Allaiter, c’est glamour – VRAIMENT?

Je viens de voir la nouvelle campagne de publicité de la Direction de la santé publique de l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal à propos de l’allaitement.

Une belle campagne de publicité, léchée, avec une belle femme, Mahée Paiement, qui allaite en talons hauts et en bustier, dans un décor digne d’Hollywood. Allaiter, c’est glamour, c’est le slogan de la campagne.

À première vue, on s’entend qu’allaiter, c’est pas particulièrement confortable dans une telle posture… Elle a plus l’air d’une mannequin voulant faire de la pub que d’une maman qui allaite son enfant… Je trouve que ça donne encore l’image que c’est facile d’allaiter, que c’est possible en tout temps, partout. Et dire que c’est glamour c’est réduire l’importance de l’allaitement à l’image… Pourtant, allaiter ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas naturel pour toutes les femmes et tous les bébés. C’est un apprentissage pour l’un et pour l’autre…

Mais mon dégoût pour cette campagne de publicité est encore plus profond.

Je trouve cette pub RIDICULE! Plutôt que de gaspiller du temps et de l’argent les centaines de milliers de dollars dans cette campagne, le gouvernement aurait pu mettre en place des dû donner de l’argent pour de ressources sur le terrain de support et de conseil pour les mamans qui SOUHAITENT allaiter. Le manque de ressources est criant sur le terrain et beaucoup de mamans (dont moi) arrêtent d’allaiter à cause de ce manque de ressources. C’est inacceptable de la part du gouvernement.

** On m’a « suggéré » d’enlever toute référence à l’argent. On me dit que Mahée Paiement a fait cette campagne bénévolement.**

Avec l’argent dépensé dans cette campagne, le gouvernement aurait pu mettre en place des cliniques d’allaitement, payer des conseillères en lactation dans les CLSC… Ce n’est pas d’une image que la « cause » de l’allaitement a besoin, c’est de services pour encourager les femmes à continuer d’allaiter après le retour à la maison et bien les informer quand elles éprouvent des problèmes.

J’ai eu des problèmes d’allaitement dont j’ai parlé dans une multitude de billets sur ce blogue. Ma fille a perdu jusqu’à 18 % de poids de naissance après douze jours de vie. L’infirmière du CLSC venait à la maison pour peser le bébé aux deux jours. Quand elle voyait que ma fille perdait beaucoup de poids, elle m’a fait une menace de signaler à la DPJ parce que c’était de la maltraitance de ne pas vouloir de soins pour ma fille. Je le savais que j’avais juste besoin d’aide pour l’allaitement… mais elle disait que si je n’allais pas à Ste-Justine, elle serait obligée d’appeler à la DPJ. Et la même chose est arrivée à Ste-Justine. Ça faisait huit heures qu’on était à l’hôpital, ils avaient fait tous les tests possibles pour trouver une maladie à ma fille… Elle était rendue à 2500 grammes… Je pleurais en disant de m’aider avec l’allaitement que c’était ça le problème… Plutôt que de m’aider, le médecin m’a dit que si je ne promettais pas de revenir en clinique de jour le lendemain matin, il devrait hospitaliser ma fille et faire un signalement à la DPJ… et le lendemain matin, quand je me suis pointée à la clinique de jour, la pédiatre m’a dit que j’avais un problème d’allaitement et que si je voulais de l’aide, je devais payer 60 $ de l’heure pour une consultante en lactation. Elle ne m’a pas recommandé à la clinique d’allaitement de l‘hôpital Général Juif, elle ne m’a pas dirigée vers des ressources communautaires ou des cliniques d’allaitement. Ma marraine d’allaitement ne savait pas quoi me dire parce qu’elle ne savait pas qu’un bébé pouvait ne pas avoir de succion… Tout ce que j’aurais eu besoin, c’est de quelqu’un qui me dise de faire des exercices pour l’aider à téter… qu’en lui donnant un biberon, ça serait probablement mieux. Mais personne ne me l’a dit, même la consultante en lactation que j’ai payée 120 $ pour avoir un diagnostic. Alors vous comprendrez que quand je vois le gouvernement gaspiller de l’argent pour une campagne de publicité aussi ridicule, ça m’enrage au plus haut point.

