Archives de l’Auteur: Mariève Paradis

Le cercle vicieux de l’alimentation du Nord

Le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Olivier Schutter, était au Canada pour présenter son rapport sur l’état de la faim dans notre grand pays d’abondance.

Or, le rapport n’est pas si rose. Insécurité alimentaire, malnutrition, iniquité, inaccessibilité… les mots sont durs et le gouvernement fédéral a de la difficulté à les avaler.

Pourtant, lors de la conférence de l’Année polaire internationale, plusieurs conférences parlaient de l’insécurité alimentaire, notamment dans les communautés du Nord. Parce qu’il y a un réel problème! Et c’est un couteau à double tranchant.

D’un côté, des mouvements antichasse aux phoques dénoncent la cruauté envers les animaux. D’un autre, des Inuit tentent de subvenir aux besoins alimentaires de leur famille et de leur communauté. Et il y a un troisième tranchant : il y a tellement de contaminants dans le gras des phoques que des chercheurs du Groenland (dont un médecin que j’ai personnellement rencontré) mentionnent qu’il faut peut-être revoir les habitudes alimentaires des Groenlandais qui mangent du phoque quotidiennement.

Ensuite, il y a l’insécurité alimentaire due au manque de revenu. Saviez-vous que les côtelettes de porc se vendent 27 $ le kilo à Iqaluit? À Montréal, on paye environ 11 $ le kilo. Sans compter que les denrées périssables sont plus ou moins disponibles de façon continue, selon la météo. Alors, on retrouve quoi dans les marchés du Nord du Canada? Des produits transformés, remplis de sel, de gras trans et autres cochonneries qu’on tente d’éliminer dans notre alimentation.

Après tout ça, on se demande pourquoi la santé des Inuit se détériore! Parce que l’alimentation, c’est la base de la santé. Une bonne alimentation permet une meilleure santé. Et si les communautés du Nord n’arrivent pas à obtenir des denrées de qualité, à coût abordable, leur santé n’est pas près de s’améliorer.

Il y a certaines initiatives très intéressantes comme le comptoir alimentaire communautaire. Cet organisme présent dans quelques communautés permet de payer des chasseurs et des pêcheurs pour rapporter la nourriture locale, fraîche et de bonne qualité à la communauté. C’est basé sur les principes ancestraux de partages de richesses.

Et il y a les organismes de soupes populaires qui tentent d’offrir des repas chauds à ceux qui n’ont pas les moyens de nourrir leur famille. Selon un sondage fait à Iqualuit, 53 % des gens sondés ont dû envoyer leurs enfants manger chez une autre personne parce qu’ils n’avaient pas assez à manger. Mais ces programmes vivent sur des subventions… fédérales… Le même gouvernement qui nie le problème d’insécurité alimentaire. Vraiment, un cercle vicieux s’est installé au Nord, depuis déjà trop longtemps.

Note: J’ai mentionné des sondages et initiatives au Nunavut seulement car il y avait une présentation à la conférence sur l’Année internationale sur le sujet. Il est possible que d’autres communautés du Nord du Canada, notamment au Nunavik aient les mêmes chiffres/services.

L’Année polaire internationale

La semaine dernière, du 22 au 27 avril 2012, j’ai assisté à la Conférence de l’Année internationale polaire.

Une conférence réunissant des milliers de scientifiques de différents domaines pour partager leurs connaissannces de l’Arctique et l’Antarctique.

J’y allais principalement pour mon projet de reportage sur le recrutement des professionnels de la santé des communautés du Nord, mais j’y étais également pour l’Agence Science-Presse. J’ai couvert quatre conférences sur des sujets complètements différents, mais tous reliés aux régions polaires.

J’ai pu écouter les propos de Gro Harlem Brundtland, ex-première ministre de la Norvège et leader international du développement durable, sur la mobilisation des connaissances scientifiques pour une action politique.

J’ai aussi pu assister à une table ronde sur le manque de sensibilisation du grand public aux enjeux que vivent les régions polaires et ses populations.

J’ai également pu voir deux représentants de compagnies pétrolières se démener devant une salle remplie de scientifiques, de représentants Inuit et de groupes environnementaux sur l’exploration pétrolière et gazière au large des côtes de l’Arctique.

