L’évolution sociale de la maternité

Billet écrit sur le coin d’une table à 5 heures le matin, le 21 octobre dernier…

Après un cinq heures de sommeil bien profond grâce à la grande aide de mon mari adoré, j’ai une pensée toute spéciale ce matin. Une pensée pour toutes ces femmes des générations passées qui, à cause des conventions sociales, ont dû s’occuper seules de leurs nouveaux-nés. J’ai une pensée pour ma grand-mère paternelle qui en a eu huit et à ma mère qui en a eu trois. Mais aussi à toutes ces femmes qui se sont inquiétées pour leur petit dernier sans pouvoir trouver de réconfort ou d’encouragement de leur conjoint tout simplement parce que ce n’était pas dans l’air du temps.

À toutes ces femmes, je dis « CHAPEAU »!

Je suis bien contente d’appartenir à cette génération où l’égalité entre les sexes semble de plus en plus possible, où les hommes prennent leur place dans le foyer familial, soit d’aider aux tâches ménagères et à l’éduction des enfants. Je suis fière que notre société ait évoluée à ce point, en si peu de temps… à peine 30 ans!

Et… merci à vous toutes qui avez combattus pour obtenir l’aide parternelle dont vous auriez dû vous aussi bénéficier.

C’est un bonheur pur et simple de savoir que l’homme de ma vie est derrière moi et m’appuie dans ce nouveau défi qu’est la maternité.

Alors nouveaux papas, sachez que le plus beau cadeau que vous pouvez donner a votre amour pour la remercier de vous avoir donné de la progéniture, c’est de l’appuyer inconditionnellement, lui dire que c’est une bonne maman lorsqu’elle en doute, et la réconforter lorsque les blues passent plus dans la porte…

C’est un cadeau précieux qu’elle appréciera et chérira!

Une petite pause…

Permettez-moi de faire une pause professionnelle, le temps de savourer les joies (et les délires) de la maternité. C’est que depuis lundi dernier, un petit paquet de joie rempli mes jours (et mes nuits). La petite Sophie est née le 18 octobre à midi 17. Elle est en pleine forme, la maman aussi… sommeil en moins.

Nous vivons des moments de bonheur magiques comme de faire une sieste à trois en pleine après-midi alors que le givre s’installe tranquillement dehors.

Ce blogue me servira de journal pour exprimer mes joies, mes craintes, mes délires et mes montées de lait concernant le merveilleux monde de la maternité.

Promis… de retour au journalisme… après la pause!

Stay tuned 😉

Charte du respect de la femme enceinte

Parce que j’en suis rendue au-delà de la limite des 40 semaines…

Parce que j’ai vécu une grossesse en santé et tout à fait normale…

Parce que ma première grossesse m’a fait réalisé plein de choses…

Je me permets d’émettre la Charte du respect de la femme enceinte:

1. Les affiches dans le métro avec une madame qui se tient le ventre, c’est pas de la décoration. Lorsque c’est inscrit siège prioritaire, ce devrait être pour les gens qui en ont besoin. J’ai souvent remarqué que les gens sont dans leur bulle dans le métro. Normal, moi aussi je n’ai pas me frotter à des étrangers en me réveillant ou après une journée de travail… Par contre, lorsqu’on est assis dans un siège prioritaire, c’est un devoir de vérifier si une personne n’aurait pas besoin de ce siège. Une question de respect et de civisme.

2. De plus en plus de commerçants offrent des places de stationnement réservées aux jeunes familles et aux femmes enceintes. Il n’y a pas de vignettes requises pour se stationner dans ces cases de stationnement… mais pensez-y donc deux fois avant de prendre ces places. Ça devient vraiment fâchant de remarquer que la p’tite madame au Wal-Mart s’est stationnée dans cet emplacement pour ne pas avoir à marcher 3 pas de plus avec son panier rempli de chips et de liqueur en spécial…

3. Avant d’être moi-même enceinte, je l’avoue, j’étais attendrie par les bedons ronds au centre d’achat. Mais de là à les pointer du doigt… NON! Ben oui, je suis enceinte jusqu’aux oreilles mais c’est pas une raison pour manquer de subtilité en arrachant le bras de votre conjoint au passage d’une baleine échouée se balançant tant bien que mal pour avancer!

