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Comprendre le Nord

Ça fait plus d’un mois que je vous cache quelque chose… quelque chose de gros! Mais c’est enfin public et je suis très fière de vous annoncer que je viens d’obtenir une bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada. Cette bourse me permettra de faire des reportages sur le recrutement des professionnels de la santé dans les communautés inuites du Nord (Nunavik et Groenland).

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J’ai toujours été fascinée par l’ailleurs, l’étrange, l’étranger… adolescente, je rêvais de voyages, d’études à l’étranger. Je rêvais de faire la Course Destination-Monde, de faire des reportages aux quatre coins de la planète. Je voulais découvrir le monde, le comprendre.

À la fin de mon secondaire, l’importance d’apprendre l’anglais devenait primordial, parce que je rêvais de faire la Course Destination Monde. Je me suis donc envolée toute seule pour les États-Unis pour apprendre l’anglais pendant un an. Une expérience qui a définitivement forgée la personne que je suis aujourd’hui. À mon retour, Radio-Canada avait aboli la fameuse émission… Déception.

Mes études ont été ponctuées de quelques voyages à l’étranger… Surtout en Grande-Bretagne où ma sœur s’est établie il y a près de 15 ans.

À la fin de mes études, j’ai aussi fait, avec mon copain (devenu mon mari) un long voyage en Europe… juste pour aller voir ailleurs.

Mais un déclic précis s’est fait lorsque j’ai visité la Chine et ses nombreuses minorités culturelles et linguistiques. Nous nous sommes retrouvés dans des villages où la seule douche était le rivière où se baignaient les buffles, où la pâte à dents était un produit inconnu, où même l’argent chinois n’avait aucune valeur…

Et c’est dans un village du Yunnan, près de la frontière avec le Tibet, dans un trek  de deux jours qui se nomme "The Tiger Leaping Gorge" qu’une évidence toute simple m’a frappée… J’avais visité plus de villages de minorités chinoises que de villages autochtones dans mon propre pays. Je connaissais les plats traditionnaux tibétains, mais j’ignorais ce qu’était la cuisine montagnaise, crie, inuite…

Je voulais m’y attarder, mais je ne voyais pas ce que je pouvais en dire de plus que les reportages des journalistes qui s’aventuraient dans le Grand Nord de notre vaste pays. J’ai donc mis cette idée sur la glace (mauvais jeu de mot!) Au retour de mon congé de maternité, une opportunité si grande est tombée si près… Un grand sage m’a aiguillé vers un sujet si crucial et si unique… Je devais pousser plus loin. Mais j’avais besoin de budget, et ça adonnait que les Instituts de recherche en santé venait de lancer leur quatrième concours de bourse en journalisme.

Me voilà donc six mois plus tard devant le plus grand défi de ma carrière jusqu’à maintenant. Dans les prochains mois, je lierai, rechercherai, fouillerai sur le système de santé pour les communautés inuites du Québec et du Groenland. J’irai aussi voir, rencontrer, questionner des gens au Nunavik et au Groenland.

Je vous guiderai donc dans mes réflexions, mes trouvailles, mes rencontres… et soyez assurés que vous pourrez me suivre dans mes péripéties de voyages. Restez à l’écoute, ici, sur ce blogue pour la suite!

Vous cherchez un médecin de famille à Montréal?

J’ai concocté pour vous un article pour vous en trouver un… pas toujours facile soit, mais toujours possible avec beaucoup de débrouillardise, de la persévérance et un peu de chance.

Alors que je faisais la recherche pour cet article, j’ai constaté pourquoi les Montréalais (et tous les autres Québécois) pouvaient être confus quand vient le temps de chercher un médecin de famille. En fait, c’est qu’il y a deux voies pour deux clientèles différentes.

La voie dite "officielle" par le guichet d’accès. On appelle à son CLSC en disant qu’on se cherche un médecin de famille. On remplit un formulaire pour évaluer notre état de santé. Une infirmière nous rappelle pour nous dire où est notre priorité. Ainsi, si vous avez une maladie chronique (diabète, cholestérol, asthme, problèmes de santé mentale, etc.), vous risquez d’être assigné à un médecin de famille plus rapidement.

