Archives de Tag: journalisme

Cher TC Media

J’ai eu la chance d’apprendre mon travail de journaliste chez-vous, dans vos hebdos de l’est de Montréal. Il y a de ça, déjà, presque dix ans. J’ai appris à couvrir des conseils d’arrondissements, à côtoyer la jungle politique, à couvrir des événements de toutes sortes; à comprendre « la game » finalement.

J’ai appris à me faire des contacts sur le terrain. J’ai appris l’importance de chérir ces contacts. J’ai appris à les cultiver et à les faire fructifier. J’ai appris à travailler ailleurs que dans une salle de rédaction : dans mon auto, dans un terrain vague, dans le stationnement de l’hôtel de ville, derrière un immeuble en flammes. J’ai appris à être alerte lorsque je me promène sur le territoire couvert, d’avoir toujours les antennes ouvertes, au cas où.

Et voilà que toi, tu décides que c’est fini. Tu ne permettras plus à tes journalistes d’apprendre ces choses essentielles pour faire de l’information de qualité. Tu décides que la « contribution citoyenne » fait pareil, que des communiqués remâchés et des chroniques seront suffisantes pour informer les citoyens des quartiers de Montréal. Tu décides que la démocratie locale n’a plus besoin d’information objective et rigoureuse. Pourtant, Montréal a grand besoin de cette démocratie, précisément à ce moment crucial où elle doit se reconstruire sur des bases solides.

Tu décides que 12 journalistes pour couvrir l’ensemble de l’île de Montréal et tes 22 journaux locaux, ça sera suffisant. C’est vraiment prendre tes journalistes pour des remplisseurs de trous… et tes lecteurs pour des cons.

Je suis profondément déçue de toi TC Media. Un fleuron de l’économie québécoise, une entreprise de presse qui rayonne partout au Canada… et qui laisse tomber ce qu’elle devrait chérir le plus : son contenu. Tu l’as montré récemment avec le contrat indigne que tu t’apprêtais à présenter à tes collaborateurs pigistes, maintenant tu le montres encore plus clairement que le contenu n’est pas ta priorité.

Je te souhaite une chose TC Media… Que d’autres journaux hyperlocaux viennent s’installer dans les quartiers où tu es présent. Plusieurs journalistes croient au rôle des médias dans la démocratie. Ces journalistes inspirants démarrent de nouvelles plateformes, de nouvelles façons de faire du journalisme. Et un jour, les annonceurs réaliseront que ton modèle est dépassé. Que remâcher des communiqués ne mène pas à du contenu de qualité…

Le contenu pour une entreprise de presse, c’est ce qui la fait vivre… Si tu coupes dans ton contenu, TC Media, tu coupes sur ta durée de vie en tant qu’entreprise de presse… Et tu seras quoi? Une entreprise marketing qui offre des publireportages et des communiqués entre des publicités de concessionnaires automobiles… Un gros Publisac finalement… tu sais, celui que tant de gens s’empressent de jeter au recyclage ou refusent même d’avoir à leur porte!?!

Ce n’est surtout pas du journalisme.

Le contrat de TC Media en questions/réponses

L’AJIQ a reçu énormément de questions au sujet du nouveau contrat de Médias Transcontinental (TC Media). Je partage ici quelques-unes des questions, suivies des réponses. Merci à mon collègue André Dumont, VP sortant de l’AJIQ d’avoir compilé les questions et formulé les réponses.

Q. J’ai signé le contrat. Puis-je traduire mes articles en anglais et les vendre à une publication de Toronto?

R. Non. Vous n’êtes plus détenteur des droits d’auteur sur vos articles.

Q. Pourrais-je un jour publier un livre avec mes articles?

R. Oui. Vous devrez d’abord racheter vos droits à TC Media.

Q. Mon père est particulièrement fier de mon article publié dans Coup de pouce. Peut-il le reproduire dans un album qui sera vendu lors du grand rassemblement des Tremblay d’Amérique?

R. Oui. Il devra d’abord négocier une licence avec TC Media.

Q. Puis-je revendre mon article à un journal communautaire de Tombouctou?

R. Non. Le contrat accorde aussi l’exclusivité à TC Media pour le Mali.

Q. TC Media peut-elle modifier mes articles sans mon consentement?

R. Tout à fait. Vous avez renoncé à votre droit moral. Vous n’avez plus de regard sur l’intégrité de vos articles. Votre signature ne garantit plus au lecteur que c’est vous qui avez réellement créé le contenu de vos articles.

Q. Mon nom apparaîtra-t-il toujours avec mes articles?

R. TC Media se donne le droit d’écarter votre nom « pour des motifs raisonnables ». Par exemple, il serait tout à fait raisonnable de retirer votre nom si un de vos articles devient un publireportage. Ou si un extrait de votre article devient le slogan d’un annonceur. Il pourrait aussi être raisonnable d’écarter votre nom si des extraits de vos articles étaient intégrés à ceux d’autres auteurs.

