D’autres photos de Nuuk, Groenland

Le soleil est sorti aujourd’hui… un peu. Juste le temps de montrer la ville sous un autre oeil. Avec le brouillard qui jouait à la cachette avec le soleil dans le fjord, c’était encore plus agréable à regarder.

Je parlais dans un autre billet de l’ancienne mission des Frères moraves qui a été utilisée lors de la création de l’Université du Groenland en 1989. Aujourd’hui, le soleil donnait une tout autre perspective à ce bâtiment historique!

L’ancienne mission des Frères moraves donnant sur le fjord à Nuuk.

Une autre perspective différente quand il fait beau à Nuuk, c’est de voir les montagnes qui bordent la ville et le fjord qui se dessine au loin. C’est impressionnant de voir ces immenses morceaux de roc se dresser autour de la ville alors qu’ils n’étaient pas visibles depuis les derniers jours à cause des nuages très bas. La vue y est d’ailleurs époustouflante! Ici, sur la côte menant à l’université, on voit le port de Nuuk. Avoir un bateau pour la majorité des Groenlandais est plus important que de posséder une voiture. Parce que pour sortir de la ville, la voiture ne se rend pas très loin! Au loin, on peut voir un bateau de croisière.

Du haut de la colline menant à l’unversité, la vue sur le port de Nuuk est magnifique.

J’ai aussi appris la signification de la sculpture devant le palais de justice… Ces deux hommes jouant du tambour règlent en fait leurs conflits. Cette tradition millénaire était jadis (avant l’arrivée des Danois en 1721) utilisée pour régler des conflits.

Une sculpture devant le palais de justice de Nuuk représente la danse au tambour.

Parce que la beauté d’être journaliste, c’est aussi de rencontrer des gens. Et je suis quand même ici pour travailler! Aujourd’hui, j’ai été gâtée par des rencontres riches. La générosité des gens ici est très grande, ils sont accueillants, contents de pouvoir discuter de leur travail. J’ai donc passé une partie de ma journée à l’hôpital pour rencontrer des professionnels de la santé. En cognant de porte en porte, j’ai pu rencontrer quatre professionnels et d’autres rencontres sont planifiés pour les prochains jours. Nul besoin de prendre rendez-vous à l’avance ni de contacter les communications de l’hôpital pour avoir une visite… Encore une fois, l’efficacité des contacts informels prend le dessus sur les contacts institutionnels!

L’hôpital de Nuuk au Groenland. Elle subit présentement des rénovations pour accueillir une nouvelle aile. Celle-ci permettra de pratiquer plusieurs chirurgies au Groenland plutôt que d’envoyer les patients au Danemark. Le gouvernement du Groenland a cru bon investir dans les infrastructures locales et déplacer les spécialistes au Groenland plutôt que de payer le transport des patients jusqu’au Danemark.

 

Plusieurs professionnels de la santé ici à Nuuk se rendront dans les prochains jours à Fairbanks en Alaska pour le Congrès international pour la santé circumpolaire, une conférence internationale sur la santé des populations de l’Arctique.

 

Tour d’horizon de Nuuk, Groenland

Première impression de Nuuk, c’est beaucoup plus gros que je l’imaginais! Nous venons tout juste de faire un tour de la ville en voiture… et la ville est très dispersée malgré ses 15 000 habitants. C’est que des collines entourent la plus vieille partie de la ville. Il est donc nécessaire de construire les maisons et les appartements dans d’autres secteurs. Plutôt que de construire les maisons sur le pergélisol, comme à Kuujjuaq, ici les maisons sont construites uniquement sur le roc pour éviter que les structures ne bougent. On y construit de plus en plus de blocs d’appartements pour subvenir aux besoins croissants de logements, un problème présent ici aussi. Bien que la construction ne cesse d’augmenter, les besoins pour subvenir aux familles nombreuses augmentent plus rapidement que la construction qui s’échelonne seulement sur quelques mois par année.

Les maisons de couleurs différentes donnent l’impression d’un village sous un arbre de Noël, avec les petites collines et l’église près de la mer. Tout près de l’église, le Musée national du Groenland raconte l’histoire de ce vaste territoire. On y parle de la vie des habitants du Groenland avant l’arrivée des Danois en 1721. Il y a évidemment les Inuit, mais aussi les Vikings qui ont occupé une partie du sud du Groenland entre 943 et environ 1450. Leur disparition est d’ailleurs encore un sujet controversé auprès des scientifiques. 