Mon expérience conclut aussi que la réussite de l’allaitement passe par l’accès à des ressources rapidement après l’accouchement… Je suis certaine que si j’avais eu de meilleures ressources au lieu de me faire menacer de signalement à la DPJ, j’aurais réussi à allaiter plus longtemps…

Sur le site Moi aussi j’allaite, on dit « À Montréal, 4 CLSC, 1 maison de naissance et 1 centre hospitalier sont reconnus Amis des bébés »… JUSTE 4 CLSC!! Il y en a 38 à Montréal… et il y a plus de 15 hôpitaux. Mais pour être Amis des bébés, il faut faire partie des statistiques… il faut entre autres que moins de 10 % des bébés aient reçu une fois ou plus de la préparation lactée. Même des centres de néonatalogie ne sont pas Amis des bébés. Donc pour être Amis des bébés, on ne peut pas être Amis des mamans. Amis des bébés devraient être un sceau pour un établissement qui garanti de l’aide pour les mamans à donner le meilleur pour leur bébé, d’offrir des ressources gratuites pour l’allaitement, même en externe… Ça ne devrait pas être une affaire des statistiques…

Le suivi pendant la grossesse, à l’accouchement, mais aussi dans les jours qui suivent l’accouchement est crucial pour encourager l’allaitement… et c’est là que les ressources manquent. Sur le site de cette campagne de pub, on réfère aux organismes communautaires, aux cliniques d’allaitement… mais ces organismes n’arrivent pas à offrir tout le service dont les mères auraient besoin pour une seule raison : $$$$$. Mais on dépense pour une belle séance photo, une belle mannequin, un beau site web, une belle campagne… c’est ben beau, mais ça n’aide pas les femmes, ni les organismes à aider les femmes…

Les infirmières des CLSC qui visitent les mamans à domiciles devraient être formées en allaitement, devraient même être des consultantes en allaitement. Certaines le sont, mais l’évidence démontre que d’autres ne le sont pas. Plutôt que de faire cette campagne, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre à former les infirmières pour mieux donner des conseils aux nouvelles mamans, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre pour avoir les consultantes en lactation dans tous les hôpitaux où il y a une maternité, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre pour offrir des haltes-allaitement avec des consultantes en lactation dans tous les CLSC du Québec… mais le gouvernement a préféré faire une belle campagne de pub avec une belle mannequin.

Et une maman qui aura vécu un super bel allaitement sera la meilleure personne pour convaincre ses amies d’essayer… Plus on va aider les mamans qui veulent allaiter à vivre le plus bel allaitement, plus on aura d’expériences positives d’allaitement, plus d’autres femmes qui n’avaient pas pensé allaiter se tourneront vers l’allaitement… Si on veut encourager les femmes à allaiter leur bébé, il faut tout simplement leur donner les moyens de réussir.

Je croirai vraiment en la volonté du gouvernement à encourager l’allaitement le jour où on déploiera sur le terrain des ressources pour aider les mamans, pour les soutenir dans leurs choix, pour les encourager à persévérer si elles souhaitent allaiter, et ce partout au Québec, dans tous les CLSC et les hôpitaux. C’est une question de cohérence entre les bottines et les babines…

Advertisements

21 réflexions sur “Allaiter, c’est glamour – VRAIMENT?

  1. Si ça peut te rassurer, en région les ressources sont bénévoles et vraiment accessibles. Du moins c’est ce que j’ai eu la chance de vivre. Néanmoins, je suis tellement de ton avis par rapport à cette campagne de pub. Je trouve qu’on passe totalement à côté de ce qu’est l’allaitement dans cette image. Elle me déstabilise. Je ne me suis jamais sentie comme ça en allaitant mes 3 trésors. Le geste maternel de l’allaitement est à des années lumières de la wonderwoman sexy et libérée. Au contraire. C’est un geste d’humilité et de courage, totalement naturel. Un geste d’amour et de douceur, mais qui demande de l’expérience et du support. On besoin du support de notre entourage lorsqu’on allaite. Et c’est ce qui nous manque le plus cruellement, à nous, les femmes de notre génération. Pour nos filles, ce sera autrement, puisque nous aurons ouvert la voie au retour aux sources. Pour nous, rares sont celles qui ont une mère ou une tante grano qui a allaité. Une figure maternelle qui sait conseiller et soutenir. Le résultat est que nous retrouvons presque seules faces aux cies de préparations aux visées profitables. Leur pouvoir c’est l’argent, notre faiblesse est l’argent. L’argent qui dans ce cas-ci a été dilapidé dans une pub vide de sens. Notre force c’est l’amour, qui, peu importe notre situation et nos embûches nous fera prendre les meilleures décisions pour nos bébés. Même si ça implique de leur offrir le sein ou le biberon. L’important c’est de leur donner avec amour.