Q. Le contrat parle de « droits moraux ». Ai-je plus d’un droit moral?

R. Non, vous n’avez qu’un seul droit moral. À moins que vous écriviez sous plus d’un nom de plume, ou que vous souffriez du trouble de personnalités multiples.

Q. Si TC Media publie mon article à plusieurs reprises, serais-je payé davantage?

R. Non. TC Media peut publier vos articles à de multiples reprises sous l’une de ses multiples « marques », le vendre à d’autres éditeurs, le traduire en panjabi et le publier dans un livre à succès, sans que vous ne touchiez un cent de plus.

Q. Mon oncle patenteux est en train d’inventer un média qui permettra de lire des articles dans le ciel, lors de soirs de pleine lune. Pourra-t-il publier mes articles?

R. Désolé. TC Media y a pensé avant votre oncle. Le contrat inclut les droits pour les médias « actuellement connus ou ultérieurement créés. »

Q. Le contrat de TC Media est-il compatible avec les Dix principes d’un contrat équitable que prônent la FPJQ et l’AJIQ?

R. Vous trouverez la réponse en lisant les Dix principes d’un contrat équitable.

Q. J’ai signé le nouveau contrat au même tarif que l’ancien. Me suis-je fait avoir?

R. D’aplomb! TC Media trouve vos articles tellement bons qu’il a demandé une licence pour tous les magazines, journaux, sites internet et autres médias de partout dans le monde! D’après nos calculs, vous devriez demander 42 723 $ le feuillet. Si la planète Mars avait été incluse, ce serait encore plus.

Q. Je n’ai pas encore signé. Le contrat est-il négociable?

R. Tout contrat est négociable. Bonne chance.

Q. On me dit que si je veux collaborer et vendre mes articles à TC Media, je dois signer le contrat tel quel, sans pouvoir en modifier les clauses. Est-ce possible?

R. Impossible. Si c’était le cas, ce contrat serait un contrat d’adhésion. Il n’aurait aucune valeur légale.

Appuis de taille au combat des journalistes indépendants

Depuis une semaine, l’Association des journalistes indépendants du Québec dénonce un contrat abusif de TC Media qui demande à ses collaborateurs de céder tous ses droits d’auteurs et de renoncer à son droit moral pour tous les articles écrits pour l’entreprise.

Depuis, plusieurs autres associations et syndicats se rallient à la position de l’AJIQ:

Communiqué de la CAPIQ

Communiqué de l’UNEQ

Communiqué de Illustration Québec

Communiqué de la Guilde canadienne des médias 

Communiqué du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier

La qualité de l’information en dépend

Vous pensez peut-être que ce contrat indigne que souhaite faire signer TC Media (et que TVA Publications fait déjà signer à ses collaborateurs depuis plusieurs années) ne touche que les conditions de travail des journalistes indépendants…

Détrompez-vous les amis. Vous, qui lisez ces magazines en vente dans toutes les bonnes épiceries, vous serez aussi touchés par la signature de ces contrats liant les magazines et ses collaborateurs.

Parce qu’au départ, il existe du contenu web, et du contenu papier. Mais de plus en plus, c’est le même contenu qu’on transforme, qu’on adapte. Même chose avec les plateformes mobiles. Donc une fois que vous recevez votre magazine papier dans le confort de votre foyer, ce ne sera que la signature graphique qui changera. L’offre de contenu sera la même, sur toutes les plateformes. La diversité de l’information en souffrira. N’êtes-vous pas tannés d’entendre toujours les mêmes choses?

Le public est justement de plus en critique par rapport aux journalistes… Notre réputation en souffre, nous en sommes à être aussi crédibles qu’un vendeur de picouilles.

Et qu’en sera-t-il de la crédibilité de l’information lorsque les citations de nos experts seront reprises hors contexte? Comment réussirons-nous à faire notre travail? Et vous, est-ce que vous pourrez vraiment compter sur du contenu rigoureux et de qualité? Parce qu’il y aura de plus en plus de mélange entre la publicité et le reportage…

La qualité et la diversité de l’information dépend du travail que font les journalistes. Et si on leur demande de faire toujours plus pour le même tarif, en plus de céder leurs droits d’auteurs qui ne leur permettrait plus de toucher des redevances, et de les dénuder de la paternité et de l’intégrité de leurs oeuvres; le journalisme deviendra ainsi… de la rédaction au service des entreprises de presse qui se disent "entreprise d’activation marketing".

Et la démocratie dans tout ça? Le quatrième pouvoir? Il faudrait leur demander, à eux, dirigeants des entreprises de presse, ce qu’ils en pensent.

Direction de TC Transcontinental

Direction de Quebecor 

Pour suivre cette mobilisation des journalistes indépendants, des photographes et des illustrateurs du Québec sur Twitter, suivez le mot-clic #nesignezpas

TC Média répond

TC Média répond après quelques articles publiés vendredi dans Le Devoir et sur Storyboard concernant un contrat absurde que le conglomérat s’apprête à faire signer à tous ses pigistes (journalistes, photographes, illustrateurs).

