Misère d’allaitement – final cut

C’est la fin… terminé les moments précieux avec bébé qui tète au sein. C’est drôle, je croyais que ça allait me faire plus de peine que ça. Depuis quelques semaines, j’y pensais. Mais chaque fois que j’y pensais, mes yeux s’embrouillaient. Je sentais l’échec qui me pendait au bout du nez. J’avais peur d’avouer que j’avais échoué de nourrir ma fille comme je le souhaitais. Et la culpabilité… tellement tiraillante.

Or, depuis les derniers jours, je me sens… libéré d’un étau dans lequel je m’étais moi-même installé. Une fatigue intense me traverse comme si les trois derniers mois d’angoisse et de culpabilité venaient de s’envoler. Ça fait deux jours que je dors au mêmes heures que bébé, comme quand elle venait tout juste de naître. J’étais épuisée, au bout du rouleau et je refusais de l’admettre.

C’est deux jours après l’arrêt de l’allaitement que je réalise que c’était la bonne décision… et que j’aurais dû la prendre il y a longtemps.

Je continue à tirer mon lait quatre fois par jour, et je n’ai jamais autant produit de ce nectar pour bébé. Alors ceux qui disent que le stress n’affecte pas la production de lait, ils sont dans le champs!

Ça été une décision déchirante mais il le fallait. Encore cette semaine, bébé ne prenait pas assez de poids, sa courbe de croissance commençait un périple de décroissance. Il fallait faire vite, il faut la gaver encore chaque jour.

Il faut savoir s’avouer vaincu. Je suis fière de l’avoir fait malgré un petit pincement au coeur. Bref, toutes les histoires d’allaitement ne se terminent pas bien. Et c’est important de le dire aussi… pour que ces femmes qui ne réussissent pas ne restent pas avec des « j’aurais donc dû » dans la tête jusqu’à ce que bébé entre à l’école!

Je croyais que m’acharner allait me faire réussir. Mais je me suis trompée. Je l’admets maintenant. Alors on regarde en avant… bébé a besoin de moi, sa maman, en grande forme, prête à répondre à ses balbutiements et ses sourires. C’est ça l’important.

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6 réflexions sur “Misère d’allaitement – final cut

  1. Donner le biberon permet de plonger ton regard dans les yeux de ta fille. L’allaitement ne permet pas cette douce communion. 🙂

  2. Je suis contente de lire que tu sois sereine dans tout ça. Comme tu le dis si bien, l’important c’est ta présence auprès de ton bébé.

  3. Au risque de me répéter: je n’ai pas allaité mes 2 adorables monstres. Par contre, chaque jour, je prends des décisions qui me permettent de passer du temps de qualité avec eux (changement de travail, choix de restreindre les activités sociales et les sorties (en fait, mes sorties sont souvent des implication sociales pour mes enfants: CPE, école), participation des enfants à l’élaboration des repas)… Je ne me culpabilise pas de ne pas avoir allaité, je sais que les enfants ont le meilleur de moi en ce moment. Avec le nouveau professeur à Elyse, on doit compléter un document qui présente les enfants: « Je me présente ». Jamais ils ne posent la question s’ils ont été allaités ou non. Par contre, on me demande ce que fait Elyse comme passe-temps, activités sportives, ses intérêtes, les membres de sa famille.. et ça, parce que je passe beaucoup de temps avec elle, je suis capable de répondre à tout ça!!! Et mes enfants, ce sont les plus beaux du monde!

  4. Je suis contente de lire que tu te sens mieux et que ta fille pourra reprendre son poids. C’est super l’allaitement, mais la culpabilité indue quand ce n’est plus possible, EXIT ! Les bébés ont d’abord besoin d’une maman reposée, détendue, heureuse, et les discours culpabilisants vont à l’encontre de cette évidence. Prends bien soin de toi 🙂
    http://unefamilledelaterre.hautetfort.com/archive/2007/07/31/causes-transgresser-les-regles-pour-mieux-allaiter.html

  5. Il n’y a pas d’échec, il n’y a pas d’abandon de quelque chose, il y a simplement un état de fait, une réalité. Tu as fait exactement ce qu’il fallait faire, tu n’as aucun regret à avoir. Continue de suivre ton instinct tout simplement 🙂

  6. J’ai allaité 3 jours… et je n’ai à ce moment créé aucun attachement avec mon fils, j’avais peur de ce moment ou je devrais l’allaiter, parce que je détestais ca, parce qu’il me faisait mal, parce que j’allaitais seulement parce que je ne voulais pas que l’on me voit comme une mauvaise mere. Seulement par pression sociale. Pendant les 3 jours suivant l’accouchement, j’ai pleuré et angoissé jour et nuit parce que ce bébé représentait que douleurs,angoisses et échec à cause de cet allaitement qui ne fonctionnait pas ni pour lui ni pour moi. Une merveilleuse infirmière, avant mon départ de l’hopital a tout saisi sans que je parles. Elle m’a comprise et m’a dit, ce qu’elle n’avait sans doute pas le droit de me dire dans un hopital ami des bébés, que mon bébé avait surtout besoin d’une maman heureuse et que si moi je n’étais pas bien dans l’allaitement, je pouvais choisir le biberon. Le jour ou j’ai donné le premier biberon à Hugo est aussi le jour où j’ai pu lui dire je t’aime pour la première fois. Celui ou libérée de kilos de culpabilité j’ai pu le voir comme mon fils et non comme une douleur.

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