Stoppez l’hémorragie!

Il faut que ça arrête… les propos complètement abrutissants concernant l’allaitement. Encore tout à l’heure, sur Twitter, La Ligue de la Leche publiait un article sur les 10 erreurs que font les mamans qui allaitent.

Ça m’enrage ces niaiseries-là! Comme si la réussite de l’allaitement, c’était une recette. “Suis-là et tu réussiras”. C’est pas comme ça que ça fonctionne! Chaque bébé est une personne différente qui réagit à tout de façon différente. Arrêtons de dire des âneries générales qui n’aident pas les nouvelles mamans!

Et on en retrouve partout de ces stupidités. Il suffit de taper dans Google “réussir allaitement” pour en avoir un char!

Je pourrais continuer longtemps mais je vous laisse le plaisir de perdre votre temps si vous voulez constater les conneries qui s’écrivent sur les recettes toutes faites de la réussite de l’allaitement.

Même sur le site de la Ligue de la Leche, une référence importante sur l’allaitement (que personnellement j’ai balancé rapidement parce que trop culpabilisante), on y voit une belle publication spéciale intitulée : L’allaitement, c’est tout naturel

Non mais, vous vivez dans quel monde?!? L’allaitement c’est naturel quand ça va bien… mais pour une grande proportion de femmes, c’est l’enfer! C’est de là que vient toute la culpabilité des femmes qui essaient d’allaiter. Ces organisations et celles qui gravitent autour disent vouloir aider les jeunes mamans… Hé bien c’est pas en leur disant que c’est naturel que ça va les aider!

C’est en réagissant sur Twitter à ce sujet que je me suis replongée dans mes billets écrits alors que l’allaitement était un fardeau (et je l’admets aujourd’hui, il l’a toujours été). Il m’a fallu quelques lignes pour ressentir toute la tristesse et la culpabilité que j’ai ressenti au cours de ces quatre mois si difficiles. Faut croire que les blessures ne sont pas tout à fait guéries, même après cinq mois de bonheur avec bébé.

Je réalise que ces difficultés d’allaitement ont fait de moi quelqu’un de beaucoup plus critique face à ce discours “grano-naturo-la-vie-est-simple”. Je réalise aussi que j’ai des petites crottes sur le coeur quant aux prétendues “professionnelles” de l’allaitement…

Peut-être que le prochain bébé me permettra de renouer avec la possibilité d’allaiter… et peut-être pas. La prochaine fois, je n’aurai aucune attente, comme ça il n’y aura pas de déception!

**** fin de la montée de lait psychologique ****

Guy Turcotte… pis après?

Ce billet n’a rien avoir avec la nouvelle maman que je suis. Ça plutôt à voir avec le dernier billet de ce blogue “Parenthèse sociale“, parce que je suis profondément troublée aujourd’hui en entendant le verdict du jury dans la cause de Guy Turcotte.

Je ne veux pas juger la décision du jury dans cette cause. Je ne remets pas en cause leur jugement, autant que je ne l’approuve pas. Je n’ai pas assisté au procès, je n’ai pas eu les mêmes éléments que le jury, j’avoue même que les détails de cette affaire me faisaient changer de poste. Mais je me pose de sérieuses questions sur la capacité de notre système de santé en matière de santé mentale.

Parce que le jury vient de donner toute une patate chaude au système de santé…

Guy Turcotte pourrait être libéré dans 45 jours si les psychiatres jugent qu’il est apte et qu’il ne représente pas de risque de récidive. Il ne sera plus jugé comme un danger pour lui-même ni pour les autres, et ainsi ne pourra plus être retenu contre son gré dans un établissement psychiatrique.

Or, la majorité des gens qui sortent des établissements de santé psychiatrique sont souvent laissé à eux-mêmes, précisément lorsque le moment est le plus crucial, soit les quelques jours suivant la sortie. Avant que toute l’équipe médicale communautaire se mette en place, que le dossier fasse sont chemin vers les ressources appropriées, ça peut prendre jusqu’à 3 semaines!!!

