plus de question… C’est comme ça.

Les mêmes noms apparaissent dans les journaux cette semaine… et je ne me pose pas de question… Est-ce que je suis surprise de cette vomissure de scandales dans la construction: pas du tout.

On a accusé Maurice Duplessis de promettre d’asphalter un bout de rang pour ceux qui votaient pour lui. Aujourd’hui, les gouvernements (municipaux, provincial et fédéral) promettent des contrats d’asphalte pour ceux qui votent pour eux… Elle est où la différence? La grande noirceur dans la construction, c’est les promesses d’asphalte et elle n’est pas disparue avec la révolution tranquille…

La question est de savoir combien de temps les journalistes pourront fouiner dans le milieu de la construction au Québec avant de se retrouver avec de magnifiques souliers de ciment ou encore devant leur voiture qui fait tic-tac…

À mes collègues qui remuent ce tas de fumier… prenez une assurance-vie!