Misère d’allaitement – final cut

C’est la fin… terminé les moments précieux avec bébé qui tète au sein. C’est drôle, je croyais que ça allait me faire plus de peine que ça. Depuis quelques semaines, j’y pensais. Mais chaque fois que j’y pensais, mes yeux s’embrouillaient. Je sentais l’échec qui me pendait au bout du nez. J’avais peur d’avouer que j’avais échoué de nourrir ma fille comme je le souhaitais. Et la culpabilité… tellement tiraillante.

Or, depuis les derniers jours, je me sens… libéré d’un étau dans lequel je m’étais moi-même installé. Une fatigue intense me traverse comme si les trois derniers mois d’angoisse et de culpabilité venaient de s’envoler. Ça fait deux jours que je dors au mêmes heures que bébé, comme quand elle venait tout juste de naître. J’étais épuisée, au bout du rouleau et je refusais de l’admettre.

C’est deux jours après l’arrêt de l’allaitement que je réalise que c’était la bonne décision… et que j’aurais dû la prendre il y a longtemps.

Je continue à tirer mon lait quatre fois par jour, et je n’ai jamais autant produit de ce nectar pour bébé. Alors ceux qui disent que le stress n’affecte pas la production de lait, ils sont dans le champs!

Ça été une décision déchirante mais il le fallait. Encore cette semaine, bébé ne prenait pas assez de poids, sa courbe de croissance commençait un périple de décroissance. Il fallait faire vite, il faut la gaver encore chaque jour.

Il faut savoir s’avouer vaincu. Je suis fière de l’avoir fait malgré un petit pincement au coeur. Bref, toutes les histoires d’allaitement ne se terminent pas bien. Et c’est important de le dire aussi… pour que ces femmes qui ne réussissent pas ne restent pas avec des « j’aurais donc dû » dans la tête jusqu’à ce que bébé entre à l’école!

Je croyais que m’acharner allait me faire réussir. Mais je me suis trompée. Je l’admets maintenant. Alors on regarde en avant… bébé a besoin de moi, sa maman, en grande forme, prête à répondre à ses balbutiements et ses sourires. C’est ça l’important.

Misère d’allaitement, part II

Pour faire suite à un billet « Misère d’allaitement » écrit il y a deux mois et demi…

Parce que ça ne pouvait pas être juste difficile pendant quelques semaines et devenir plus facile après…

Encore une fois, je suis au prise avec des difficultés d’allaitement. Le 22 décembre dernier, ma fille s’est fait coupé le frein de langue, la petite ligne de peau qui relie le fond de la bouche à la langue (sous la langue). À la clinique d’allaitement de l’hôpital général juif, on m’a dit que son frein de langue était trop court, ce qui l’empêchait de bien têter.

Un mois plus tard, il n’y a pas vraiment de changement. Bébé ne prend toujours pas le sein sans la téterelle et maman commence à en avoir ras-le-pompon de la téterelle… et surtout de bébé qui têtouille pendant des heures chaque jour sans vraiment boire.

Parce que c’est ce que je viens de découvrir… Parce que j’ai décidé de tirer mon lait pour voir combien bébé boit chaque jour. Hé bien, elle ne boit pas 4 onces par boire comme je l’avais anticipé… Voilà la raison pour laquelle elle ne prend pas assez de poids! Elle n’a pas faim. On fait quoi dans ce temps-là? On l’oblige?On la gave comme un canard destiné à faire du foie gras? J’hésite…

Encore une fois, les doutes surgissent… Est-ce que je lui donne tout ce dont elle a besoin? C’est quand même un bébé de petit poids. D’ailleurs, les médecins à la clinique d’allaitement préfèrent la garder sous surveillance. Je devrai retourner à l’hôpital dans 10 jours pour m’assurer que bébé prend toujours du poids.

Non mais c’est fatiguant toute cette saga de l’allaitement. Me semble qu’avoir un bébé serait si simple s’il n’y avait pas toutes ces difficultés à la nourrir. Parce que nourrir un bébé, ça revient souvent pendant une journée…

Mais je continue à m’acharner… à vouloir lui donner mon lait, en majorité. Je suis têtue comme ça des fois.

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Concernant l’allait-in qui a eu lieu cette semaine… Je suis d’accord que le droit à l’allaitement devrait être universel et partout… où l’adulte a le droit de manger. Si l’adulte peut manger, pourquoi pas le bébé? C’est un peu ridicule que certains s’offusquent alors qu’on parle de nutrition, n’est-ce pas?