J’ai d’ailleurs aussi écrit un billet vendredi sur le sujet et je vous suggère de le lire avant de lire la suite. 

Alors, voici quelques mentions de cette réponse…

Sur Storyboard, on a demandé à Pierre Marcoux, Vice-président senior de TC Media de répondre aux questions… et la "puck" a été envoyée à Susan Antonacci, directrice exécutive du développement des marques pour les marques aux consommateurs de TC Media. 

La raison pour laquelle TC Media en est venu à changer son contrat l’unissant à ses collaborateurs vient de la compétition féroce:

“We needed to explore how to better serve our consumers in a multi-platform environment. And it really came down to thinking, in order to remain competitive in this environment, that a new contributor agreement was necessary. So much has happened, even since 2009 when we had our last agreement. Tablets and apps didn’t exist, they weren’t commercialized in 2009. The iPad was only launched in April 2010. There’ve been so many changes in the industry and the way we provide content that it was absolutely necessary that we look at making these changes,” she said.

Le fameux multiplateforme… Effectivement, il faut être de son temps. Par contre, d’autres clauses pourraient être proposées aux collaborateurs que de leur enlever carrément la paternité et l’intégrité de leurs oeuvres! Pour reformater un texte du web au iPad, ou pour toute autre application mobile, pas besoin de détenir les droits d’auteur et demander à l’auteur de renoncer à son droit moral. Une clause demandant la réutilisation du texte sous différentes formes pourrait aussi bien faire l’affaire.

“It has changed in the sense that yes, it did belong to the writer, but so much has changed since 2009, the media landscape is so different that we have to think about that as a company, especially a publishing company, moving forward,” she said.

Une compagnie en publication… Hum, laissez-moi en douter car sur leur site internet, TC Media parle plutôt de "marques devenues de puissants véhicules publicitaires multiplateformes pour nos clients annonceurs". Alors mes chers amis, on ne veut pas vous vendre du contenu pertinent, rigoureux… juste de la pub! Et nous sommes, journalistes indépendants, les dindons de la farce, les cons dans un dîner, ceux qui remplissent les trous entre les pub.

“I think there are a number of contributors who can tell you this, and I’ve worked with many over my 30 years in this business, and that is that we highly respect the contributors that we work with. And we really appreciate what they do for us, and we want to continue working with them,” she said.

Ouais… c’est pour ça que les tarifs des journalistes indépendants n’ont pas changé mais que les tarifs publicitaires ont explosés dans les dix dernières années. Et c’est pour ça aussi que TC Media veut dénuder les journalistes indépendants de la seule chose qui leur reste… leur intégrité.

“Quite often because the brands are so different, the chances of the content being used with another brand is unlikely,” she said. When asked why, in that case, TC Media requires full copyright, Antonacci said that as the company’s brands are evolving, and exploring different initiatives, there is more of a chance that content might be shared. “But the circumstances are rare,” she said. “It’s a safety net that we’ve put in place and for us it’s important that we have it in place. But that being said, we’re very mindful of the essence of each brand as well as the value of our content, so we’re establishing the policies and strict guidelines to tightly manage the content and respect the integrity of the work.”

Donc c’est dans le contrat, mais TC Media n’utilisera pas son droit d’utiliser le même article dans plusieurs publications. Il faudrait faire confiance en une entreprise de presse, un conglomérat médiatique; miser sur leur bonne foi corporative! Mais le contrat demande tout de même la cession des droits sous toutes les plateformes actuelles et à inventer, dans toutes les langues, pour l’éternité, sur toute la planète… et c’est juste un filet de sécurité pour se protéger comme entreprise. Pendant ce temps, les journalistes indépendants perdent la paternité de leurs oeuvres et ne peuvent recevoir des redevances de Copibec pour leurs textes… juste pour une question de filet de sécurité?!?

Et le droit moral…

“With the multiplication of numerous new technologies and delivery channels, media companies need to become more agile in order to reproduce content on multi-platforms – to use part of this content, to adapt it or enhance it or change it. When I say change it, I would be showing something differently on tablet than I would be showing it in print or online.”

Comme je le disais plus haut, il y aurait d’autres façons pour les entreprises de presse de se prémunir de la possibilité de changer un texte pour les différentes plateformes, plutôt de se demander aux collaborateurs de renoncer à la paternité et l’intégrité totale de leurs textes. Mais ça serait aux avocats de changer de langage… et c’est finalement peut-être trop demandé.

“It would be very rare that we wouldn’t use them. And as an established publisher, we really, again, respect the integrity of the work. So we have no intention of distorting a freelancer’s message or not giving them credit where credit is due.”

Pourtant, renoncer au droit moral demande au collaborateur exactement le contraire… Il faudrait "tout simplement" croire en leur bonne foi? Le feriez-vous?