Or, si vous êtes en santé, sans antécédants médicaux, ce n’est vraiment pas la place pour trouver votre médecin… vous êtes mieux de chasser l’ouverture de nouvelles cliniques ou encore de demander à votre entourage si leur médecin prend de nouveaux patients.

J’ai remarqué aussi que tous les intervenants s’accordent pour dire qu’il manque de médecins de famille. Par contre, les discours diffèrent sur le pourquoi… Du côté du ministère, on dit que les médecins doivent se regrouper en GMF, ce qui augmenterait le nombre de médecins de famille disponibles. Par contre, les médecins déplorent les difficultés et les critères très pointus pour être accrédités comme GMF. Les médecins mentionnennt également que les médecins omnipraticiens pourraient faire plus d’heures en cabinet s’ils ne devaient pas s’accomplir d’un minimum de tâches hospitalières pour obtenir la pleine rémunération.

Bref, au-delà de la démarche pour trouver un médecin de famille, il y a tout un système… avec plusieurs organisations qui ne parlent pas le même langage. Pas étonnant alors qu’il soit difficile de le comprendre pour trouver les services adéquats!

Comment trouver un médecin de famille à Montréal?, un article pour Openfile Montréal.

Guy Turcotte… pis après?

Ce billet n’a rien avoir avec la nouvelle maman que je suis. Ça plutôt à voir avec le dernier billet de ce blogue "Parenthèse sociale", parce que je suis profondément troublée aujourd’hui en entendant le verdict du jury dans la cause de Guy Turcotte.

Je ne veux pas juger la décision du jury dans cette cause. Je ne remets pas en cause leur jugement, autant que je ne l’approuve pas. Je n’ai pas assisté au procès, je n’ai pas eu les mêmes éléments que le jury, j’avoue même que les détails de cette affaire me faisaient changer de poste. Mais je me pose de sérieuses questions sur la capacité de notre système de santé en matière de santé mentale.

Parce que le jury vient de donner toute une patate chaude au système de santé…

Guy Turcotte pourrait être libéré dans 45 jours si les psychiatres jugent qu’il est apte et qu’il ne représente pas de risque de récidive. Il ne sera plus jugé comme un danger pour lui-même ni pour les autres, et ainsi ne pourra plus être retenu contre son gré dans un établissement psychiatrique.

Or, la majorité des gens qui sortent des établissements de santé psychiatrique sont souvent laissé à eux-mêmes, précisément lorsque le moment est le plus crucial, soit les quelques jours suivant la sortie. Avant que toute l’équipe médicale communautaire se mette en place, que le dossier fasse sont chemin vers les ressources appropriées, ça peut prendre jusqu’à 3 semaines!!!

Et qu’arrive-t-il à ces gens désorientés qu’on laisse sortir parce qu’ils ne sont plus "un danger pour eux-mêmes ou pour autrui"? On les laisse avec leur désespoir, avec leur mal de vivre, avec les images des conséquences de leurs actes…

Les soins à domicile sont l’enfant pauvre de la maladie mentale, qui elle-même est l’enfant pauvre du système de santé… Alors imaginez la combinaison! Les soins psychiatriques en externe sont pourtant criant et pourraient donner un sérieux coup de main à diminuer de nombreux problèmes sociaux comme le suicide et l’itinérance en plus d’aider ces gens à rester fonctionnels dans la société, malgré les hauts et les bas de la maladie mentale.

Des drames familiaux comme celui-ci touchent tout le monde, à preuve le battage médiatique de cette cause. Par contre, je crois qu’il faut regarder au-delà du drame. Maintenant que le jugement est rendu, les ressources médicales doivent être mises sur pied rapidement, avant même sa sortie pour éviter qu’un autre drame ne survienne. Parce que même si les psychiatres le dise "sans risque de récidive", il devra quand même vivre avec les conséquences de ses actes pour le reste de ses jours… une terrible sentence.

Aberration du système de santé

Être enceinte signifie de se retrouver dans le système de santé plus souvent qu’à son tour… Et ce ne sont pas toujours des expériences agréables!

J’ai parlé dans un billet précédent de mon expérience au centre de prélèvement du CLSC.

Et encore une fois, je suis au coeur d’une aberration de notre merveilleux système de santé!

