Passage surréel à Hollywood

C’était vraiment surréel… Pas d’autres mots. Je voulais attendre 24 heures pour décompresser avant d’en parler. Je me disais que j’allais le raconter avec plus de détachement, mais non. À mon arrivée sur Hollywood Boulevard hier (26 juin) à 5 h du matin heure locale, la rue était encore fermée à cause de la première du film Brüno au Chinese Theater. Il y avait des échafaudages et des barrières regroupées qui attendaient d’être ramassés.

Il faisait froid car un brouillard épais avait envahi la ville. Ce brouillard rendait l’ambiance encore plus glauque sur une des artères les plus touristiques de la capitale mondiale du divertissement.

En tournant le coin de Highland et Hollywood Boulevard, les distributeurs à journaux alignés attendaient le réveil des Angelinos. Tous les journaux criaient la même une : The King of Pop dies.

Plus j’approchais de la fameuse étoile de Michael Jackson, plus je sentais des émotions à flot. À cette heure tardive de la nuit, de gros projecteurs blancs illuminaient l’étoile. Il y faisait clair comme en plein jour alors que le soleil n’allait se lever que dans quelques heures.

NBC y faisait son émission du matin en direct de la cour du Chinese Theater, avec un plateau improvisé. Plusieurs réseaux américains avaient installés leur caméra tout près de l’étoile face aux fans qui pleuraient leur idole. À ce moment, on voyait encore l’étoile de Michael Jackson, elle n’était pas encore couverte de chandelles et de fleurs. Des artistes peintres rendaient un dernier hommage en immortalisant le roi de la pop. Un artiste a pris de vieux 45 tours pour faire les cheveux de la star dans une représentation lorsqu’il était enfant. Ni barricade, ni policiers qui font la circulation. C’était si tranquille, comme un cimetière.

À 5 heure de matin, les fans étaient réels avec des sentiments tout aussi réels. Plus la journée avançait, plus je me posais la question du véritable attachement de certains « fans » venus pleurer sur la tombe improvisée du chanteur, pour quelques minutes de gloire devant les caméras du monde entier.

C’est qu’à cette heure de la nuit, les caméras du monde entier n’étaient pas encore sur place. Seul quelques pigistes à l’étranger et les réseaux américains se trouvaient au milieu d’une boule d’émotions.

La lumière du jour arrivait tranquillement, comme les journalistes et les fans. Un flot constant de gens (curieux, travailleurs, fans et journalistes) arrivait sur Hollywood Boulevard. À 8 heures, heure locale, donc trois heures après mon arrivée, on ne pouvait plus circuler sur Hollywood Boulevard tellement la foule avait pris de l’ampleur. La police est arrivée et les médias de partout aussi. Je suis restée pour voir les fleurs apportées par la Chambre de Commerce d’Hollywood. Ensuite, c’était la folie.

Des fans frustrés de ne pas accéder à l’étoile parce que la presse prend toute la place. Des caméras de télévision imposantes bloquent le chemin. Quelques mots agressifs échangés… Le cirque avait commencé, dernier tour de piste!

J’ai quitté Hollywood à 10h30 heure locale. Il faisait chaud, très chaud. Les hélicoptères bourdonnaient autour de la scène. Les camions satellites des réseaux de télévision ajoutaient à la fanfare médiatique. Et les journalistes… tous voulaient « the best shot ». J’en parlerai de ce cirque dans un autre billet à venir.

Hier matin à Hollywood Boulevard, il y avait une ambiance qu’il n’y aura plus jamais maintenant. C’était… surréel!

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Une réflexion sur “Passage surréel à Hollywood

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