“Will we consider paying a higher fee again? A lot of that depends on the editor and art directors. But we feel that we’re one of the leading publishers in Canada and we do offer competitive rates and we will continue to do so.”

Des droits d’auteurs complets pour la Terre entière, à perpétuité, dans toutes les langues, ça devrait se payer plus cher! Et en plus le droit moral!?! Il est vrai que chaque collaborateur doit négocier ses tarifs, mais les tarifs à la pige au Québec n’ont pas vraiment changé dans les 20 dernières années. Le coût de la vie lui augmente… et les tarifs publicitaires aussi. Mais TC Media pourrait peut-être penser à envisager de payer un tarif plus élevé pour ses collaborateurs… mais ça dépend de chaque rédacteur en chef. Belle façon de s’en sortir sans rien promettre.

En réponse à l’article du Devoir, on a envoyé Lise Paul-Hus, vice-présidente des solutions pour les consommateurs et éditrice chez TC Media.

 « Notre industrie fait face à une transformation profonde, surtout depuis deux ans, dit Notre univers a totalement changé, il faut s’adapter au rythme des avancées technologiques. Nous avons regardé les grandes tendances des boîtes de communication, dans notre province, au Canada ou à l’échelle nord-américaine. Et pour assurer la pérennité de nos entreprises, demeurer compétitif et rester le leader de notre industrie, il fallait réagir pas tellement avec nos pigistes qu’avec leurs oeuvres. Il nous faut plus de flexibilité pour les oeuvres sur les multiples plateformes. »

Et si on demandait juste aux collaborateurs de pouvoir utiliser leurs oeuvres sur différentes plateformes, et si on leur demandait juste leur accord pour modifier leurs textes pour une autre plateforme, est-ce que ça serait si difficile? Pourquoi ne pas travailler ensemble plutôt que de vouloir demander tous les droits alors qu’ils ne s’en serviront pas? Pour eux, la perte est minime de ne pas avoir les droits complets, mais pour un travailleur autonome qui vit de sa plume, pièce par pièce, chacune d’entre elles compte beaucoup…

Et on met le blâme sur les nouvelles technologies… et sur les autres entreprises de presse qui font aussi la même chose… plutôt que d’innover, de trouver d’autres façons de faire les choses… On préfère couper l’herbe sous le pied de ce qui les fait vivre… le contenu.

Je ne suis pas juste une "remplisseuse de trous"

Après TVA Publications, au tour maintenant des avocats de TC Media (autrefois Transcontinental) de vouloir jouer aux plus fins avec les journalistes, photographes et illustrateurs indépendants.

Depuis quelques semaines, le "nouveau" contrat pour les pigistes circule. En voici un extrait:

"Cession de droits.
En considération de la contrepartie détaillée en Annexe A, le Collaborateur cède et transmet en exclusivité à TC Media pour la durée légale du droit d’auteur et de ses renouvellements, pour le monde entier, la propriété entière de tous les droits d’auteur que le Collaborateur détiendra ou pourrait détenir dans l’OEuvre afin que TC Media, ses successeurs et ses ayants droit en aient la pleine utilisation ou exploitation, que ce soit à travers ou à l’aide de quelque médium que ce soit, connu ou à être découvert, sans rémunération, redevance, droit de suite ou autre somme que ce qui est prévu aux présentes. Le Collaborateur cède également à TC Media, sans limitation de quelque nature que ce soit, tout droit d’action pour violation de droit d’auteur associé aux droits, titres et intérêts précités."

Ce contrat souhaite "seulement" s’assurer que le dit conglomérat pourra réutiliser les textes des journalistes dans tous ses magazines , les photos des photographes et les illustrations des illustrateurs sur toutes les plateformes qu’on connaît et celles que le monde moderne pourrait inventer, et ce jusqu’à la fin des temps, sur toute la planète. Donc, si j’écris un article pour Coup de Pouce, il pourrait se retrouver dans Canadian Living dans 10 ans, sans que j’aie de rémunération supplémentaire. Il pourrait aussi se retrouver dans Elle Québec, ou le Journal Les Affaires…

En signant ce contrat, je ne pourrais pas toucher les redevances de Copibec si mon texte est repris dans les écoles par exemple.

Copibec remet des centaines de milliers de dollars chaque année à des auteurs, dont les journalistes indépendants, pour des textes repris dans les établissements d’enseignement de tout niveau. Avec la modernisation de la Loi sur le droit d’auteur entreprise par notre ami Stephen Harper à l’automne, déjà les redevances risquent de s’amoindrir.

Copibec ne remet pas les redevances aux conglomérats lorsqu’ils possèdent les droits d’auteur d’une oeuvre. L’argent payé par les établissements d’enseignement se retrouve donc distribué parmi les autres auteurs. Alors VOUS dirigeants d’établissements scolaires, aimeriez-vous payer pour l’utilisation d’articles en classe, sachant que l’auteur ne bénéficiera pas de cet argent?

