Tour d’horizon de Nuuk, Groenland

Première impression de Nuuk, c’est beaucoup plus gros que je l’imaginais! Nous venons tout juste de faire un tour de la ville en voiture… et la ville est très dispersée malgré ses 15 000 habitants. C’est que des collines entourent la plus vieille partie de la ville. Il est donc nécessaire de construire les maisons et les appartements dans d’autres secteurs. Plutôt que de construire les maisons sur le pergélisol, comme à Kuujjuaq, ici les maisons sont construites uniquement sur le roc pour éviter que les structures ne bougent. On y construit de plus en plus de blocs d’appartements pour subvenir aux besoins croissants de logements, un problème présent ici aussi. Bien que la construction ne cesse d’augmenter, les besoins pour subvenir aux familles nombreuses augmentent plus rapidement que la construction qui s’échelonne seulement sur quelques mois par année.

Les maisons de couleurs différentes donnent l’impression d’un village sous un arbre de Noël, avec les petites collines et l’église près de la mer. Tout près de l’église, le Musée national du Groenland raconte l’histoire de ce vaste territoire. On y parle de la vie des habitants du Groenland avant l’arrivée des Danois en 1721. Il y a évidemment les Inuit, mais aussi les Vikings qui ont occupé une partie du sud du Groenland entre 943 et environ 1450. Leur disparition est d’ailleurs encore un sujet controversé auprès des scientifiques. 

Tout près du musée se trouve la cathédrale de Nuuk… la notion de cathédrale prend un tout autre sens après avoir vu cette petite église de bois très simple construite en 1849. Tout à côté, sur une colline visible d’une grande partie de la ville, se dresse la statue de Hans Egede, un missionnaire Dano-Norvégien, fondateur de Nuuk (Gothtab, qui signifie bon espoir – good hope). Ce missionnaire protestant souhaitait aller au Groenland pour évangéliser les Vikings. À son arrivée en 1721, il a rapidement constaté que le seul peuple habitant au Groenland était les Inuit!

Au premier coup d’oeil, Nuuk apparaît comme une ville de petite taille qu’on pourrait retrouver partout dans le monde… mais son charme est définitivement la vue sur la mer et ses quelques petits icebergs qui flottent au loin. J’imagine la vue l’hiver, le paysage doit être féérique!

Le périple du Nord se poursuit

Dans moins d’une semaine, je foulerai la terre du Groenland pour la première fois… pour deux petites semaines. La pointe sud du Groenland est à la même lattitude que le Nord du Québec… Ce sera des vacances-travail disont plus exotiques, mais avec des paysages extraordinaires, de l’air pur et de la tranquilité.

J’arriverai tout d’abord à Nuuk, sa capitale après une escale à Copenhague. J’y découvrira pour la première fois le fameux soleil de minuit. Dormir à Kuujjuaq alors qu’il faisait jour jusqu’à 22h30 m’a donné du fil à retordre… alors j’ai bien hâte de voir l’effet de ce soleil de minuit sur mon sommeil!

Six jours à Nuuk pour rencontrer des professionnels de la santé, des spécialistes… et aussi un peu de temps pour visiter la ville!

Ensuite, c’est le grand départ vers le sud du Groenland. C’est avec un opérateur de tourisme que nous nous dirigerons vers des petites communautés vieilles de plus de 1000 ans, sur les traces des Vikings, et surtout pour rencontrer des gens dans ces petits villages accessibles seulement par bateau l’été ou par hélicoptère.

Je visiterai ainsi Narsarsuaq et ses 160 habitants (où se trouve l’aéroport), Qaqortoq, le village le plus populeux du sud de Groenland, avec ses 3200 habitants, et ensuite, ce sera sur les traces de Érik le Rouge que nous nous rendrons à Igaliku, village de 55 habitants qui semble absolument charmant. Nous aurons l’occasion de se promener en bateau pour voir un glacier!

 

Alors restez branché, je tenterai de bloguer même si la connection internet risque de ne pas être toujours disponible. J’y metterai des photos, promis!

Le recrutement des professionnels de la santé dans le nord

C’est le sujet de mon reportage. C’est la raison pour laquelle je suis à Kuujjuaq présentement.

En relisant les billets écrits depuis l’obtention de cette bourse des IRSC qui me permet de faire ce reportage, j’ai réalisé que je n’ai pas expliqué le dit reportage.

Il porte donc sur les professionnels de la santé dans les communautés du Nunavik et du Groenland. Je veux comprendre  les différences de pratiques, les incitatifs pour travailler au nord, les possibilités d’emploi selon les domaines, les prérequis pour travailler en région dite éloignée, et aussi les défis que représentent la pratique dans les villages où le point de services de soins de santé n’est pas un hôpital. Je veux aussi comprendre l’importance de la connaissance de la culture inuite dans la santé des communautés.