Tout près du musée se trouve la cathédrale de Nuuk… la notion de cathédrale prend un tout autre sens après avoir vu cette petite église de bois très simple construite en 1849. Tout à côté, sur une colline visible d’une grande partie de la ville, se dresse la statue de Hans Egede, un missionnaire Dano-Norvégien, fondateur de Nuuk (Gothtab, qui signifie bon espoir – good hope). Ce missionnaire protestant souhaitait aller au Groenland pour évangéliser les Vikings. À son arrivée en 1721, il a rapidement constaté que le seul peuple habitant au Groenland était les Inuit!

Au premier coup d’oeil, Nuuk apparaît comme une ville de petite taille qu’on pourrait retrouver partout dans le monde… mais son charme est définitivement la vue sur la mer et ses quelques petits icebergs qui flottent au loin. J’imagine la vue l’hiver, le paysage doit être féérique!

Welcome to Greenland

Jour 1 de ce deuxième séjour au Nord. Après Kuujjuaq, me voilà maintenant à Nuuk, Groenland afin de poursuivre mes recherches sur le terrain concernant les professionnels de la santé dans les communautés du Nunavik et du Groenland.

Partie de Copenhague (parce qu’il est plus économique de faire 7000 km de plus que de passer par notre Nord canadien pour se rendre chez notre plus proche voisin, le Groenland), court arrêt à Kangerlussuaq – l’aéroport qui possède une piste assez grande pour accueillir les plus gros porteurs. Je dois dire qu’atterrir à cet endroit est assez impressionnant. Pendant l’approche, c’est la toundra, des roches et de la mousse à perte de vue avec des lacs dispersés un peu partout. Puis, l’avion fait un U-Turn… vers une énorme rivière, le tout en descendant. Et on se rend compte à la dernière minute que la piste est en bordure de la rivière, sur un terrain plat au creux d’une vallée. Jusqu’à la toute fin, on a l’impression d’atterrir dans l’eau… jusqu’à ce que la piste se dessine, heureusement!

En attente pour un vol vers Nuuk, la capitale, bébé a bien apprécié le parc avec des jeux adjacent à l’aéroport. Elle s’est d’ailleurs fait une amie groenlandaise à peine plus vieille qu’elle… La petite est venue la chercher par la main pour jouer, c’était magnifique. Même si elles ne se comprenaient pas, elles jouaient et riaient ensemble.

Kangerlussuaq est un petit village d’à peine 550 habitants, situé au-dessus du cercle polaire, près de Sisimiut. C’était d’ailleurs la seule fois que nous avons été au-dessus du cercle polaire…

Reste qu’à Nuuk présentement, il fait à peine 12 degrés et c’est le déluge depuis notre arrivée!

Le périple du Nord se poursuit

Dans moins d’une semaine, je foulerai la terre du Groenland pour la première fois… pour deux petites semaines. La pointe sud du Groenland est à la même lattitude que le Nord du Québec… Ce sera des vacances-travail disont plus exotiques, mais avec des paysages extraordinaires, de l’air pur et de la tranquilité.

J’arriverai tout d’abord à Nuuk, sa capitale après une escale à Copenhague. J’y découvrira pour la première fois le fameux soleil de minuit. Dormir à Kuujjuaq alors qu’il faisait jour jusqu’à 22h30 m’a donné du fil à retordre… alors j’ai bien hâte de voir l’effet de ce soleil de minuit sur mon sommeil!

Six jours à Nuuk pour rencontrer des professionnels de la santé, des spécialistes… et aussi un peu de temps pour visiter la ville!

Ensuite, c’est le grand départ vers le sud du Groenland. C’est avec un opérateur de tourisme que nous nous dirigerons vers des petites communautés vieilles de plus de 1000 ans, sur les traces des Vikings, et surtout pour rencontrer des gens dans ces petits villages accessibles seulement par bateau l’été ou par hélicoptère.

Je visiterai ainsi Narsarsuaq et ses 160 habitants (où se trouve l’aéroport), Qaqortoq, le village le plus populeux du sud de Groenland, avec ses 3200 habitants, et ensuite, ce sera sur les traces de Érik le Rouge que nous nous rendrons à Igaliku, village de 55 habitants qui semble absolument charmant. Nous aurons l’occasion de se promener en bateau pour voir un glacier!

