Peut-on gâter un enfant?

Depuis les 17 dernières semaines, je suis bombardée… d’information et de questions. Enceinte, c’est comme si tout le monde se donnait le droit de raconter, critiquer, conseiller notre style de vie, notre alimentation, notre vision de la maternité. Même les livres sont contradictoires!

Confrontée chaque jour à des commentaires parfois réconfortants, d’autres fois troublants… il faut se faire une tête, une idée qui sera un équilibre, une ligne directrice, celle de la bonne santé mentale! À écouter tout le monde, toutes les femmes seraient de mauvaises mères parce que chaque mère a une façon différente de s’occuper de son enfant… Mais comme il n’y a pas de recette magique pour s’occuper d’un enfant, personne ne devrait avoir la conviction d’avoir raison!

Hier, je faisais tout bonnement mon épicerie… À la caisse, on m’informe que le melon d’eau est cher… Je me suis dit : « S’il est dans mon panier c’est que j’en veux! Le reste c’est pas de tes affaires! » Réflexion que je n’ai pas dit à haute voix… Depuis quelques semaines, la crevette semble demander du melon d’eau en quantité industrielle! Donc, au diable les dépenses 🙂

Pendant que la caissière passait mes articles à la caisse, une caissière derrière moi surgit, disant que je ne devrais pas me flatter la bédaine… Un crime de la maternité selon elle puisque ce geste pourtant banal pourrait « gâter » mon bébé et ainsi le rendre « accroc » aux bras. J’ai répondu du tac au tac qu’il était impossible de gâter un bébé… Ce que j’ai découvert lors de mon séjour en Chine, précisément lors de mes heures de bénévolat dans un orphelinat…

D’horribles recherches ont été faites pendant la Deuxième guerre mondiale. En visitant Dachau, un des camps de concentration nazis en Allemagne, j’ai appris que les nazis isolaient les femmes juives enceintes afin de faire des tests. Lorsque les femmes accouchaient, on les séparait en trois groupes. Un groupe de mères devait rendre leur bébé, qu’elles ne reverraient plus jamais. Ces bébés étaient dans une pièce où des infirmières s’occupaient d’eux sans donner d’affection. La majorité de ces bébés sont morts dans la première année de leur vie.

Le deuxième groupe de mères avait le droit de voir leur enfant pour les nourir sans leur donner davantage d’affection. Le troisième groupe de mères donnait l’affection que leur instinct leur disait de donner. Seuls les bébés qui ont eu l’affection de leur mère ont survécu sans séquelle… Donc est-ce qu’on peut vraiment gâter un enfant? NON…

L’affection donnée à un enfant est aussi vitale que lui donner à manger, surtout dans la première année de la vie de l’enfant. Est-ce qu’on peut arrêter de dire de telles âneries?

D’ailleurs, avant de donner tout conseil ou de juger comment une femme prendre soin de son enfant, regardez ce que vous auriez pu faire de mieux!

Fin de la montée de lait!

Une heure trente pour 5 min

Une expérience vécue hier… J’étais pleine de bonnes intentions… Je suis contente et surtout fière d’être de retour au Québec pour, entre autre, notre système de santé. J’y crois et j’apprécie peut-être plus ce système pour avoir compris le système de santé américain.

J’étais donc pleine de bonnes intentions d’aller à mon CLSC pour mes prises de sang. J’aurais pu aller dans le privé mais je me disais que le CLSC est juste à côté de la maison, que ce devrait être la façon de faire…

Bref, me voilà au centre de prélèvement à l’ouverture, 7h30. Premier constat: on ne mentionne nul part (sauf sur la porte) que les portes ouvrent à 7h et que tu peux venir chercher ton numéro à partir de cette heure… À 7h20, il y avait déjà 81 personnes devant moi… Moi qui pensait qu’une prise de sang c’était une affaire de quelques minutes, j’ai changé rapidement d’idée.

Personnellement, depuis le début de ma grossesse, je dois manger rapidement au lever sinon je risque des conséquences plutôt inconfortables comme des nausées, des chaleurs, la vision d’étoiles et surtout éventuellement l’évanouissement… En voyant que je devrai attendre à jeun plus d’une heure, je vais voir la préposée pour savoir s’il y avait une procédure spéciale pour les femmes enceintes. Elle me dit que non, qu’au pire, si je ne me sentais pas bien, il y avait une civière où je pourrais m’étendre en attendant mon tour. Aucune compassion, ni même un sourire…

Dans cette salle d’attente, il y a principalement des personnes âgées… certaines sont très malades, portant un masque pour éviter de contaminer les autres. Je suis en santé et je me bats pour le rester avec un système immunitaire affaibli par la grossesse… ça m’inquiète moi de rester dans une salle où d’autres personnes sont malades, crachent, toussent… Je garde mes mains près de moi, touche à rien en espérant que les microbes viendront pas me visiter.

