Cher TC Media

J’ai eu la chance d’apprendre mon travail de journaliste chez-vous, dans vos hebdos de l’est de Montréal. Il y a de ça, déjà, presque dix ans. J’ai appris à couvrir des conseils d’arrondissements, à côtoyer la jungle politique, à couvrir des événements de toutes sortes; à comprendre « la game » finalement.

J’ai appris à me faire des contacts sur le terrain. J’ai appris l’importance de chérir ces contacts. J’ai appris à les cultiver et à les faire fructifier. J’ai appris à travailler ailleurs que dans une salle de rédaction : dans mon auto, dans un terrain vague, dans le stationnement de l’hôtel de ville, derrière un immeuble en flammes. J’ai appris à être alerte lorsque je me promène sur le territoire couvert, d’avoir toujours les antennes ouvertes, au cas où.

Et voilà que toi, tu décides que c’est fini. Tu ne permettras plus à tes journalistes d’apprendre ces choses essentielles pour faire de l’information de qualité. Tu décides que la « contribution citoyenne » fait pareil, que des communiqués remâchés et des chroniques seront suffisantes pour informer les citoyens des quartiers de Montréal. Tu décides que la démocratie locale n’a plus besoin d’information objective et rigoureuse. Pourtant, Montréal a grand besoin de cette démocratie, précisément à ce moment crucial où elle doit se reconstruire sur des bases solides.

Tu décides que 12 journalistes pour couvrir l’ensemble de l’île de Montréal et tes 22 journaux locaux, ça sera suffisant. C’est vraiment prendre tes journalistes pour des remplisseurs de trous… et tes lecteurs pour des cons.

Je suis profondément déçue de toi TC Media. Un fleuron de l’économie québécoise, une entreprise de presse qui rayonne partout au Canada… et qui laisse tomber ce qu’elle devrait chérir le plus : son contenu. Tu l’as montré récemment avec le contrat indigne que tu t’apprêtais à présenter à tes collaborateurs pigistes, maintenant tu le montres encore plus clairement que le contenu n’est pas ta priorité.

Je te souhaite une chose TC Media… Que d’autres journaux hyperlocaux viennent s’installer dans les quartiers où tu es présent. Plusieurs journalistes croient au rôle des médias dans la démocratie. Ces journalistes inspirants démarrent de nouvelles plateformes, de nouvelles façons de faire du journalisme. Et un jour, les annonceurs réaliseront que ton modèle est dépassé. Que remâcher des communiqués ne mène pas à du contenu de qualité…

Le contenu pour une entreprise de presse, c’est ce qui la fait vivre… Si tu coupes dans ton contenu, TC Media, tu coupes sur ta durée de vie en tant qu’entreprise de presse… Et tu seras quoi? Une entreprise marketing qui offre des publireportages et des communiqués entre des publicités de concessionnaires automobiles… Un gros Publisac finalement… tu sais, celui que tant de gens s’empressent de jeter au recyclage ou refusent même d’avoir à leur porte!?!

Ce n’est surtout pas du journalisme.

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Le contrat de TC Media en questions/réponses

L’AJIQ a reçu énormément de questions au sujet du nouveau contrat de Médias Transcontinental (TC Media). Je partage ici quelques-unes des questions, suivies des réponses. Merci à mon collègue André Dumont, VP sortant de l’AJIQ d’avoir compilé les questions et formulé les réponses.

Q. J’ai signé le contrat. Puis-je traduire mes articles en anglais et les vendre à une publication de Toronto?

R. Non. Vous n’êtes plus détenteur des droits d’auteur sur vos articles.

Q. Pourrais-je un jour publier un livre avec mes articles?

R. Oui. Vous devrez d’abord racheter vos droits à TC Media.

Q. Mon père est particulièrement fier de mon article publié dans Coup de pouce. Peut-il le reproduire dans un album qui sera vendu lors du grand rassemblement des Tremblay d’Amérique?

R. Oui. Il devra d’abord négocier une licence avec TC Media.

Q. Puis-je revendre mon article à un journal communautaire de Tombouctou?

R. Non. Le contrat accorde aussi l’exclusivité à TC Media pour le Mali.

Q. TC Media peut-elle modifier mes articles sans mon consentement?

R. Tout à fait. Vous avez renoncé à votre droit moral. Vous n’avez plus de regard sur l’intégrité de vos articles. Votre signature ne garantit plus au lecteur que c’est vous qui avez réellement créé le contenu de vos articles.

Q. Mon nom apparaîtra-t-il toujours avec mes articles?

R. TC Media se donne le droit d’écarter votre nom « pour des motifs raisonnables ». Par exemple, il serait tout à fait raisonnable de retirer votre nom si un de vos articles devient un publireportage. Ou si un extrait de votre article devient le slogan d’un annonceur. Il pourrait aussi être raisonnable d’écarter votre nom si des extraits de vos articles étaient intégrés à ceux d’autres auteurs.

Q. Le contrat parle de « droits moraux ». Ai-je plus d’un droit moral?

R. Non, vous n’avez qu’un seul droit moral. À moins que vous écriviez sous plus d’un nom de plume, ou que vous souffriez du trouble de personnalités multiples.

