Une aventure… dangereuse?

J’ai rencontré un journaliste chinois d’un journal anglophone en Chine (je ne peux pas en dire plus…). Comme j’ai une série d’articles sur le journalisme en Chine à écrire pour le magazine de la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec), je lui ai posé quelques questions. Ensuite, j’ai osé lui demandé si il serait possible de passer une journée dans leurs bureaux.

Le journaliste a dit qu’il demanderait à son patron, mais qu’il ne devrait pas y avoir de problème. La journée suivant, j’avais un courriel de sa part confirmant de l’éditrice du journal était d’accord pour m’accueillir pendant une journée. J’étais très contente de pouvoir entrer les méandres d’un journal chinois!

Le grand jour était hier. Je me suis rendue à l’adresse indiquée. Les bureaux du quotidien ne sont pas dans ce building… c’est ce que j’ai compris après quelques va-et-vient entre les différents étages du building.

J’appelle le journaliste que j’avais rencontré. Il n’est pas au bureau. Il y sera seulement dans une heure, car il est sur une assignation. Il me dit de m’y rendre quand même et de rencontrer son patron et les autres membres de la salle de nouvelles. 

Je saute dans un taxi et montre au chauffeur le journal en disant que je veux aller là. Il comprend et m’amène dans une rue que je ne connais pas et il me dit que c’est là…

J’entre dans le building, gardé par des « soldats », probablement pas de l’armée, seulement des gardes de sécurité en faction. Je me rends à l’étage indiqué. Me voilà finalement rendue après une heure de recherche!

On me fait attendre près de 10 minutes dans la salle de conférence. La secrétaire vient ensuite m’informer que le journaliste que j’avais rencontré ne sera pas au bureau avant encore une autre heure… Et elle me me dit que son patron n’y est pas. Elle me dit que je peux attendre dans la salle de conférence…

Quelques minutes plus tard, je reçois un appel sur mon cellulaire du journaliste en assignation. Il n’a pas utilisé son cellulaire mais bien un téléphone de maison… Il me dit que le rédacteur en chef n’est pas très heureux de me voir dans ses bureaux. Il est membre du parti et c’est lui qui contrôle l’entrée et la sortie d’information. Il n’avait pas été avisé de ma venue. Le journaliste en assignation me dit que l’éditrice était d’accord mais que le rédacteur en chef ne connaissait pas mon background et qu’il craignait des fuites d’information.

Le journaliste m’a gentillement conseillé « de quitter sinon je ne sais pas ce qui pourrait arriver… » Je lui ai demandé s’il était dans le trouble à cause de moi, il a dit « peut-être »… Bref, j’ai pris mon sac et je suis sortie le plus rapidement que j’ai pu… J’avais peur qu’une voiture m’attende dans la rue, mais ce n’était pas le cas.

 Ouf, je vous dis que j’ai eu toute une frousse. Tout ça semble banal mais en Chine, on ne sait jamais qui faut prendre vraiment au sérieux. Ce fut une expérience, plutôt une aventure qui parle assez bien de la situation en Chine.

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