Finalement, j’ai écouté des spécialistes faire un constat troublant de la santé des populations vivant dans l’Arctique.

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Il y a eu quatre Années polaires internationales depuis 1882. Créée au départ pour partager les connaissances des scientifiques du monde en climatologie et en géophysique, l’Année polaire internationale a élargi ses champs de recherche avec les années.

On doit à l’Année internationale polaire de 1882-1883 une meilleure compréhension du climat de l’Arctique et de l’Antarctique. Douze pays y ont participé.

En 1932-1933, on y étudie les notions d’anomalies magnétiques pour mieux comprendre les pôles. Les scientifiques en apprennent ainsi davantage sur les aurores boréales et sur le courant-jet.

En 1956-1957, avec la Deuxième Guerre mondiale terminée, on a pu appliqué de nouvelles technologies à la science, comme l’utilisation du radar.

En 2007-2009, pour la quatrième Année polaire internationale, on a pu étudier le rôle moteur des pôles dans la régulation du climat et l’impact des changements climatiques sur ces régions. Elle avait aussi pour mission de sensibiliser le grand public à ce qui se passe dans ces régions fragilisées par les changements climatiques.

Et pour la première fois depuis 1882, l’Année polaire internationale incluait des recherches sur la santé des communautées vivants dans l’Arctique. Une réalité, occultée, mais pourtant brutale et essentielle pour comprendre les conséquences globales des changements climatiques sur les régions polaires.

Pour connaître le programme canadien de l’Année polaire internationale 2007-2009

Pour en savoir plus sur la Conférence de l’Année polaire internationale 2012 à Montréal

Apprendre à connaître les Inuit

En préparation à mon reportage sur les professionnels de la santé dans le Nord, je viens de terminer deux livres sur les Inuit. Je sais que je n’apprendrai pas à les connaître de cette façon. Par contre, je tiens à m’informer, à me sensibiliser à leur culture avant de me rendre dans le Nord.

Ces livres apportent un éclairage historique et académique à ce peuple mal connu des Québécois du sud.

Tout d’abord, pour un aspect humain de l’histoire moderne des Inuit du Nunavik, “Je veux que les Inuit soient libres de nouveau” m’a particulièrement touché. Taamusi Qumaq raconte sa vie (1914 à 1993), ses pensées du quotidien et la vie en général des Inuit du Nunavik. C’est une façon de comprendre ce que les Inuit ont vécu au XXe siècle, l’évolution rapide de leur société vers la modernité. Il n’y a pas si longtemps, les Inuit étaient nomades, vivaient encore dans des igloos l’hiver et dans des tentes l’été au gré des troupeaux et des saisons. Les Blancs sont arrivés et ont décidé où ils allaient s’installer pour qu’on puisse leur donner des services. Je trouve que ce livre donne une perspective différente, sage, de ce qu’on a l’habitude de lire sur les Inuit. Ce peuple souhaite de meilleures conditions de vie, comme tous les autres humains sur Terre. Ce livre devrait faire partie des cours d’histoire au Québec pour comprendre la réalité de ce peuple qui semble si loin culturellement mais qui pourtant fait partie de la société québécoise.

L’autre livre, plus académique mais tout aussi pertinent, Les Inuit et les Cris du Nord du Québec, permet de mieux comprendre le gens qui peuplent le Nord du Québec, le système dans lequel ils vivent, les difficultés auxquelles ils doivent faire face. Chaque personne qui doit se rendre au Nord devrait prendre le temps d’au moins le parcourir.

Vous avez d’autres lectures à me suggérer, n’hésitez pas à me les proposer!

Le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie en une heure et demie

C’est un beau défi pour décrire deux régions si différentes…

Et c’est le mandat que m’a confié la bibliothèque de Laval (Marius-Barbeau) où je dois faire une conférence à la suite de la mise à jour du Guide de voyage Ulysse sur ces deux régions magnifiques.

Et c’est ce soir…

Replonger dans ces souvenirs, le temps de préparer une conférence, me transporte dans une chaleur… pas celle de l’été 2010, mais plutôt celle des gens qui nous ont accueilli au cours de ce voyage de trois semaines.