 

Alors restez branché, je tenterai de bloguer même si la connection internet risque de ne pas être toujours disponible. J’y metterai des photos, promis!

La tuberculose frappe le Nunavik

C’est une maladie qu’on pense éteinte, éradiquée, éliminée. D’ailleurs, le vaccin contre la tuberculose n’est plus dans le calendrier régulier de la vaccination au Québec depuis 1976. Il reste disponible pour les gens qui voyagent dans certains pays ou encore pour les communautés du Nord du Canada… parce que là-bas, la tuberculose est loin d’être éliminée.

C’est d’ailleurs encore un problème de santé publique. À Kangiqsualujjuaq, le village le plus à l’est de la côte de l’Ungava au Nunavik, les cas de tuberculoses explosent depuis novembre 2011.  D’ailleurs, on m’avait avisé, lors de ma visite au Nunavik, que ce n’était peut-être pas la meilleure idée d’aller dans ce village. Mais en discutant avec certains professionnels de la santé, on m’a dit que de se rendre dans le village n’est pas un risque important si on évite les rassemblements dans des espaces clos.

Un professionnel qui travaille à Kangiqsualujjuaq m’a mentionné qu’il faut en parler de cette épidémie. « C’est une crise! Et elle touche des gens que nous ne sommes pas habitués de voir au CLSC (anciennement appelé un dispensaire*), ce sont de jeunes adultes qui se croient en santé ».

Depuis quelques semaines, la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) a dépêché du personnel médical supplémentaire et un appareil de rayons X portatif à Kangiqsualujjuaq afin de faciliter le diagnostic des patients. Autrement, les patients devaient se déplacer à Kuujjuaq pour un rayon X, ce qui impliquait pour eux de prendre l’avion et de rester au « transit », le centre d’hébergement pour les patients des villages de la côte de l’Ungava.

Lorsque j’étais au Nunavik en juin, Kangiqsualujjuaq rapportait 59 cas de tuberculose active. Le 28 juin dernier, la RRSSSN a fait l’état de 68 cas, et La Presse parle de 72 cas en date du 11 juillet! La RRSSSN assure de faire tout ce qui est possible pour contenir la maladie.

Le 15 juin dernier, le fabricant du vaccin contre la tuberculose (BCG), Sanofi Pasteur, rappelait tous les vaccins en raison de problèmes de sécurité dans l’établissement de production. Bien que le vaccin ne peut pas prévenir la maladie chez les personnes déjà infectées ou chez les personnes qui ont été exposées à la maladie, l’efficacité du vaccin à prévenir la tuberculose est estimée à 50 %. Chez les nouveau-nés, l’efficacité grimpe à 74 %. Pour le moment, il est donc impossible de procéder à une campagne de vaccination pour immuniser les personnes qui ne présentent pas de symptômes ou encore qui n’ont pas été exposées à la maladie, ce qui aurait pu éviter une propagation de la tuberculose dans d’autres villages du Nunavik. Pour l’instant, seul Kangiqsualujjuaq est au prise avec cette épidémie… sans vaccins disponibles.

Les causes

En juin dernier, un groupe de chercheurs signaient une lettre dans La Presse concernant la tuberculose dans le Nord. Selon eux, le problème de manque de logements est une cause importante des problèmes de santé des Nunavimiuts, notamment la tuberculose. D’ailleurs, j’en ai parlé brièvement dans deux billets, un sur l’architecture au Nunavik et l’autre sur la santé des Inuit. 

Lorsque la tuberculose est diagnostiquée, il reste le traitement antibiotique. Lorsque la maladie est active, le traitement est de six mois, lorsqu’elle est en latence (sans symptômes), le traitement préventif est de neuf mois. C’est un défi pour les professionnels de la santé du Nunavik de s’assurer que les Nunavimiuts observent le traitement complet, d’où l’importance d’avoir des professionnels de la santé Inuit qui peuvent bien expliquer, dans leur langue natale, l’importance du traitement pour la communauté et pour s’assurer d’un suivi du traitement… mais là, j’entre dans le vif de mon reportage… à suivre!