Pour le conglomérat médiatique, faire signer un tel contrat nous demandant de céder nos droits d’auteurs nous fait perdre des redevances auxquelles nous aurions droit.

Mais ce contrat va encore plus loin. Il demande aux pigistes de renoncer à leur droit moral. Ce qui veut dire que je perds "la paternité" et "l’intégrité" de mon oeuvre.  Qu’est-ce que ça signifie? Ça veut dire que les gens que j’interviewe dans mes articles pourraient être cités hors contexte, ou même dans une publicité! VOUS qui êtes experts, interviewés par des journalistes, aimeriez-vous que vos propos soient repris hors contexte?

En signant ce contrat, il se pourrait que le contenu de mon article soit modifié sans mon consentement, que mon article soit vendu comme publireportage à une entreprise qui payera le triple du tarif que j’ai reçu pour cet article. Finalement, ça veut dire que mon travail ne vaut pas de la merde aux yeux du conglomérat médiatique qui tente de VOUS vendre ses publications.

Ça veut dire que les journalistes, les photographes et les illustrateurs sont juste des "remplisseux de trous" entre les pubs. Pourtant, les sites internet des conglomérats se ventent d’avoir du contenu "pertinent" et ayant "des normes de contenus rigoureuses".  Mais ce même contenu n’est pas assez bon pour être respecté comme du contenu de qualité, comme de l’information qui vaut la peine d’être rémunérée à sa juste valeur.

Saviez-vous qu’environ 85% du contenu des magazines que VOUS lisez est produit par des journalistes indépendants? Et si les grands conglomérats font signer ce genre de contrats inacceptables aux journalistes indépendants qui travaillent pour eux, ça veut dire pour VOUS que vous allez lire toujours la même chose. Les mêmes textes vont se retrouver partout. La diversité de l’information et sa qualité vont en souffrir.

Non seulement ces contrats que font signer TVA Publications et maintenant TC Media sont abusifs, mais ils pénalisent les journalistes de leur gagne-pain ET prennent leurs lecteurs pour des idiots.

Pensez-y la prochaine fois que vous devrez renouveller votre abonnement pour un magazine de ces deux groupes.

Pour savoir quels sont les magazines qui appartiennent à TVA Publications.

Pour savoir quels sont les magazines qui appartiennent à TC Media.

Et pourtant, ça serait si simple… Faire signer un contrat pour la réutilisation des textes sans devoir céder les droits d’auteurs et renoncer aux droits moraux… Mais on préfère y aller avec la main de fer… dans un gant d’acier.

Pour information sur ce qu’est un contrat acceptable, équitable, visitez le site de l’Association des journalistes indépendants du Québec. 

Comprendre le Nord

Ça fait plus d’un mois que je vous cache quelque chose… quelque chose de gros! Mais c’est enfin public et je suis très fière de vous annoncer que je viens d’obtenir une bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada. Cette bourse me permettra de faire des reportages sur le recrutement des professionnels de la santé dans les communautés inuites du Nord (Nunavik et Groenland).

***

J’ai toujours été fascinée par l’ailleurs, l’étrange, l’étranger… adolescente, je rêvais de voyages, d’études à l’étranger. Je rêvais de faire la Course Destination-Monde, de faire des reportages aux quatre coins de la planète. Je voulais découvrir le monde, le comprendre.

À la fin de mon secondaire, l’importance d’apprendre l’anglais devenait primordial, parce que je rêvais de faire la Course Destination Monde. Je me suis donc envolée toute seule pour les États-Unis pour apprendre l’anglais pendant un an. Une expérience qui a définitivement forgée la personne que je suis aujourd’hui. À mon retour, Radio-Canada avait aboli la fameuse émission… Déception.

Mes études ont été ponctuées de quelques voyages à l’étranger… Surtout en Grande-Bretagne où ma sœur s’est établie il y a près de 15 ans.

À la fin de mes études, j’ai aussi fait, avec mon copain (devenu mon mari) un long voyage en Europe… juste pour aller voir ailleurs.

Mais un déclic précis s’est fait lorsque j’ai visité la Chine et ses nombreuses minorités culturelles et linguistiques. Nous nous sommes retrouvés dans des villages où la seule douche était le rivière où se baignaient les buffles, où la pâte à dents était un produit inconnu, où même l’argent chinois n’avait aucune valeur…

Et c’est dans un village du Yunnan, près de la frontière avec le Tibet, dans un trek  de deux jours qui se nomme "The Tiger Leaping Gorge" qu’une évidence toute simple m’a frappée… J’avais visité plus de villages de minorités chinoises que de villages autochtones dans mon propre pays. Je connaissais les plats traditionnaux tibétains, mais j’ignorais ce qu’était la cuisine montagnaise, crie, inuite…

Je voulais m’y attarder, mais je ne voyais pas ce que je pouvais en dire de plus que les reportages des journalistes qui s’aventuraient dans le Grand Nord de notre vaste pays. J’ai donc mis cette idée sur la glace (mauvais jeu de mot!) Au retour de mon congé de maternité, une opportunité si grande est tombée si près… Un grand sage m’a aiguillé vers un sujet si crucial et si unique… Je devais pousser plus loin. Mais j’avais besoin de budget, et ça adonnait que les Instituts de recherche en santé venait de lancer leur quatrième concours de bourse en journalisme.