Par contre, personnellement, je ne suis pas du genre à me sortir le sein en public. Je me garde une petite gêne soit une petite couverture ou un tablier d’allaitement pour couvrir bébé. Parce qu’allaiter est un moment d’intimité avec bébé. Même si je suis en plein centre d’achat ou au restaurant, l’allaitement se fait discrètement sous la couverture pour garder ce moment personnel, un moment de resssourcement entre mon bébé et moi. C’est mon opinion sur la question.

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D’ailleurs, j’aimerais vous faire part de mon expérience d’allaitement dans un lieu public, mais pas si public que ça. J’étais chez mon médecin de famille. J’attendais pour les vaccins de bébé. J’attendais, j’attendais, j’attendais… bébé a eu faim. Je me suis isolée dans la salle de jeux pour les enfants où seule une maman jouait avec sa fille de 4 ans. Je n’avais pas de petite couverte, ni mon tablier… une journée avec la tête dans les nuages sûrement!

Je me suis parlée. « Tu as le droit d’allaiter, vas-y tu peux le faire, sors-le et donne-lui, elle a faim, c’est important ». Parce que je ne peux pas juste sortir le sein vite vite et le donner à bébé. Je dois mettre la téterelle, m’assurer qu’elle est bien installée avant de donner le sein à bébé. Bref, tout allait bien jusqu’au moment où un homme arrive avec ses deux petits garçons pour jouer… Malaise… Il me regarde bizarrement… je me sens tout-à-coup moins confiante… Je regarde autour de moi et je comprends… Je vois sa femme qui se dirige vers lui… voilée… Alors que sa femme se cache les cheveux, symbole de désir et de séduction; moi je me sors le sein en public… Il pouvait bien me regarder croche!

Mais je soutiens son regard, me disant que j’ai le droit d’allaiter, que je suis chez le médecin et que ce n’est qu’un acte naturel… Je pousse un soupir de soulagement lorsque les garçons perdent intérêt dans les jouets et retournent dans la salle d’attente. OUF!

Je ne veux pas entrer dans un discours raciste ni intolérant… Ce n’est vraiment pas mon genre. Mais cette situation m’a vraiment troublée et je me questionne sur certaines luttes qu’on tente de faire ici au Québec. Le droit à l’allaitement en est une. Et si on reculait dans ces luttes à cause de l’immigration de certains peuples… Ça fait réfléchir, non? L’éducation et le débat public sont les outils de la tolérance. Il faut absolument parler de ces choses sur la place publique afin que les Québécois d’origine étrangère assimilent les « dos and don’ts » de notre société. Bref, est-ce que cet épisode de l’allait-in a eu trop de visibilité médiatique? Non, pas du tout…

Déjà des petits chocs…

Pas de très gros chocs parce qu’on est revenu qu’hier… Mais comme mon père, j’adore me promener dans les épiceries car ce sont les commerces les plus significatifs sur la culture (et les différences de culture) d’un endroit – même d’un quartier.

Il fallait bien remplir le frigo à un certain moment! Et à ma grande surprise, il faut payer pour des sacs en plastique!! À mon IGA si tu n’as pas tes sacs, il faut les payer; contrairement à la Californie – qu’on pense avant-gardiste en environnement – mais qui est en réalité un véritable consommateur de sacs en plastique…

Donc j’ai compris, la prochaine fois j’amène mes sacs! Au moins, ceux qu’on paye à 5 cents sont de meilleures qualité qu’avant!

Une autre chose nous a frappé à l’épicerie ce matin… le prix des produits laitiers. Aux États-Unis, un gallon de lait se vend entre 1.99$ et 2.99$ alors qu’ici c’est un minimum de 5.49$… Et c’est pas le taux de change responsable d’une telle différence!! Non mais c’est le double! Même chose pour le beurre, le fromage et le yogourt. J’avoue par contre que je suis prête à payer plus cher pour un yogourt qui goûte bon… Les Américains ont pas encore compris comment en faire du bon!

Les différences de prix pour les produits laitiers sont probablement reliées au manque de compétition et aux quotas imposés aux agriculteurs québécois. Mais c’est vraiment choquant de voir une telle différence de prix…

D’autres coups de gueule ou de coeur sont certainement à venir dans les prochains jours!