Le recrutement des professionnels de la santé dans le nord

C’est le sujet de mon reportage. C’est la raison pour laquelle je suis à Kuujjuaq présentement.

En relisant les billets écrits depuis l’obtention de cette bourse des IRSC qui me permet de faire ce reportage, j’ai réalisé que je n’ai pas expliqué le dit reportage.

Il porte donc sur les professionnels de la santé dans les communautés du Nunavik et du Groenland. Je veux comprendre  les différences de pratiques, les incitatifs pour travailler au nord, les possibilités d’emploi selon les domaines, les prérequis pour travailler en région dite éloignée, et aussi les défis que représentent la pratique dans les villages où le point de services de soins de santé n’est pas un hôpital. Je veux aussi comprendre l’importance de la connaissance de la culture inuite dans la santé des communautés.

Je souhaite aussi savoir les difficultés des Nunavimiut à devenir des professionnels de la santé: les études post-secondaires au sud, le retour dans la communauté après les études, le logement, devenir membre d’un ordre professionnel… Je souhaite parler avec des Nunavimiut pour avoir leur point de vue et leur expérience à ce sujet.

Tous ces aspects seront abordés du point de vue du Nunavik, mais aussi au Groenland, où je me rendrai en juillet.

Je ne vous en dis pas plus… pour garder le suspense jusqu’à sa publication, à l’automne!

Apprendre à connaître les Inuit

En préparation à mon reportage sur les professionnels de la santé dans le Nord, je viens de terminer deux livres sur les Inuit. Je sais que je n’apprendrai pas à les connaître de cette façon. Par contre, je tiens à m’informer, à me sensibiliser à leur culture avant de me rendre dans le Nord.

Ces livres apportent un éclairage historique et académique à ce peuple mal connu des Québécois du sud.

Tout d’abord, pour un aspect humain de l’histoire moderne des Inuit du Nunavik, « Je veux que les Inuit soient libres de nouveau » m’a particulièrement touché. Taamusi Qumaq raconte sa vie (1914 à 1993), ses pensées du quotidien et la vie en général des Inuit du Nunavik. C’est une façon de comprendre ce que les Inuit ont vécu au XXe siècle, l’évolution rapide de leur société vers la modernité. Il n’y a pas si longtemps, les Inuit étaient nomades, vivaient encore dans des igloos l’hiver et dans des tentes l’été au gré des troupeaux et des saisons. Les Blancs sont arrivés et ont décidé où ils allaient s’installer pour qu’on puisse leur donner des services. Je trouve que ce livre donne une perspective différente, sage, de ce qu’on a l’habitude de lire sur les Inuit. Ce peuple souhaite de meilleures conditions de vie, comme tous les autres humains sur Terre. Ce livre devrait faire partie des cours d’histoire au Québec pour comprendre la réalité de ce peuple qui semble si loin culturellement mais qui pourtant fait partie de la société québécoise.

L’autre livre, plus académique mais tout aussi pertinent, Les Inuit et les Cris du Nord du Québec, permet de mieux comprendre le gens qui peuplent le Nord du Québec, le système dans lequel ils vivent, les difficultés auxquelles ils doivent faire face. Chaque personne qui doit se rendre au Nord devrait prendre le temps d’au moins le parcourir.

Vous avez d’autres lectures à me suggérer, n’hésitez pas à me les proposer!

Comprendre le Nord

Ça fait plus d’un mois que je vous cache quelque chose… quelque chose de gros! Mais c’est enfin public et je suis très fière de vous annoncer que je viens d’obtenir une bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada. Cette bourse me permettra de faire des reportages sur le recrutement des professionnels de la santé dans les communautés inuites du Nord (Nunavik et Groenland).

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J’ai toujours été fascinée par l’ailleurs, l’étrange, l’étranger… adolescente, je rêvais de voyages, d’études à l’étranger. Je rêvais de faire la Course Destination-Monde, de faire des reportages aux quatre coins de la planète. Je voulais découvrir le monde, le comprendre.

À la fin de mon secondaire, l’importance d’apprendre l’anglais devenait primordial, parce que je rêvais de faire la Course Destination Monde. Je me suis donc envolée toute seule pour les États-Unis pour apprendre l’anglais pendant un an. Une expérience qui a définitivement forgée la personne que je suis aujourd’hui. À mon retour, Radio-Canada avait aboli la fameuse émission… Déception.

Mes études ont été ponctuées de quelques voyages à l’étranger… Surtout en Grande-Bretagne où ma sœur s’est établie il y a près de 15 ans.

À la fin de mes études, j’ai aussi fait, avec mon copain (devenu mon mari) un long voyage en Europe… juste pour aller voir ailleurs.

Mais un déclic précis s’est fait lorsque j’ai visité la Chine et ses nombreuses minorités culturelles et linguistiques. Nous nous sommes retrouvés dans des villages où la seule douche était le rivière où se baignaient les buffles, où la pâte à dents était un produit inconnu, où même l’argent chinois n’avait aucune valeur…

Et c’est dans un village du Yunnan, près de la frontière avec le Tibet, dans un trek  de deux jours qui se nomme « The Tiger Leaping Gorge » qu’une évidence toute simple m’a frappée… J’avais visité plus de villages de minorités chinoises que de villages autochtones dans mon propre pays. Je connaissais les plats traditionnaux tibétains, mais j’ignorais ce qu’était la cuisine montagnaise, crie, inuite…

Je voulais m’y attarder, mais je ne voyais pas ce que je pouvais en dire de plus que les reportages des journalistes qui s’aventuraient dans le Grand Nord de notre vaste pays. J’ai donc mis cette idée sur la glace (mauvais jeu de mot!) Au retour de mon congé de maternité, une opportunité si grande est tombée si près… Un grand sage m’a aiguillé vers un sujet si crucial et si unique… Je devais pousser plus loin. Mais j’avais besoin de budget, et ça adonnait que les Instituts de recherche en santé venait de lancer leur quatrième concours de bourse en journalisme.

Me voilà donc six mois plus tard devant le plus grand défi de ma carrière jusqu’à maintenant. Dans les prochains mois, je lierai, rechercherai, fouillerai sur le système de santé pour les communautés inuites du Québec et du Groenland. J’irai aussi voir, rencontrer, questionner des gens au Nunavik et au Groenland.

Je vous guiderai donc dans mes réflexions, mes trouvailles, mes rencontres… et soyez assurés que vous pourrez me suivre dans mes péripéties de voyages. Restez à l’écoute, ici, sur ce blogue pour la suite!