Me voilà donc six mois plus tard devant le plus grand défi de ma carrière jusqu’à maintenant. Dans les prochains mois, je lierai, rechercherai, fouillerai sur le système de santé pour les communautés inuites du Québec et du Groenland. J’irai aussi voir, rencontrer, questionner des gens au Nunavik et au Groenland.

Je vous guiderai donc dans mes réflexions, mes trouvailles, mes rencontres… et soyez assurés que vous pourrez me suivre dans mes péripéties de voyages. Restez à l’écoute, ici, sur ce blogue pour la suite!

2011 en revue

Je n’ai pas beaucoup écrit dans les derniers mois de 2011. C’est que la conciliation travail-famille s’est montrée plus difficile que je ne l’avais cru. En fait, j’ai voulu me prouver que j’étais encore capable, que je n’avais pas "perdu la main"… dans le fond, j’avais peur. Peur de ne pas être capable de garder mes contrats, peur de ne plus être capable de travailler à la pige comme je le fais depuis cinq ans, peur de me retrouver "out"… Alors, j’ai tout pris… tous les contrats. Je me suis étourdie dans les contrats pour me prouver à moi-même que j’étais encore capable. Quand on revient d’un congé de maternité, personne ne te dit que les choses ne seront plus jamais pareilles. Personne ne te dit que la conciliation travail-famille se vit sous le ton de modération du rythme de croisière professionnelle. Alors, en octobre, j’ai frappé un mur. J’ai dû accepter de ralentir alors que je venais à peine de mettre le pied sur la pédale d’accélération professionnelle.

En discutant avec plusieurs professionnels de la santé, tous me disait "Si tu savais combien de nouvelles mamans qui retournent au travail se trouvent dans la même situation…" Il paraît que c’est courant. Parce qu’on pense qu’on est prête à reprendre du service "comme avant".
Bref, à toutes les mamans en congé de maternité, j’ai un conseil pour vous. Le retour au travail doit se faire progressivement et sans pression (surtout pas venant de vous-même, c’est la pire!). Autant l’adaptation de bébé à la garderie est une adaptation qui prend des semaines, autant l’adaptation du retour de maman au travail en est une qui doit aussi prendre des semaines. Et ça, c’est une notion du concept "conciliation travail-famille" qu’on entend peu. On parle d’un retour progressif pour les arrêts de maladie, on parle d’un retour progressif après un burn-out, on parle de conciliation travail-famille comme d’horaire flexible… mais pas de retour progressif pour ménager la maman qui doit retourner au travail et qui doit s’adapter à une nouvelle vie. C’est un pensez-y bien pour les entreprises qui se pensent à l’écoute de leurs travailleurs!

***
Malgré un automne plus difficile que je ne l’avais espéré… j’ai quand même travaillé!

D’ailleurs, la programmation des conférences Les Belles Soirées à l’Université de Montréal débute dans les prochaines semaines. Il y a un peu de moi dans cette programmation puisque, cet automne, j’ai eu la chance d’y travailler comme recherchiste. Un travail un peu dans l’ombre mais très intéressant. Je vous invite donc à aller y faire un tour! Au menu: gaz de schiste, le futur de la science, les mythes alimentaires, les prochaines élections américaines, les risques d’internet, le Saint-Laurent, Michel Chartrand, le patrimoine conté du Québec, et une conférence qui me touche particulièrement… Les 50 ans des Jardins Métis, une histoire de famille fabuleuse qui vient de ma région natale.

Je suis également devenue cet automne rédactrice en chef (à la pige) d’Opérations Forestières, un magazine de l’industrie forestière, publié quatre fois par année. Un défi très intéressant puisque l’industrie forestière est à la croisée des chemins. L’innovation et la créativité sont au rendez-vous pour remettre cette industrie sur les rails. Je vous ferai d’ailleurs part de mes éditoriaux de temps à autre.

J’ai également écrit quelques articles pour Perspective infirmière, le magazine de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Ce mandat me permet de toucher à des sujets de santé dans une optique plus spécialisée.

J’ai également travaillé sur le magazine des diplômés de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. Celui-ci devrait être en ligne sous peu. Je vous informerai dès sa publication.

Finalement, j’ai travaillé très fort sur un projet qui se trouve encore sur la glace… Un reportage d’enquête qui verra le jour (espérons-le) dans les prochains mois, étant encore en attente de financement.

L’automne 2011 aura été rempli de beaucoup de mandats professionnels intéressants, ponctué de quelques rhumes et autres microbes gracieuseté de la garderie, agrémenté de beaucoup d’amour d’une poulette qui grandit à vue d’oeil, sans oublier le support d’un mari compréhensif.