Q. Si TC Media publie mon article à plusieurs reprises, serais-je payé davantage?

R. Non. TC Media peut publier vos articles à de multiples reprises sous l’une de ses multiples « marques », le vendre à d’autres éditeurs, le traduire en panjabi et le publier dans un livre à succès, sans que vous ne touchiez un cent de plus.

Q. Mon oncle patenteux est en train d’inventer un média qui permettra de lire des articles dans le ciel, lors de soirs de pleine lune. Pourra-t-il publier mes articles?

R. Désolé. TC Media y a pensé avant votre oncle. Le contrat inclut les droits pour les médias « actuellement connus ou ultérieurement créés. »

Q. Le contrat de TC Media est-il compatible avec les Dix principes d’un contrat équitable que prônent la FPJQ et l’AJIQ?

R. Vous trouverez la réponse en lisant les Dix principes d’un contrat équitable.

Q. J’ai signé le nouveau contrat au même tarif que l’ancien. Me suis-je fait avoir?

R. D’aplomb! TC Media trouve vos articles tellement bons qu’il a demandé une licence pour tous les magazines, journaux, sites internet et autres médias de partout dans le monde! D’après nos calculs, vous devriez demander 42 723 $ le feuillet. Si la planète Mars avait été incluse, ce serait encore plus.

Q. Je n’ai pas encore signé. Le contrat est-il négociable?

R. Tout contrat est négociable. Bonne chance.

Q. On me dit que si je veux collaborer et vendre mes articles à TC Media, je dois signer le contrat tel quel, sans pouvoir en modifier les clauses. Est-ce possible?

R. Impossible. Si c’était le cas, ce contrat serait un contrat d’adhésion. Il n’aurait aucune valeur légale.

Retour au boulot

Voilà! Mon premier article depuis que je suis en congé de maternité a été publié hier.

C’est que j’ai recommencé à travailler à temps très partiel (lorsque bébé dort…).

Alors voici mon reportage sur l’Île-Dorval. Cette île tout près de la rive de Dorval, dans le lac Saint-Louis, est vraiment impressionnante. Je m’y suis rendue après de nombreux courriels envoyés à un résident qui tient un blogue à propos de l’île.

Il m’a d’ailleurs avoué qu’habituellement, les résidents de l’île ignorent les demandes des médias pour réaliser des reportages sur l’île. Ils veulent garder l’aspect « secret » de l’île. C’est par chance que Michael Hayes a accepté de me rencontrer. J’en suis d’ailleurs très reconnaissante!

Et ce fût une visite très intéressante.

Beaucoup de gens, même ceux qui habitent tout près, ignorent la présence de cette île, qui est habitée seulement pendant l’été. C’est avec ma curiosité maladive que j’ai voulu aller y jeter un coup d’oeil.

Nous cherchions une nouvelle maison en février, dans l’ouest de l’île. On épluchait les cartes pour trouver un bon quartier pour bébé, avec des bonnes écoles, des parcs, le tout sécuritaire évidemment. On a épluché Lachine, Dorval, Pointe-Claire et Dollard-des-Ormeaux.

C’est lors de ces recherches que j’ai constaté qu’il y avait une île tout près de l’échangeur Dorval. Je voyais bien qu’il y avait liaison nautique, mais aucun pont. Et sur la carte, on voyait des rues sur l’île… Bizarre… et ma curiosité l’a emporté!

J’ai alors approché OpenFile, un nouveau site d’information citoyenne très intéressant. Je vous conseille d’ailleurs d’aller y jeter un coup d’oeil sporadiquement. C’est un site très intéressant, avec des articles de qualité, alimentés par les citoyens mais effectués par des journalistes chevronnés.

Alors voilà! Cet article sur la municipalité de l’Île-Dorval est suivi d’un article sur l’histoire de cette île. Une histoire fascinante!

Michael Jackson… Il y a un an

Il y a un an, ma vie journalistique basculait… A Los Angeles depuis quelques mois, je tentais de gagner ma vie comme journaliste independante…

A 14h30, heure du pacifique, j’ignorais a quel point la mort de Michael Jackson allait changer ma carriere… Un an plus tard, c’est avec beaucoup de nostalgie que je vis cette journee…

C’est qu’elle a drolement commence aussi… Hier soir, un chat errant s’est fait frappe dans la rue devant la maison et a elu notre entree de garage comme endroit pour expirer son dernier souffle. Ce matin, en regardant la poubelle qui attend de se faire ramasser par les eboueurs, j’ai un petit pincement au coeur… La fibre maternelle qui fait sa place j’imagine!

Ensuite, depuis mon leve ce matin, toutes les radios et les chaines de television diffusent des reportages et de la musique du Roi de la pop… On dit que la musique a des vertus pour rappeler des emotions… Les chansons de Michael Jackson ont cette influence sur moi… Je me rappelle conduire de ma banlieue vers Hollywood le 26 au matin pour etre aux premieres loges lorsque les fans affluents vers l’etoile sur Hollywood Boulevard… Entendre « I’ll be there » me pince encore la gorge….

