La méfiance nordique

Jour 1 de mon périple à Kuujjuaq.

Depuis quelques mois que je prépare ce voyage. La recherche pour mon reportage sur le recrutement des professionnels de la santé dans les communautés du nord (Nunavik et Groenland) se poursuit ici, sur le terrain pour les dix prochains jours.

Plus la journée du départ arrivait, plus je sentais une certaine méfiance de la part des intervenants que je souhaite interviewer.

Maintenant sur place, j’attends toujours des confirmations pour visiter l’hôpital de Kuujjuaq et rencontrer gens de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik.

Dans les derniers mois, il y a eu plusieurs reportages sur des situations vécues au Nunavik, notamment ceux d’André Noël et de Pascale Breton dans La Presse.

Il y a eu vives critiques à la suite de ces articles et d’autres publiés récemment… Des articles qui dépeignent la réalité, une réalité difficile à accepter pour certains. Difficile de parler de problèmes aussi sérieux, difficile de parler de problèmes aussi tristes. Mais si personne en parle, les médias sont critiqués. Lorsqu’ils en parlent, ils sont aussi critiqués… Damn if you do, damn if you don’t.

Et ces critiques semblent encourager une méfiance envers les médias concernant les enjeux sociaux du nord. Et je réalise que c’est une difficulté supplémentaire pour entrer en contact avec les intervenants officiels et les gens en général…

Malheureusement, cette méfiance risque de ne pas aider les gens du nord… car s’il devient de plus en plus difficile pour les journalistes de parler à des gens sur le terrain, il y aura moins de couverture des enjeux du Nunavik – et on s’entend que les enjeux de la population de ce grand territoire convoité mériteraient à être plus présents dans les médias nationaux…

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Kuujjuaq – 11 juin 2012
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Kuujjuaq – 12 juin 2012

Indépendant vs citoyen

Cette leçon (parce qu’il faut en donner encore des fois…) s’adresse à tous ceux qui ne comprennent pas le principe du journalisme indépendant, dont Gildor Roy.

Ce matin, notre ami de l’émission du matin à V, a voulu faire son « speech » d’entrée en dénonçant le journalisme-citoyen dans le Journal de Montréal… une pratique courante depuis le lock-out… jusque là, ça va. Mais il donne un autre exemple de ce genre de journalisme-citoyen que je n’ai pas aimé du tout… « Le citoyen qui se croit journaliste parce qu’il voit une vedette passer devant la file à l’aéroport… » Voici le clip de Gildor Roy.

Et me voilà plus rouge que rouge… Un autre qui semble confondre le journalisme indépendant au journalisme-citoyen.

Je suis journaliste, membre en règle de deux associations de journalistes au Québec, membre aussi d’une association de journalistes scientifiques internationale. Je gagne ma vie à écrire dans les médias, et c’est mon principal revenu… On peut-tu SVP me traiter comme une journaliste et non comme une journaliste-citoyenne qui passait à l’aéroport Trudeau le 4 janvier???

Cette journée-là, j’étais à Trudeau pour retourner à ma maison (d’accueil) où j’ai vécu dans la dernière année… Los Angeles. Et ça adonnait que je devais écrire une chronique pour MSN.ca sur la sécurité à l’aéroport… et qu’une vedette décide qu’elle devait passer devant pour une raison quelconque… J’en ai parlé dans ma chronique et sur mon blogue.

De toute façon, un journaliste-citoyen, ça veut dire quoi? Pas grand chose…

Alors que les journalistes indépendants tentent de garder leurs contrats, leurs piges, leurs jobs, on confond les choses… Un journaliste indépendant fait son travail en réalisant À LA PIÈCE des articles pour différents médias. Il est ainsi un travailleur autonome, son propre patron, une petite business, une usine à mots!

Un journaliste-citoyen qui passait par là avec son téléphone intelligent, c’est quelqu’un qui n’a aucun regard critique, qui ne pose pas de question et qui surtout n’est pas payé pour écrire ou pour décrire ce qu’il a vu. Est-ce que le journaliste a peur de dire que l’information vient d’un citoyen alors on l’appelle un journaliste-citoyen?

Bon maintenant que c’est clair, on peut enchaîner sur le plus important… Habituellement, je mets le plus important en premier mais là fallait rectifier les choses…

L’Association des journalistes indépendants du Québec, AJIQ, dont je suis administratrice, présente depuis quelques semaines une vidéo sur les revendications des journalistes pigistes au Québec. Je vous invite à visionner cette vidéo de l’AJIQ pour des raisons tout aussi éducatives que ce présent billet.

D’ailleurs, pour une deuxième année, l’AJIQ récompensera les journalistes indépendants lors du Gala des Grands Prix du Journalisme Indépendant qui se tiendra le 3 juin prochain, c’est le seul événement du genre au Québec, qui vise à récompenser uniquement les journalistes indépendants.