Je souhaite aussi savoir les difficultés des Nunavimiut à devenir des professionnels de la santé: les études post-secondaires au sud, le retour dans la communauté après les études, le logement, devenir membre d’un ordre professionnel… Je souhaite parler avec des Nunavimiut pour avoir leur point de vue et leur expérience à ce sujet.

Tous ces aspects seront abordés du point de vue du Nunavik, mais aussi au Groenland, où je me rendrai en juillet.

Je ne vous en dis pas plus… pour garder le suspense jusqu’à sa publication, à l’automne!

Le cercle vicieux de l’alimentation du Nord

Le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Olivier Schutter, était au Canada pour présenter son rapport sur l’état de la faim dans notre grand pays d’abondance.

Or, le rapport n’est pas si rose. Insécurité alimentaire, malnutrition, iniquité, inaccessibilité… les mots sont durs et le gouvernement fédéral a de la difficulté à les avaler.

Pourtant, lors de la conférence de l’Année polaire internationale, plusieurs conférences parlaient de l’insécurité alimentaire, notamment dans les communautés du Nord. Parce qu’il y a un réel problème! Et c’est un couteau à double tranchant.

D’un côté, des mouvements antichasse aux phoques dénoncent la cruauté envers les animaux. D’un autre, des Inuit tentent de subvenir aux besoins alimentaires de leur famille et de leur communauté. Et il y a un troisième tranchant : il y a tellement de contaminants dans le gras des phoques que des chercheurs du Groenland (dont un médecin que j’ai personnellement rencontré) mentionnent qu’il faut peut-être revoir les habitudes alimentaires des Groenlandais qui mangent du phoque quotidiennement.

Ensuite, il y a l’insécurité alimentaire due au manque de revenu. Saviez-vous que les côtelettes de porc se vendent 27 $ le kilo à Iqaluit? À Montréal, on paye environ 11 $ le kilo. Sans compter que les denrées périssables sont plus ou moins disponibles de façon continue, selon la météo. Alors, on retrouve quoi dans les marchés du Nord du Canada? Des produits transformés, remplis de sel, de gras trans et autres cochonneries qu’on tente d’éliminer dans notre alimentation.

Après tout ça, on se demande pourquoi la santé des Inuit se détériore! Parce que l’alimentation, c’est la base de la santé. Une bonne alimentation permet une meilleure santé. Et si les communautés du Nord n’arrivent pas à obtenir des denrées de qualité, à coût abordable, leur santé n’est pas près de s’améliorer.

Il y a certaines initiatives très intéressantes comme le comptoir alimentaire communautaire. Cet organisme présent dans quelques communautés permet de payer des chasseurs et des pêcheurs pour rapporter la nourriture locale, fraîche et de bonne qualité à la communauté. C’est basé sur les principes ancestraux de partages de richesses.

Et il y a les organismes de soupes populaires qui tentent d’offrir des repas chauds à ceux qui n’ont pas les moyens de nourrir leur famille. Selon un sondage fait à Iqualuit, 53 % des gens sondés ont dû envoyer leurs enfants manger chez une autre personne parce qu’ils n’avaient pas assez à manger. Mais ces programmes vivent sur des subventions… fédérales… Le même gouvernement qui nie le problème d’insécurité alimentaire. Vraiment, un cercle vicieux s’est installé au Nord, depuis déjà trop longtemps.

Note: J’ai mentionné des sondages et initiatives au Nunavut seulement car il y avait une présentation à la conférence sur l’Année internationale sur le sujet. Il est possible que d’autres communautés du Nord du Canada, notamment au Nunavik aient les mêmes chiffres/services.

Comprendre le Nord

Ça fait plus d’un mois que je vous cache quelque chose… quelque chose de gros! Mais c’est enfin public et je suis très fière de vous annoncer que je viens d’obtenir une bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada. Cette bourse me permettra de faire des reportages sur le recrutement des professionnels de la santé dans les communautés inuites du Nord (Nunavik et Groenland).

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J’ai toujours été fascinée par l’ailleurs, l’étrange, l’étranger… adolescente, je rêvais de voyages, d’études à l’étranger. Je rêvais de faire la Course Destination-Monde, de faire des reportages aux quatre coins de la planète. Je voulais découvrir le monde, le comprendre.

À la fin de mon secondaire, l’importance d’apprendre l’anglais devenait primordial, parce que je rêvais de faire la Course Destination Monde. Je me suis donc envolée toute seule pour les États-Unis pour apprendre l’anglais pendant un an. Une expérience qui a définitivement forgée la personne que je suis aujourd’hui. À mon retour, Radio-Canada avait aboli la fameuse émission… Déception.

