Un autre article publié dans Jobboom

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Travailler à l’étranger

C’est pas chinois

La demande d’enseignants occidentaux en anglais langue seconde est forte en Chine. Dans nombre de cas, il suffit de bien s’exprimer dans la langue de Shakespeare sans trop d’accent pour y être embauché. Une avenue séduisante pour les professionnels en mal d’aventure.

par Mariève Paradis • Photo : Charles Jacques

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par Mariève Paradis • Photo : Charles Jacques

–>Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 4 Avril 2008

Programme Vacances-Travail, stages de coopération, aide humanitaire… les choix sont nombreux pour les travailleurs qui désirent ajouter une corde internationale à leur arc professionnel.

Pour les Québécois qui maîtrisent l’anglais, enseigner cette langue en Chine constitue une autre façon de vivre une aventure… rémunérée!

Plusieurs possibilités s’offrent à ceux qui désirent enseigner en Chine. L’anglais y est aujourd’hui au menu dans les écoles publiques (au primaire, au secondaire et à l’université), les écoles internationales (qui offrent un programme d’études parrainé par un pays étranger comme le Canada ou la France) ainsi que dans les nombreuses écoles de langues privées. Ce n’est donc pas le boulot qui manque.

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Mais les conditions de travail varient grandement selon le type d’établissement. «Trouver un job de professeur d’anglais en Chine est facile. Ce qui est plus ardu, c’est dénicher un bon emploi avec des conditions correspondant à ses besoins», indique AJ Boelens, un Canadien établi en Chine depuis deux ans.

Après avoir enseigné et géré une école de langues au Japon pendant plusieurs années, il s’affaire aujourd’hui à lancer sa propre école d’anglais à Shenzhen, une ville d’environ huit millions d’habitants dans le sud du pays.

Choix multiples

Pour dénicher le poste rêvé, AJ Boelens suggère de définir d’entrée de jeu certains paramètres afin de circonscrire les recherches. Le climat, la géographie, la densité de population, la pollution et même la nourriture changent beaucoup d’une zone à l’autre du pays.

Ainsi un amateur de montagnes et d’agneau sera comblé par la Mongolie inférieure, tandis que l’adepte des grandes villes optera pour Beijing ou Shanghai. Aussi à considérer : l’âge et le niveau des élèves. Enseigner à des enfants de cinq ans ou à des chefs d’entreprise, c’est très différent!

Par ailleurs, les écoles gérées par des Occidentaux peuvent se révéler un choix éclairé. «Une équipe de direction d’école chinoise peut se montrer très surprenante! explique AJ Boelens. Les horaires de travail sont décidés à la dernière minute et les contrats, très peu respectés. Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut se fier à des écoles connues et réputées.»

Le plus souvent, ces derniers établissements sont dirigés par des Occidentaux et situés dans les grandes villes comme Beijing, Shanghai, Shenzhen et Hong Kong. Une leçon que Nadia Sbaihi, une Québécoise dans la trentaine aujourd’hui étudiante à la maîtrise en urbanisme à l’Université Concordia, a apprise à ses dépens. Il y a une dizaine d’années, alors qu’elle enseignait dans une école de langue chinoise à Tianjin depuis six mois, son patron a soudainement disparu, sans payer les salaires du personnel. «J’ai appris plus tard qu’il fraudait le gouvernement, raconte-t-elle. Tous les professeurs ont été expulsés du pays, y compris moi!» Elle a dû passer un mois au Viêt-Nam afin de reprendre ses esprits et faire une nouvelle demande de visa.

Faire appel aux services d’une agence de placement spécialisée peut également aiguiller les candidats dans le choix d’un employeur. «Cependant, comme il y a un intermédiaire entre l’employeur et l’enseignant, les détails de l’embauche et des conditions de travail peuvent se perdre dans la correspondance, avertit AJ Boelens. Aussi, les agences sont payées par les écoles pour trouver des professeurs, et non l’inverse.» L’intérêt des enseignants n’est donc pas toujours une priorité.