  2. Bonjour Nicole. Je tiens à vous préciser que tout ce qui touche cette campagne à coûté 0.00$. Toutes les personnes de mon entourage ont travaillé gratuitement et nous l’avons fait pour la cause. Cette campagne me permet justement de parler des ressources disponibles pour nous aider et réussir notre allaitement. Comme la plupart des femmes, j’ai rencontré plusieurs difficultés dans les premières semaines. J’ai eu la chance d’avoir une bonne marraine d’allaitement.

    1. Je vous demandais sur Twitter tout à l’heure qui avait travaillé sur cette publicité. Qui en sont les concepteurs? J’aimerais bien savoir si eux aussi ont travaillé gratuitement. Si le gouvernement souhaite encourager l’allaitement, il faut des gens sur le terrain prêts à les aider. Ça veut dire des consultantes en lactation dans les CLSC, une formation accrue chez les infirmirmières des CLSC. Les ressources sont très disparates selon les secteurs.

    2. Madame Paiement, il est certain qu’allaiter en talons hauts, assise toute croche sur le bout d’une chaise et si légèrement habillée a dû vous causer quelques difficultés lors de l’allaitement.

    3. Bonjour Mahée,

      j’aimerais te dire que pour ceux qui comprennent le sens et le but de cette campagne (ce qui semble malheureusement assez compliqué à « catcher » pour certains….), c’est vraiment super ton implication!
      L’allaitement est souvent associé à la fatigue, à la douleur et au côté plus granola. C’est bien de voir une femme épanouie et en forme qui allaite. De plus, le fait d’y voir un bébé plus « âgé » démontre que l’allaitement peu se poursuivre plus longtemps que quelques mois et que justement c’est plus facile alors, car les premières semaines d’adaptation sont choses du passé.
      Je suis fière de toi Mahée et je suis certaine que cela va encourager des mères qui n’avaient peut-être pas l’intention d’allaiter à cause de certain préjugés que tu vas sûrement contribuer à faire tomber !!
      Je trouve vraiment dommage que plusieurs personnes semblent trop acrrocher sur le côté GLAMOUR plutôt que AMOUR… alors que le thème aurait pu tout aussi bien être allaitement et SPORT ou TRAVAIL ou VOYAGE. Car, le but est ici de démontrer qu’il est possible d’intégrer notre petit trésor à nos activités de la vie quotidienne tout en poursuivant l’allaitement, n’est-ce pas?

      Bravo Mahée !!
      Gina (mère de 3 enfants allaités)

  3. J’aime beaucoup ton texte, Marie-Ève. Je n’en reviens pas de voir cette pub là! Je pensais que c’était un montage quand je l’ai vu sur FB !!! L’allaitement, c’est surtout pas ça. Au moment où Karine Dansereau sort son film « Seins à louer » sur l’histoire d’une jeune mère qui cherche des nourrices pour son futur deuxième bébé (ayant peur de manquer de lait), on nous « garroche » cette pub là. C’est pas vrai qu’on peut avoir cette allure-là en allaitant, voyons donc! Et elle a l’air tout sauf confo. Si j’étais une future jeune maman, et que je me fiais à ça, quand j’aurais réalisé que c’est vraiment pas ça, je crierais à la fausse représentation. 🙂