Et qu’arrive-t-il à ces gens désorientés qu’on laisse sortir parce qu’ils ne sont plus “un danger pour eux-mêmes ou pour autrui”? On les laisse avec leur désespoir, avec leur mal de vivre, avec les images des conséquences de leurs actes…

Les soins à domicile sont l’enfant pauvre de la maladie mentale, qui elle-même est l’enfant pauvre du système de santé… Alors imaginez la combinaison! Les soins psychiatriques en externe sont pourtant criant et pourraient donner un sérieux coup de main à diminuer de nombreux problèmes sociaux comme le suicide et l’itinérance en plus d’aider ces gens à rester fonctionnels dans la société, malgré les hauts et les bas de la maladie mentale.

Des drames familiaux comme celui-ci touchent tout le monde, à preuve le battage médiatique de cette cause. Par contre, je crois qu’il faut regarder au-delà du drame. Maintenant que le jugement est rendu, les ressources médicales doivent être mises sur pied rapidement, avant même sa sortie pour éviter qu’un autre drame ne survienne. Parce que même si les psychiatres le dise “sans risque de récidive”, il devra quand même vivre avec les conséquences de ses actes pour le reste de ses jours… une terrible sentence.

Parenthèse sociale

Aujourd’hui, c’est une journée spéciale. C’est l’anniversaire d’une personne que j’aime beaucoup. Or, cette année, je dois me retenir de sauter sur le téléphone pour lui souhaiter une bonne journée…

Car cette personne a fait des choix. En fait, c’est la maladie qui a fait des choix pour elle. Vous savez, cette maladie qui enlève le bon jugement, celle qui fait des ravages exponentiels dans la société. Cette maladie qui est si tabou et dont personne ne veut entendre parler…

Mais il faut savoir que la maladie mentale, même si on n’en parle pas, elle continue d’exister. Elle continue de s’immiscer dans la vie de milliers de Québécois chaque année, de façon si insidieuse qu’on ne s’en aperçoit souvent que lorsqu’elle est bien installée.

Dans les médias, on parle souvent de statistiques… On parle des besoins qui ne sont pas comblés en santé mentale, on parle de la désinstitutionnalisation qui a échoué… Mais on parle rarement de ces histoires humaines, de ces récits tristes qui découlent des lacunes du système de santé. Dans la situation présente, c’est le manque de suivi après une hospitalisation qui a manqué et qui m’oblige aujourd’hui à me protéger émotionnellement.

Aujourd’hui, j’ai le coeur gros. Car je sais aussi que cette personne lit mon blogue religieusement. C’est un peu une façon détournée de lui souhaiter bonne fête. Mais pour ma santé à moi, je dois garder mes distances. Pour ma santé à moi, je dois être égoïste… je garde mes énergies pour bébé qui a tant besoin de moi.

La jalousie d’une lionne

Je viens de franchir une autre étape en tant que nouvelle maman… je viens de trouver une garderie.

La semaine dernière, j’ai signé tous les papiers pour que bébé ait sa place dans un beau CPE où elle pourra grandir et s’épanouir, socialiser et créer sa personnalité.

J’en suis très heureuse… car plusieurs de mes amies nouvelles mamans n’ont pas cette chance. Bébé rentrera à la garderie à la fin de l’été, à 10 mois. Alors que certaines mamans retournent travailler, elles cherchent toujours désespéremment une place pour leur bambin. Oui je suis chanceuse…

Récemment, lors du Gala des Grands Prix du journalisme indépendant, organisé par l’AJIQ (dont je fais partie), quelqu’un m’a dit: “Mais tu réalises le monde qui s’ouvre à toi maintenant que tu as une garderie!” Oui mon monde à moi, celui que j’ai laissé pour m’occuper de bébé depuis maintenant 8 mois. Ce monde-là m’attend toujours… C’est valorisant, excitant…

Mais en même temps, j’ai une jalousie qui gronde. Celle d’une maman lionne qui ne veut pas laisser son petit hors du nid. Celle qui voudrait toujours être là. Celle qui a peur que quelqu’un d’autre la remplace…

Parce que ça doit arriver… d’un coup que ma fille préfère son éducatrice à sa maman?!? En plus, je risque de manquer des étapes importantes: son premier mot, sa première dent, ses premiers pas…

C’est une jalousie mal placée, un peu décousue, je sais… Mais elle est là. Enfouie au fond de moi, derrière la rationalité et la logique. Parfois, cette jalousie réussit à se frayer un chemin. Alors là… la lionne s’inquiète. Elle fait les cents pas comme si elle était dans une cage… Les pensées deviennent de plus en plus vives. Ça y est, ma fille ne m’aimera plus si je l’envoie à la garderie! Mais ensuite, je calme la lionne avec des pensées raisonables, équilibrées et pleines de bon sens…

C’est fou comme devenir maman nous rapproche de la primauté bestiale!