Après une heure trente d’attente, on appelle mon numéro… et une femme se glisse juste devant moi sans s’excuser… C’est que c’est une employée du CSSS. Elle a priorité sur tout ce beau monde qui attend comme des dindons dans un enclos… Avec sa petite carte d’employée, elle s’enregistre et passe ses prises en sang en moins de deux… Affamée et affaiblie, ma patience commençait à fondre comme neige au soleil.

Je retourne m’asseoir avec les autres dindons, espérant passer rapidement parce que les chaleurs et les étoiles venaient de faire leur apparition. Après 20 minutes d’attente de plus, j’ai dû me rendre à l’évidence que c’était le temps pour la civière. Je retourne voir la préposée, tout aussi accueillante qu’un bloc de glace. Je lui demande où est la civière… Elle me dit « De l’autre côté de cette porte à gauche ».

Je passe la porte… Les trois infirmières qui font les prélèvements sont là! Je m’allonge sur la civière, on me regarde… Une seule infirmière s’approche pour me demander si j’allais bien… « Euh pas vraiment, j’ai faim et je vois des étoiles! » En deux temps trois mouvements, ma prise de sang était terminée. L’infirmière me donne un jus d’orange et j’ai pu manger ma banane avant de retourner à la maison…

Cette expérience très désagréable me fait réfléchir… Ma première réaction à chaud: « La prochaine fois, tu peux être sûr que je vais aller dans le privé! »

Mais d’autres questions viennent ensuite… Pourquoi ne pas organiser des cliniques de prises de sang pour les femmes enceintes une heure par semaine question d’éviter de les mettre en contact avec des personnes très malades? À la limite, faire les prises de sang sur rendez-vous pour ce groupe de la population.

Pourquoi le CLSC n’offre pas de cliniques de prélèvements dans les centres d’hébergement? Ce serait beaucoup plus efficaces, les personnes âgées et malades n’auraient pas à se déplacer et ça éviterait d’engorger le centre de prélèvement du CLSC. Au total, j’ai vu un minimum de 120 personnes attendre pour une prise de sang ce matin du 12 avril au CLSC de Montréal-Nord, dont une majorité ayant une difficulté à se déplacer. Si on ciblait des clientèles chaque – lundi: personnes malades, mardi:personnes âgées, mercredi: femmes enceintes, jeudi et vendredi: autres populations, me semble que ce serait plus efficace…

Malgré tout le respect et l’admiration que j’ai pour un système de santé universel, cette expérience me fait réfléchir sur l’efficacité de celui-ci. Mais chaque fois qu’on veut changer les méthodes de travail, il y a toujours des cabochons qui sont réfractaires au changement… Et ces cabochons nuisent à l’efficacité d’un système qui se meurt.

Mise à jour 23 avril 2010: J’ai eu une discussion avec mon médecin hier… Il a vraiment trouvé toute cette histoire ridicule, alors qu’il croyait que le CLSC acceptait de passer les femmes enceintes en priorité. Il a mentionné que le CLSC devrait avoir un téléphone qui va sonner pour remettre les pendules à l’heure! J’espère aussi que ce sera fait… pas pour moi mais pour toutes les femmes enceintes du quartier.

Grosse, grosse nouvelle…

Nous sommes le 3 février 2010… Ce billet ne sera publié qu’en mars pour une question de respect envers mes proches et aussi pour m’assurer que tout est en ordre… Mais je dois extérioser la nouvelle!!!

En octobre prochain, Charles et moi seront une vraie famille… Je suis enceinte 🙂

Écrire ce mot est encore très émotif pour moi. Nous sommes très heureux de cette nouvelle. Non seulement je suis une patate mariée, j’ai aussi une crevette dans mon ventre!

Je vous promets que ce blogue restera celui d’une journaliste indépendante, et pas celui d’une future maman qui étale ses états d’âmes ou ses trucs de grossesse. D’autres le font très bien…

Mais j’espère que vous me permettrez de temps en temps de m’émerveiller sur la beauté de la nature qu’est la maternité.

Mise à jour 16 mars 2010: Nous avons quitté Montréal il y a un an en tant que couple, à deux pour vivre un défi professionnel et personnel. Nous revenons avec de nombreuses boîtes en plus, un bagage incroyable et des souvenir plein la tête… mais aussi avec une personne de plus!

Mise à jour 25 mars 2010: Alors que nous devions au départ avoir ce bébé en Californie, j’avais fait quelques démarches pour obtenir un suivi de grossesse dans le système de santé américain. Pour nous être frotté à ce système choquant et vraiment contaminé de la mentalité capitaliste à son extrême (et au pire que cette mentalité peut nous amener), je vous en parlerai dans mes prochains billets. C’est d’autant plus d’actualité avec les votes qui s’effectuent à Washington ces derniers jours.