Toutes mes excuses de vous avoir négligé ces derniers mois, je tenterai d’être plus assidue en 2012. Bonne année à tous!

Indépendant vs citoyen

Cette leçon (parce qu’il faut en donner encore des fois…) s’adresse à tous ceux qui ne comprennent pas le principe du journalisme indépendant, dont Gildor Roy.

Ce matin, notre ami de l’émission du matin à V, a voulu faire son "speech" d’entrée en dénonçant le journalisme-citoyen dans le Journal de Montréal… une pratique courante depuis le lock-out… jusque là, ça va. Mais il donne un autre exemple de ce genre de journalisme-citoyen que je n’ai pas aimé du tout… "Le citoyen qui se croit journaliste parce qu’il voit une vedette passer devant la file à l’aéroport…" Voici le clip de Gildor Roy.

Et me voilà plus rouge que rouge… Un autre qui semble confondre le journalisme indépendant au journalisme-citoyen.

Je suis journaliste, membre en règle de deux associations de journalistes au Québec, membre aussi d’une association de journalistes scientifiques internationale. Je gagne ma vie à écrire dans les médias, et c’est mon principal revenu… On peut-tu SVP me traiter comme une journaliste et non comme une journaliste-citoyenne qui passait à l’aéroport Trudeau le 4 janvier???

Cette journée-là, j’étais à Trudeau pour retourner à ma maison (d’accueil) où j’ai vécu dans la dernière année… Los Angeles. Et ça adonnait que je devais écrire une chronique pour MSN.ca sur la sécurité à l’aéroport… et qu’une vedette décide qu’elle devait passer devant pour une raison quelconque… J’en ai parlé dans ma chronique et sur mon blogue.

De toute façon, un journaliste-citoyen, ça veut dire quoi? Pas grand chose…

Alors que les journalistes indépendants tentent de garder leurs contrats, leurs piges, leurs jobs, on confond les choses… Un journaliste indépendant fait son travail en réalisant À LA PIÈCE des articles pour différents médias. Il est ainsi un travailleur autonome, son propre patron, une petite business, une usine à mots!

Un journaliste-citoyen qui passait par là avec son téléphone intelligent, c’est quelqu’un qui n’a aucun regard critique, qui ne pose pas de question et qui surtout n’est pas payé pour écrire ou pour décrire ce qu’il a vu. Est-ce que le journaliste a peur de dire que l’information vient d’un citoyen alors on l’appelle un journaliste-citoyen?

Bon maintenant que c’est clair, on peut enchaîner sur le plus important… Habituellement, je mets le plus important en premier mais là fallait rectifier les choses…

L’Association des journalistes indépendants du Québec, AJIQ, dont je suis administratrice, présente depuis quelques semaines une vidéo sur les revendications des journalistes pigistes au Québec. Je vous invite à visionner cette vidéo de l’AJIQ pour des raisons tout aussi éducatives que ce présent billet.

D’ailleurs, pour une deuxième année, l’AJIQ récompensera les journalistes indépendants lors du Gala des Grands Prix du Journalisme Indépendant qui se tiendra le 3 juin prochain, c’est le seul événement du genre au Québec, qui vise à récompenser uniquement les journalistes indépendants.

Pour en savoir plus, pour encourager le journalisme indépendant au Québec (qui semble être l’avenir du journalisme avec la convergence qui engorge les salariés), vous pouvez assister au Gala et, si vous êtes une entreprise, vous pouvez aussi commanditer l’événement. www.gpji.ca

Le journalisme indépendant au Québec permet d’avoir une diversité de sources dans les médias. Vous lisez des articles écrits par des journalistes indépendants tous les jours. Vous êtes journalistes indépendants et n’êtes pas encore membre de l’AJIQ? C’est le temps de se joindre à nous pour se faire entendre, plutôt que juste se faire lire…

Se battre pour les droits d’auteur

Pas toujours facile de se battre contre des ignorants… Parce que vous ne savez peut-être pas que reproduire intégralement un article d’un journaliste – appelé simplement copier-coller – c’est illégal. C’est comme télécharger un film sur internet. Le mieux si vous voulez mettre un article intéressant sur votre blogue ou sur un site internet, c’est de mettre un extrait (pas trop long, le lead par exemple) et mettre ensuite le lien vers la publication originale.

Avec internet, ça devient difficile de gérer les droits d’auteur, d’autant plus quand on est indépendant. Mais, grâce à Google, et un exercice qu’il s’appelle s’autogoogler, j’arrive à voir qui sont les copieurs…

Et hier, c’était ma tournée du web. J’ai vu un blogue qui avait mon texte sur le dépotoir électronique du Guiyu, en Chine, celui que j’ai vendu à l’Agence Science-Presse après avoir remporté la bourse Fernand-Seguin.