Enceinte jusqu’aux oreilles, j’ai sillonné les montagnes, les colines et les plages bordant le fleuve Saint-Laurent à la hauteur où ce fleuve devient la mer. Avec mon amoureux-photographe, nous avons capté des souvenirs impérissables de cette expérience enrichissante: (re)découvrir le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Vous retrouverez quelques réflexions de ce périple sur ce blogue.

Coucher de soleil sur le lac Pohénégamook un soir du mois d'août 2010.

Comprendre le Nord

Ça fait plus d’un mois que je vous cache quelque chose… quelque chose de gros! Mais c’est enfin public et je suis très fière de vous annoncer que je viens d’obtenir une bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada. Cette bourse me permettra de faire des reportages sur le recrutement des professionnels de la santé dans les communautés inuites du Nord (Nunavik et Groenland).

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J’ai toujours été fascinée par l’ailleurs, l’étrange, l’étranger… adolescente, je rêvais de voyages, d’études à l’étranger. Je rêvais de faire la Course Destination-Monde, de faire des reportages aux quatre coins de la planète. Je voulais découvrir le monde, le comprendre.

À la fin de mon secondaire, l’importance d’apprendre l’anglais devenait primordial, parce que je rêvais de faire la Course Destination Monde. Je me suis donc envolée toute seule pour les États-Unis pour apprendre l’anglais pendant un an. Une expérience qui a définitivement forgée la personne que je suis aujourd’hui. À mon retour, Radio-Canada avait aboli la fameuse émission… Déception.

Mes études ont été ponctuées de quelques voyages à l’étranger… Surtout en Grande-Bretagne où ma sœur s’est établie il y a près de 15 ans.

À la fin de mes études, j’ai aussi fait, avec mon copain (devenu mon mari) un long voyage en Europe… juste pour aller voir ailleurs.

Mais un déclic précis s’est fait lorsque j’ai visité la Chine et ses nombreuses minorités culturelles et linguistiques. Nous nous sommes retrouvés dans des villages où la seule douche était le rivière où se baignaient les buffles, où la pâte à dents était un produit inconnu, où même l’argent chinois n’avait aucune valeur…

Et c’est dans un village du Yunnan, près de la frontière avec le Tibet, dans un trek  de deux jours qui se nomme “The Tiger Leaping Gorge” qu’une évidence toute simple m’a frappée… J’avais visité plus de villages de minorités chinoises que de villages autochtones dans mon propre pays. Je connaissais les plats traditionnaux tibétains, mais j’ignorais ce qu’était la cuisine montagnaise, crie, inuite…

Je voulais m’y attarder, mais je ne voyais pas ce que je pouvais en dire de plus que les reportages des journalistes qui s’aventuraient dans le Grand Nord de notre vaste pays. J’ai donc mis cette idée sur la glace (mauvais jeu de mot!) Au retour de mon congé de maternité, une opportunité si grande est tombée si près… Un grand sage m’a aiguillé vers un sujet si crucial et si unique… Je devais pousser plus loin. Mais j’avais besoin de budget, et ça adonnait que les Instituts de recherche en santé venait de lancer leur quatrième concours de bourse en journalisme.

Me voilà donc six mois plus tard devant le plus grand défi de ma carrière jusqu’à maintenant. Dans les prochains mois, je lierai, rechercherai, fouillerai sur le système de santé pour les communautés inuites du Québec et du Groenland. J’irai aussi voir, rencontrer, questionner des gens au Nunavik et au Groenland.

Je vous guiderai donc dans mes réflexions, mes trouvailles, mes rencontres… et soyez assurés que vous pourrez me suivre dans mes péripéties de voyages. Restez à l’écoute, ici, sur ce blogue pour la suite!

L’autisme causé par les vaccins: une fraude

J’ai planché très fort sur un article l’automne dernier. Il vient tout juste d’être publié dans l’Actualité pharmaceutique, magazine destiné aux pharmaciens… en fait il fait la Une!

