Se battre pour les droits d’auteur

Pas toujours facile de se battre contre des ignorants… Parce que vous ne savez peut-être pas que reproduire intégralement un article d’un journaliste – appelé simplement copier-coller – c’est illégal. C’est comme télécharger un film sur internet. Le mieux si vous voulez mettre un article intéressant sur votre blogue ou sur un site internet, c’est de mettre un extrait (pas trop long, le lead par exemple) et mettre ensuite le lien vers la publication originale.

Avec internet, ça devient difficile de gérer les droits d’auteur, d’autant plus quand on est indépendant. Mais, grâce à Google, et un exercice qu’il s’appelle s’autogoogler, j’arrive à voir qui sont les copieurs…

Et hier, c’était ma tournée du web. J’ai vu un blogue qui avait mon texte sur le dépotoir électronique du Guiyu, en Chine, celui que j’ai vendu à l’Agence Science-Presse après avoir remporté la bourse Fernand-Seguin.

J’envoie un courriel au blogueur dont voici l’intégral:

Bonjour,
J’ai vu qu’un de mes articles écrit pour l’Agence Science-Presse se retrouve sur votre site internet à l’adresse suivante:
http://faceanous.blogspot.com/2009/10/guiyu-en-chine-la-poubelle-du-monde.html
Reproduire un article d’un média sans l’autorisation de l’auteur représente une violation de la loi sur le droit d’auteur. Je suis journaliste indépendante et je gagne ma vie à écrire des articles sur différents sujets.
Vous avez maintenant deux choix: je vous offre d’acheter l’article (selon les tarifs proposés par l’Association des journalistes indépendants du Québec –
www.ajiq.qc.ca). Vous pourrez ainsi mettre le texte intégralement sur votre site internet ou encore que vous rédigez une introduction et faites simplement un lien vers l’article en question sur le site de l’Agence Science Presse.
Je vous remercie de votre compréhension.
Mariève Paradis

Avec des fautes de même, je comprends qu’il doive prendre du contenu venant de d’autres sources que lui-même pour alimenter son blogue… Et il m’a répondu:

coucou,
c’est une blague j’espere?
j’ai mis un ou plusieurs articles de vous dénonçant des HORREURS QUE VIVENT CERTAINS HUMAINS, ok, et alors je l’ai pris du net et copier dans un simple blog. je ne suis ni liberation ou le monde…
alors si j’avais mis un lien ça changerait quoi? rien vous ne pourriez rien faire.
donc faites moi la liste de vos articles et je les vire. MERCI!
je pensais que ce genre d’article était fait pour être diffusé une information au maximum, et comme j’ai trouvé que ce que vous aviez écrit était intéressant et IMPORTANT POUR SES GENS QUI VIVENT LA MERDE! je l’ai posté sur un simple blog de merde qui cherche à montrer des choses horribles. face à nous. aujourd hui je me retrouve face a vous. ca encourage beaucoup de recevoir ce genre d’email  »
Reproduire un article d’un média sans l’autorisation de l’auteur représente une violation de la loi sur le droit d’auteur. Je suis journaliste indépendante et je gagne ma vie à écrire des articles sur différents sujets. »
sur le coup je croyais que c’etait un mot sympa d’encouragement.
je penser qu’un article était pour dénoncer et pas juste ce faire du pognon. mais ok je vous comprends donc ok je vais les virer. encore MERCI.
je vais donc aller chercher un autre article sur ses sujets. et les remettre sur ce blog de merde.
je vous encourage à voir nos films de « a chaque probleme sa solution » http://achaqueprobleme.blogspot.com/ que nous realisons SANS POGNON et que nous mettons sur le net pour dénoncer des problemes des enfants dans le monde!
merci

Attitude de merde ici… Comme si un article était nécessairement du bien public. J’ai beaucoup de difficulté à comprendre ce genre de raisonnement. Mais bon. Je lui ai renvoyé un courriel poli, mais un peu plus ferme, malgré son ton plus ou moins gentil:

Bonjour Renaud,
Je ne voulais surtout pas vous offenser à ce point mais seulement vous informer que faire du copier-coller pour remplir les pages de votre blogue: c’est comme télécharger des films sur internet. C’est illégal.
Si vous aviez mis un extrait de l’article avec un lien vers l’original c’est légal… mais lorsque vous prenez le texte au complet sans souligner où l’article a été publié, ça consiste en une infraction à la loi sur le droit d’auteur.
Ce n’est surtout pas une question d’argent, seulement une question de droits. Ce texte m’appartient et j’en possède les droits, comme n’importe quelle auteur d’une « oeuvre » genre un film, une chanson, un livre.
Je vous l’ai mentionné dans mon courriel, si vous voulez garder les textes sur votre blogue, publiez le début du texte et renvoyez les gens sur le lien original pour terminer leur lecture. Cette pratique est tout à fait légale.
Vous êtes bien chanceux que ce soit moi qui vous l’apprenne qu’un journaliste du Libé ou du Monde qui vous envoie une mise en demeure au cul.
Bonne journée
Mariève Paradis

Et finalement, sa réponse… là je laisse tomber. Le type est en manque d’affection ou d’attention, inutile de s’attarder inutilement:

coucou,
j’espère vraiment que le monde ou liberation ou autres me fassent un procès au cul, mais un gros procès. je pourrais passer à la télé et en plus vous faire la pub et bien évidemment faire la pub sur les films des enfants que je réalise.
merci encore.
dites moi les articles de vous que je dois virer.
encore désolé de vous avoir choqué.
merci.
reno)

Et c’est la vie d’une journaliste indépendant qui cherche seulement à faire reconnaître ses droits sur des articles qu’elle a écrit…  Ceci n’est pas une vengeance (bien que ça fasse du bien) mais plutôt un billet éducatif pour vous montrer ce que signifie reproduire du contenu sur internet…

Quand vous lisez des trucs sur internet, dites-vous que quelqu’un les a écrit et que si c’est bien écrit, il faut respecter cette oeuvre. Merci!

Revoir Montréal

Ça y est! C’est confirmé! J’irai sentir l’air froid de novembre à Montréal!

C’est que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec tient son congrès à Sherbrooke à la mi-novembre et on m’a invité à participer à un atelier. L’info avec un sac à dos sera un atelier pour les journalistes qui souhaitent en savoir plus sur la pige à l’étranger. Avec ma collègue et amie Marie-Josée Richard et Simon Coutu, cet atelier donnera des outils et des tranches de vie de nos expériences de pigistes à l’étranger…

Je dois dire que, pour moi, c’est tout un honneur de faire ce genre de conférence. C’est un peu stressant de penser que je vais peut-être m’adresser à des journalistes qui ont beaucoup plus d’expérience que moi en journalisme… Bah… le syndrome de l’imposteur semble toujours planer au-dessus de ma tête même après 5 ans d’expérience, un prix et plusieurs collaborations nationales en journalisme…

Je serai donc à Montréal du 4 au 17 novembre. Va falloir que je mette mes capris et mes gougounes au rancart pour deux semaines… Vive le manteau d’hiver et les mitaines… euh non pas vraiment VIVE, plus comme PAS LE CHOIX 😉