4. C’est pas parce qu’on est enceinte qu’on a le goût de parler à des étrangers… Combien de fois je me suis fait demander par une caissière, une vendeuse et même des purs étrangers sur la rue : « C’est pour quand? » ou « C’est un garçon hein? » NON MAIS DE QUOI JE ME MÊLE! Le pire, c’est quand une caissière d’une épicerie m’a dit que je ne devrais pas flatter ma bédaine parce que j’allais gâter mon bébé… Gardez donc vos stupides réflexions et vos élans de diseuses de bonaventure pour deviner le sexe du bébé.

Voilà c’est dit!

Vous avez d’autres articles à ajouter à cette charte, be my guest 🙂

Aberration du système de santé

Être enceinte signifie de se retrouver dans le système de santé plus souvent qu’à son tour… Et ce ne sont pas toujours des expériences agréables!

J’ai parlé dans un billet précédent de mon expérience au centre de prélèvement du CLSC.

Et encore une fois, je suis au coeur d’une aberration de notre merveilleux système de santé!

Dès le début de la grossesse, il peut être difficile de se trouver un médecin qui va suivre la grossesse. Il manque d’obstétriciens au Québec, les médecins de famille sont débordés et le babyboom n’aide pas la situation. Ainsi, il peut être frustrant pour certaines femmes de se trouver un médecin de confiance… Oubliez les sages-femmes, la liste d’attente est si longue qu’il faut attendre parfois jusqu’à 20 ou 25 semaines de grossesse avant d’espérer avoir un suivi dans une maison des naissances.

La majorité des femmes n’auront donc même pas le choix d’accoucher à un hôpital plutôt qu’un autre… C’est le premier médecin qui a des disponibilités qui va faire l’affaire, on a pas le choix. J’aurais peut-être pu magasiner mais je craignais de ne pas pouvoir trouver un autre médecin. Ainsi, j’accoucherai à l’hôpital Sacré-Coeur, reconnu pour son département de traumatologie… pas pour sa maternité! En fait, la maternité est l’une des ailes les plus désuètes de l’hôpital selon certaines personnes… Et c’est là l’aberration… Je le sais pas, on ne peut pas visiter!

Autant on dit aux femmes enceintes de s’informer de l’hôpital et de ses procédures pendant les cours prénataux, autant certains hôpitaux, dont Sacré-Coeur, n’acceptent aucune visite de femmes enceintes avant qu’elles aient atteints 36 semaines de grossesse… À 36 semaines de grossesse, le bébé est considéré comme à terme et pourrait donc voir le jour en avance (même si je sais que c’est assez rare, surtout pour un premier bébé).

Pire! À l’hôpital Lakeshore, dans l’ouest de l’île, les femmes enceintes qui désirent visiter la maternité doivent payer 20$.

Ce double discours entre la première ligne et les services hospitaliers n’est pas le seul évidemment. Mais c’est tout de même assez frustrant d’attendre 20 minutes au téléphone pour prendre rendez-vous pour visiter un hôpital pour se faire finalement dire que l’horaire de septembre n’est pas encore disponible et qu’il faudra rappeler en août!

Cette histoire me rappelle aussi un article paru dans La Presse la semaine dernière concernant les échographies. Plusieurs patients n’arrivent pas à avoir des échographies alors que leur état de santé requiert un diagnostic. Certains peuvent attendre jusqu’à un an! On entendait sur toutes les tribunes que les femmes enceintes étaient en priorité… vraiment?

À mon premier rendez-vous chez le médecin, il me donne une prescription pour prendre rendez-vous pour l’échographie de 20 semaines. J’étais alors à 11 semaines. Ce que j’ignorais c’est qu’il fallait vraiment que je prenne rendez-vous  immédiatement pour être certaine d’avoir mon échographie à 20 semaines. Il faut donc appeler au minimum 2 mois à l’avance pour avoir une échographie foetale alors que dans le privé, un appel suffit pour avoir un rendez-vous la semaine suivante.

