2011 en revue

Je n’ai pas beaucoup écrit dans les derniers mois de 2011. C’est que la conciliation travail-famille s’est montrée plus difficile que je ne l’avais cru. En fait, j’ai voulu me prouver que j’étais encore capable, que je n’avais pas « perdu la main »… dans le fond, j’avais peur. Peur de ne pas être capable de garder mes contrats, peur de ne plus être capable de travailler à la pige comme je le fais depuis cinq ans, peur de me retrouver « out »… Alors, j’ai tout pris… tous les contrats. Je me suis étourdie dans les contrats pour me prouver à moi-même que j’étais encore capable. Quand on revient d’un congé de maternité, personne ne te dit que les choses ne seront plus jamais pareilles. Personne ne te dit que la conciliation travail-famille se vit sous le ton de modération du rythme de croisière professionnelle. Alors, en octobre, j’ai frappé un mur. J’ai dû accepter de ralentir alors que je venais à peine de mettre le pied sur la pédale d’accélération professionnelle.

En discutant avec plusieurs professionnels de la santé, tous me disait « Si tu savais combien de nouvelles mamans qui retournent au travail se trouvent dans la même situation… » Il paraît que c’est courant. Parce qu’on pense qu’on est prête à reprendre du service « comme avant ».
Bref, à toutes les mamans en congé de maternité, j’ai un conseil pour vous. Le retour au travail doit se faire progressivement et sans pression (surtout pas venant de vous-même, c’est la pire!). Autant l’adaptation de bébé à la garderie est une adaptation qui prend des semaines, autant l’adaptation du retour de maman au travail en est une qui doit aussi prendre des semaines. Et ça, c’est une notion du concept « conciliation travail-famille » qu’on entend peu. On parle d’un retour progressif pour les arrêts de maladie, on parle d’un retour progressif après un burn-out, on parle de conciliation travail-famille comme d’horaire flexible… mais pas de retour progressif pour ménager la maman qui doit retourner au travail et qui doit s’adapter à une nouvelle vie. C’est un pensez-y bien pour les entreprises qui se pensent à l’écoute de leurs travailleurs!

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Malgré un automne plus difficile que je ne l’avais espéré… j’ai quand même travaillé!

D’ailleurs, la programmation des conférences Les Belles Soirées à l’Université de Montréal débute dans les prochaines semaines. Il y a un peu de moi dans cette programmation puisque, cet automne, j’ai eu la chance d’y travailler comme recherchiste. Un travail un peu dans l’ombre mais très intéressant. Je vous invite donc à aller y faire un tour! Au menu: gaz de schiste, le futur de la science, les mythes alimentaires, les prochaines élections américaines, les risques d’internet, le Saint-Laurent, Michel Chartrand, le patrimoine conté du Québec, et une conférence qui me touche particulièrement… Les 50 ans des Jardins Métis, une histoire de famille fabuleuse qui vient de ma région natale.

Je suis également devenue cet automne rédactrice en chef (à la pige) d’Opérations Forestières, un magazine de l’industrie forestière, publié quatre fois par année. Un défi très intéressant puisque l’industrie forestière est à la croisée des chemins. L’innovation et la créativité sont au rendez-vous pour remettre cette industrie sur les rails. Je vous ferai d’ailleurs part de mes éditoriaux de temps à autre.

J’ai également écrit quelques articles pour Perspective infirmière, le magazine de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Ce mandat me permet de toucher à des sujets de santé dans une optique plus spécialisée.

J’ai également travaillé sur le magazine des diplômés de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. Celui-ci devrait être en ligne sous peu. Je vous informerai dès sa publication.

Finalement, j’ai travaillé très fort sur un projet qui se trouve encore sur la glace… Un reportage d’enquête qui verra le jour (espérons-le) dans les prochains mois, étant encore en attente de financement.

