Reportage dans la vallée garde-manger

Je reviens d’un petit voyage… pas d’agrément cette fois-ci. Je me suis rendue dans la vallée de San Joaquin en plein centre de la Californie. Cette vallée représente plus de la moitié de la production agricole des États-Unis. Amandes, pommes grenades, nectarines, pêches, prunes, brocoli, chou-fleur, coton, luzerne… Plus de 300 produits sont récoltés à l’année dans cette vallée. Vous savez, ces produits qui garnissent nos tablettes d’épicerie pendant l’hiver?

Je suis allée rencontrer des fermiers pour un article publié dans Jobboom en février. Surveillez ça, mais je vous promets de vous mener à l’article sur ce blogue dès sa publication.

Pas d’eau, pas de travail… C’est le dicton dans cette vallée. Et les conséquences sont tristes. Chômage, faillite, reprise de maisons par la banque… paysage d’une Amérique pas du tout à l’image du rêve américain de succès financier.

Tous les intervenants rencontrés trouvent bien dommage que la situation en soit rendu à ce stade. Mais chacun a des solutions qui leurs sont avantageuses… et personne n’est pas à faire de concession. Chaque fois que je rencontrais un fermier ou un intervenant du dossier, on me demandait qui d’autre j’allais voir. Pour s’assurer que leur point, leur position ne sera pas noyée dans une contradiction d’un autre.

Le prix de la guerre de l’eau en Californie est trop gros pour que les opinions se perdent dans les rivières de mots déferlées dans l’océan des intervenants dans cette histoire… Près de 200 groupes sont impliqués de près ou de loin dans cette affaire… Ça fait beaucoup de lobbyistes à Sacramento, ça!

Mardi et mercredi, j’ai visité des villages devenus presque fantômes à cause du manque d’eau. Des champs sablonneux, dans les plus fertiles au monde, qui ne peuvent pas être cultivés à cause du manque d’eau. Et il ventait si fort qu’on n’y voyait rien, que des tourbillons de sable provenant des champs abandonnés par des fermiers qui ont dû déclarer faillite.

Lorsque vous mangerez des produits de la Californie, pensez à l’eau que ça pris pour les faire pousser… Quand vous ouvrez le robinet et que de l’eau potable y coule, pensez à ces communautés qui doivent acheter de l’eau embouteillée pour éviter d’être malade. Ce n’est pas dans un pays du tiers monde cette situation, c’est en Californie… Vous savez celle qui nous nourrit pendant les durs mois d’hiver où notre agriculture est en dormance. Je ne verrai plus jamais l’eau de la même façon.

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Les marchés de fermiers

En Californie, les marchés de fermiers (farmers markets) sont très populaires. Chaque ville reçoit une fois par semaine les fermiers de la région pour vendre leurs produits aux résidants du coin. C’est comme un marché Jean-Talon ambulant. Certains sont plus fréquentés que d’autres parce qu’ils sont dans un quartier hip ou encore parce que l’offre de produits frais laisse à désirer.

La semaine dernière, Charles et moi, accompagné de mon amie et collègue Cécile, sommes allés au plus populaire des marchés de fermiers de Los Angeles. Ce marché s’est installé près du centre-ville de L.A. en 1934, dans un terrain vague, afin de permettre aux Angelinos de profiter des produits frais cultivés dans la vallée. Les agriculteurs arrivaient avec leur camion rempli de victuailles et devaient payer 50 cents pour stationner leur camion. Les résidents se promenaient entre les camions dans un stationnement de gravel pour magasiner leurs repas de la semaine.

farmers market

Ce même terrain a servi de ferme laitière jusqu’à ce que le propriétaire creuse pour trouver de l’eau… Il a plutôt trouvé du pétrole! La Gilmore Oil company était née, devenant le plus grand distributeur de pétrole de l’ouest des États-Unis. Sur le terrain du marché, la famille Gilmore construit une pompe à essence où les consommateurs pouvaient économiser 5 cents le gallon en faisant eux-mêmes le plein (la station sans service venait de naître!). Avec l’argent du pétrole, la famille Gilmore a donné aux Angelinos la première piste de course de chevaux de la région.

Gilmore Oil Company
Au Farmers Market, on peut voir une réplique de la station-service de la famille Gilmore, avec une voiture utilisée par les fermiers pour transporter leurs produits de la ferme au marché.

Maintenant en plein coeur de Los Angeles, ce marché regroupe non seulement des producteurs mais des restaurateurs, importateurs et fabricants de nourriture pour gourmets bien informés. Depuis 75 ans, ce marché offre des produits frais… mais un peu dispendieux. Mais il fallait juste une petite balade pour me convaincre… Les pommes grosses comme des pamplemousses et les artichauts… aussi comme des pamplemousses. La diversité est intéressante et les odeurs… appétissantes. Une belle découverte pour une gourmet qui adore cuisiner!

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