Doute, doute et redoute

Bien que le doute sur chaque geste de la vie quotienne débute pendant la grossesse, je n’ai jamais autant douté de mes capacités à accomplir quelque chose…

L’allaitement n’est pas chose facile, tout comme affronter les « solutions miracles » et les « conseils » de tous et chacun.

« Moi ça s’est passé comme ça… »

« Moi j’ai fait ça… »

« Tu devrais faire ça… »

« As-tu pensé à ça… »

Comme je le mentionnais dans la charte du respect de la femme enceinte, mêlez-vous donc de vos affaires! Si j’ai besoin de conseils, je suis encore saine d’esprit pour le demander aux ressources que je voudrai bien le faire.

Autrement, c’est de l’encouragement et du réconfort dont j’ai besoin et non d’une multitude de « solutions » qui n’en sont pas vraiment…

Je pourrais d’ailleurs sortir quelques règles d’or du respect de la femme qui allaite:

1. Ma production de lait ou l’état de mes seins ne devraient pas faire partie de conversations publiques à table ou au téléphone… et surtout pas lorsque je n’y suis pas mais que j’entends. C’est gênant, embarrassant, et surtout très inconfortable. C’est comme si on vous demandait messieurs : « Pis comment elle va ta quéquette? » Malaise :S

2. On comprend que vous voulez souhaiter la bienvenue à notre petit amour… On est bien contents de vous voir… Mais juste une heure à la fois!

3. Les histoires d’allaitement des autres ne m’intéresse pas. Ne pas raconter à moins que je demande ou que ce soit pertinent pour m’encourager.

4. Quand on entre dans une maison où se trouve un nouveau-né, c’est pas un bar… on baisse le ton et on limite les bruits.

5. Si on ne répond pas au téléphone, rappelez pas jusqu’à ce qu’on réponde… Si on ne répond pas, c’est qu’on est occupé. On a l’afficheur, on va vous rappeler quand on va être disponible.

6. Vous êtes bien gentils de nous envoyer vos voeux de bonheur et de félicitations par courriel, on apprécie… Mais fâchez-vous pas si on ne répond pas dans l’heure qui suit… on a des priorités à gérer!

Encore une fois, si vous avez d’autres règles d’or à ajouter, ne soyez pas gênés! J’adore vous lire 😉

Peut-on gâter un enfant?

Depuis les 17 dernières semaines, je suis bombardée… d’information et de questions. Enceinte, c’est comme si tout le monde se donnait le droit de raconter, critiquer, conseiller notre style de vie, notre alimentation, notre vision de la maternité. Même les livres sont contradictoires!

Confrontée chaque jour à des commentaires parfois réconfortants, d’autres fois troublants… il faut se faire une tête, une idée qui sera un équilibre, une ligne directrice, celle de la bonne santé mentale! À écouter tout le monde, toutes les femmes seraient de mauvaises mères parce que chaque mère a une façon différente de s’occuper de son enfant… Mais comme il n’y a pas de recette magique pour s’occuper d’un enfant, personne ne devrait avoir la conviction d’avoir raison!

Hier, je faisais tout bonnement mon épicerie… À la caisse, on m’informe que le melon d’eau est cher… Je me suis dit : « S’il est dans mon panier c’est que j’en veux! Le reste c’est pas de tes affaires! » Réflexion que je n’ai pas dit à haute voix… Depuis quelques semaines, la crevette semble demander du melon d’eau en quantité industrielle! Donc, au diable les dépenses 🙂

Pendant que la caissière passait mes articles à la caisse, une caissière derrière moi surgit, disant que je ne devrais pas me flatter la bédaine… Un crime de la maternité selon elle puisque ce geste pourtant banal pourrait « gâter » mon bébé et ainsi le rendre « accroc » aux bras. J’ai répondu du tac au tac qu’il était impossible de gâter un bébé… Ce que j’ai découvert lors de mon séjour en Chine, précisément lors de mes heures de bénévolat dans un orphelinat…

D’horribles recherches ont été faites pendant la Deuxième guerre mondiale. En visitant Dachau, un des camps de concentration nazis en Allemagne, j’ai appris que les nazis isolaient les femmes juives enceintes afin de faire des tests. Lorsque les femmes accouchaient, on les séparait en trois groupes. Un groupe de mères devait rendre leur bébé, qu’elles ne reverraient plus jamais. Ces bébés étaient dans une pièce où des infirmières s’occupaient d’eux sans donner d’affection. La majorité de ces bébés sont morts dans la première année de leur vie.

Le deuxième groupe de mères avait le droit de voir leur enfant pour les nourir sans leur donner davantage d’affection. Le troisième groupe de mères donnait l’affection que leur instinct leur disait de donner. Seuls les bébés qui ont eu l’affection de leur mère ont survécu sans séquelle… Donc est-ce qu’on peut vraiment gâter un enfant? NON…

L’affection donnée à un enfant est aussi vitale que lui donner à manger, surtout dans la première année de la vie de l’enfant. Est-ce qu’on peut arrêter de dire de telles âneries?

D’ailleurs, avant de donner tout conseil ou de juger comment une femme prendre soin de son enfant, regardez ce que vous auriez pu faire de mieux!

Fin de la montée de lait!