Il y a définitivement quelque chose qui cloche avec notre merveilleux système de santé universel si bien pensé… Et ce qui cloche, entre autres, ce sont les règles de la bureaucratie qui ralentissent le travail des professionnels. Ça prend un ménage et vite! Avec le vieillissement de la population et maintenant la procréation assistée remboursée par la RAMQ, va falloir être efficace dans le système de santé. Les soins aux femmes enceintes et aux personnes âgées devraient être une priorité!

Peut-on gâter un enfant?

Depuis les 17 dernières semaines, je suis bombardée… d’information et de questions. Enceinte, c’est comme si tout le monde se donnait le droit de raconter, critiquer, conseiller notre style de vie, notre alimentation, notre vision de la maternité. Même les livres sont contradictoires!

Confrontée chaque jour à des commentaires parfois réconfortants, d’autres fois troublants… il faut se faire une tête, une idée qui sera un équilibre, une ligne directrice, celle de la bonne santé mentale! À écouter tout le monde, toutes les femmes seraient de mauvaises mères parce que chaque mère a une façon différente de s’occuper de son enfant… Mais comme il n’y a pas de recette magique pour s’occuper d’un enfant, personne ne devrait avoir la conviction d’avoir raison!

Hier, je faisais tout bonnement mon épicerie… À la caisse, on m’informe que le melon d’eau est cher… Je me suis dit : « S’il est dans mon panier c’est que j’en veux! Le reste c’est pas de tes affaires! » Réflexion que je n’ai pas dit à haute voix… Depuis quelques semaines, la crevette semble demander du melon d’eau en quantité industrielle! Donc, au diable les dépenses 🙂

Pendant que la caissière passait mes articles à la caisse, une caissière derrière moi surgit, disant que je ne devrais pas me flatter la bédaine… Un crime de la maternité selon elle puisque ce geste pourtant banal pourrait « gâter » mon bébé et ainsi le rendre « accroc » aux bras. J’ai répondu du tac au tac qu’il était impossible de gâter un bébé… Ce que j’ai découvert lors de mon séjour en Chine, précisément lors de mes heures de bénévolat dans un orphelinat…

D’horribles recherches ont été faites pendant la Deuxième guerre mondiale. En visitant Dachau, un des camps de concentration nazis en Allemagne, j’ai appris que les nazis isolaient les femmes juives enceintes afin de faire des tests. Lorsque les femmes accouchaient, on les séparait en trois groupes. Un groupe de mères devait rendre leur bébé, qu’elles ne reverraient plus jamais. Ces bébés étaient dans une pièce où des infirmières s’occupaient d’eux sans donner d’affection. La majorité de ces bébés sont morts dans la première année de leur vie.

Le deuxième groupe de mères avait le droit de voir leur enfant pour les nourir sans leur donner davantage d’affection. Le troisième groupe de mères donnait l’affection que leur instinct leur disait de donner. Seuls les bébés qui ont eu l’affection de leur mère ont survécu sans séquelle… Donc est-ce qu’on peut vraiment gâter un enfant? NON…

L’affection donnée à un enfant est aussi vitale que lui donner à manger, surtout dans la première année de la vie de l’enfant. Est-ce qu’on peut arrêter de dire de telles âneries?

D’ailleurs, avant de donner tout conseil ou de juger comment une femme prendre soin de son enfant, regardez ce que vous auriez pu faire de mieux!

Fin de la montée de lait!

Ras-le-bol féminin

Alors que Britney Spears accepte que des photos d’elles non retouchées soient publiées à côté de celles retouchées pour permettre aux gens de voir la différence, encore beaucoup de magazines et de publicitaires prennent les filles pour des connes…

La magie de Photoshop rend la peau si brillante et si lisse qu’on pourrait croire à du plastique, et que dire de l’espace entre les deux cuisses… hum hum… c’est humainement impossible d’avoir 4-5 pouces de distance entre les deux cuisses, est-ce qu’on peut le réaliser et arrêter de les rapetisser SVP?

