Pourquoi subventionner les médias?

Dans la dernière semaine, on a vu un élan d’amour pour Les Débrouillards et d’autres organismes en vulgarisation scientifique, dont l’Agence Science-Presse. C’est que le gouvernement a annoncé vouloir couper les subventions au fonctionnement de ces organismes pour investir l’argent dans l’entreprenariat, dans le maillage entre les entreprises et la science. Mais il est revenu sur sa position après le love in pour la culture scientifique.

La vulgarisation scientifique, et même plus précis, le journalisme scientifique reste quand même un enfant pauvre dans le domaine des médias. Un billet fort intéressant de Pascal Lapointe de l’Agence Science-Presse parle justement de l’importance des journalistes scientifiques.

Quatre communiqués de presse en santé sur 10 contiennent des conseils exagérés; un sur trois pointe une relation de cause à effet qui n’existe pas nécessairement; et 36 % tirent des conclusions hâtives d’une recherche en santé sur des animaux.

Mais qui se préoccupe des médias indépendants ?

C’est que le journalisme indépendant en général est en situation très précaire. Parce que le secteur des médias tombe entre deux chaises, surtout quand on parle de médias indépendants.

D’un côté, elles ne sont pas des entreprises « rentables » dans la crise actuelle, car l’industrie est en grand changement. Les médias indépendants ne sont donc pas admissibles à de l’investissement de capital. Le modèle d’affaires parfait reste encore à trouver.

Mais pour passer à travers la crise actuelle, et l’évolution vers le numérique, ça prend de l’investissement, notamment dans les technologies web qui sont extrêmement coûteuses à développer.

D’un autre côté, les médias indépendants jouent un rôle important dans la démocratie (et dans l’éducation d’une population), mais ne font pas partie de ce qu’on appelle un « produit culturel ». Donc il n’y a pas de subventions disponibles pour le contenu journalistique indépendant dans les enveloppes de création, d’arts ou de culture.

Que fait-on avec les médias indépendants ?

On les laisse crever parce que ce n’est pas rentable ?

On les aide avec des subventions ?

On les « kickstarte » en espérant qu’elles survivent ?

Comme société, on est prompt à critiquer les médias. Mais comment trouver un modèle qui permettra aux journalistes de gagner leur vie ? Les médias payent les journalistes pour la rigueur du contenu, pour les recherches, pour les entrevues… Faire un reportage (papier, web, télé, radio ou multimédia), ça prend du temps! Ce n’est pas un billet de blogue fait sur le coin d’une table ou un travail de soir et de fin de semaine, une fois les enfants couchés!

On veut du contenu gratuit, surtout sur le web. On ne veut pas de publicité envahissante, ni de placements de produits dans les articles. On veut de l’information indépendante des intérêts commerciaux, mais on ne veut pas payer pour ce contenu… On critique les médias des grands groupes de presse où les publireportages et la publicité prennent de plus en plus de place, mais on lit des billets de blogue commandités, achetés par des compagnies… Comment on fait pour nous offrir du contenu de qualité ?

Si on n’aide pas les médias indépendants, tout ce qui restera seront les contenus de marketing, très populaires sous le nom de Branded content, qui ont quelque chose à nous vendre et qui n’en ont rien à cirer de l’intérêt public…

Le marché du Québec est un petit marché. Le contenu journalistique doit encore être produit ici, de façon indépendante, rigoureuse, avec le temps qu’il faut pour bien faire les choses et être à la hauteur de l’intelligence des citoyens du 21e siècle. Mais si on regarde juste la rentabilité des médias et la commercialisation de l’information, on élimine le contenu de qualité. On élimine les grands reportages, les enquêtes qui font bouger les choses… c’est « juste » notre accès à de l’information de qualité, rigoureuse et indépendante qui va disparaître. Ça dépend ce qu’on veut comme contenu journalistique… fait ici au Québec.

Et si, comme Stéphane Gendron dit, « on se renseigne sur le net. Les magazines édités ça ne mérite pas de survivre », j’aimerais bien savoir sur quelle information on pourra se fier pour faire des choix, pour comprendre les enjeux qui nous entourent, pour être de bons citoyens… Parce que sans « magazines édités », le contenu indépendant, rigoureux et professionnel sur « le net » ne se créera pas tout seul…

Alors qu’on subventionne les entreprises dans plusieurs domaines dont l’édition, le jeu vidéo, l’aéronautique, la télévision… et même les grands groupes de presse. Alors que le gouvernement investit dans plusieurs entreprises pour le développement de l’économie québécoise… Pourquoi ne pas subventionner les médias indépendants ?

Merci d’avoir lu jusqu’au bout… Et n’hésitez pas à partager vos réflexions!

Vous connaissez Planète F ? Un magazine web indépendant qui traite des enjeux de société qui touchent la famille.

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Planète F a 8 mois

C’est en recevant mon avis annuel de renouvellement de nom de domaine que je réalise qu’il y a longtemps que je ne suis pas venue écrire ici!

C’est que le dernier né, notre magazine web Planète F, demande beaucoup d’attention!

À 8 mois, Planète F a déjà fait parlé de lui dans plusieurs médias, dont à la Première chaine de Radio-Canada: à La Sphère, à Médium Large, et à Plus on est de fous, plus on lit, et dans Le Devoirdeux fois!

Planète F, c’est un magazine web sur abonnement. C’est un magazine web qui parle de famille, mais pas juste aux parents. C’est un magazine web qui parle des enjeux de société qui touchent la famille. C’est un magazine web qui dérange, qui met le débat sur la table, mais qui ne dit pas quoi faire. C’est un magazine web qui laisse ses lecteurs réfléchir.

Planète F

Il y a un peu plus d’un an, Sarah Poulin-Chartrand et moi, nous lancions dans cette aventure, un peu folle oui, de créer un nouveau média, en pleine crise. Il y a un peu plus d’un an, la campagne de sociofinancement battait son plein. Nous avons hautement réussi ce premier défi. Maintenant, c’est à votre tour de nous aider à continuer d’exister. Partagez la page Facebook, le site web, ou le compte Twitter dans vos réseaux.

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