Dès le début de la grossesse, il peut être difficile de se trouver un médecin qui va suivre la grossesse. Il manque d’obstétriciens au Québec, les médecins de famille sont débordés et le babyboom n’aide pas la situation. Ainsi, il peut être frustrant pour certaines femmes de se trouver un médecin de confiance… Oubliez les sages-femmes, la liste d’attente est si longue qu’il faut attendre parfois jusqu’à 20 ou 25 semaines de grossesse avant d’espérer avoir un suivi dans une maison des naissances.

La majorité des femmes n’auront donc même pas le choix d’accoucher à un hôpital plutôt qu’un autre… C’est le premier médecin qui a des disponibilités qui va faire l’affaire, on a pas le choix. J’aurais peut-être pu magasiner mais je craignais de ne pas pouvoir trouver un autre médecin. Ainsi, j’accoucherai à l’hôpital Sacré-Coeur, reconnu pour son département de traumatologie… pas pour sa maternité! En fait, la maternité est l’une des ailes les plus désuètes de l’hôpital selon certaines personnes… Et c’est là l’aberration… Je le sais pas, on ne peut pas visiter!

Autant on dit aux femmes enceintes de s’informer de l’hôpital et de ses procédures pendant les cours prénataux, autant certains hôpitaux, dont Sacré-Coeur, n’acceptent aucune visite de femmes enceintes avant qu’elles aient atteints 36 semaines de grossesse… À 36 semaines de grossesse, le bébé est considéré comme à terme et pourrait donc voir le jour en avance (même si je sais que c’est assez rare, surtout pour un premier bébé).

Pire! À l’hôpital Lakeshore, dans l’ouest de l’île, les femmes enceintes qui désirent visiter la maternité doivent payer 20$.

Ce double discours entre la première ligne et les services hospitaliers n’est pas le seul évidemment. Mais c’est tout de même assez frustrant d’attendre 20 minutes au téléphone pour prendre rendez-vous pour visiter un hôpital pour se faire finalement dire que l’horaire de septembre n’est pas encore disponible et qu’il faudra rappeler en août!

Cette histoire me rappelle aussi un article paru dans La Presse la semaine dernière concernant les échographies. Plusieurs patients n’arrivent pas à avoir des échographies alors que leur état de santé requiert un diagnostic. Certains peuvent attendre jusqu’à un an! On entendait sur toutes les tribunes que les femmes enceintes étaient en priorité… vraiment?

À mon premier rendez-vous chez le médecin, il me donne une prescription pour prendre rendez-vous pour l’échographie de 20 semaines. J’étais alors à 11 semaines. Ce que j’ignorais c’est qu’il fallait vraiment que je prenne rendez-vous  immédiatement pour être certaine d’avoir mon échographie à 20 semaines. Il faut donc appeler au minimum 2 mois à l’avance pour avoir une échographie foetale alors que dans le privé, un appel suffit pour avoir un rendez-vous la semaine suivante.

Il y a définitivement quelque chose qui cloche avec notre merveilleux système de santé universel si bien pensé… Et ce qui cloche, entre autres, ce sont les règles de la bureaucratie qui ralentissent le travail des professionnels. Ça prend un ménage et vite! Avec le vieillissement de la population et maintenant la procréation assistée remboursée par la RAMQ, va falloir être efficace dans le système de santé. Les soins aux femmes enceintes et aux personnes âgées devraient être une priorité!

Une heure trente pour 5 min

Une expérience vécue hier… J’étais pleine de bonnes intentions… Je suis contente et surtout fière d’être de retour au Québec pour, entre autre, notre système de santé. J’y crois et j’apprécie peut-être plus ce système pour avoir compris le système de santé américain.

J’étais donc pleine de bonnes intentions d’aller à mon CLSC pour mes prises de sang. J’aurais pu aller dans le privé mais je me disais que le CLSC est juste à côté de la maison, que ce devrait être la façon de faire…

Bref, me voilà au centre de prélèvement à l’ouverture, 7h30. Premier constat: on ne mentionne nul part (sauf sur la porte) que les portes ouvrent à 7h et que tu peux venir chercher ton numéro à partir de cette heure… À 7h20, il y avait déjà 81 personnes devant moi… Moi qui pensait qu’une prise de sang c’était une affaire de quelques minutes, j’ai changé rapidement d’idée.