Quand j’étais enceinte, j’ai pris un cours d’aqua-bédaine dans un centre sportif public. Premier cours, on remet des échantillons de toutes sortes (couches, biberons, savon, suces, lingettes… name it!) que les entreprises ont soigneusement préparé pour les futures mamans qui deviendront de grandes consommatrices. Et avec tout ça, il y avait de la documentation… dont un article sur le lien entre l’autisme et la vaccination contre la rougeole. Mon instinct de journaliste scientifique a mordu… pour apprendre, quelques mois plus tard, que la seule recherche scientifique, publié dans le réputé journal médical britannique The Lancet, prouvant un lien entre l’autisme et les vaccins était une fraude MO-NU-MEN-TA-LE!

Ma soeur, pharmacienne, s’inquiétait aussi de la chute du taux de vaccination… Et c’est en revenant de mon congé de maternité que je me suis empressée de proposer cet article à l’Actualité pharmaceutique.

Et voilà, quelques mois plus tard, le fruit de mon travail. Un long travail de recherche pour compiler beaucoup de données et pour éviter les écueils de la subjectivité.

Mon reportage de l’Actualité pharmaceutique : Le scandale du Dr Wakefield rappelle l’histoire, les faits reprochés et des réactions d’experts du Québec. Bonne lecture!

2011 en revue

Je n’ai pas beaucoup écrit dans les derniers mois de 2011. C’est que la conciliation travail-famille s’est montrée plus difficile que je ne l’avais cru. En fait, j’ai voulu me prouver que j’étais encore capable, que je n’avais pas “perdu la main”… dans le fond, j’avais peur. Peur de ne pas être capable de garder mes contrats, peur de ne plus être capable de travailler à la pige comme je le fais depuis cinq ans, peur de me retrouver “out”… Alors, j’ai tout pris… tous les contrats. Je me suis étourdie dans les contrats pour me prouver à moi-même que j’étais encore capable. Quand on revient d’un congé de maternité, personne ne te dit que les choses ne seront plus jamais pareilles. Personne ne te dit que la conciliation travail-famille se vit sous le ton de modération du rythme de croisière professionnelle. Alors, en octobre, j’ai frappé un mur. J’ai dû accepter de ralentir alors que je venais à peine de mettre le pied sur la pédale d’accélération professionnelle.

En discutant avec plusieurs professionnels de la santé, tous me disait “Si tu savais combien de nouvelles mamans qui retournent au travail se trouvent dans la même situation…” Il paraît que c’est courant. Parce qu’on pense qu’on est prête à reprendre du service “comme avant”.
Bref, à toutes les mamans en congé de maternité, j’ai un conseil pour vous. Le retour au travail doit se faire progressivement et sans pression (surtout pas venant de vous-même, c’est la pire!). Autant l’adaptation de bébé à la garderie est une adaptation qui prend des semaines, autant l’adaptation du retour de maman au travail en est une qui doit aussi prendre des semaines. Et ça, c’est une notion du concept “conciliation travail-famille” qu’on entend peu. On parle d’un retour progressif pour les arrêts de maladie, on parle d’un retour progressif après un burn-out, on parle de conciliation travail-famille comme d’horaire flexible… mais pas de retour progressif pour ménager la maman qui doit retourner au travail et qui doit s’adapter à une nouvelle vie. C’est un pensez-y bien pour les entreprises qui se pensent à l’écoute de leurs travailleurs!

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Malgré un automne plus difficile que je ne l’avais espéré… j’ai quand même travaillé!

D’ailleurs, la programmation des conférences Les Belles Soirées à l’Université de Montréal débute dans les prochaines semaines. Il y a un peu de moi dans cette programmation puisque, cet automne, j’ai eu la chance d’y travailler comme recherchiste. Un travail un peu dans l’ombre mais très intéressant. Je vous invite donc à aller y faire un tour! Au menu: gaz de schiste, le futur de la science, les mythes alimentaires, les prochaines élections américaines, les risques d’internet, le Saint-Laurent, Michel Chartrand, le patrimoine conté du Québec, et une conférence qui me touche particulièrement… Les 50 ans des Jardins Métis, une histoire de famille fabuleuse qui vient de ma région natale.

Je suis également devenue cet automne rédactrice en chef (à la pige) d’Opérations Forestières, un magazine de l’industrie forestière, publié quatre fois par année. Un défi très intéressant puisque l’industrie forestière est à la croisée des chemins. L’innovation et la créativité sont au rendez-vous pour remettre cette industrie sur les rails. Je vous ferai d’ailleurs part de mes éditoriaux de temps à autre.

