Misère d’allaitement

Billet écrit sur le coin d’une table, à 5h du matin, en tirant mon lait d’une main…

Je pourrais me culpabiliser longtemps…

Une conseillère en lactation est venue diagnostiquer mon problème d’allaitement.

Signe que ça n’allait pas: bébé ne prend pas assez de poids

Diagnostic: bébé ne prend pas bien le sein parce qu’elle est trop fatiguée. Ma lactation n’est pas assez importante pour combler ses besoins. C’est donc un cercle vicieux dans lequel nous tourbillonons, et ce depuis la montée de lait.

J’ai la tête dure, je veux allaiter mon bébé. Mais parfois la volonté s’écroule. Une chance que Charles est là pour me redonner confiance lorsque celle-ci prend la porte d’en arrière!

Je me sens coupable d’avoir pensé que l’allaitement se passait bien, même à l’hôpital.

Je me sens coupable de n’avoir pu réaliser plus tôt que mon bébé ne mangeait pas à sa faim

Je me sens coupable de n’avoir pas pu réaliser plus tôt que mon bébé dormait parce qu’elle était faible et fatiguée de têter dans le vide.

Je me sens coupable de lui avoir fait vivre tout ça alors que si j’avais été plus alerte, tout aurait pu être évité.

Bref, je me sens coupable parce que j’ai l’impression d’avoir laissé tomber ma fille… après seulement 12 jours de vie.

Je sais que je ne devrais pas avoir cette attitude mais la culpabilité reste toujours présente, surtout à 5h du matin quand la fatigue exacerbe toutes les émotions.

Mon esprit méthodique de journaliste me dit que j’ai les ressources pour solutionner le problème. Mon coeur de maman est en miette.

Et aux yeux de tous, c’est comme si j’avais échoué… parce que les ayatollahs de l’allaitement me jugeront pour avoir donné de la formule à mon bébé. Les pro biberons me diront que je ne devrais pas me mettre cette pression et surtout ne pas avoir laissé mon enfant perdre du poids avant de lui donner un biberon.

Les jugements peuvent être si cruels pour les nouvelles mamans… mais la culpabilité personnelle, elle, est encore plus dommageable.

p.s. je vais bien… pas en post-partum… les hormones font encore des siennes mais tout est sous contrôle. Comme je l’ai dit dans Nouvelle aventure, ce blogue me permet de ventiler…

Publicités

11 réflexions sur “Misère d’allaitement

  1. Si je peux me permettre, j’ai l’impression que tu m’as fait ventiler en te lisant, merci de ta franchise. Courage. Entoure-toi d’amour et vit une jounée à la fois…

  2. J’ai allaité mon premier 29 jours. Trop de suce, pas assez d’expérience, trop de « gérantes d’estrade  » genre ma mère et ma belle-mère avec des « Voyons y’a faim ce bébé-là! ton lait yé p-être pas bon! »

    Le stress est la pire sorcière de l’allaitement… Plus on est stressé, plus rien ne va… Je suis désolée de la comparaison, mais c’est comme stresser pour trouver le « pointG ».. Plus tu cherches, plus t’es stressé plus tu t’amuses plus pantoute.

    Ventile, informe-toi.. Fais-toi confiance.. Lâche pas..

    Et surtout, culpabilise-toi pas avec ça.. J’ai donné des biberons d’amour à mon plus vieux et j’ai allaité avec ma grosse tête de cochon ma plus jeune pendant plus d’une année..

    Courage!

  3. mautadine! C’est mon histoire d’il y a trois ans! Et pour te rassurer, j’ai allaité jusqu’à 8 mois!
    Ce qui m’a bcp aidé c’est les comprimés de chardon béni avec fenu grec (2 capsules chq) à chaque repas pour reprendre la production de lait. Et après j’ai diminué au matin…pour la journée et au soir..pour la prod. de nuit.
    Ça marché.
    Je suis contente de lire que tu as fait appel à une consultante…les marraines sont bien aussi mais les consultantes sont certifiées.
    J’ai connu une femme extraordinnaire qui s’appelle Chantal Lavigne:
    http://www.chantallavigneibclc.qc.ca/

    Enfin, j’ai fait le mixte (lait et sein) vers 4 mois car Joseph (mon fils) acceptait bien les deux et je tenais donner le sein le plus longtemps
    possible.

    Soit sereine et ne t’en fais pas…y’en a qui disent que le début de l’allaitement est plus dure que d’accoucher! ha ha

    à bientôt!
    Tania maman et future maman (je t’en reparlerai!)

  4. Tu vois comme c’est bien fait ces petits êtres là… Ta petite s’est mise en mode économie d’énergie en dormant plus, le temps que vous trouviez une solution au problème d’allaitement.