  4. Personnellement j’ai jamais cru aux pubs pour l’allaitement. J’ai accouché dans un hopital ami des bébés, dont les murs étaient tapissés d’affiches pour nous dire d’allaiter. Et les infirmières, quotas d’allaitement des hôpitaux amis des bébés obligent, s’acharnaient sur mes seins douloureux parce que mon fils ne voulait pas y boire, comme si c’était des sacs de plastique que l’on peut presser à tord et à travers.
    Les femmes n’ont pas besoin de pub pour les convaincre d’allaiter. On nous le dit tous le temps, partout, on nous harcèle toute notre grossesse qu’il FAUT allaiter, on nous regarde comme des misérables mères sans coeur si on ose dire que peut-être on est pas certaine que pour nous ce soit la meilleure option.
    J’ai tellement pleuré parce que je me sentais coupable que ça ne marche pas. Tellement eu envie d’hurler qu’on me sacre la paix avec tous leurs discours et leurs mains inconnues sur MON corps, sur MES seins, sur MON enfant. Quand il pleurait, et Dieu sait qu’il pleurait, je tremblais de peur et de douleur à l’idée qu’on allait encore se jeter sur moi et mes pauvres seins qui n’étaient plus les miens. Je me suis mise à en vouloir à ce petit être de me faire vivre tout ça, alors que je n’avais pas dormi depuis 36 heures, que j’avais le corps meurtri et les nerfs à vif. Si j’avais vu cette pub à ce moment je crois que j’aurais craqué et que j’aurais hurlé devant tant de non reconnaissance de la douleur de la mère. J’ai cessé d’allaiter après 3 jours. Parce qu’une infirmière a défié la consigne de l’Amie des bébés, a fermé la porte et m’a dit: Veux tu vraiment, au fonds de toi allaiter? Je me suis mise à pleurer et j’ai répondu que non mais que je serais une mauvaise mère si je ne le faisais pas. Elle m’a répondu que je serais une mauvaise mère si je continuais à me laisser dépérir et à pleurer plutôt que d’écouter la voix au fond de moi. Je lui ai fait oui de la tête, elle m’a apporté un biberon, et pour la première fois depuis l’accouchement j’ai tenu mon fils dans mes bras sans angoisser, sans lui en vouloir, sans m’en vouloir. Et pour la première fois il a cessé de pleurer dans mes bras plutôt que d’hurler. Et 3 semaines plus tard j’apprenais qu’il avait une immaturité au tronc cervical qui nuisait à son réflexe de succion tout comme à celui de la respiration. Toutes les mères ne sont pas faites pour allaiter, et il a été démontré maintes fois que les avantages de l’allaitement existent oui mais que dans nos pays occidentaux, la différence entre les bébés allaités au sein et ceux au biberon est souvent mince. Surtout vaut mieux un enfant au biberon avec une mère heureuse qu’un enfant allaité au sein avec une mère en dépression.

    ALors sincèrement, j’en ai marre des pubs sur l’allaitement qui ne font que nous culpabiliser et nous mettre de la pression. Je suis d’accord avec toi Marie-Eve, si on veut vraiment que plus des femmes réussissent leur allaitement, qu’on augmente les ressources, qu’on forme pour vrai les infirmières aux difficultés, qu’on supporte les femmes plutôt que les forcer… qu’on arrête de nous bercer d’illusion durant la grossesse que ce sera « naturel » l’allaitement pour qu’on se prépare adéquatement.

    1. @Geneviève.Entièrement d’accord. Pour moi, il y a plus de 20 ans, l’allaitement ne fut pas facile. Une semaine, le premier; deux semaines, la deuxième, trois semaines, la troisième et quatre semaines la quatrième. Et compte tenu de ma perosnnalité, c’est le mieux que je pouvais faire. Mon mari disait à la première grossesse: « Quand on va accoucher… » À la limite, il aurait dit aussi: « Quand on va allaiter! ». Mais c’était moi qui me levait la nuit, en plein hier, alors que j’avais froid; moi qui avait une mastite au sein et que c’était très douloureux; moi qui ne comprenait pas que le plus vieux (9 lbs) ne buvait pas –il avait trop chaud, c’était l’été, mais je l’ai su plus tard. Donc, pour moi, l’allaitement n’a pas été une partie de plaisir, loin de là.
      Par contre, ma petite soeur a allaité ses cinq enfants, et même ses jumelles, jusqu’à l’¨âge de 1 an. Et elle a beaucoup « trippé »; elle est plus zen que moi…
      Mais je ne découragerais personne d’allaiter, ni le contraire. J’encouragerais à choisir ce qui nous intéresse le plus, à se documenter, etc. Il faut être confortable avec la décision et bien s’organiser pour ne pas que ça devienne un pensum l’allaitement. Habiller avec des talons hauts, maquillée, installée sur une chaise Louis XIV, c’est pas le summum du confort pour l’allaitement. C’est loin de présenter une image réelle de ce que c’est vraiment.

  5. Bonjour Mahée, je suis heureuse de savoir que la pub a été créé bénévolement. Ça revient tout de même encore à dire que la majorité des ressources sont bénévoles et pas nécessairement faciles d’accès pour toutes. J’aime dans ton message plus haut que tu nous partages ta vulnérabilité face aux embûches qu’on peut toutes rencontrer en allaitant. C’est cette fragilité qui est si humaine et normale que j’aurais aimé voir dans la pub. Tu es une femme fabuleusement belle au dedans comme au dehors, un idéal à atteindre pour plusieurs. Je trouve que l’allaitement peut-être déjà suffisamment exigeant, sans que nous nous demandions en plus d’atteindre cet idéal de beauté et de femme accomplie. Mais comme dit mon mari, une pub est une pub et représente rarement la réalité. Soit. En terminant, je te dirais bravo pour ton engagement dans cette cause si chère à nos cœurs. Même si la photo ne fait pas l’unanimité, ce qu’il faut garder en tête c’est le message. Sans ajouter de pression supplémentaire. J’espère que toute la visibilité qu’il y aura dans les médias permettra de faire avancer la cause. J’espère que tu poursuivras ta mission encore longtemps.