*Il y a deux hôpitaux qui desservent les 14 communautés du Nunavik : un à Puvirnituq sur la côte de l’Hudson et l’autre à Kuujjuaq sur la côte de l’Ungava. Les autres villages ont un point d’accès santé (CLSC) où travaillent des infirmières et infirmiers possédant une formation supplémentaires les permettant de pratiquer des actes délégués (prescriptions de certains médicaments, suivi de certaines conditions médicales, etc.).

Documentaire « Martha qui vient du froid »

Il s’est fait de nombreux documentaires sur le Nord. J’en ai écouté quelques-uns jusqu’à maintenant, et j’ai été particulièrement touché par « Martha qui vient du froid », un documentaire de l’ONF, de Marquise Lepage, qui porte sur le déplacement de certaines familles inuites d’Inukjuak sur la côte de la Baie James vers une terre inhospitalière pour tout humain : l’île d’Ellesmere. Ce déplacement organisé par le gouvernement visait à occuper l’extrême Arctique canadien pour assurer la souveraineté de ce territoire.

Troublant à quel point ces gens ont été mal informés sur ce déplacement, troublant à quel point le déplacement était risqué pour ces familles. On leur promettait une vie meilleure, beaucoup de gibiers… rien de tout ça ne s’est avéré. Que de la glace et la noirceur pendant près de six mois. Il ne faut pas en vouloir aux Inuit d’être méfiants face à « Blancs qui viennent du Sud » qu’ils appellent Qallunaat. Ils se sont fait avoir plus souvent qu’à leur tour, tout comme la grande majorité des Autochtones au Canada.

D’ailleurs, la souveraineté de l’Arctique est encore un sujet très sensible pour les communautés du nord du Canada. Les déplacements restent encore des moments difficiles, des histoires de famille qu’on oublie trop souvent, alors qu’on parle de militarisation de l’Arctique ou du passage du nord-ouest. Dans le magazine Above & Beyond de mai-juin, journal du Canada Arctique, on y retrouvait un article très intéressant sur le point de vue inuit de la souveraineté de l’Arctique. Un point de vue qu’on devrait écouter, c’est quand même eux qui occupent le territoire!

Le plus troublant… c’est qu’aucun livre d’histoire dans les écoles du Québec ne fait une simple mention de cette histoire, ni de l’histoire de ce peuple fascinant, de cette culture riche et de l’importance de leur présence dans le Nord.

Une inspirante jeune fille

Une jeune Inuk du Nunavik était à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable à Rio de Janero, qui se termine aujourd’hui.

Elle a interpellé le Premier ministre Jean Charest sur le Plan Nord. « Vous êtes ici pour parler au monde comme si vous étiez la voix du Nunavik. Pourquoi les leaders du Nunavik ne sont pas avec vous dans cette campagne? Pourquoi avez-vous choisi de promouvoir le Plan Nord sans qu’ils soient présents? »

Dix jours, c’est trop peu pour prétendre comprendre la volonté d’un peuple… Mais depuis que je travaille sur ce reportage à propos des professionnels de la santé au Nunavik et au Groenland, j’ai discuté avec plusieurs Inuit dans les derniers mois et tous ceux à qui j’ai parlé demandent de l’argent dans les infrastructures, demandent d’être entendu par le gouvernement provincial sur la volonté de la population à exploiter leur territoire de subsistance. Ils craignent que ce développement ait un impact sur la faune, déjà fragilisée par les changements climatiques.

Cette jeune fille a pris la parole… une voix qui mérite d’être entendue, dont nous avons le devoir de mettre de l’avant.

Lisez son appel mentionné par le NunatsiaqOnline… et surtout les commentaires qui suivent… j’en ai encore la chair de poule tellement c’est inspirant!

Toundra la magnifique

Pour ma dernière journée à Kuujjuaq, mes hôtes m’ont emmené hors du village… jusqu’à ce que la route praticable en voiture se termine.

J’ai compris que le Nord, c’est plus que les communautés, c’est un territoire magnifique, une faune et une flore diversifiée… c’est l’immensité!

Voici quelques clichés que j’ai tenté de prendre, mais qui ne rendent pas justice à la magnificence de cet espace.

Population canine du Nord

On les entend parfois hurler à la lune, certains soirs. Ils se répondent, se parlent et font partie intégrante de la vie du village…

Les chiens du Nord sont magnifiques! La plupart des gens en possèdent un, même plusieurs. Ces chiens sont dociles et fidèles, et surtout très utiles pour les déplacements en hiver. Les chiens de traîneaux entraînés ne vivent pas dans le village, mais plutôt dans des chenils en plein air en dehors du village.