Pour en savoir plus, pour encourager le journalisme indépendant au Québec (qui semble être l’avenir du journalisme avec la convergence qui engorge les salariés), vous pouvez assister au Gala et, si vous êtes une entreprise, vous pouvez aussi commanditer l’événement. www.gpji.ca

Le journalisme indépendant au Québec permet d’avoir une diversité de sources dans les médias. Vous lisez des articles écrits par des journalistes indépendants tous les jours. Vous êtes journalistes indépendants et n’êtes pas encore membre de l’AJIQ? C’est le temps de se joindre à nous pour se faire entendre, plutôt que juste se faire lire…

Congrès scientifique à San Diego

Le congrès annuel l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS) s’est déroulé en fin de semaine dernière à San Diego. L’un des plus gros congrès scientifique au monde, il a attiré plus de 700 journalistes scientifiques provenant des quatre coins de la planète.

J’y était, je faisais partie de ces nombreux journalistes qui, curieux, voulaient en apprendre plus sur des sujets variés ayant un point en commun: la science. Mais laissez-moi vous dire que la science a le dos large! Chaque instant de votre vie contient un élément scientifique que vous le vouliez ou non.

Je me suis donc retrouvé dans ce centre des congrès où scientifiques, journalistes scientifiques, universités, étudiants, institutions, agences gouvernementales partagent et échangent leurs connaissances. J’avoue avoir vécu à plusieurs reprises un petit – lire GROS – syndrome de l’imposteur.

Mais une fois revenue à la maison, avec des commandes d’articles à combler les temps libres pour toute la semaine, je dois dire que je suis ravie d’y être allée.

L’Agence Science Presse a immédiatement été enchantée par ma proposition de collaboration. Depuis lundi, je travaille d’arrache-pied à remettre des articles sur des conférences. D’ailleurs,  je livrerai mes impressions sur le congrès et sur l’aspect politique lors de la prochaine émission JE VOTE POUR LA SCIENCE à Radio Centre-Ville.

Ensuite, une collaboration avec GaïaPresse sur deux questions environnementales très intéressantes s’ajoutera à mon porte-folio scientifique. J’y parlerai de géo-ingénierie et de nanotechnologies. Évidemment, je vous tiendrai au courant lorsque les articles seront mis en ligne.

Finalement, deux articles plus « professionnels » dans mon domaine viendront compléter le tableau. Un article à venir dans le Trente – magazine des journalistes du Québec – sur l’avenir du journalisme scientifique et un autre dans l’Omniscient, journal de l’Association des communicateurs scientifiques du Québec.

Ce fût vraiment une expérience exceptionnelle autant au point de vue professionnel que personnel. J’ai rencontré des gens, j’ai échangé avec des scientifiques et surtout j’ai ingurgité une dose importante de confiance en moi.

Voici les articles publiés jusqu’à maintenant – et ceux à venir – sur le site de l’Agence Science Presse:

Enseigner la science par les jeux vidéos

Simuler pour éviter le pire

Vers un traitement pour les allergies alimentaires

Peut-on jouer avec le thermostat de la Terre?

La lune de miel scientifique d’Obama

Visite à Encino et Bel Air

En ce samedi après-midi ensoleillé, les endroits significatifs de Michael Jackson à Los Angeles sont envahis par les médias en attente de nouvelles et de fans curieux venus rendre hommage au roi de la pop.

À Encino, une banlieue en vue de Los Angeles, la maison familiale des Jackson est guettée par une meute de journalites plantés devant la grande clôture qui garde l’entrée de la demeure. Les fans déposent de nombreux articles: fleurs, animaux en peluche, chandelles… Les affiches placardent le parapet de brique devant la maison. Même le facteur s’est arrêté pour laisser une fleur!

À Bel Air, un très grand périmètre est totalement fermé à la circulation. Seuls les journalistes accrédités peuvent y accéder. J’ai pu y entrer avec ma carte de l’Association des journalistes indépendants du Québec mais Charles a dû m’attendre avec les autres curieux de l’autre côté des rubans jaunes du LAPD.

Il m’a été impossible de voir la maison ou même l’entrée car l’accès est très bien surveillée par des policiers. Plusieurs journalistes font le pied de grue pour des informations sur les funérailles qui tardent à venir. Il semble que la famille de Jackson a fait venir des déménageurs pour vider la demeure évaluée à 38 millions de dollars où Jackson avait élu domicile dans les derniers mois en préparation de sa série de spectacles en Europe. C’est que de nombreux enregistrements de Jackson n’ont pas encore été diffusés, ce qui aujourd’hui vaut une petite fortune. Tout autant que les vêtements et les possessions de cet icône de la pop.

Le corps de Michael Jackson est maintenant dans une morgue privée où une deuxième autopsie indépendante du coroner devrait avoir lieu dans les prochains jours. Le médecin Conrad Murray a été interrogé cet après-midi par le LAPD. La famille veut savoir ce que le médecin faisait au moment où Jackson s’est retrouvé en arrêt cardiaque et surtout elle veut savoir si le médecin a administré des médicaments à la célébrité.