Le pire de tout… c’est quand je suis allée magasiner dans un très populaire – et l’un des seuls – commerce de vêtements de maternité au Québec. Alors que les femmes dans cette période de leur vie voient la balance atteindre des chiffres inégalés dans leur vie, on leur présente des telles images… Croyez-vous vraiment que cette photo représente une vraie femme enceinte respirant la santé et que cette photo n’a pas été retouchée dans Photoshop? Vraiment une honte!

Mise à jour: d’autres liens pertinents ont été proposés par des lectrices interpellées

Par Marie-Julie Gagnon, pour lire la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, une initiative québécoise qui, je l’espère sincèrement, aura un impact important sur les publicitaires et sur l’industrie de la mode.

http://www.communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Octobre2009/16/c7564.html
http://www.mcccf.gouv.qc.ca/index.php?id=4389

Par Claudine Jacques, l’article d’Annabelle Nicoud dans La Presse sur les femmes poupées et les poupées femmes

http://blogues.cyberpresse.ca/nicoud/2010/04/13/la-femme-poupee-et-les-poupees-femmes

Mise à jour 2: Je dois avouer que pendant l’année que nous étions à Los Angeles, j’ai dû ravaler souvent ma honte… La honte d’un corps que je réalisais pas vraiment à mon goût en voyant les femmes déambuler dans la ville du rêve. Pendant les trois premiers mois en Californie, j’avais beaucoup de mal à me trouver belle… mais j’ai ensuite balayé cette attitude du revers de la main, en me disant que je suis une grande fille et que je devrais avoir un regard plus critique face à l’industrie de la mode dans la ville du rêve (fake). Et à partir de ce moment, je me suis mise à voir pour vrai… À voir les femmes charcutées au bistouri, certaines opérations réussies, d’autres vraiment mal en point. Et c’est devenu une farce! Alors que les femmes à Los Angeles ne se cachent pas d’avoir chirurgies par-dessus chirurgies pour rester éternellement Barbie, ici, ça reste tabou.

On devrait plutôt en parler. On devrait plutôt défaire les préjugés – sans banaliser la chirurgie esthétique. Certaines femmes désirent avoir une chirurgie plastique pour se sentir belles, soit! D’autres désirent rester authentiques… Gardons plutôt l’oeil critique et arrêtons de gober ces images de femmes toutes refaites à l’ordinateur à des proportions qui sont dignes de Barbie – impossible à l’échelle humaine.

Grosse, grosse nouvelle…

Nous sommes le 3 février 2010… Ce billet ne sera publié qu’en mars pour une question de respect envers mes proches et aussi pour m’assurer que tout est en ordre… Mais je dois extérioser la nouvelle!!!

En octobre prochain, Charles et moi seront une vraie famille… Je suis enceinte 🙂

Écrire ce mot est encore très émotif pour moi. Nous sommes très heureux de cette nouvelle. Non seulement je suis une patate mariée, j’ai aussi une crevette dans mon ventre!

Je vous promets que ce blogue restera celui d’une journaliste indépendante, et pas celui d’une future maman qui étale ses états d’âmes ou ses trucs de grossesse. D’autres le font très bien…

Mais j’espère que vous me permettrez de temps en temps de m’émerveiller sur la beauté de la nature qu’est la maternité.

Mise à jour 16 mars 2010: Nous avons quitté Montréal il y a un an en tant que couple, à deux pour vivre un défi professionnel et personnel. Nous revenons avec de nombreuses boîtes en plus, un bagage incroyable et des souvenir plein la tête… mais aussi avec une personne de plus!

Mise à jour 25 mars 2010: Alors que nous devions au départ avoir ce bébé en Californie, j’avais fait quelques démarches pour obtenir un suivi de grossesse dans le système de santé américain. Pour nous être frotté à ce système choquant et vraiment contaminé de la mentalité capitaliste à son extrême (et au pire que cette mentalité peut nous amener), je vous en parlerai dans mes prochains billets. C’est d’autant plus d’actualité avec les votes qui s’effectuent à Washington ces derniers jours.