Allaiter, c’est glamour – VRAIMENT?

Je viens de voir la nouvelle campagne de publicité de la Direction de la santé publique de l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal à propos de l’allaitement.

Une belle campagne de publicité, léchée, avec une belle femme, Mahée Paiement, qui allaite en talons hauts et en bustier, dans un décor digne d’Hollywood. Allaiter, c’est glamour, c’est le slogan de la campagne.

À première vue, on s’entend qu’allaiter, c’est pas particulièrement confortable dans une telle posture… Elle a plus l’air d’une mannequin voulant faire de la pub que d’une maman qui allaite son enfant… Je trouve que ça donne encore l’image que c’est facile d’allaiter, que c’est possible en tout temps, partout. Et dire que c’est glamour c’est réduire l’importance de l’allaitement à l’image… Pourtant, allaiter ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas naturel pour toutes les femmes et tous les bébés. C’est un apprentissage pour l’un et pour l’autre…

Mais mon dégoût pour cette campagne de publicité est encore plus profond.

Je trouve cette pub RIDICULE! Plutôt que de gaspiller du temps et de l’argent les centaines de milliers de dollars dans cette campagne, le gouvernement aurait pu mettre en place des dû donner de l’argent pour de ressources sur le terrain de support et de conseil pour les mamans qui SOUHAITENT allaiter. Le manque de ressources est criant sur le terrain et beaucoup de mamans (dont moi) arrêtent d’allaiter à cause de ce manque de ressources. C’est inacceptable de la part du gouvernement.

** On m’a « suggéré » d’enlever toute référence à l’argent. On me dit que Mahée Paiement a fait cette campagne bénévolement.**

Avec l’argent dépensé dans cette campagne, le gouvernement aurait pu mettre en place des cliniques d’allaitement, payer des conseillères en lactation dans les CLSC… Ce n’est pas d’une image que la « cause » de l’allaitement a besoin, c’est de services pour encourager les femmes à continuer d’allaiter après le retour à la maison et bien les informer quand elles éprouvent des problèmes.

J’ai eu des problèmes d’allaitement dont j’ai parlé dans une multitude de billets sur ce blogue. Ma fille a perdu jusqu’à 18 % de poids de naissance après douze jours de vie. L’infirmière du CLSC venait à la maison pour peser le bébé aux deux jours. Quand elle voyait que ma fille perdait beaucoup de poids, elle m’a fait une menace de signaler à la DPJ parce que c’était de la maltraitance de ne pas vouloir de soins pour ma fille. Je le savais que j’avais juste besoin d’aide pour l’allaitement… mais elle disait que si je n’allais pas à Ste-Justine, elle serait obligée d’appeler à la DPJ. Et la même chose est arrivée à Ste-Justine. Ça faisait huit heures qu’on était à l’hôpital, ils avaient fait tous les tests possibles pour trouver une maladie à ma fille… Elle était rendue à 2500 grammes… Je pleurais en disant de m’aider avec l’allaitement que c’était ça le problème… Plutôt que de m’aider, le médecin m’a dit que si je ne promettais pas de revenir en clinique de jour le lendemain matin, il devrait hospitaliser ma fille et faire un signalement à la DPJ… et le lendemain matin, quand je me suis pointée à la clinique de jour, la pédiatre m’a dit que j’avais un problème d’allaitement et que si je voulais de l’aide, je devais payer 60 $ de l’heure pour une consultante en lactation. Elle ne m’a pas recommandé à la clinique d’allaitement de l‘hôpital Général Juif, elle ne m’a pas dirigée vers des ressources communautaires ou des cliniques d’allaitement. Ma marraine d’allaitement ne savait pas quoi me dire parce qu’elle ne savait pas qu’un bébé pouvait ne pas avoir de succion… Tout ce que j’aurais eu besoin, c’est de quelqu’un qui me dise de faire des exercices pour l’aider à téter… qu’en lui donnant un biberon, ça serait probablement mieux. Mais personne ne me l’a dit, même la consultante en lactation que j’ai payée 120 $ pour avoir un diagnostic. Alors vous comprendrez que quand je vois le gouvernement gaspiller de l’argent pour une campagne de publicité aussi ridicule, ça m’enrage au plus haut point.

