Ressources en allaitement

Des fois, l’allaitement c’est difficile… ce n’est pas donné à tous d’avoir une belle expérience. Et contrairement à ce que certaines disent, l’allaitement n’est pas naturel pour tous. C’est naturel pour les femmes qui n’ont pas de difficultés. C’est naturel pour les femmes qui n’ont pas à se battre chaque jour avec leur conscience. C’est naturel pour les femmes qui ne s’inquiètent pas parce que leur bébé ne prend pas assez de poids. C’est naturel pour les femmes qui n’ont pas à tirer leur lait entre les têtées pour augmenter leur production. C’est naturel pour les femmes qui n’ont pas à utiliser de téterelles pour que bébé prenne le sein. C’est naturel pour les femmes qui n’ont pas été obligé de nourrir bébé à la préparation lactée le temps de trouver le problème de l’allaitement. C’est naturel pour les femmes qui ne sont pas gercées du ventre au menton… Bref, depuis que j’écris sur le sujet, je réalise que c’est naturel pour une minorité de femmes.

Alors merci de cesser de dire que l’allaitement est naturel… Ça fait juste augmenter la culpabilité des femmes pour qui l’allaitement est un cauchemar.

Personnellement, l’accouchement a été plus facile que l’allaitement… c’est pour dire…

Je trouve ça difficile parce qu’à chaque fois que je pense que ça va bien, un autre obstacle surgit. Encore la semaine dernière… « Madame, votre bébé n’a pris que 100 grammes dans les 12 derniers jours. On ne s’inquiète pas pour sa santé, mais à son âge, ça devrait être plus que ça. » Et la culpabilité revient. Maudites statistiques…

Comme l’allaitement est difficile et que je me bats constamment avec moi-même pour continuer à donner à bébé mon lait, j’ai dû chercher et finalement trouvé quelques ressources très utiles, outre celles déjà très connues comme la Ligue de la Leche ou Nourri-Source.

Laissez-moi vous partager mes trouvailles:

Il y a tout d’abord la bible de l’allaitement… Bien vivre l’allaitement est un livre mais aussi un blogue où on retrouve toutes sortes de conseils pratiques, d’informations utiles et de témoignages qui font chaud au coeur quand ça va moins bien. Rien de culpabilisant, tout repose dans le bien dit.

Dans certains CLSC (pas le mien), il y a des haltes allaitement. Une après-midi par semaine, des mamans de retrouvent entre elles avec leur bébé pour discuter allaitement (ou d’autres choses). Sur place: une infirmière qualifiée prête à donner des conseils et des marraines d’allaitement (des mamans expérimentées) prêtes à vous écouter. Si vous avez ce service dans votre CLSC, allez-y! Montréal-Nord n’est pas assez intelligent pour avoir ce service, alors je squatte celui de Villeray où l’infirmière est une perle. Ça fait du bien de discuter avec d’autres mamans. Des fois c’est frustrant de voir que l’allaitement se passe bien pour d’autres mamans… (j’ai même senti la jalousie saillir à plus d’une reprise). Mais au bout du compte, chaque fois que je m’y rends, je me sens mieux, plus confiante et surtout prête à surmonter le prochain obstacle.

La clinique d’allaitement Goldfarb de l’Hôpital Général Juif est unique… au Québec, selon mes connaissances. Cette clinique fonctionne avec le seul financement d’un lègue testamentaire d’une famille qui voulait donner des ressources en allaitement. Pour y avoir un rendez-vous, il faut être référé par un professionnel de la santé. Le problème, c’est que la majorité des professionnels de la santé ignorent ce service… Même lorsque je me suis présentée avec ma fille à l’urgence de l’hôpital Sainte-Justine en octobre dernier alors qu’elle n’avait que deux semaines, aucun pédiatre ne m’y a référé.

C’est un problème pour les mamans qui, comme moi, ont des difficultés mais c’est aussi un soulagement car la clinique ne pourrait pas supporter une meilleure publicité… il manque déjà de personnel, de temps et de moyens pour aider les mamans qui y sont référées présentement. Des médecins dévoués, des consultantes en lactation généreuses et attentionnées font de cette clinique une perle de ressources pour les mamans qui cherchent une expertise en allaitement à Montréal.

Alors que Québec prône dans ses publications que les mamans devraient donner exclusivement leur lait à leur bébé pour les six premiers mois, les ressources mises en place par le gouvernement ne sont pas très impressionnantes… voire même inexistance dans certains quartiers. On préfère mettre de l’argent dans la procréation assistée… Mais ça c’est un autre débat.