J’ai également écrit quelques articles pour Perspective infirmière, le magazine de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Ce mandat me permet de toucher à des sujets de santé dans une optique plus spécialisée.

J’ai également travaillé sur le magazine des diplômés de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. Celui-ci devrait être en ligne sous peu. Je vous informerai dès sa publication.

Finalement, j’ai travaillé très fort sur un projet qui se trouve encore sur la glace… Un reportage d’enquête qui verra le jour (espérons-le) dans les prochains mois, étant encore en attente de financement.

L’automne 2011 aura été rempli de beaucoup de mandats professionnels intéressants, ponctué de quelques rhumes et autres microbes gracieuseté de la garderie, agrémenté de beaucoup d’amour d’une poulette qui grandit à vue d’oeil, sans oublier le support d’un mari compréhensif.

Toutes mes excuses de vous avoir négligé ces derniers mois, je tenterai d’être plus assidue en 2012. Bonne année à tous!

L’intimidation

J’étais en quatrième année. Il s’appelait Alexandre… un p’tit roux, nouveau… Avec mes amis, on avait prévu lui lancer des pois secs avec des pailles après la classe. Mais on s’est fait pincé. Notre enseignante avait intercepté un petit papier entre moi et mon amie qui disait que j’avais oublié les pois mais qu’on pouvait toujours prendre du papier mâché. Sans avoir eu de grosse punition, on s’est fait parlé… fort. Mais pas aussi fort que quand j’ai jeté mon examen d’anglais par la fenêtre en 6e année. Et pourtant… les conséquences de l’inditimidation sont tellement plus grandes qu’un bout de papier lancé dans la gadoue!

En secondaire 3, j’ai reçu la monnaie de ma pièce… Je changeais d’étage (sec 1 et 2 en bas, secondaire 3-4-5 en haut). Mes amis étaient encore en secondaire 2. J’ai passé un automne (juste quelques mois) à longer les corridors, à me faire invisible pour éviter de faire rire de moi. J’avais des broches et des lunettes, j’étais la fille d’une personne politique qui venait de perdre ses élections. Bref, j’avais rien pour m’aider à me faire accepter. J’ai rencontré une amie qui revenait d’un an à l’étranger. Elle ne reconnaissait plus ses amis… Rapidement, on a tissé des liens parce que l’isolement se lisait sur nos visages. On a toutes deux terminé le secondaire dans le top 10 des élèves les plus impliqués de l’école!

Puis, je suis allée vivre un an aux États-Unis… Après à peine quelques semaines au pays de l’Oncle Sam, j’ai vu un enfant noir se faire battre dans la cour d’école, juste parce qu’il était noir. Il n’est jamais revenu à l’école après cette journée-là. Quelques mois plus tard, je me suis chicanée avec une membre de la gang des populaires de l’école… et elle m’a fait vivre le calvaire pendant 6 mois. De janvier à juin, rares étaient les journées où j’ouvrais la bouche pour parler à quelqu’un. L’ignorance, c’est la pire des intimidations… Je me suis refermée, mais j’ai survécu. Et là, à 18 ans, j’ai compris que les enfants peuvent être méchants entre eux. Mais que les parents sont souvent derrière cette méchanceté. Et c’est le rôle des parents d’élever leurs enfants et de leur faire comprendre que la méchanceté n’a pas sa place. Mais il y a encore des parents dans le déni total, ou encore qui s’amusent de l’attitude “forte” de leur enfant.

Vous connaissez la chanson L’escalier de Paul Piché? “Et puis les enfants, c’est pas vraiment vraiment méchants. Ça peut mal faire ou faire mal de temps en temps. Ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler. Au fond, ça fait tout ce qu’on leur apprend.”