L’automne 2011 aura été rempli de beaucoup de mandats professionnels intéressants, ponctué de quelques rhumes et autres microbes gracieuseté de la garderie, agrémenté de beaucoup d’amour d’une poulette qui grandit à vue d’oeil, sans oublier le support d’un mari compréhensif.

Toutes mes excuses de vous avoir négligé ces derniers mois, je tenterai d’être plus assidue en 2012. Bonne année à tous!

Incursion professionnelle

Même si je suis en congé de maternité présentement, le fruit de mon labeur continue son chemin.

Réalisé à la fin de ma grossesse, ce photoreportage de la région vinicole de Santa Barbara me redonne le goût de sentir le chaud soleil de la Californie. J’étais loin des miens, mais le soleil apaise bien des coeurs 🙂

Je vous invite à lire le photoreportage de Santa Barbara sur le site de Châtelaine.

P.S. Merci à mon formidable mari d’avoir pris les photos. On fait une équipe du tonnerre!

Être ou ne pas être femme, voilà la question!

La journée internationale de la femme m’a fait réfléchir hier… Surtout parce qu’on entendait beaucoup de femmes dans les médias, des femmes qui se sont battues pour obtenir des droits qui sont aujourd’hui essentiels et acquis.

Mais on entendait très peu le discours des femmes qui, par choix, restent à la maison. J’avais l’impression hier, en entendant les féministes, que toutes et chacune des femmes devaient se prévaloir de leur droit de quitter la cuisine pour travailler… Pourtant, de plus en plus de femmes choisissent de rester à la maison le temps d’élever les enfants. Est-ce que ça les rend moins femmes parce qu’elles ne travaillent pas en dehors du foyer conjugal? Parce qu’elles travaillent, elles ne sont juste pas rémunérées pour le faire.

La journée internationale de la femme et le discours féministe m’a fait sentir un peu coupable d’ailleurs. Est-ce que je devrais avoir le goût de retourner travailler dès que ce sera possible? En fait, j’ai déjà le goût de me réaliser intellectuellement mais je trouve bébé encore trop jeune pour la « domper  » 8-10 heures par jour avec d’autres enfants. Je crois qu’elle a besoin encore de sa maman… mais c’est peut-être moi qui fait de la projection… Je ne sais pas.

C’est drôle mais habituellement la journée internationale de la femme me donne de la « drive ». Je me dis que plein de femmes avant moi se sont battues pour obtenir des droits dont je bénéficie… Mais cette année, je n’ai pas senti cette « drive ». J’ai plutôt senti une culpabilité (je suis forte là-dessus depuis que je suis maman) de ne pas être une vraie femme moderne. Parce que je n’ai pas le goût de retourner travailler tout de suite, parce que je m’ennuie pas nécessairement de la folie de la routine métro-boulot-dodo, parce que je pense à cette routine avec un enfant et je me dis que ce sera assez chaotique merci, parce que je veux garder mon doux chaos encore un peu.

Pourtant, je devrais me sentir femme car j’ai fait ce que seul la femme peut faire: enfanter. Mais non, je me sens que si je ne fais pas partie de la « game » parce que je n’ai pas l’ambition de mes amies et collègues qui travaillent. Je suis une « outsider » et je regarder passer la parade. J’ai quelques fois des remorts, j’ai peur de manquer le bateau, peur de manquer une opportunité de travail, peur de ne pas retrouver du travail après le congé, peur d’avoir été oubliée…

Comme travailleur autonome, on dirait que ces craintes sont beaucoup plus grandes, surtout parce que personne ne m’attend après le congé. Il faudra établir un plan de développement des affaires et travailler fort avant de voir les premiers articles commandés.

Je vous laisse sur un billet intéressant sur le féminisme et la femme au foyer qui explique encore mieux ma réflexion émotive et décousue…

http://infosbebe.wordpress.com/2010/12/09/feminisme-versus-mere-au-foyer/

C’est fou ce qu’une journée peut entraîner comme réflexion… Pas trop souvent, merci!