Indépendant vs citoyen

Cette leçon (parce qu’il faut en donner encore des fois…) s’adresse à tous ceux qui ne comprennent pas le principe du journalisme indépendant, dont Gildor Roy.

Ce matin, notre ami de l’émission du matin à V, a voulu faire son « speech » d’entrée en dénonçant le journalisme-citoyen dans le Journal de Montréal… une pratique courante depuis le lock-out… jusque là, ça va. Mais il donne un autre exemple de ce genre de journalisme-citoyen que je n’ai pas aimé du tout… « Le citoyen qui se croit journaliste parce qu’il voit une vedette passer devant la file à l’aéroport… » Voici le clip de Gildor Roy.

Et me voilà plus rouge que rouge… Un autre qui semble confondre le journalisme indépendant au journalisme-citoyen.

Je suis journaliste, membre en règle de deux associations de journalistes au Québec, membre aussi d’une association de journalistes scientifiques internationale. Je gagne ma vie à écrire dans les médias, et c’est mon principal revenu… On peut-tu SVP me traiter comme une journaliste et non comme une journaliste-citoyenne qui passait à l’aéroport Trudeau le 4 janvier???

Cette journée-là, j’étais à Trudeau pour retourner à ma maison (d’accueil) où j’ai vécu dans la dernière année… Los Angeles. Et ça adonnait que je devais écrire une chronique pour MSN.ca sur la sécurité à l’aéroport… et qu’une vedette décide qu’elle devait passer devant pour une raison quelconque… J’en ai parlé dans ma chronique et sur mon blogue.

De toute façon, un journaliste-citoyen, ça veut dire quoi? Pas grand chose…

Alors que les journalistes indépendants tentent de garder leurs contrats, leurs piges, leurs jobs, on confond les choses… Un journaliste indépendant fait son travail en réalisant À LA PIÈCE des articles pour différents médias. Il est ainsi un travailleur autonome, son propre patron, une petite business, une usine à mots!

Un journaliste-citoyen qui passait par là avec son téléphone intelligent, c’est quelqu’un qui n’a aucun regard critique, qui ne pose pas de question et qui surtout n’est pas payé pour écrire ou pour décrire ce qu’il a vu. Est-ce que le journaliste a peur de dire que l’information vient d’un citoyen alors on l’appelle un journaliste-citoyen?

Bon maintenant que c’est clair, on peut enchaîner sur le plus important… Habituellement, je mets le plus important en premier mais là fallait rectifier les choses…

L’Association des journalistes indépendants du Québec, AJIQ, dont je suis administratrice, présente depuis quelques semaines une vidéo sur les revendications des journalistes pigistes au Québec. Je vous invite à visionner cette vidéo de l’AJIQ pour des raisons tout aussi éducatives que ce présent billet.

D’ailleurs, pour une deuxième année, l’AJIQ récompensera les journalistes indépendants lors du Gala des Grands Prix du Journalisme Indépendant qui se tiendra le 3 juin prochain, c’est le seul événement du genre au Québec, qui vise à récompenser uniquement les journalistes indépendants.

Pour en savoir plus, pour encourager le journalisme indépendant au Québec (qui semble être l’avenir du journalisme avec la convergence qui engorge les salariés), vous pouvez assister au Gala et, si vous êtes une entreprise, vous pouvez aussi commanditer l’événement. www.gpji.ca

Le journalisme indépendant au Québec permet d’avoir une diversité de sources dans les médias. Vous lisez des articles écrits par des journalistes indépendants tous les jours. Vous êtes journalistes indépendants et n’êtes pas encore membre de l’AJIQ? C’est le temps de se joindre à nous pour se faire entendre, plutôt que juste se faire lire…

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5 réflexions sur “Indépendant vs citoyen

  1. J’aimerais bien que l’on m’éclaire sur les raisons à nommer quelqu’un de journaliste-citoyen…

    Ce mot valise est extrêmement ambigu ; tous les journalistes sont des citoyens, mais en quoi n’importe quel citoyen pourrait être, un jour le temps d’une news, un journaliste ?

    Je me dirais également que c’est une sorte d’aveux d’hypocrisie ; une manière de dire que l’info vient d’un citoyen, certes. Qu’il faut le considérer comme un quasi-journaliste, mais surtout pas comme un vrai journaliste… Sinon, pourquoi rappeler que c’est un citoyen ?

    Par contre, je suis ouvert d’esprit ; j’admets qu’il y a des personnes qui font sur leur temps libre, par passion, des enquêtes et publications avec une éthique et un sérieux que l’on peut qualifier de journalisme. Pourquoi pas les citer comme journaliste « amateur » ou journaliste bénévole ?

    En tout cas, il y a vraiment de quoi voir rouge en confondant un journaliste indépendant avec un amateur, ou pire, avec un témoin inopiné :o|

  2. Heu, ça peut paraitre idiot, mais je ne sais toujours pas ce que veut dire le « lock-out » du journal de Montréal… Est-ce comme une grève ?

    NB: je suis franco-français

  3. Je veux pas être méchant mais… Ni Gildor Roy, ni le réseau V n’ont beaucoup de crédit quand vient le temps de parler de professionnalisme… Devrait-t’on parler d’animateur citoyen ou de réseau amateur… haha!

  4. Donc vous-étiez journaliste, comment se fait-il, lorsque l’événement s’est produit que vous n’ayez pas communiqué avec les autorités pour connaitre leur version?

    Vous n’avez pas donné la chance aux autorités de s’expliqué. Voilà, c’est ça que veut dire Gildor lorsqu’il parle de journaliste citoyen ou amateur. Vous n’avez pas cherché à obtenir l’autre point de vue.

    Assumez votre travail.

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