  6. Voyez comme cette pub fonctionne…elle vous fait réagir! Voilà un simple clin d’oeil amusant qui n’enlève rien aux véritables enjeux de l’allaitement.
    Il faut savoir rire un peu dans la vie. La pub fait parler, tant mieux, elle atteint son objectif!

    Et il n’y pas de quoi se scandaliser avec le budget de la pub. J’ai travaillé longtemps en production, et je vous confirme qu’il n’y a pas de quoi s’énerver. C’est une petite production, et ce n’est pas tourné par le réalisateur de Moulin Rouge à Paris!

    Faites plutôt circuler la pub. Vous aiderez plutôt certaines femmes à ne pas décourager.

    Pas besoin d’une Mahée Paiement cernée et en pyjama pour faire passer le message.

    Sourire aussi fait du bien.

    Stéphanie, une maman qui a allaité pendant un an (non sans peine et de misère)

  7. Pub tout à fait ridicule. Mais j’aurais adoré s’il y avait eu une deuxième photo collée à celle-ci avec Mahée échevelée en pyjama à 3 heures du matin à moitié éveillé en train d’allaiter. Le slogan aurait pu être  »L’allaitement, parfois Glamour… » écrit sur le première photo et sur la deuxième  »… mais toujours avec Amour! » Montrer les 2 côtés de la médailles. Ça Stéphanie, ça l’aurait été plus drôle et humoristique 🙂

    Geneviève, je te comprends tout-à-fait. Je ne voulais pas allaiter, je ne m’en sentais pas capable. Oui j’ai été jugée, même par des amies, dont une était marraine d’allaitement. À trop faire de promotion pour l’allaitement, on veux rendre coupable celles qui ne voient pas l’allaitement comme une vocation. Je ne me sentais pas capable d’allaiter. Je suis pudique, je n’aurais pas été en mesure d’allaiter en public et même dans ma propre maison avec la famille autour de moi. Je ne voulais être confinée dans une pièce pour des heures à la fois. Je voulais aussi que mon mari fasse sa juste part et forme un lien tôt avec son fils, ce que le biberon permet. Et je n’aurais pas eu de difficulté à pomper avec la montée de lait que j’ai eu.

    Au lieu d’essayer de me faire sentir coupable, pourquoi personne ne m’a suggèré de ne pas allaiter et de pomper mon lait? À bien y penser, j’aurais pu faire ça, tous mes problèmes face à l’aillaitement auraient pu être réglés d’un coup. Pour convaincre celles qi ne veulent pas allaiter, pourquoi la pompe n’est pas une option? Ça devrait être ça la prochaine campagne publicitaire. Que ça vienne d’un sein ou d’un biberon, le lait maternel, c’est bon pareil!

    Je ne crois pas qu’il y a aura une différence dans 20 ans entre ceux qui on été allaités ou non (j’espère bien que mon fils réussira mieux que toutes ces nazis de l’aillaitement, je vais être la première à ramener le tout et dire  »Imagine s’il avait été allaité! » – Jai déjà hâte!)

    1. Hehe, j’aime ton idée!

      Mais il faut comprendre la photo. C’est évident que Mahée Paiement n’allaite pas en robe du soir! C’est une parabole, une image. Comme on fait souvent en pub.

      D’ailleurs, il y a en une qui a marché très fort dans ce style, pour convaincre les hommes d’aller faire les examens de la prostate. On a vendu aux hommes cet examen désagréable comme étant super glamour (avec des belles filles comme infirmières, en plus, fallait le faire!) Mais tout le monde sait que ce n’est pas la réalité.

      C’est du marketing, et ça marche.

      Il y a tellement de pubs moroses, allons-y pour un peu de pep!
      Et ne pas la prendre au premier degré.

      Il y en a en masse de campagnes d’allaitement sérieuses, je connais même des femmes qui se sentent mal d’allaiter tellement ces pubs sont sévères et culpabilisantes!