    Et tu sais, le jugement il vient de gens qui sont terrorisés à l’idée que les autres pourraient invalider leur cheminement 😉

  5. Tu me rappelles des souvenirs de mon premier bébé…Au deuxième, la culpabilité avait moins de prise. Mais quand je lis tes pensées – qui ont certainement été partagées par plus d’une mère – je trouve ça extrêmement triste qu’on se retrouve dans un tel état de culpabilité. L’allaitement c’est certainement mieux que le lait maternisé, mais en même temps, des générations entières ont « survécu » au lait maternisé. La pression est vraiment trop forte pour que nous soyons parfaites à tout prix et c’est vraiment triste. Quoi que tu fasses, tu trouveras la solution qui sera la meilleure pour toi et ton bébé. Bonne chance!

  6. Oui c’est tellement facile de conclure ‘qu’on aurait dû’ ! Mais sincèrement, ce n’est pas si facile que ça, non! T’es bien bonne, ta fille a 12 jours et t’as déjà trouvé une conseillère en allaitement pour t’aider ! Bravo, t’es déjà en voie de trouver la solution ! Tu réagis vite, très vite ! C’est bon signe, t’es plus à l’écoute de ta fille qui tu sembles réaliser.

    Tania a parlé du fenugrec et de chardon béni c’est une bonne aide. Si t’as besoin de plus, parle à ta conseillère de la domperodone. Cela peut aussi aider.

    Nadia a parlé de la sagesse de ta fille. Elle a raison. Fais confiance en vous deux, car l’allaitement se fait à deux ! C’est un travail de complicité extrême, je dirais.

    Je sais qu’on se demande la perfection et qu’on est frustré quand on ne l’a pas. Pour cela des réunions de mamans aident beaucoup, car on se sent moins seules dans nos doutes et nos difficultés. On se coupabilise bien moins et on lâche prise avec plus de facilité. Et cela favorise la production. Et il n’existe pas de lait pas bon. Le d’une maman est toujours meilleur que le lait d’un autre mammifère quelconque.

    J’ai allaité mes 3 enfants. Tout mit, ensemble cela fait, 9 ans non stop! oui j’ai fait l’allaitement prolongé. Et les 2 premiers mois n’ont jamais été faciles. Mon problème, croyez moi ou non, c’était l’excès de lait, car beaucoup peu causer autant de problèmes que pas assez… La clinique d’allaitement de l’hôpital juif m’a beaucoup aidée. Elles sont super bonnes.

    Et après tout, dites toi que la nature te prépare les nerfs pour ce que s’en vient, car éduquer un enfant en exige de la tête dure comme tu dis!

  7. Et attends de voir comment un bébé peut récupérer rapidement! Dans quelque temps, tout ça sera derrière toi.

    Tout le monde fait de son mieux avec les ressources disponibles, toi incluse; c’est ça qui compte! Pour être passée par ces sentiments aussi, je suis zéro inquiète pour le bébé et la maman.

    xx

  8. Ahhh l’allaitement. Je me demande bien pourquoi on ne prévient pas assez les futures mamans que c’est pas facile. Les premiers mois c’est un calvaire pour plusieurs d’entre nous. Les problèmes diffèrent : gerçures, flux pas assez important, mauvaise prise de sein, épuisement maternel… et j’en passe. C’est pas vrai que ça va de soi l’allaitement. Ceci dit, courage, parce que ça vaut le coup de continuer à persévérer… peut-être en allaitement mixte ?

  9. tu vois, moi j’ai allaité 6 semaines, puis 2 autres en allaitement mixte, pour finalement arrêter complètement.

    au départ, ça allait bien, puis après 3-4 semaines, j’étais épuisée. à un point tel que je pleurais quand le bébé se réveillait pour boire. mon amoureux a tout fait pour me supporte, mais j’étais trop épuisée. j’étais irritée, je pleurais tout l’temps, je n’avais plus envie de prendre le bébé…
    je me sentais coupable de ne pas avoir l’énergie d’allaiter. je me sentais coupable de ne pas profiter de ce contact privilégié… parce que t’sais, « l’allaitement, c’est beau, c’est naturel, tout le monde peut le faire! ».
    je ne pouvais plus le faire. physiquement et mentalement, ce n’était pas sain.
    tout le monde à la maison était de mauvaise humeur, le bébé ressentait bien que ça n’allait pas.

    au premier biberon, j’ai pleuré de culpabilité. j’étais fâchée de laisser tomber si facilement. au 2e, je dormais. mon amoureux s’est levé et ils ont profité d’un moment entre hommes. puis, je me suis réveillée au boire suivant. j’avais envie de donner le sein.
    et j’ai profité du moment.
    deux jours plus tard, tout le monde avait retrouvé sa bonne humeur.

    aujourd’hui, je regarde l’allaitement autrement. allaiter oui, mais se respecter. si j’ai un autre enfant, je vais allaiter de nouveau. en sachant ce que c’est. en m’y préparant mentalement. et surtout, en ne me mettant pas de pression.

    j’espère que tout s’arrange pour toi! 🙂
    j’adore te lire.

Les commentaires sont fermés.