Les chiens ont une signification particulière au Nunavik… C’est qu’ils ont longtemps été essentiels à la survie des habitants du Nunavik, car ils étaient le seul moyen de transport des chasseurs. Dans les années 1950-60, des autorités provinciales ont tué de nombreux chiens de traîneaux, une tragédie qui a laissé des traumatismes très profonds chez les Inuit et une méfiance vers les autorités « du Sud » qui perdure encore aujourd’hui. Imaginez : la seule façon de nourrir votre famille est anéantie par des gens venus d’ailleurs…

Après de nombreuses années de demandes de compensation et d’excuses, la Société Makivik (qui gère la Convention de la Baie-James et du Nord québécois) obtient l’appui du gouvernement du Québec pour qu’un comité indépendant, présidé par le juge à la retraite Jean-Jacques Croteau, se penche sur la question de l’abattage des chiens de traîneauxEn 2010, il dépose son rapport très critique à l’endroit du gouvernement québécois, accusant celui-ci d’avoir abattu des chiens sans connaître l’importance de ceux-ci pour les communautés. Selon ce même rapport, la Gendarmerie Royale du Canada n’avait pas procédé à l’abattage systématique des chiens, par contre, elle est responsable par omission d’avoir fait quelque chose pour arrêter le massacre fait par des autorités provinciales.

En août 2011, le gouvernement du Québec signe une entente avec la Société Makivik reconnaissant les effets de l’abattage des chiens de traîneaux inuit (appelés Qimmiit) sur la société inuite et son mode de vie. Cette entente engage aussi le gouvernement du Québec à verser trois millions de dollars en compensation à la Société Makivik pour « soutenir les Inuits dans la protection et la promotion de leurs traditions et de leur culture. »

Dans à peine deux mois, ce sera le premier anniversaire de cette entente…

16 étudiants de Kuujjuaq terminent leur secondaire

Kuujjuaq était en fête hier soir, seize de leurs jeunes obtenaient leur diplôme d’études secondaires. Huit filles et huit garçons de l’école Jaanimmarik, fiers et avec un sentiment du travail accompli souriaient devant une salle comble à l’hôtel de ville Katittavik.

Je n’ai pas pu me rendre à cet événement hier… parce que certaines personnes en autorité m’ont dit qu’une journaliste n’était pas la bienvenue à cet événement. Une suite à ce que j’appelle la méfiance nordique. J’ai tout de même décidé de respecter ce choix de ne pas avoir de journaliste sur place « pour éviter de distraire les jeunes ». Par contre, j’aurais bien aimé pouvoir parler à ces étudiants… leur fierté et leur motivation doit être entendue.

Lors de cette cérémonie, plusieurs jeunes ont reçu des prix remis par Air Inuit et par une compagnie minière, New Millenium. Cette dernière fait d’ailleurs l’objet de vives critiques aujourd’hui dans le journal du Nord, NunatsiaqNews. Ces bourses n’ont pas seulement été attribuées à des finissants, mais aussi à des jeunes toujours aux études au secondaire pour les encourager à persévérer et pour contrer le décrochage scolaire.

Selon des petits oiseaux qui étaient sur place, la salle était pleine… beaucoup plus pleine que lors d’audiences publiques sur la création d’une route qui relierait Schefferville à Kuujjuaq! Cet événement positif pour toute la communauté donne un exemple aux plus jeunes et rend si fière cette communauté qui voit d’un oeil encourageant l’avenir de cette nouvelle génération qui a de grandes ambitions.

D’ailleurs, Joseph Flowers, un jeune homme de Kuujjuaq, Nunavik, vient d’obtenir son diplôme en droit de l’Université McGill. Il est le premier étudiant Inuk du Nunavik à avoir terminé un baccalauréat en droit./a>;

La plupart de ces jeunes finissants du secondaire souhaitent continuer leurs études au niveau postsecondaire. Certains se retrouveront au Sud au Collège Marie-Victorin ou John-Abbott, d’autres iront à Kangiqsualujjuaq (connu aussi sous le nom de George River) pour faire un secondaire 6, une année préparatoire aux études postsecondaires. D’autres finissants se trouveront des emplois dans la communauté où il y a des emplois disponibles, notamment parce que Kuujjuaq est le centre administratif de la région.