Mon expérience conclut aussi que la réussite de l’allaitement passe par l’accès à des ressources rapidement après l’accouchement… Je suis certaine que si j’avais eu de meilleures ressources au lieu de me faire menacer de signalement à la DPJ, j’aurais réussi à allaiter plus longtemps…

Sur le site Moi aussi j’allaite, on dit « À Montréal, 4 CLSC, 1 maison de naissance et 1 centre hospitalier sont reconnus Amis des bébés »… JUSTE 4 CLSC!! Il y en a 38 à Montréal… et il y a plus de 15 hôpitaux. Mais pour être Amis des bébés, il faut faire partie des statistiques… il faut entre autres que moins de 10 % des bébés aient reçu une fois ou plus de la préparation lactée. Même des centres de néonatalogie ne sont pas Amis des bébés. Donc pour être Amis des bébés, on ne peut pas être Amis des mamans. Amis des bébés devraient être un sceau pour un établissement qui garanti de l’aide pour les mamans à donner le meilleur pour leur bébé, d’offrir des ressources gratuites pour l’allaitement, même en externe… Ça ne devrait pas être une affaire des statistiques…

Le suivi pendant la grossesse, à l’accouchement, mais aussi dans les jours qui suivent l’accouchement est crucial pour encourager l’allaitement… et c’est là que les ressources manquent. Sur le site de cette campagne de pub, on réfère aux organismes communautaires, aux cliniques d’allaitement… mais ces organismes n’arrivent pas à offrir tout le service dont les mères auraient besoin pour une seule raison : $$$$$. Mais on dépense pour une belle séance photo, une belle mannequin, un beau site web, une belle campagne… c’est ben beau, mais ça n’aide pas les femmes, ni les organismes à aider les femmes…

Les infirmières des CLSC qui visitent les mamans à domiciles devraient être formées en allaitement, devraient même être des consultantes en allaitement. Certaines le sont, mais l’évidence démontre que d’autres ne le sont pas. Plutôt que de faire cette campagne, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre à former les infirmières pour mieux donner des conseils aux nouvelles mamans, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre pour avoir les consultantes en lactation dans tous les hôpitaux où il y a une maternité, c’est de l’argent qu’on aurait pu mettre pour offrir des haltes-allaitement avec des consultantes en lactation dans tous les CLSC du Québec… mais le gouvernement a préféré faire une belle campagne de pub avec une belle mannequin.

Et une maman qui aura vécu un super bel allaitement sera la meilleure personne pour convaincre ses amies d’essayer… Plus on va aider les mamans qui veulent allaiter à vivre le plus bel allaitement, plus on aura d’expériences positives d’allaitement, plus d’autres femmes qui n’avaient pas pensé allaiter se tourneront vers l’allaitement… Si on veut encourager les femmes à allaiter leur bébé, il faut tout simplement leur donner les moyens de réussir.

Je croirai vraiment en la volonté du gouvernement à encourager l’allaitement le jour où on déploiera sur le terrain des ressources pour aider les mamans, pour les soutenir dans leurs choix, pour les encourager à persévérer si elles souhaitent allaiter, et ce partout au Québec, dans tous les CLSC et les hôpitaux. C’est une question de cohérence entre les bottines et les babines…

Vaccinera, vaccinera pas…

Au Québec, le vaccin contre la grippe H1N1 vient d’arriver, la vaccination sera disponible dès la semaine prochaine, semble-t-il…

Ici à L.A., on vaccine depuis deux semaines. Un premier vaccin inséré dans les narines, et celui injecté devrait arriver sous peu. Certaines cliniques de la grande région métropolitaine de Los Angeles offrent même le vaccin gratuit aux personnes à risque de complications. La Californie est un des états où la grippe H1N1 se propage le plus rapidement.

Hier, des infirmières de plus de 30 hôpitaux de la Californie ont revendiqué des outils pour se protéger (et protéger leur famille contre une pandémie de H1N1). Elles menacent de faire la grève si elles n’obtiennent pas une protection adéquate avec un protocole précis.

Et chez-nous au Québec, le débat est encore sur le besoin de vacciner ou pas…

Je peux comprendre les doutes de certaines personnes quant au vaccin H1N1. Est-ce que je me ferai vacciner… sais pas encore. J’hésite… pourquoi? Aucune idée! J’imagine que le ferais si j’étais à Montréal. Je devrais puisque mes poumons sont faibles depuis que je suis toute petite. Mais ici en Californie, je ne sais pas où aller, ça l’air compliqué…

Par contre, il faut garder en tête que si vous refusez de vous faire vacciner pour la grippe H1N1, vous perdez le droit de vous plaindre contre les efforts de santé publique à contraindre la pandémie. C’est comme perdre le droit de chialer contre le gouvernement si vous n’allez pas voter aux élections.