Diplômés recherchés

Officiellement, le gouvernement chinois exige un diplôme universitaire (peu importe le domaine) de tout individu désirant enseigner l’anglais en Chine. Or, sur le terrain, les besoins sont si criants que bien des écoles embauchent des non-diplômés.

Ce qui n’empêche pas certains établissements de préférer les candidats formés spécifiquement à l’enseignement d’une langue seconde. Les certifications spécialisées comme TESOL (Teaching English to Speakers of Other Languages) ou CELTA (Certificate in English Language Teaching to Adults) sont donc prisées. Celles-ci s’acquièrent au terme d’une formation (donnée par des écoles de langues d’ici et d’ailleurs dans le monde, soit en classe, à distance ou même en ligne) et sont reconnues internationalement. Les droits de scolarité s’élèvent à quelques milliers de dollars.

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Si avoir l’anglais comme langue maternelle est un atout, les francophones ne sont pas écartés pour autant. «Du moment qu’il parle un anglais fluide et sans accent prononcé, un non-anglophone peut trouver un emploi sans problème», soutient James Jones, coordonnateur chez Chinaprogram.org, une agence américaine qui place des professeurs de partout dans le monde dans les écoles publiques de Shenzhen.

Pour son école, AJ Boelens recherche avant tout des candidats véritablement intéressés par le métier. «S’ils sont là uniquement pour voyager ou gagner de l’argent, ils risquent de se lasser rapidement», explique-t-il. Pour jauger les postulants, il leur fait passer des entrevues téléphoniques ou leur demande de remplir un questionnaire par écrit.

Marche à suivre

Afin de décrocher un poste pour le début de l’année scolaire en septembre, la recherche d’emploi doit commencer autour du mois de mars.

Le candidat doit généralement fournir un CV, une photo et une photocopie de son passeport. Il passe ensuite une entrevue téléphonique et s’il y a lieu, des tests d’admission pour vérifier sa maîtrise de l’anglais, tant à l’écrit qu’à l’oral (par téléphone, courriel ou même par messagerie instantanée, selon les établissements). Avant d’être embauchés, les candidats retenus doivent aussi prouver leur bonne condition physique au moyen d’un formulaire rempli par un médecin.

Une fois toutes ces formalités accomplies, les futurs professeurs reçoivent un contrat de travail (généralement pour une année complète) par la poste. Idéalement, le contrat devrait détailler le nombre total d’heures de travail — incluant la préparation des cours et le temps en classe — et les jours de congé. Le candidat doit signer le contrat pour que le processus d’émission du permis de travail (qui peut être long et laborieux) soit mis en branle.

Vivre à la chinoise

Le coût de la vie en Chine est généralement peu élevé. La rémunération des enseignants varie de 4 000 à 12 000 yuans (de 550 à 1 650 dollars) par mois pour une tâche à temps plein, selon le type d’établissement et le niveau d’enseignement.

Le plus souvent, les professeurs (étrangers et locaux) sont logés sur le campus, aux frais de l’école. «Mais attention, en matière d’habitation, les attentes d’un Occidental et celles d’un Chinois sont très différentes», prévient AJ Boelens. Par exemple, les lits sont parfois très durs et les chambres et salles de bains sont partagées.

Pour savoir à quoi s’en tenir, il conseille de demander des photos et une description précise du logement. Contacter des professeurs déjà sur place permet aussi de se faire une idée des conditions d’accueil. Si l’école refuse d’établir un lien entre les candidats et les professeurs, il y a anguille sous roche!

Si le processus pour se réinventer en professeur d’anglais en Chine semble long et ardu, le jeu en vaut certainement la chandelle pour nombre de ceux qui ont tenté l’expérience. En cinq ans là-bas, Nadia Sbaihi a appris le mandarin, développé des trésors de débrouillardise et de solides talents pour faire face à l’imprévu. Sans parler de l’amour profond qu’elle conserve pour cette culture.

Rien de bien chinois là-dedans!

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