      Pour ce qui est du lait maternel au biberon, je suis désolée que personne ne t’en aie parlé. Moi j’ai fait les deux, sous recommandation de mon infirmière au CLSC.

      Mais si effectivement on en parle pas assez, faudrait le faire. Car c’est un must que le père puisse participer! Je suis d’accord que l’allaitement ne doit pas être une dictature.

      Mahée Paiement en sexy nazie qui donne un biberon ornée de diamants.

      J’adore!

      p.s. Je n’ai jamais été allaitée par ma mère et voyez ce que ça donne. 😉

    2. Ha oui, petit bémol, je suis contre la robe. Trop provocante. Elle aurait pu être aussi glamour sans être aussi aguichante.
      Et la direction artistique est nulle. On dirait un appart d’étudiant.
      Peut-être est-ce pour cette raison aussi qu’elle vous choque!
      Voilà =)

      1. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de mettre l’accent sur le côté charnel de l’allaitement alors qu’il s’agit de l’alimentation du bébé. Trop de gens crient encore à l’exhibitionnisme lorsque l’on allaite en publique et disent cachez-moi ce sein que je ne saurais voir! Il ne faut pas faire de montée vulgaire pour valoriser l’allaitement, c’est contradictoire avec le discours qui dit que c’est naturel, beau et innocent. J’ai allaité mes deux bébé durant 9 mois chacun et j’allaiterai mon troisième que j’attends pour le printemps. J’ai toujours allaité en publique sans gêne, belle, confortable, aussi facilement que la belle Mahee, mais jamais accoutrée comme une danseuse sexy. On aurait eu raison de me pointer du doigt.

  8. Personnellement, bien que je ne me sente pas menacée par la vue d’une belle femme qui allaite et qui reste sexy, comme on peut d’ailleurs l’être enceinte aussi! il est évident qu’on n’est pas toujours « sur notre 36 » 24 heures sur 24 et par conséquent, je trouve très intéressante l’idée d’une pub qui comprendrait plusieurs volets et dimensions de l’allaitement, comme l’idée de dire que ça peut en effet être glamour aussi, bien qu’en d’autres occasions on puisse être échevelée en pyjama, et dans la vie de tous les jours allaiter en simplicité, sans faire tourner les têtes, que c’est un geste maternel qui fait partie de notre féminité aussi, en toutes occasions, comme entre ami(e)s lors d’un souper partagé par exemple, en travaillant ou en voyage, faire ressortir cette réalité pourrait mieux refléter l’ensemble de ce que ça implique… Par ailleurs, ce que je comprends du message de cette image est que l’on peut rester belle et attirante (ou plutôt se sentir belle et attirante – à chacune sa beauté – sans par ailleurs avoir à se vêtir nécessairement d’un bustier ou de talons hauts, mais cela est possible aussi dans certaines circonstances et ça ne nous empêche pas d’allaiter) tout en préconisant l’allaitement, en le valorisant, car ce geste est tout sauf « quétaine », que ce soit notre lait donné au sein ou notre lait donné dans un biberon pour X raison, ça reste le meilleur de nous-même que l’on offre à notre enfant avec amour…

  9. Et en passant, on n’allaite pas qu’à Montréal! Il aurait été bien de référer aux ressources des différentes régions, ou d,avoir un portail provincial des ressources en allaitement comme la ligue la leche, ou un portail provincial (et non seulement celui de Santé Montréal) présentant les regroupements d’accompagnement, de soutien, de marraines d’allaitement de partout en régions aussi (dont je fais partie d’ailleurs) même dans un petit patelin comme Trois-Pistoles…

  10. Perso même si je n’ai pas d’enfants je ne pense pas que ce soit un problème de voir une femme allaiter en public mais la pub me choque on aurait pu faire quelque chose de glamour comme qqun l’a dit plus haut sans ce côté raccoleur parceque si on veut montrer une femme qui travaille et qui réussit on n’a pas besoin de lui mettre des talons hyper hauts et une micro jupe.. elle a plus l’air d’une call girl que d’une femme d’affaire!
    De plus ça jette aussi l’opprobe sur celles qui ont des enfants et qui n’ont pas le temps/envie/courage de se maquiller et de s’habiller sexy « mais la fille de la pub elle , elle y arrive et toi tu es trop fatiguée pourquoi? »
    Je vois que même au Quebec on a les mêmes problèmes de femmes à moitiés nues un peu partout pour vanter n’importe quoi.

  11. Ping : Pile ou Face

Les commentaires sont fermés.