Il y a eu beaucoup de réactions concernant cette jeune fille, victime de ce qu’on appelle de l’intimidation, qui a trouvé une solution draconienne à son mal de vivre. Elle n’est pourtant pas la première, ni la dernière à vivre de l’intimidation. Et combien d’autres enfants ont choisi la même voie comme solution à leurs problèmes? Plutôt que de mettre l’accent sur le drame tragique de détresse psychologique qu’incarne cette jeune fille, de mettre sa photo et sa lettre d’aurevoir si personnelle au grand jour et qui pourrait inciter d’autres à faire comme elle; faudrait plutôt se tourner vers les échecs de la société à banir des comportements inacceptables. Parce que l’intimidation, dans un milieu de travail, ça s’appelle du harcèlement psychologique! Pourquoi accepter l’intimidation dans les écoles mais les proscrire une fois adulte? Me semble que d’étouffer le mauvais comportement dès l’enfance pourrait éviter bien des situations à l’âge adulte!

Cafés maman-bébé: concept rentable?

Dans la dernière année, ces petits hâves de paix ont été mon salut. Quand tu en as raz-le-bol d’être à la maison avec un bébé qui ne semble pas vouloir collaborer, les cafés amis des bébés sont très pratiques.

Les trois premiers mois, j’allais dans les cafés ordinaires avec la poussette. Bébé dormait paisiblement. Or, quand la bête commence à vouloir explorer son environnement, ça prend un peu plus d’espace adapté. Et c’est ce que les cafés maman-bébé m’ont donné, en plus d’en endroit pour trouver des activités et des trucs pour jouer avec mon bébé.

Dans la dernière année (et lorsque j’étais enceinte), j’ai vu deux cafés maman-bébé fermer et un changer de vocation. C’est pourquoi j’ai voulu comprendre pourquoi… La clé est dans la diversité des revenus, et même la recherche de subventions pour aide aux nouvelles mamans. Par contre, entre rentabilité et aide aux nouvelles mamans, le coeur des ces entrepreneures balance… Est-ce possible d’arriver à la rentabilité quand on a une mission de relation d’aide? C’est un autre débat mais qui mériterait une thèse de doctorat en économie!

Grâce à cet article, j’ai rencontré des mamans passionnées et passionnantes. Merci Amélie de Lilithéo, ton énergie et ta rationnalité sont inspirantes. Merci Sandra et Stéphanie de Parenthèses Montréal, j’aurais tellement aimé connaître votre café quelques mois auparavant! Votre confiance en votre droit de maman entrepreneure m’a particulièrement touché. Vous êtes dynamiques et contagieuses! Je suis ressortie de l’entrevue gonflée à bloc. Merci aussi aux entrevues téléphoniques: Naomi de Maman bébé café, April de La Tasse Gamine, Marie-Maude de Melons et Clémentines et Elise Tessier de Femmessor.

J’espère que vous aimerez cet article sur Openfile sur les cafés maman-bébé à Montréal. Non seulement c’était une assignation, mais ça aussi été un plaisir de parler à toutes ces mamans!

Quand j’y pense, une personne a contribué largement à la sauvegarde de ma santé mentale pendant mon congé de maternité… mon amie Marie-Pier, et son petit Elliot, né deux jours après ma fille. L’hiver aurait été rudement plus froid sans toi! Merci d’avoir écouté, merci d’avoir été là, merci d’avoir été toi…

Que savez-vous sur l’aéroport Montréal-Trudeau?

Les avions déchirent le ciel de Montréal tous les jours, on les regarde, parfois ils passes inaperçus.

Voyager est devenu pratique courante, on peut désormais faire le tour du monde en quelques jours…

Mais l’aéroport est un lieu mythique. Je pense que le film “Love Actually” le décrit bien. L’aire des arrivées est un endroit où personne n’est triste car on arrive, on se fait la bise, on s’embrasse. Lorsqu’il y a des pleurs, ce sont des pleurs de joie de retrouver famille et amis, si longtemps loin de soi.

Mais que savez-vous de l’aéroport? Ça semble un édifice banal… pourtant il regorge d’histoire, de faits marquants pour Montréal, le Québec, le Canada, l’Amérique du Nord et même… pour l’équilibre de la paix mondiale! Saviez-vous que l’aéroport de Dorval a joué un rôle important dans la victoire des Alliés lors de la Deuxième Guerre mondiale?

C’est le temps d’en savoir plus, de jouer les curieux et de souhaiter un bon 70 ans à l’aéroport Montréal-Trudeau!

Voici mon article pour Openfile, l’histoire de l’aéroport Montréal-Trudeau en 10 points.