J’envoie un courriel au blogueur dont voici l’intégral:

Bonjour,
J’ai vu qu’un de mes articles écrit pour l’Agence Science-Presse se retrouve sur votre site internet à l’adresse suivante:

http://faceanous.blogspot.com/2009/10/guiyu-en-chine-la-poubelle-du-monde.html

Reproduire un article d’un média sans l’autorisation de l’auteur représente une violation de la loi sur le droit d’auteur. Je suis journaliste indépendante et je gagne ma vie à écrire des articles sur différents sujets.
Vous avez maintenant deux choix: je vous offre d’acheter l’article (selon les tarifs proposés par l’Association des journalistes indépendants du Québec –
www.ajiq.qc.ca). Vous pourrez ainsi mettre le texte intégralement sur votre site internet ou encore que vous rédigez une introduction et faites simplement un lien vers l’article en question sur le site de l’Agence Science Presse.
Je vous remercie de votre compréhension.
Mariève Paradis

Avec des fautes de même, je comprends qu’il doive prendre du contenu venant de d’autres sources que lui-même pour alimenter son blogue… Et il m’a répondu:

coucou,
c’est une blague j’espere?
j’ai mis un ou plusieurs articles de vous dénonçant des HORREURS QUE VIVENT CERTAINS HUMAINS, ok, et alors je l’ai pris du net et copier dans un simple blog. je ne suis ni liberation ou le monde…
alors si j’avais mis un lien ça changerait quoi? rien vous ne pourriez rien faire.
donc faites moi la liste de vos articles et je les vire. MERCI!
je pensais que ce genre d’article était fait pour être diffusé une information au maximum, et comme j’ai trouvé que ce que vous aviez écrit était intéressant et IMPORTANT POUR SES GENS QUI VIVENT LA MERDE! je l’ai posté sur un simple blog de merde qui cherche à montrer des choses horribles. face à nous. aujourd hui je me retrouve face a vous. ca encourage beaucoup de recevoir ce genre d’email "
Reproduire un article d’un média sans l’autorisation de l’auteur représente une violation de la loi sur le droit d’auteur. Je suis journaliste indépendante et je gagne ma vie à écrire des articles sur différents sujets."
sur le coup je croyais que c’etait un mot sympa d’encouragement.
je penser qu’un article était pour dénoncer et pas juste ce faire du pognon. mais ok je vous comprends donc ok je vais les virer. encore MERCI.
je vais donc aller chercher un autre article sur ses sujets. et les remettre sur ce blog de merde.
je vous encourage à voir nos films de "a chaque probleme sa solution" http://achaqueprobleme.blogspot.com/ que nous realisons SANS POGNON et que nous mettons sur le net pour dénoncer des problemes des enfants dans le monde!
merci

Attitude de merde ici… Comme si un article était nécessairement du bien public. J’ai beaucoup de difficulté à comprendre ce genre de raisonnement. Mais bon. Je lui ai renvoyé un courriel poli, mais un peu plus ferme, malgré son ton plus ou moins gentil:

Bonjour Renaud,
Je ne voulais surtout pas vous offenser à ce point mais seulement vous informer que faire du copier-coller pour remplir les pages de votre blogue: c’est comme télécharger des films sur internet. C’est illégal.
Si vous aviez mis un extrait de l’article avec un lien vers l’original c’est légal… mais lorsque vous prenez le texte au complet sans souligner où l’article a été publié, ça consiste en une infraction à la loi sur le droit d’auteur.
Ce n’est surtout pas une question d’argent, seulement une question de droits. Ce texte m’appartient et j’en possède les droits, comme n’importe quelle auteur d’une "oeuvre" genre un film, une chanson, un livre.
Je vous l’ai mentionné dans mon courriel, si vous voulez garder les textes sur votre blogue, publiez le début du texte et renvoyez les gens sur le lien original pour terminer leur lecture. Cette pratique est tout à fait légale.
Vous êtes bien chanceux que ce soit moi qui vous l’apprenne qu’un journaliste du Libé ou du Monde qui vous envoie une mise en demeure au cul.
Bonne journée
Mariève Paradis

Et finalement, sa réponse… là je laisse tomber. Le type est en manque d’affection ou d’attention, inutile de s’attarder inutilement:

coucou,
j’espère vraiment que le monde ou liberation ou autres me fassent un procès au cul, mais un gros procès. je pourrais passer à la télé et en plus vous faire la pub et bien évidemment faire la pub sur les films des enfants que je réalise.
merci encore.
dites moi les articles de vous que je dois virer.
encore désolé de vous avoir choqué.
merci.
reno)

Et c’est la vie d’une journaliste indépendant qui cherche seulement à faire reconnaître ses droits sur des articles qu’elle a écrit…  Ceci n’est pas une vengeance (bien que ça fasse du bien) mais plutôt un billet éducatif pour vous montrer ce que signifie reproduire du contenu sur internet…

Quand vous lisez des trucs sur internet, dites-vous que quelqu’un les a écrit et que si c’est bien écrit, il faut respecter cette oeuvre. Merci!