Mes études ont été ponctuées de quelques voyages à l’étranger… Surtout en Grande-Bretagne où ma sœur s’est établie il y a près de 15 ans.

À la fin de mes études, j’ai aussi fait, avec mon copain (devenu mon mari) un long voyage en Europe… juste pour aller voir ailleurs.

Mais un déclic précis s’est fait lorsque j’ai visité la Chine et ses nombreuses minorités culturelles et linguistiques. Nous nous sommes retrouvés dans des villages où la seule douche était le rivière où se baignaient les buffles, où la pâte à dents était un produit inconnu, où même l’argent chinois n’avait aucune valeur…

Et c’est dans un village du Yunnan, près de la frontière avec le Tibet, dans un trek  de deux jours qui se nomme « The Tiger Leaping Gorge » qu’une évidence toute simple m’a frappée… J’avais visité plus de villages de minorités chinoises que de villages autochtones dans mon propre pays. Je connaissais les plats traditionnaux tibétains, mais j’ignorais ce qu’était la cuisine montagnaise, crie, inuite…

Je voulais m’y attarder, mais je ne voyais pas ce que je pouvais en dire de plus que les reportages des journalistes qui s’aventuraient dans le Grand Nord de notre vaste pays. J’ai donc mis cette idée sur la glace (mauvais jeu de mot!) Au retour de mon congé de maternité, une opportunité si grande est tombée si près… Un grand sage m’a aiguillé vers un sujet si crucial et si unique… Je devais pousser plus loin. Mais j’avais besoin de budget, et ça adonnait que les Instituts de recherche en santé venait de lancer leur quatrième concours de bourse en journalisme.

Me voilà donc six mois plus tard devant le plus grand défi de ma carrière jusqu’à maintenant. Dans les prochains mois, je lierai, rechercherai, fouillerai sur le système de santé pour les communautés inuites du Québec et du Groenland. J’irai aussi voir, rencontrer, questionner des gens au Nunavik et au Groenland.

Je vous guiderai donc dans mes réflexions, mes trouvailles, mes rencontres… et soyez assurés que vous pourrez me suivre dans mes péripéties de voyages. Restez à l’écoute, ici, sur ce blogue pour la suite!

L’information ne circule toujours pas en Chine

Charles est en Chine depuis maintenant trois semaines. Dans ces trois dernières semaines, il y a eu de grands événements qui ont capté les médias de la Terre entière: l’écrasement de l’avion avec à son bord le président et une partie du gouvernement polonais, le séisme en Chine d’une magnétude de 6.9, et tout récemment, le volcan islandais et la paralysie européenne qui s’en suit.

Mais ces trois nouvelles ne sont pas retrouvées dans les bulletins de nouvelles à la télévision chinoise dès les premières minutes de l’incident, comme partout ailleurs. Pour le séisme, il a fallu même quelques jours avant que le sud de la Chine soit informé de ce qui se passait au nord – dans le même pays!

De plus, avec le départ de Google de l’Empire du Milieu, plusieurs croyaient que les communications seraient plus facile… Même s’il est désormais possible de faire une recherche sur Google.cn (qui est référé à Google.hk – homologue à Hong Kong), il est impossible de visiter les sites des recherches, que ce soit Wikipédia, Facebook ou un site sur les droits humains.

Mais il est par contre possible de déjouer les règles! Écrire Tiananmen bloque radicalement la recherche Google, mais si on écrit Tianenmen, alors la recherche nous mène vers les différents sites qui parlent du massacre de 1989 sur la place désormais célèbre de Pékin. Ce sont les sites qui sont censurés alors que la recherche ne l’est pas.

Bref, bien que Pékin se dit « ouvert » à l’information… elle ne circule toujours pas librement!

P.S. Lorsque j’ai passé 3 mois en Chine, mon blogue se trouvait sur un serveur québécois appelé Quebecblogue.com. Depuis que j’ai changé à WordPress cet hiver, mon blogue se trouve bloqué pour mes amis Chinois… Avis à ceux qui désirent bloguer en Chine: les gros serveurs internationaux de blogues sont tous censurés en Chine: WordPress, Blogspot, Blogger, etc… Le mieux est de trouver un petit serveur qui ne paraîtra pas « menaçant » pour le gouvernement chinois.

Quand la Chine tient les États-Unis

Ma chronique sur MSN.ca parle cette semaine des relations sino-américaines. Parce qu’elles ne sont pas au beau fixe présentement.

Pourtant, le gouvernement américain devrait comprendre que la Chine n’est plus un pays en développement mais plutôt la puissance mondiale la plus près de lui botter le cul!

