Or, le rapport n’est pas si rose. Insécurité alimentaire, malnutrition, iniquité, inaccessibilité… les mots sont durs et le gouvernement fédéral a de la difficulté à les avaler.
Pourtant, lors de la conférence de l’Année polaire internationale, plusieurs conférences parlaient de l’insécurité alimentaire, notamment dans les communautés du Nord. Parce qu’il y a un réel problème! Et c’est un couteau à double tranchant.
D’un côté, des mouvements antichasse aux phoques dénoncent la cruauté envers les animaux. D’un autre, des Inuit tentent de subvenir aux besoins alimentaires de leur famille et de leur communauté. Et il y a un troisième tranchant : il y a tellement de contaminants dans le gras des phoques que des chercheurs du Groenland (dont un médecin que j’ai personnellement rencontré) mentionnent qu’il faut peut-être revoir les habitudes alimentaires des Groenlandais qui mangent du phoque quotidiennement.
Ensuite, il y a l’insécurité alimentaire due au manque de revenu. Saviez-vous que les côtelettes de porc se vendent 27 $ le kilo à Iqaluit? À Montréal, on paye environ 11 $ le kilo. Sans compter que les denrées périssables sont plus ou moins disponibles de façon continue, selon la météo. Alors, on retrouve quoi dans les marchés du Nord du Canada? Des produits transformés, remplis de sel, de gras trans et autres cochonneries qu’on tente d’éliminer dans notre alimentation.
Après tout ça, on se demande pourquoi la santé des Inuit se détériore! Parce que l’alimentation, c’est la base de la santé. Une bonne alimentation permet une meilleure santé. Et si les communautés du Nord n’arrivent pas à obtenir des denrées de qualité, à coût abordable, leur santé n’est pas près de s’améliorer.
Il y a certaines initiatives très intéressantes comme le comptoir alimentaire communautaire. Cet organisme présent dans quelques communautés permet de payer des chasseurs et des pêcheurs pour rapporter la nourriture locale, fraîche et de bonne qualité à la communauté. C’est basé sur les principes ancestraux de partages de richesses.
Et il y a les organismes de soupes populaires qui tentent d’offrir des repas chauds à ceux qui n’ont pas les moyens de nourrir leur famille. Selon un sondage fait à Iqualuit, 53 % des gens sondés ont dû envoyer leurs enfants manger chez une autre personne parce qu’ils n’avaient pas assez à manger. Mais ces programmes vivent sur des subventions… fédérales… Le même gouvernement qui nie le problème d’insécurité alimentaire. Vraiment, un cercle vicieux s’est installé au Nord, depuis déjà trop longtemps.
Note: J’ai mentionné des sondages et initiatives au Nunavut seulement car il y avait une présentation à la conférence sur l’Année internationale sur le sujet. Il est possible que d’autres communautés du Nord du Canada, notamment au Nunavik aient les mêmes chiffres/services.
Vous cherchez un médecin de famille à Montréal?
J’ai concocté pour vous un article pour vous en trouver un… pas toujours facile soit, mais toujours possible avec beaucoup de débrouillardise, de la persévérance et un peu de chance.
Alors que je faisais la recherche pour cet article, j’ai constaté pourquoi les Montréalais (et tous les autres Québécois) pouvaient être confus quand vient le temps de chercher un médecin de famille. En fait, c’est qu’il y a deux voies pour deux clientèles différentes.
La voie dite “officielle” par le guichet d’accès. On appelle à son CLSC en disant qu’on se cherche un médecin de famille. On remplit un formulaire pour évaluer notre état de santé. Une infirmière nous rappelle pour nous dire où est notre priorité. Ainsi, si vous avez une maladie chronique (diabète, cholestérol, asthme, problèmes de santé mentale, etc.), vous risquez d’être assigné à un médecin de famille plus rapidement.
Or, si vous êtes en santé, sans antécédants médicaux, ce n’est vraiment pas la place pour trouver votre médecin… vous êtes mieux de chasser l’ouverture de nouvelles cliniques ou encore de demander à votre entourage si leur médecin prend de nouveaux patients.
J’ai remarqué aussi que tous les intervenants s’accordent pour dire qu’il manque de médecins de famille. Par contre, les discours diffèrent sur le pourquoi… Du côté du ministère, on dit que les médecins doivent se regrouper en GMF, ce qui augmenterait le nombre de médecins de famille disponibles. Par contre, les médecins déplorent les difficultés et les critères très pointus pour être accrédités comme GMF. Les médecins mentionnennt également que les médecins omnipraticiens pourraient faire plus d’heures en cabinet s’ils ne devaient pas s’accomplir d’un minimum de tâches hospitalières pour obtenir la pleine rémunération.
Bref, au-delà de la démarche pour trouver un médecin de famille, il y a tout un système… avec plusieurs organisations qui ne parlent pas le même langage. Pas étonnant alors qu’il soit difficile de le comprendre pour trouver les services adéquats!
Comment trouver un médecin de famille à Montréal?, un article pour Openfile Montréal.
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