Et que feront toutes ces nouvelles mamans qui voudront obtenir de l’aide avec l’allaitement? J’ai vraiment l’impression que le gouvernement ne réalise pas l’impact du double discours. C’est bien beau recommander des choses, mais en pratique, ça prend des ressources…

Misère d’allaitement, part II

Pour faire suite à un billet « Misère d’allaitement » écrit il y a deux mois et demi…

Parce que ça ne pouvait pas être juste difficile pendant quelques semaines et devenir plus facile après…

Encore une fois, je suis au prise avec des difficultés d’allaitement. Le 22 décembre dernier, ma fille s’est fait coupé le frein de langue, la petite ligne de peau qui relie le fond de la bouche à la langue (sous la langue). À la clinique d’allaitement de l’hôpital général juif, on m’a dit que son frein de langue était trop court, ce qui l’empêchait de bien têter.

Un mois plus tard, il n’y a pas vraiment de changement. Bébé ne prend toujours pas le sein sans la téterelle et maman commence à en avoir ras-le-pompon de la téterelle… et surtout de bébé qui têtouille pendant des heures chaque jour sans vraiment boire.

Parce que c’est ce que je viens de découvrir… Parce que j’ai décidé de tirer mon lait pour voir combien bébé boit chaque jour. Hé bien, elle ne boit pas 4 onces par boire comme je l’avais anticipé… Voilà la raison pour laquelle elle ne prend pas assez de poids! Elle n’a pas faim. On fait quoi dans ce temps-là? On l’oblige?On la gave comme un canard destiné à faire du foie gras? J’hésite…

Encore une fois, les doutes surgissent… Est-ce que je lui donne tout ce dont elle a besoin? C’est quand même un bébé de petit poids. D’ailleurs, les médecins à la clinique d’allaitement préfèrent la garder sous surveillance. Je devrai retourner à l’hôpital dans 10 jours pour m’assurer que bébé prend toujours du poids.

Non mais c’est fatiguant toute cette saga de l’allaitement. Me semble qu’avoir un bébé serait si simple s’il n’y avait pas toutes ces difficultés à la nourrir. Parce que nourrir un bébé, ça revient souvent pendant une journée…

Mais je continue à m’acharner… à vouloir lui donner mon lait, en majorité. Je suis têtue comme ça des fois.

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Concernant l’allait-in qui a eu lieu cette semaine… Je suis d’accord que le droit à l’allaitement devrait être universel et partout… où l’adulte a le droit de manger. Si l’adulte peut manger, pourquoi pas le bébé? C’est un peu ridicule que certains s’offusquent alors qu’on parle de nutrition, n’est-ce pas?

Par contre, personnellement, je ne suis pas du genre à me sortir le sein en public. Je me garde une petite gêne soit une petite couverture ou un tablier d’allaitement pour couvrir bébé. Parce qu’allaiter est un moment d’intimité avec bébé. Même si je suis en plein centre d’achat ou au restaurant, l’allaitement se fait discrètement sous la couverture pour garder ce moment personnel, un moment de resssourcement entre mon bébé et moi. C’est mon opinion sur la question.

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D’ailleurs, j’aimerais vous faire part de mon expérience d’allaitement dans un lieu public, mais pas si public que ça. J’étais chez mon médecin de famille. J’attendais pour les vaccins de bébé. J’attendais, j’attendais, j’attendais… bébé a eu faim. Je me suis isolée dans la salle de jeux pour les enfants où seule une maman jouait avec sa fille de 4 ans. Je n’avais pas de petite couverte, ni mon tablier… une journée avec la tête dans les nuages sûrement!

Je me suis parlée. « Tu as le droit d’allaiter, vas-y tu peux le faire, sors-le et donne-lui, elle a faim, c’est important ». Parce que je ne peux pas juste sortir le sein vite vite et le donner à bébé. Je dois mettre la téterelle, m’assurer qu’elle est bien installée avant de donner le sein à bébé. Bref, tout allait bien jusqu’au moment où un homme arrive avec ses deux petits garçons pour jouer… Malaise… Il me regarde bizarrement… je me sens tout-à-coup moins confiante… Je regarde autour de moi et je comprends… Je vois sa femme qui se dirige vers lui… voilée… Alors que sa femme se cache les cheveux, symbole de désir et de séduction; moi je me sors le sein en public… Il pouvait bien me regarder croche!

Mais je soutiens son regard, me disant que j’ai le droit d’allaiter, que je suis chez le médecin et que ce n’est qu’un acte naturel… Je pousse un soupir de soulagement lorsque les garçons perdent intérêt dans les jouets et retournent dans la salle d’attente. OUF!

Je ne veux pas entrer dans un discours raciste ni intolérant… Ce n’est vraiment pas mon genre. Mais cette situation m’a vraiment troublée et je me questionne sur certaines luttes qu’on tente de faire ici au Québec. Le droit à l’allaitement en est une. Et si on reculait dans ces luttes à cause de l’immigration de certains peuples… Ça fait réfléchir, non? L’éducation et le débat public sont les outils de la tolérance. Il faut absolument parler de ces choses sur la place publique afin que les Québécois d’origine étrangère assimilent les « dos and don’ts » de notre société. Bref, est-ce que cet épisode de l’allait-in a eu trop de visibilité médiatique? Non, pas du tout…