Pour avoir habité en Chine en 2007, je crois sincèrement que l’Occident prend la Chine un peu trop à la légère. Les moyens financiers et technologiques que possède la Chine pourraient changer l’ordre mondial. Les gouvernements devraient prendre cette « menace » (ou cet allié) en considération dans les décisions politiques, même nationales.

J’ai été un peu absente de la toile les derniers jours. Pardonnez-moi… un mauvais rhume m’a littéralement paralysé. J’émerge tranquillement d’un état végétal. Je vous promets d’autres aventures très bientôt 🙂

Le mélange des genres

J’imagine que les gens seraient plus confortables si j’avais un beat (un sujet que je couvre en particulier) mais c’est le défaut de ma qualité, tous les sujets m’intéressent! Je suis polyvalente et je m’amuse à sauter d’un sujet à l’autre, d’un dossier à l’autre.

Certains commentaires sur ce blogue me font réfléchir. C’est ce que j’adore d’ailleurs de ce blogue, toujours sortir de sa zone de confort pour comprendre l’état d’esprit des gens. Je trouve ça très drôle qu’on fasse une aussi grosse histoire pour un couple de célébrités passant devant la file dans un aéroport. Je n’enlève rien à l’histoire qui demande des réponses. D’ailleurs la police de Montréal répond aux journalistes concernant ce cas.

Mais les journalistes produisent parfois des articles vraiment intéressants et d’intérêt public sans que personne ne lève le petit doigt… Ça été mon cas au début de l’année 2008 alors que je revenais de Chine. J’ai publié dans Jobboom l’histoire d’un travailleur dans un dépotoir électronique de Chine où les ordinateurs canadiens sont envoyés au « recyclage ». J’ai ensuite moi-même recyclé cet article pour me mériter une bourse en vulgarisation scientifique (Bourse Fernand-Seguin) sur les conséquences de ces activités de recyclage d’ordinateurs sur la santé des travailleurs. Hé bien, encore là, les médias traditionnaux n’en ont pas fait un cas. Une agence de presse en science s’est intéressée au sujet, mais ce n’est qu’une autre goutte pertinente dans la mer d’information.

Pourtant, c’est nos ordinateurs dont on se débarrassent qui se retrouvent dans ce trou de merde-là!

Non les médias préfèrent parler des célébrités et c’est parce que les gens veulent entendre parler des célébrités… À ceux qui ont commenté sur ce blogue en disant que cette histoire n’est que du potinage, dites-vous que les journalistes indépendants couvrent souvent plusieurs sujets dans plusieurs domaines diamétralement opposés. Donc avant de dire que tel journaliste n’écrit que des futilités, merci de consulter le travail de ces gens qui s’efforcent de gagner leur vie à trouver des histoires d’intérêt public chaque jour.

J’ai une chronique américaine toutes les semaines sur le portail de nouvelles MSN.ca

Voici quelques articles que j’ai fait dans les dernières années:

Retrouvez le plaisir au boulot – Affaires Plus Octobre 2009

La NASA fait des tests au Québec – Agence Science Presse Juillet 2009

Travailler à l’étranger, C’est pas chinois! – Jobboom Avril 2008

Dossier en trois articles sur le journalisme en Chine paru dans Le Trente, magazine des journalistes au Québec (collaboration bénévole)

Ombres Chinoises – Février 2008

La Grande Muraille de l’info – Mars 2008

Les Jeux de la Censure – Avril 2008

Les marchés de Noël sur Châtelaine.ca

À pareille date l’an dernier, on se préparait pour un périple fascinant: passer Noël en Allemagne (Bavière) et en Autriche. Un voyage au coeur des traditions authentiques de Saint-Nicolas.

Un photoreportage sur le site de Châtelaine.ca immortalise maintenant ce voyage inoubliable. Et les photos sont évidemment de mon mari, Charles Jacques 🙂

Il faisait froid mais le glüwein a su nous réchauffer. D’ailleurs, les photos vous ont donné le goût de boire un bon vin chaud épicé? Voici une recette très simple:

1 litre de Bordeaux rouge

1/2 tasse d’eau

1/2 tasse de sucre

Noix de muscade rapée

1 ou 2 feuilles de laurier

1/4 de bâton de cannelle

3 clous de girofle

1/2 citron coupé grossièrement avec la pelure

Faites bouillir tous les ingrédients sauf le vin pendant 30 minutes. Filtrez et mélanger le vin. Chauffez sans bouillir. Vous pouvez ajouter du Grand Marnier ou autre liqueur d’orange si vous avez vraiment froid! Garnir de crème fouettée et de cannelle moulue pour les gourmands.

Frohe Weihnachten! (Joyeux Noël)