Un sentiment de déjà-vu

Je vous ai parlé plus tôt cette semaine de l’important rappel de pistaches aux États-Unis. Ce rappel inquiète les autorités de la FDA (le pendant de Santé Canada, qui s’occupe également de la nourriture). C’est grâce à la vigilance de Kraft Foods que la FDA a pu procédé à ce rappel. Le 24 mars dernier, Kraft Foods a détecté de la salmonelle dans des mélanges pour des barres tendres contenant des pistaches. Bref, les autorités ont pu identifier l’origine de la bactérie et effectuer un rappel partout au pays.

Bien sûr, Kraft Foods sera touché par ce rappel même s’il en est pas responsable. Disons que la confiance du public envers cette compagnie n’est pas à son zénith… Et que les produits aux pistaches (même la crème glacée) n’ont pas la cote présentement! Me semble qu’une telle crise me fait penser à une autre crise du genre au Canada…

Il y a eu les pistaches cette semaine. Il y a quelques semaines, c’était les arachides à la salmonelle. D’ailleurs, les autorités peuvent associer neuf morts reliées à ces arachides à la salmonelle. Chaque fois qu’un épisode de nourriture contaminée survient, que ce soit aux États-Unis ou au Canada (on a qu’à se rappeler Maple Leaf ou encore les fromages), les consommateurs perdent chaque fois de la confiance face au système de contrôle de la nourriture.

Le rappel des pistaches fait son chemin ici aux États-Unis. On parle maintenant de permettre à la FDA de procéder à des rappels unilatéraux, même si la compagnie responsable ne le fait pas. Alors que Stephen Harper veut remettre le contrôle de la nourriture directement à l’industrie; ici, on veut donner plus d’argent et plus de pouvoir à la FDA pour éviter les épisodes de nourriture contaminée. On pense même à créer un Food Safety Administration, un organisme indépendant de la FDA pour contrôler la contamination alimentaire.

La Californie veut également rendre les lois de l’État plus strictes quant au contrôle des contaminations dans l’industrie alimentaire. Ce projet de loi déposé par deux démocrates veut obliger les compagnies à procéder à des contrôles périodiques obligatoires et reporter une contamination dans les 24 heures suivant un test positif. Présentement, les contrôles de contamination ne sont pas obligatoires, tout comme la divulgation des résultats de ces tests s’il y avait contamination.

Est-ce que Stephen Harper devra se plier à la volonté des États-Unis? Est-ce que le projet de loi C-51 (permettant à Santé Canada de procéder à des rappels unilatéraux pour les produits de santé) pourrait s’étendre à la nourriture? Est-ce que les provinces regarderont passer la parade alors que l’agriculture est une responsabilité des provinces?

On verra bien si Stephen Harper sera le chien de poche de Barrack Obama, comme il a pu l’être avec Georges W. Bush!

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