Personnellement, depuis le début de ma grossesse, je dois manger rapidement au lever sinon je risque des conséquences plutôt inconfortables comme des nausées, des chaleurs, la vision d’étoiles et surtout éventuellement l’évanouissement… En voyant que je devrai attendre à jeun plus d’une heure, je vais voir la préposée pour savoir s’il y avait une procédure spéciale pour les femmes enceintes. Elle me dit que non, qu’au pire, si je ne me sentais pas bien, il y avait une civière où je pourrais m’étendre en attendant mon tour. Aucune compassion, ni même un sourire…

Dans cette salle d’attente, il y a principalement des personnes âgées… certaines sont très malades, portant un masque pour éviter de contaminer les autres. Je suis en santé et je me bats pour le rester avec un système immunitaire affaibli par la grossesse… ça m’inquiète moi de rester dans une salle où d’autres personnes sont malades, crachent, toussent… Je garde mes mains près de moi, touche à rien en espérant que les microbes viendront pas me visiter.

Après une heure trente d’attente, on appelle mon numéro… et une femme se glisse juste devant moi sans s’excuser… C’est que c’est une employée du CSSS. Elle a priorité sur tout ce beau monde qui attend comme des dindons dans un enclos… Avec sa petite carte d’employée, elle s’enregistre et passe ses prises en sang en moins de deux… Affamée et affaiblie, ma patience commençait à fondre comme neige au soleil.

Je retourne m’asseoir avec les autres dindons, espérant passer rapidement parce que les chaleurs et les étoiles venaient de faire leur apparition. Après 20 minutes d’attente de plus, j’ai dû me rendre à l’évidence que c’était le temps pour la civière. Je retourne voir la préposée, tout aussi accueillante qu’un bloc de glace. Je lui demande où est la civière… Elle me dit "De l’autre côté de cette porte à gauche".

Je passe la porte… Les trois infirmières qui font les prélèvements sont là! Je m’allonge sur la civière, on me regarde… Une seule infirmière s’approche pour me demander si j’allais bien… "Euh pas vraiment, j’ai faim et je vois des étoiles!" En deux temps trois mouvements, ma prise de sang était terminée. L’infirmière me donne un jus d’orange et j’ai pu manger ma banane avant de retourner à la maison…

Cette expérience très désagréable me fait réfléchir… Ma première réaction à chaud: "La prochaine fois, tu peux être sûr que je vais aller dans le privé!"

Mais d’autres questions viennent ensuite… Pourquoi ne pas organiser des cliniques de prises de sang pour les femmes enceintes une heure par semaine question d’éviter de les mettre en contact avec des personnes très malades? À la limite, faire les prises de sang sur rendez-vous pour ce groupe de la population.

Pourquoi le CLSC n’offre pas de cliniques de prélèvements dans les centres d’hébergement? Ce serait beaucoup plus efficaces, les personnes âgées et malades n’auraient pas à se déplacer et ça éviterait d’engorger le centre de prélèvement du CLSC. Au total, j’ai vu un minimum de 120 personnes attendre pour une prise de sang ce matin du 12 avril au CLSC de Montréal-Nord, dont une majorité ayant une difficulté à se déplacer. Si on ciblait des clientèles chaque – lundi: personnes malades, mardi:personnes âgées, mercredi: femmes enceintes, jeudi et vendredi: autres populations, me semble que ce serait plus efficace…

Malgré tout le respect et l’admiration que j’ai pour un système de santé universel, cette expérience me fait réfléchir sur l’efficacité de celui-ci. Mais chaque fois qu’on veut changer les méthodes de travail, il y a toujours des cabochons qui sont réfractaires au changement… Et ces cabochons nuisent à l’efficacité d’un système qui se meurt.

Mise à jour 23 avril 2010: J’ai eu une discussion avec mon médecin hier… Il a vraiment trouvé toute cette histoire ridicule, alors qu’il croyait que le CLSC acceptait de passer les femmes enceintes en priorité. Il a mentionné que le CLSC devrait avoir un téléphone qui va sonner pour remettre les pendules à l’heure! J’espère aussi que ce sera fait… pas pour moi mais pour toutes les femmes enceintes du quartier.