J’entends encore les grondements des helicopteres et le bruit de la foule de plus en plus nombreuses autour de l’etoile…. Comme une sorte de reve nebuleux qu’on ressasse sans vraiment en comprendre le sens. Je ressens aussi la fatigue de dormir des heures coupees pour etre temoin a la radio et a la television, aux petites heures du matin…

Un vague souvenir d’une epopee qui a dure a peine 12 jours mais dont les emotions et la nostalgie resteront toujours gravees au fond du coeur d’une simple journaliste independante au coeur de la cohue mondiale creee par le deces d’une des plus grandes celebrites de la chanson.

MISE À JOUR: Ce billet a été écrit spontanément du bout de mes dix doigts, sans accent, sur mon iPhone. Pour ceux qui pourraient s’inquiéter de ma santé mentale, je vais très bien 😀

On parle de moi…

Sur le blogue de l’ONF!

Une banale entrevue avec une connaissance qui se trouve à être l’auteure de ce billet.

On y parle mentorat… parce que j’ai un mentor, depuis maintenant quatre ans!  Déjà quatre ans et Claude Marcil m’a aidé à devenir la journaliste que je suis aujourd’hui.

Merci Claude!

Nombreux aujourd’hui!

Que vous êtes nombreux à venir me visiter aujourd’hui!

Hé bien vaut mieux en profiter pour vous inviter à revenir me lire! Je suis journaliste indépendante à Los Angeles parce que j’ai suivi mon mari Charles dans son aventure profesionnelle.

Je travaille principalement comme journaliste en science, société, environnement et santé. Mais comme je suis à Los Angeles, ça m’arrive des fois de jouer le rôle de correspondante à l’étranger pour les médias québécois. J’ai couvert la mort de Michael Jackson qui a suscité tout un émoi ici à Los Angeles, de même que les impressionnants feux de forêt qui ont décimé une des plus grandes forêts qui bordent le bassin de Los Angeles.

Vous aimez ce blogue, profitez-en pour vous inscrire, en haut à droite. Vous recevrez un courriel chaque fois qu’un nouveau billet est publié. Ce blogue comprend chaque semaine un lien vers ma chronique américaine sur MSN.ca et des liens vers les articles que j’écris pour d’autres publications.

Vous y retrouverez aussi des aventures touristiques en Californie et dans le sud-ouest des États-Unis, des réflexions et des tranches de vie d’une jeune femme de 29 ans à l’aventure en Californie.

Au plaisir de lire vos commentaires!

Dans la vie d’un journaliste…

il y a des bons coups, et d’autres moins bons… et les moins bons ont tendance à se transformer en cette horrible boule dans la gorge, la déception. Il est 4h30 du matin en ce mercredi 16 décembre 2009. Devant mon ordi, je fulmine… Il y avait bien deux mois que je m’étais pas réveillée à cette heure-là!

Mais je ne fulmine pas parce que je suis réveillée à cette heure si tardive de la nuit (ou précoce du matin?)… je fulmine parce que j’ai une déception dans la gorge. Je m’en veux! Voilà, c’est dit.

Je m’en veux parce que je devais me rendre à Las Vegas hier pour couvrir le dévoilement du nouveau spectacle du Cirque du Soleil, Viva Elvis. Mais j’ai baissé les bras trop vite. Ça m’apprendra. Quand j’ai réalisé qu’une délégation de journalistes montréalais se rendaient à Las Vegas pour couvrir l’événement, je me suis dit que ça ne valait pas la peine d’y aller, mais j’ai persisté. J’ai tenté de trouver des clients (médias) qui n’enverraient pas de journalistes à Vegas.

J’ai demandé au Cirque une entrevue avec Guy Laliberté, chose que les relationnistes ne pouvaient pas me garantir. Quand j’ai réalisé que les billets d’avion avaient grimpé à 200$ aller-retour alors qu’ils sont habituellement moins de 100$, deuxième prise. Quand les clients ne se sont pas manifesté autant que je le croyais pour montrer leur intérêt à couvrir cet événement, strike three… 

Et le comble de ce moins bon coup: même avec un billet d’avion à 200$, j’aurais pu y aller. J’avais négligé une chose: les médias se parlent entre eux et ce matin, à 4h30, une radio régionale m’a téléphoné… Je fulmine de déception. Est-ce que ça peut? Moi je vous dis que oui!

Toujours difficile de prévoir si le sujet aura une couverture médiatique suffisamment grande pour valoir la peine de se déplacer comme pigiste. Parce qu’au Québec, les médias couvrent rarement les dépenses des journalistes pigistes. Je dois m’y rendre à mes frais, en espérant avoir assez de collaborations avec les médias pour rembourser ma carte de crédit de mes dépenses professionnelles. Et vous, mes chers salariés (de tous les domaines, pas juste journalistes) et si votre patron vous demandait de vous déplacer à Québec pour deux jours pour le travail… à vos frais, le feriez-vous sachant que vous auriez peut-être un bonus sur votre paye?