Ma plus récente fierté

C’est sûr que ma fille en est toute une…

Mais quand un projet professionnel auquel on a travaillé pendant plusieurs mois voit enfin le jour, c’est aussi toute une fierté.

Alors le voici, il est encore tout chaud… Le nouveau Guide de voyage Ulysse Bas-Saint-Laurent/Gaspésie. J’y ai travaillé tout l’été avec rigueur et surtout beaucoup de plaisir.

Ce fût tout un défi, un défi que j’ai adoré.

J’espère que vous aurez autant de plaisir à découvrir ma région natale que j’en ai eu à la redécouvrir 10 ans après mon départ!

Pour voir le communiqué de presse

Pour lire ce qu’en dit le journal Le Rimouskois

Si simple mais vrai…

Je vous partage un simple billet d’une blogueuse que j’apprécie particulièrement.

C’est si simple, si vrai et si touchant…

“Dans les yeux de ma fille, ceux qui brillent dans son sourire, il y a toute une galaxie. Une galaxie où chaque étoile porte un message.”

Pour la suite, il faut aller sur le blogue de La Marâtre Joyeuse.

Fais-toi confiance!

Je dois me le répéter chaque jour. Ça devient un mentrat, un slogan à toutes les sauces, un soupir d’encouragement dans les moments difficiles.

Je voulais écrire ce billet depuis plusieurs jours… La confiance d’une nouvelle maman n’est pas toujours à son plus haut. Je m’inquiète de faire des erreurs… parce qu’on parle quand même d’un être humain qui dépend complètement et exclusivement de ses parents… faudrait pas se tromper, les conséquences pourraient être désastreuses. Quand cette rengaine me revient, et hop le slogan: “Fais-toi confiance”.

Alors j’ai glâné le web, comme je le fais souvent en période d’insécurité. Et je suis tombée sur cet article du magazine Enfants Québec sur la confiance des parents. En voici un extrait:

Il est d’autant plus difficile pour les parents de rester zen dans cette ambiance qu’ils sont scrutés à la loupe par le reste de la société. « Autrefois, les enfants n’étaient que des bras pour aller travailler aux champs, dit Carl Lacharité. Personne d’autre que les parents ne s’y intéressait, et ceux-ci avaient un sentiment de propriété sur leur progéniture. Aujourd’hui, l’enfant a des droits, il est un futur citoyen, un futur électeur, un futur travailleur à part entière… il est une ressource pour la société, qui veille à son éducation conjointement avec ses parents. La société oblige ainsi ces derniers à bien l’éduquer, ce qui est très positif, puisque, comme on le sait, plus un enfant est entouré, mieux il s’épanouira. Mais il y a un revers à cette situation : les parents perçoivent comme un poids le regard de la société sur eux et ils se sentent jugés. »

C’est tellement ça! Enfin quelqu’un a mis le doigt sur ce que je n’étais pas capable d’identifier. Il existe tellement d’avis contradictoires sur chaque étape du développement de l’enfant (du nouveau-né à l’adolescent) qu’il est difficile d’y voir clair.

Alors moi, les livres et les avis qui fusent de toutes part, j’en ai ma claque. Au diable la théorie. Ma bible à moi, c’est mon mentrat: “Fais-toi confiance”. Alors je regarde, j’écoute, j’étudie ma fille et je fais de mon mieux. Et si je fais des erreurs, j’aurai admis avoir été à l’écoute de ma fille. L’humain a un pouvoir exceptionnel, celui de savoir s’adapter. Être parents, c’est savoir bien l’utiliser!