Bilan de santé

Ce matin, on parle du budget… Partout, on ne parle que de ça. Des taxes qui vont augmenter, de la catastrophe dans les services publics… On trouve effrayant que les tarifs augmentent de la sorte…

Vraiment?

Après un an aux États-Unis, après m’être frotté de trop près sur le système de santé américain, réaliser que 45% des dépenses du budget annoncées hier seront réalisées en santé, ça me rend fière d’être Québécoise.

Parce que quand je vais chez le médecin pour un bilan de santé annuel, je ne reçois pas une facture de 225$ par la poste…

Parce que quand je me cherche un médecin, j’ai pas besoin de magasiner pour savoir si le médecin en question fait partie du réseau de mes assurances ou non, si le service rendu vaut ce que je devrais payer en franchise (jusqu’à 2000$ de franchise par année par personne selon les assurances).

Parce que quand j’achète des médicaments, je n’ai pas à payer des frais de 30 à 50 $ pour une prescription de médicaments originaux comparativement aux médicaments génériques pour remplir les poches des compagnies pharmaceutiques.

Mais tout ça a un coût… et on a voulu une société où les riches aident pour les pauvres. Regardez autour de vous, dans le métro, sur la rue et dites-vous que certains de vos voisins de trottoir ont pas mangé ce matin parce qu’ils n’ont pas d’argent.

Aimeriez-vous mieux que ces gens qui arrivent à peine à joindre les deux bouts fassent faillite parce que le petit dernier s’est cassé le bras? Ce sont des cas du genre qu’on voit régulièrement aux États-Unis.

Aimeriez-vous mieux un système utilisateur-payeur qui fait que votre bilan annuel chez le médecin vous coûte 225$ mais que de nombreux Québécois ne voudraient pas dépenser autant (ou n’en seraient tout simplement pas capables) et tombent malades, coûtant encore plus cher à l’état?

Il y aurait d’autres solutions que d’augmenter la taxe de vente ou le tarif d’électricité  d’Hydro-Québec (qui en passant est 5 fois moins cher qu’en Californie).

On pourrait insérer un ticket modérateur pour chaque visite chez le médecin, pour éviter que les Québécois prennent les soins de santé comme un buffet chinois, et s’en servent des assiettes pleines, en gaspiller la moitié parce que de toute façon c’est pas grave – ÇA COÛTE RIEN! Hé bien, mes amis, les soins de santé ont un coût. Et ça coûte pas mal plus cher qu’on peut l’imaginer.

Combien diriez-vous qu’un suivi de grossesse coûte en hôpital aux États-Unis? Combien seriez-vous prêt à payer pour avoir un service A1 dans un hôpital privé? Il en coûte entre 12 000 et 15 000$ US pour accoucher dans un hôpital américain, et ça quand tout va bien, sans médication ni chirurgie. La majorité des assurances payeront entre 85% et 90% de ce montant, sans compter le fameux déductible… Bref, pour une grossesse aux États-Unis, il vous en coûterait de vos poches entre 2500$ et 4000$. Avez-vous les moyens d’avoir des enfants?

On pourrait aussi envoyer une facture chaque fois que vous demandez un service public. Vous n’auriez pas besoin de payer cette facture, mais juste pour vous rappeler que les services, même publics, ont un coût.

On pourrait aussi couper dans les chefs… Les services publics ont presque plus de chefs que d’indiens. Plutôt qu’avoir des cadres intermédiaires et des cadres superviseurs, des cadres pour gérer et des cadres pour diriger, on pourrait embaucher plus d’indiens…

Mais ces solutions feraient friser bien des organisations et des citoyens inquiets… Dans le fond, faudrait juste se poser une question si simple… Qui devrait payer pour les soins de santé?

Quelques cents sur des produits de consommation pourraient sauver la vie d’un baby-boomer qui attend son pontage. Dans un autre pays, ce baby-boomer devra payer jusqu’à 150 000$ pour son intervention chirurgicale. Et si c’était vous, ou votre père, ou votre oncle? Trouveriez-vous que payer 5 cents de plus sur votre nouvelle paire de jeans est exagéré?