Aussi, si vous décidez, en toute connaissance de cause, de ne pas vous (ou vos enfants) faire vacciner contre le H1N1, VOUS DEVEZ respecter des règles de santé publique: garder les enfants (ou vous) à la maison pour au moins 7 jours s’ils sont malades, éviter les contacts avec d’autres si vous ou vos enfants sont malades, éviter les bains de foule, éviter de voyager (avion, autobus, hôtels, piscine, voisinage, famille, etc…). Vous n’êtes pas prêts à faire ces « sacrifices » – qui selon moi ne sont pas des sacrifices mais plutôt des actes consciencieux de civisme et de savoir-vivre – allez vous faire vacciner.

Et si vous êtes malades, ces règles s’appliquent pendant 7 jours… Parce que même quand la fièvre est tombée, vous êtes encore contagieux.

Si vous ne voulez pas vous faire vacciner, vous ne devez pas risquer de contaminer les autres. Parce que ça serait vraiment triste qu’une personne souffre de complications à cause de vous… et même qu’une personne décède des complications de grippe H1N1 parce que vous avez décidé de ne pas vous faire vacciner. Dans le cas de la grippe H1N1, on ne parle pas de vaccination individuelle… c’est un effort collectif pour enrayer une pandémie mondiale.

Dans la majorité des cas, la grippe H1N1 c’est une grippe, une grosse grippe d’homme… sur le cul une semaine. Avez-vous les moyens de vous retrouver non-fonctionnel pendant une semaine? C’est un risque à prendre. Si vous croyez qu’une grippe c’est pas si mal… c’est votre choix. Mais ce choix devient collectif si vous devenez à risque d’en contaminer d’autres.

J’ai un neveu de presque 17 mois qui est toujours malade à cause des virus de la garderie… Pourquoi? Parce que des ingénieux de parents décident d’envoyer leurs enfants à la garderie même s’ils sont malades. Et de nombreux illuminés vont faire ça même si leurs enfants (ou eux) ont la grippe H1N1… C’est un manque de responsabilité, de civisme, de savoir-vivre, de respect comme cracher dans les rues ou éternuer en submergeant vos voisins.

Vous êtes en forme, mangez bien, faites de l’exercice au moins trois fois par semaine… Vous n’aurez sûrement pas besoin du vaccin. Mais si vous tombez malade, n’allez pas vous promener où d’autres pourraient l’attraper. Faut pas monter sur les grands chevaux à propos de la grippe H1N1… juste un peu de prévention, ça aide à remettre les idées des illuminés en place 😉

Et vous, vous allez vous faire vacciner? Allez, un peu d’altruisme!

Petit supplément d’information… La Californie est l’un des états où la vaccination chez les enfants (pour tous les vaccins: rubéole, polio…) n’est pas obligatoire. Entre 1 et 2 % des parents californiens refusent de faire vacciner leurs enfants de peur qu’ils soient autistes ou autres complications dont la vaccination serait responsable… Et dans certaines régions de la Californie, les cas d’éclosion de maladies « enrayées par la vaccination » reviennent aux chiffres d’avant la  disponibilité de ces vaccins…

Ce message n’a pas été payé par les compagnies pharmaceutiques qui fabriquent les vaccins. C’est mon opinion. Allez pas chercher le complot international derrière…, il n’y en a pas!

Gros bon sens de santé publique

Depuis hier, j’ai un voisin qui est malade. Un jeune homme sur son balcon, à l’opposé du mien, tousse et se mouche. Il semble assez mal en point. Est-ce le H1N1? Possible… c’est en tout cas une mauvaise grippe qui l’afflige depuis deux jours.

Mais à ma grande surprise… et surtout à mon plus grand dégoût, je l’ai vu ce matin se râcler la gorge – comme le font les Chinois – pour cracher en bas de son balcon… Vous me direz que plein de gens crachent par terre tous les jours et je suis d’accord. Mais le gars est malade… Ne connaît-il pas les lois du gros bon sens que pour la santé des gens qui l’entoure, il serait mieux de cracher dans son mouchoir?

Il ne faut pas se demander pourquoi l’épidémie de H1N1 est devenue une pandémie mondiale… Les gens ne savent pas vivre!

Quand vous êtes malades:

1. Restez à la maison

2. Éternuez et toussez dans le plis du coude (pas vos mains)

3. Lavez-vous les mains chaque fois que vous vous mouchez

4. Gardez vos distances

5. Évitez que votre salive remplie de microbes entre en contact avec vos voisins

C’est juste le gros bon sens de la santé publique… c’est pas ben ben compliqué et c’est surtout une marque de savoir-vivre!

Fin de la montée de lait!